Perdu au milieu de nulle part, longtemps livré aux pillards, le cimetière de Chauchilla est aujourd’hui un lieu touristique à la survie fragile. Des morceaux d’étoffe, des os, des restes de chevelure et des éclats de poteries essaimés en marge des sentiers qui le quadrillent en témoignent. On protège ce que l’on peut : ces quelques tombes témoins de la culture Ica-Chinca. Qu’y avait-il là de si précieux ? De l’or, peut- être, car l’orpaillage se portait bien alentour, des bijoux … et ce que le vent a gardé pour lui.
Seules ces momies millénaires dessiquées, pelotonnées au fond leurs sépultures ouvertes aux regards, pourraient répondre. Pour l’heure, elles semblent s’amuser de leur éternité troublée. A leurs pieds des objets usuels, qui ne furent peut- être pas les leurs.
Guerriers, prêtres, les deux ? Et pourquoi avoir choisi cet endroit pour s’ensevelir ? La réponse s’est perdue en chemin.
Non loin de là, un autre cimetière, plus récent, abandonné à lui-même. Quelques tombes en dur et des croix bancales. Désolation simple.
Yauca ensuite, petit village aux maisons colorées, patrie de l’olive et tous ses dérivés : la jeune fille qui nous sert a un profil pur et le long de la route des cantonniers bataillent contre la poussière qui se soulève.
Puerto Inca enfin : ancien fort livré aux oiseaux et aux voyageurs. Dans la crique, la mer s’abîme en rouleaux dissuasifs : seule une otarie s’en régale.
La route est encore longue jusqu’à Arequipa que nous atteindrons à la nuit. Bière fraîche sur la place d’armes dominée par une cathédrale déroulant sa formidable masse dans les lumières de la ville.










