Encore 600 jours …ou à peu près

« Le meilleur gouvernement est celui où il y a le moins d’hommes inutiles. » Voltaire. Ou de femmes ajouterai-je.

Est-ce dans les pensées de Jean Castex dont on attend toujours la désignation du « reste » du Gouvernement à savoir quelques secrétaires d’Etat ? Ou bien les tractations sont-elles plus serrées que prévues ? La réponse est sans doute dans la deuxième question.

Curieux moment où le Président « réinventé » tourne en rond, où le Premier ministre se veut ferme mais se contredit en défendant un « plan de relance » où le soutien à la demande est occulté par son soutien au capital et à l’offre, son obsession restant la baisse du coût du travail et la « réforme » (pour ne pas dire poursuite de la casse) de notre modèle social …..

…..et où le covid (j’ai du mal à dire la covid) 19 se rappelle à nos mauvais souvenirs à la faveur des migrations estivales. La Nouvelle Aquitaine passablement épargnée jusque là se retrouve parmi les territoires vulnérables et des ministres non masqués expliquent aux préfets masqués comment ils vont devoir faire respecter le port du masque la semaine prochaine. Il est vrai que ce dernier se porte le plus souvent sous le menton ou sous le nez … et qu’un rappel à l’ordre ne serait pas inutile. La disparition des macabres statistiques quotidiennes engrenées par l’impavide directeur de la santé ont donné paradoxalement de l’air et une respiration dans notre quotidien. Mais le souffle reste court.

Pendant ce temps là on apprend par le journal Médiapart, via l’exploitation sonore d’écoutes judiciaires, les drôles d’activités de l’ancien patron du service du renseignement intérieur Bernard Squarcini dit « le Squale » : entre autres choses, la surveillance du journal Fakir et de son fondateur François Ruffin qui menace de perturber l’assemblée générale du groupe LVMH, l’accélération de la délivrance de passeports pour les voyages d’affaires de cadres du leader mondial du luxe, la surveillance des procédures judiciaires intéressant la multinationale etc…. Les échanges entre « le Squale » et ses interlocuteurs se font souvent sur le ton de la blague. « Nous on est des voyous mais on est des voyous peinards » dit l’un de ses « contacts ». L’homme est bonhomme et sûr à l’époque de son impunité.

Etat dans l’Etat, marigot où intérêts privés se mélangent avec basse police, la barbouzerie ne date pas d’hier mais dans ce monde en suspension où l’expression de la colère sociale n’est plus seulement entravée par le corps policier, où la distanciation physique est une contrainte mal acceptée, cette fluidité cynique que l’on retrouve aussi sur certains plateaux télévisuels passe mal. La nécessité de se laver régulièrement les mains n’empêche pas nausée.

Pour revenir à Jean Castex son utilité pour l’heure est de suivre la feuille de route inchangée de Jupiter sans lui faire d’ombre. Ramené sur les réseaux sociaux à un personnage sorti de vieilles actualités de la IIIe République, sans doute est-il plus toutefois plus madré que sa façon d’épeler ses discours donneraient à croire.

600 jours c’est à la fois long et bien court surtout quand la sphère politique, tous horizons confondus, paraît encore bien loin, elle, de se réinventer.