Les publicités sont à la route de Paracas ce que le vent est à la pluie. Cela ne veut rien dire, bien sûr, mais c’est ce qui me vient en observant ces « réclames » qui défilent : boissons, électronique, télé, produits de beauté, programmes immobiliers (Bienvenue à la Planta San José)… je me demande qui peut vraiment, ici, s’offrir cela. Ces images, copiées d’ailleurs, qui font face à des slogans politiques laborieusement peints sur des murs éphémères, donnent à sentir une société écartelée entre représentation et réalité.
Le village de Paracas n’a rien de bien notable, hormis des enfilades de restaurants où l’on peut déguster son premier ceviche (poisson cru mariné dans du jus de citron) : un photographe ayant annexé quelques pélicans monnaie ses clichés, on chante à la terrasse des cafés pour quelques sols, on vend ici et là, cartes postales, lunettes, foulards, sacs et chapeaux griffés « Paracas ».
La presqu’île proche est une mer terrestre et lunaire où le sel affleure sous un sable aux couleurs changeantes et mordorées dans le couchant.
On se prend à envier l’altière liberté des oiseaux, hormis la condition de ce petit-là, qui ne cessera de fuir devant l’écume
Le soir se perd dans le sillage des voitures et l’œil suit le jour qui s’enfuit.
Sentiment de vide et de plein : c’est ce qui me reste de l’horizon de ce jour là.
Ballestas, le lendemain, me donnera le sens du plein.
Texte et photos S. Lagabrielle : tous droits réservés.







