Mer de sel, plaine saline ou désert de sel (salar) ? Mme Wikipedia opte pour le salar, mon Lonely Planet pour la plaine saline et P. en tient pour la mer de sel. Il y aurait une différence, une différence que je n’ai pas retenue faute d’avoir véritablement écouté P. Ainsi va la loghorrée, on n’en retient que la musique (aimable ou pas) et pas le contenu.
L’endroit est saisissant. Cette immense flaque d’un blanc étincelant sous le soleil est une plage trompeuse. On fait comme si pourtant. Une belle prend des poses vaguement lascives devant un photographe. On y court, on s’y amuse, on y joue peut-être au ballon, on y a même construit une sorte de château de sel un peu zèbre (un restaurant inachevé), reflet de la versatilité climatique.


Recueilli modestement par les riverains (de longilignes petites saignées bleutées en témoignent), le sel de salinas grandes est aussi exploité sur une autre échelle par de plus gourmandes entreprises. Il paraît qu’il se consomme après un traitement consistant à ajouter l’iode dont il est dépourvu car il est d’origine volcanique et non marine (était-ce là le fondement du distinguo de P. ?).
C’est beau et désolé. Des pancartes marquent des frontières énigmatiques. A nos pieds de délicates fleurs cristallines, plus profond un compost mystérieux que P. accoucheur géologique d’un jour nous donna à renifler.
Avant d’aborder les rivages de Salinas nous avons croisé une grâce animale aux yeux fendus : une vigogne en bord du chemin.

En repartant, petit arrêt le long d’une route ponctuée de piquets électriques évoquant une scène célèbre de « la mort au trousses » d’A. Hitchcock. Mais, sans Cary Grant, sans l’avion meurtrier et les plans serrés d’Alfred, ce paysage figé, il faut le reconnaître, manque un peu …de sel.
Texte et photos S. Lagabrielle : tous droits réservés. Pour voir les photos dans leur format normal, cliquer dessus.



Je suis une voyageuse confortable et toute aventure de ce calibre est au-delà de moi.







