C’est une petite vidéo envoyée par un ami. Elle va bien avec ce jour presque estival ici. J’écoute en observant le bourgeonnant érable en face de mon balcon où de petits écureuils s’amusent. C’est l’avantage de cet appartement. qui donne sur un parc assez grand. On peut se laisser aller à contempler la vie qui s’y déroule sans penser à rien. Se soustraire un moment, par exemple sur cette musique de Byrd, au bruit et la fureur du monde et s’apaiser sur une polyphonie ondoyante. Il y a quelque chose de presque curatif à écouter ces voix qui s’entremêlent avec précision et grâce. J’aurais bien aimé être capable de chanter ce genre de répertoire qui réclame, outre une bonne technique vocale, une écoute très fine de la ligne mélodique des différents pupitres.
Je me souviens d’un essai calamiteux d’interprétation d’une pièce de Monteverdi par un petit ensemble auquel j’ai brièvement appartenu. Je ne sais plus quelle voix était « entrée trop tôt » et Monteverdi s’était mué en cacophonie. Celui qui nous dirigeait en riait de consternation…ce qui ne nous aidait pas à retrouver nos marques ! Bizarrement, nos errements n’avaient pas eu l’air de froisser les oreilles des passants venus nous écouter dans la cour du château comtal de Carcassonne où nous nous produisions tous les jours vaguement déguisés en manants. C’était en 1990, pendant les Médiévales qui s’y tenaient en août. On abandonna par la suite Monteverdi pour des choses plus accessibles qui amusaient les enfants et leurs parents.
34 ans déjà. La première guerre du golf venait de commencer. Contrairement à Jacques Chirac qui s’y refusa plus tard, Tonton avait décidé d’y envoyer des troupes.





