Digression chorale 2

1-IMG_20150610_0002Claire avec des rondeurs qui te vont bien, jolie flamande qui n’aurait pas déparé dans un tableau de Rembrandt, je t’écoute. Tu t’égares parfois sur des sentes musicales personnelles et je t’y suis souvent les yeux ouverts. J’aime cet appétit qui émane de toi, mon exact envers. Terrienne, gourmande, cela se lit dans ton regard, cela se mange à ta table ouverte dans cette maison solide où toi, ton mari et tes enfants vous ressourcez régulièrement. Le voisinage est discret et amical, les occupations tranquilles : jardin, cuisine, balades à vélo, chasse aux champignons, fêtes municipales. Dans cette proximité sans calcul, tout est simple.

Certains soirs musicaux, je m’appuie sur toi sans que tu le saches. Nous sommes si différentes, moi, sombre, et toi, si solaire. Je ne sais pas comment tout cela s’est noué. Quand je fais l’inventaire, je note en vrac : une formation universitaire commune, et, peut- être, une impatience, une colère parfois. Mais je ne suis sûre de rien. Quand nos voix se mêlent et s’entrelacent, alors le doute se lève. Je pense à ce morceau des vêpres de la vierge de Monteverdi : « pulchra es », deux voix ondoyantes, enroulées autour de la mélodie comme le lierre à son arbre, se répondant, se défiant un peu aussi. Peut-être est-ce cela qui nous lie :  cette joie de nous retrouver posées, comme des oiseaux, sur une même portée.