
Je me souviens …
Lors d’une formation complémentaire à la gestion du personnel, j’avais, avec d’autres participants, fait une petite enquête sur le thème : « être militant cela veut dire quoi ? ». Nous avions ainsi rencontré des délégués syndicaux d’entreprise, des membres d’un parti politique (en l’occurrence de l’UDF, parti de VGE qui était encore Président pour quelques mois encore à l’époque), des « associatifs ».
Je ne me souviens plus, en revanche, des conclusions que nous avions tiré de ces échanges, si ce n’est que militer était diablement chronophage.
Plus tard, adhérente à Amnesty international, mon rôle s’est borné à faire des revues de presse , en particulier sur le Togo, alors sous la présidence de Gnassingbé Eyadema. Ayant accédé au pouvoir en 1967, celui-ci avait instauré un régime autoritaire de parti unique (pléonasme wikipedien pour ne pas dire dictature). En 1990, à la suite de violentes manifestations, une conférence nationale souveraine censément appelée à définir les conditions d’un rééquilibrage des pouvoirs – plus précisément ajouter un doigt de respect des droits de l’homme dans un océan d’arbitraire – avait fini par être mise sur pied. Sur fond d’ affrontement brutaux, où se mêlaient des rivalités ethniques entre ewés et kabiyés, ce processus de démocratisation capota et Eyadema conserva son pouvoir jusqu’à sa mort en 2005. Avec l’appui bienveillant de la France, soit dit en passant, dont le Président de l’époque, François Mitterrand, dans son discours de La Baule du 20 juin 1990, avait pourtant semblé vouloir conditionner l’aide économique de la France à ceux des pays africains qui s’engageraient dans la voie de l’abandon du parti unique.
Synthétiser le naufrage de la conférence togolaise à destination de l’organisation n’était pas vraiment s’engager, ni militer. Juste relater.
Redevenue bordelaise, suite à une réunion d’information portant sur la politique à l’égard des aidants où j’avais laissé traîner mon nom et mon intérêt éventuel pour une structure participative initiée par la mairie intitulée Conseil Bordeaux seniors actions, j’ai été recontactée par la mairie. Comme vous vous en doutez, c’est une structure plus jeune par sa constitution (à peine un an) que l’âge de ses animateurs, lesquels ne manquent pas d’ambitions.
En gros, le conseil est une instance consultative. Il peut saisir le politique de sujets qu’il souhaite aborder. A l’inverse, le politique peut saisir le conseil de questions sur lesquelles son avis lui semble pertinent.
Une petite réunion détaillant son rôle et ses liens avec la mairie a été organisée mardi dernier à destination de ceux, comme moi, ayant proposé leur services. J’ai ainsi appris qu’il existait différentes commissions en son sein : culture et loisirs, accessibilité des bâtiments, des espaces publics, transport et mobilité, habitat adapté, santé et prévention, information, communication et numérique, lien social et solidarités intergénérationnelles.
Les membres actifs de ces commissions ont présenté les différents chantiers sur lesquels ils travaillent, insistant sur l’investissement que cela représente mais aussi sur la patience requise quant aux débouchés concrets, surtout quand les thèmes touchent non seulement aux compétences de la mairie mais aussi à celles de la métropole (ah ! les millefeuilles administratifs français, toujours du grand art) …ce qui est le cas des transports.
Nous avions une semaine pour réfléchir pour confirmer notre candidature.
Tout bien considéré, j’ai opté pour une participation à une seule commission (histoire d’évaluer la chronophagie de cette activité), si possible de plein air (dans la mesure où elle exige à se déplacer) : accessibilité des bâtiments, des espaces publics et transport et mobilité ou habitat adapté.
Au fond, j’ai l’engagement circonspect à l’image de ma façon d’enter dans l’eau : je préfère tâter la température avant l’immersion.