Coup de chaud

C’est très convenu j’en conviens, mais la chaleur, et c’est paradoxal, a tendance à congeler mon écriture. Dans la torpeur, rien ne me séduit, j’ai le sentiment de remuer une boue vague.

Gabriel Matzneff méritait-il toutes ces attentions ? L’ironie pourrait être que l’affaire « Girard-Cofin » suscite une sorte de curiosité sur des écrits…restés plutôt confidentiels il me semble. La raison ? Ne pas passer, dans les dîners mondains, pour celui qui condamne sans savoir. Éternelle schizophrénie assez francophone ma foi : distinguer le réalisateur, le pédophile, le ministre, du ….. je vous laisse remplir les blancs. On recycle Gisèle Halimi en icône d’un féminisme responsable (convenable soudain ?) si loin de ces hystériques androphobes du conseil de Paris ….

On nous stresse aussi avec « Covid le retour ». L’avalanche de chiffres exténue sans informer. La peur anesthésiera-t-elle la rentrée sociale et éducative annoncée comme musclée ?

Pour qui le Covid roule-t-il ? C’est peut-être la seule question à la fois idiote, vaine et essentielle qui louvoie dans les commentaires sur les réseaux sociaux.

Le monde diplomatique sort un numéro spécial sur les fake-news. Un numéro de santé publique en ces temps où la mise en exergue convenue (pourquoi avoir attribué le prix Nobel de l’économie à Jean Tirole qui est à l’inventivité économique ce que je suis à l’astrophysique ? ) de la catastrophe économique justifie l’abandon de toutes les utopies…

Le « business as usual » a repris ses droits et on en profite pour baisser les protections sociales. La liberté de licencier, d’augmenter la durée du travail ou de baisser les salaires via des « accords compétitivité emploi », voilà la solution ; on y croit ou l’on fait semblant car depuis Raymond Barre (1979) toutes ces incitations à l’embauche n’ont conduit à presque rien sur le terrain de l’emploi …les assistés ne sont pas où l’on croit : crédit impôt recherche, crédit compétitivité emploi, réduction générale de charges patronales, contrats aidés, baisse de l’impôt sur les sociétés…et j’en oublie sûrement. Combien de milliards ici et d’allocations là ? Le nombre de millionnaires s’accroit, celui des pauvres aussi. Vous avez dit ruissellement ? Mais la fortune, telle un saumon, semble remonter son cours financier plus que descendre.

Dans les supérettes près de chez moi, les salariés ne portent plus de masques …ou alors sous le menton. Plus de « bonjour », ni de « bonne journée « . Rendus à leur invisibilité. Pourtant si « cela » devait repartir on considèrerait comme normal qu’ils soient là. Masqués, distanciés, les mains hydro-alcoolisées lorsqu’elles se saisissent de votre carte fidélité…

La Sibérie brûle, le permafrost fond, bientôt du méthane en plus du CO2, Aurore Bergé pleure de n’avoir rien gagné à sa servitude volontaire, … et l’on applaudit au Puy du Fou.

Tout va bien donc.

Dans vos rêves, s’il vous en reste.

Un commentaire sur “Coup de chaud

  1. Tout ne va pas bien..des amis se réunissent à Quinsac, tout le monde s’embrasse, et huit jours plus tard un nouveau cluster de 11 personnes. Une des participantes me disait : mais comment repousser des amis qui veulent à tout prix vous embrasser.?
    Notre région relativement épargnée, est actuellement rattrapée par une active circulation du virus.
    Le Covid-19 pour qui roule t-il.? Je n’en sais rien, Mais il arrange bien des prédateurs, me semble t-il, et nos libertés
    sont menottées.

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