Taltsy

Taltsy 16 juillet 2019

Ouvert en 1980, Taltsy est à la fois un musée ethnographique des peuples de Sibérie orientale et un musée de l’architecture traditionnelle en bois de la CisBaïkalie. Son nom vient de celui d’un ancien village qui fut inondé lors de la construction d’un barrage sur la rivière Angara. C’est l’un des plus grands musée à ciel ouvert de Russie.

Ainsi avons-nous commencé notre périple en culture sibérienne par une sorte de condensé : Huttes (Tchoum,) Evenks (l’un des peuples les plus anciennement installés en Sibérie), yourtes en bois bouriates, ostrog (forteresse cosaque) avec ses tours de guet, chapelle en bois, école paroissiale, isbas, grange communale, moulins à eau… Partis d’ une époque indéterminée (tchoums) nous enjambons le temps, déboulant au XIX ème siècle (les moulins, l’école …) après avoir traversé le XVII ème (la forteresse, la chapelle).

Pour ce que j’ai compris, certains édifices ont été déplacés et remontés, d’autres construits à l’identique. Peu importe : le glissement se fait en pente douce du paganisme évenk au milieu des forêts à l’orthodoxie russe en terrain dégagé.

Taltsy 16 juillet 2019, Dieu Evenk
Taltsy 16 juillet 2019 tombe Evenk
Taltsy 16 juillet 2019 , Ostrog d’Ilimsk, XVIIème siècle
Taltsy 16 juillet 2019 Notre Dame de Kazan
Taltsy 16 juillet 2019 , grange, XIX ème siècle

Taltsy 16 juillet 2019, école, XIXème siècle
Taltsy 16 juillet 2019, Isbas, XIX ème siècle
Taltsy 16 juillet 2019, Isba, XIX ème siècle

Tout aurait été parfait sans l’irruption du XXI ème siècle chinois : une noria de cars bondés (il faut dire, la Chine n’est pas si loin à vol d’avion) déversant des groupes compacts et fébriles semble-t-il plus spécifiquement intéressés par la partie russe (ostrog, école, isbas …).

Mais les voyages minutés laissent leur revanche aux flâneurs. Comme celle-ci (en espérant que ça marche) : profiter paisiblement de chants russes sans être ballotté, bousculé, compressé et assailli de bras téléescopiques de smartphones.

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Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Figueras – théatre musée Dali

Le bâtiment, masse rouge et blanche inscrite dans ce qu’il reste de l’ancien Théâtre municipal de Figueras, où l’on retrouve l’oeuf sur le toit originel de Port LLigat en moult exemplaires, porte bien son nom. Peintures, dessins, sculptures, gravures, installations, hologrammes, stéréoscopies, photographies…  Impressionnisme, futurisme, cubisme. Démesure, jeux visuels,  dérision …

Il pleut dans une Cadillac surmontée d’une déesse massive, le visage approximatif de Mae West se décline en  perspective, et, dans la distance,  le visage d’Abraham Lincoln se révèle tandis que  les fesses de Gala s’évanouissent …

 

 

 

 

 

 

 

Bric à brac génial ou Barnum mégalomane ? Sans doute un peu des deux et peu m’importe, à vrai dire. Je ne sens guère de sentiment dans cette compilation étincelante.  Ce jour-là, je n’ai éprouvé, en sortant, qu’une sorte de fatigue, une lassitude face à cette mise en scène narcissique à tiroirs, un instant égayée, cependant, par cette coïncidence ovoïde :

Théare-musée Dali à Figueras - Catalogne octobre 2011

Texte et Photos S. Lagabrielle : tous droits réservés.

Pérou : Nazca, ses géoglyphes et autres lieux

 

 

350 dessins distincts paraît-il, se jouant des ravins et des collines : singes, oiseaux, araignées, spirales, lignes droites  et autres formes géométriques. Ces figures, que seul un tour en avion permet d’embrasser,  continuent d’intriguer : calendrier géant, labyrinthes secrets, sites rituels, traces d’autres mondes ?

 

Nous n’en verrons qu’un extrait minuscule du haut d’une tour d’une dizaine de mètres. Des accidents aériens récents  nous ont conduits à la prudence … et une certaine frustration. Autant vouloir deviner le monde à  travers le chas d’une aiguille.

 

 

 

A la base de la tour, une route d’une rectitude absolue, sèche comme une idée fixe, que notre chauffeur suit, impassible, en mâchant des feuilles de coca. Notre petite  Europe ne sait rien de l’espace.

 

 

 

 

Peu avant il y avait eu Ica, ville de tchouk-tchouk aux couleurs primaires zigzagant au milieu de taxis canaris, ses distilleries de pisco, son musée désarmé livrant quelques clés des cultures Nazca, Paracas et Inca : poteries, momies au crâne déformé, meubles, barques, peintures, bijoux, calculettes archaïques en forme de cordelettes aux nœuds codés …. Ici, de mauvais clichés à la place de tissages inestimables  dérobés, là, un dérisoire appel à témoin. Drôle de mélange de richesse et d’abandon, d’érudition et de bricolage : un jardin de curé archéo-ethnologique survivant sans moyens.

Puis, de nouveau la route. Les dunes de sable, où certains travaillent leur glisse sur  des sandboards, ont cédé le pas à des reliefs plus rugueux .

 

Nazca enfin. Jolie petite ville dépassée par l’étrangeté et la popularité des géoglyphes qui lui sont associées.

Un pisco léger et onctueux, une fraîcheur à peine ventée nous délivrent de la chaleur du jour. Manque juste une balançoire pour regarder les étoiles en sirotant et s’évader sur des sentes imaginaires.

 

PS : Le pisco est une eau de vie de raisin. Le cocktail pisco sour est un mélange de pisco, de citron vert, de sirop auxquels s’ajoutent un blanc d’œuf, de la glace et un peu  d’ Angostura. Le secret d’un bon pisco comme les sources de Manon, ou les coins à cèpes, ne se dit pas.

Textes et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés.