Vacances

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Au bout d’une semaine mouvementée me voilà en vacances. Et pour longtemps. Pour la première fois depuis que je travaille, je vais prendre 4 semaines pleines d’affilée. Jusqu’ici je prenais juste un petit acompte en juillet et m’accordais une pause plus substantielle hors périodes de vacances scolaires. Mais notre service des ressources humaines – ce côté ressource n’est qu’une des faces de notre condition salariale, l’autre étant de constituer une charge – notre service des ressources humaines, donc, nous oblige depuis cette année de caser 4 semaines de congés entre juin et fin septembre …. ce qui ne cadre pas du tout, mais alors, du tout avec notre charge de travail estivale. Il a fallu caler bien plus tôt les détails de certaines tâches et le mois d’août est complètement sinistré : nous serons au mieux 6 sur 22. Quand on sait que les textes vicelards en matière sociale surgissent souvent pendant cette période… (je me souviens de certain décret Baladurien allongeant la durée d’activité pour prétendre à une retraite à plein taux sorti à la mi…aou)

Enfin, carpe diem.

Mais je suis une vieille grincheuse. J’aime m’installer dans mon statut vacancier. Surtout quand le voyage s’annonce lointain et c’est le cas : direction Irkoutsk et le lac Baïkal pour 2 semaines pour commencer.

Points forts du voyage résume la fiche technique :

• Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale
• Découverte en bateau du lac Baïkal depuis Listvianka
• L’île d’Olkhon : Koujir et le rocher du Chamane
• Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie et visite du datsan d’Ivolguinsk

Après quelques inquiétudes sur le maintien du voyage, liées à l’annonce de graves inondations dans la région, j’ai appris que le sinistre se situait à 400 kms de mes lieux de vadrouille collective. Nous, européens, n’avons aucune idée de l’espace.

Voilà des lieux qui devraient favoriser un intense désintérêt pour les basses affaires courantes chez nous. L’inconscience alliée au cynisme chez certains de nos représentants et gouvernants m’étonnera toujours…

Quand je serai de retour, l’amateur de homard et de grand crus Rugy, du temps où il était à l’hôtel de Lassay, ne sera peut-être plus à son poste. Les journalistes sont méchants. qui distillent leurs informations au compte-goutte. Un vrai supplice. Chaque jour devient un peu plus lourd et pesant car le moins que l’on puisse dire est que notre ministre épinglé ne semble pas bénéficier du même paratonnerre que M. Benalla (au fait que devient-il ? Toujours en tractations africaines ?).

Pas fâchée de partir donc, pour oublier tout ça et ce qui risque de nous tomber sur le nez en août (je parle des textes qu’on tente de faire passer en loucedé). Mais comme d’ habitude demain je n’aurai plus envie de bouger – la perspective d’un voyage long avec escale … ce que je crains toujours dès lors que l’avion de départ prend du retard….

Une vieille grinche, vous dis-je.

PS : je ne sais pas trop quel seront mes possibilités informatiques aussi ce blog prend quelques quartiers …d’été.

Intermède basque

Dans leur dernière émission sur Médiapart, les Détricoteuses (Laurence de Cock et Mathilde Larrère) parlent d’un temps ponctué notamment par les cloches des églises. Ce temps là n’est peut-être pas si loin comme en témoigne ce documentaire, posté par ami facebook, dont ne peut voir, hélas, gratuitement (car le curé, distrait dans sa lecture du journal « L’Equipe », vaut son pesant de caramel) qu’un extrait. Des images qui ont mon âge, se goûtent et me rappellent des vacances que j’attendais plus que les autres.

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Celles de Pâques à Lecumberri en pays basque espagnol. On y retrouvait une famille de Barcelone qui s’agrandissait tandis que nous restions stables en nombre. Dans mon souvenir, elle (la famille de Barcelone) s’annonçait au petit déjeuner, par de fortes effluves parfumées, des cheveux peignés, si j’ose écrire, « au carré », et une unicité vestimentaire, chez  les filles comme chez les garçons, que je trouvais curieuse. A la fin de la journée, la mise était souvent plus débraillée et le dernier garçon toujours aussi insupportable. Dans la fratrie, celle qui avait mon âge s’appelait Mercedes, un prénom qui signifie « grâces » (ou merci au sens avoir merci de au pluriel). Elle portait son prénom de manière espiègle et agile.

La famille était pieuse, très pieuse, au point que mon père tenait pour acquis que son homologue devait être représentant de commerce chargé de développer le commerce des prie-Dieu. En fait, il travaillait chez Dunlop, ce qui expliquait la qualité des raquettes de ping-pong des garçons qui filaient, dans cette discipline, une raclée systématique aux fils des propriétaires de l’hôtel.

Notre piété à nous (les enfants) était plutôt gustative puisqu’on communiait au pain et au moscatel local. Et puis, il y avait cette fichue télévision qu’on pouvait regarder le soir (enfin si les barcelonais avaient le droit pourquoi pas nous ?). J’en garde surtout le souvenir de reportages sur les interminables processions à Séville et de la llitanie des résultats des candidats au concours de l’Eurovision sur un écran au noir et blanc tremblotant : France , 10 points, Germany, 20 points, Cyprus, 1 point, Netherlands, 5 points, Belgium, …etc. On pariait parfois (sans enjeux) sur le futur gagnant. C’était idiot, mais s’affranchir des  20 heures au lit … était délicieux.

Lecumberri s’est arrêté pour moi en 1979. Je préparais le concours d’entrée à l’école nationale de la magistrature … que j’ai raté. Mais tous ces jours à arpenter les chemins, les virées à Pampelune, à Tudela, Puente La  Reina, toutes ces petites villes si belles sur le chemin de Compostelle, l’odeur des volailles en batterie, des cochons et celle mouillée des champs  … C’était bon.