Pérou : Chauchilla-Arequipa

 

Perdu au milieu de nulle part, longtemps livré aux pillards, le cimetière de Chauchilla est aujourd’hui  un lieu touristique à la survie fragile. Des morceaux d’étoffe, des os, des restes de chevelure et des éclats de poteries essaimés en marge des sentiers qui le quadrillent en témoignent. On protège ce que l’on peut : ces quelques tombes témoins de la culture Ica-Chinca. Qu’y avait-il là de si précieux ? De l’or, peut- être, car l’orpaillage se portait bien alentour, des bijoux  … et ce que le vent a gardé pour lui.

Seules ces momies millénaires dessiquées, pelotonnées au fond leurs sépultures ouvertes aux regards,  pourraient répondre. Pour l’heure, elles semblent s’amuser de leur éternité troublée. A leurs pieds des objets  usuels,  qui ne furent peut- être pas les leurs.

 

 

Guerriers, prêtres, les deux ? Et  pourquoi avoir choisi cet endroit pour s’ensevelir ? La réponse s’est perdue en chemin.

 

Non loin de là, un autre cimetière, plus récent, abandonné à lui-même. Quelques tombes en dur et des croix bancales. Désolation simple.

 

 

 

 

 

Yauca ensuite, petit village aux maisons colorées, patrie de l’olive et tous ses dérivés : la jeune fille qui nous sert a un profil pur et le long de la route des cantonniers bataillent contre la poussière qui se soulève.

 

 

 

 

 

 

 

 

Puerto  Inca  enfin :  ancien fort livré aux oiseaux et aux voyageurs. Dans la crique, la mer s’abîme en rouleaux dissuasifs : seule une otarie s’en régale.

 

La route est encore longue jusqu’à Arequipa que nous atteindrons à la nuit. Bière  fraîche sur la place d’armes dominée par une cathédrale déroulant sa formidable masse dans les lumières de la ville.

Texte et photos S. Lagabrielle

Teasing péruvien

Pérou : côte pacifique

 

Je n’avais pas imaginé cela : un désert à la fois sablonneux et minéral, troué d’oasis fugitives, saupoudré de hangars d’élevage de poulets en batterie,  presque à ciel ouvert,  certains abandonnés,  et de cultures enchevêtrées : coton, canne à sucre, vergers, vigne,  pour ce que j’ai retenu.

 

En bord de mer, des villages désertés  en ce mois de mai, hiver approchant oblige.  Derrière les vitres embuées du bus, ces alternances vertes, blanches, ocre  et rosées se dévident.

 

 

Le long de la route poussent des colonies dont la viabilité m’échappe.  Qu’attendre de cette sécheresse et de ce vent ?  Hormis le tourisme et la relative proximité des villes, je ne distingue pas la raison de cette « invasion »- selon le terme de  Virgilio, notre guide- de cette installation sauvage et progressive (une cabane en feuille de palmier, puis un abri en bois, puis en dur, une ébauche de village, enfin, sans eau  courante ni électricité …) si ce n’est une misère plus grande ailleurs. Avec  l’opiniâtreté viendront , peut- être, ces commodités qui nous paraissent si naturelles et qui sont ici de l’ordre du luxe.  Pour l’heure, il s’agit de marquer son territoire. Le marquer malgré la bourrasque venue de l’horizon.

 

 

 

 

Recroquevillés dans leurs tombes à peine protégées par de dérisoires  abris en bois, des morts d’un autre âge semblent  se gausser de cet univers à la fois désolé et vivant.

 

 

 

( à suivre)

Photos et texte S. Lagabrielle : tous droits réservés