« Je suis de plus en plus favorable à une vision où l’emploi du temps de l’enfant serait vu pas seulement sur les heures de cours mais un petit peu sur ce qui se passe dans sa vie le mercredi et le week-end, sans arriver à un big brother éducatif. » @jmblanquer (@education_gouv.fr).
Ce n’est pas un fake mais un extrait de propos tenus par le ministre devant le Sénat. Il s’agirait, selon la suite de la déclaration, de s’assurer que le soutien scolaire soit fait par des associations de qualité et que les subventions publiques, celles de l’Etat et celles des collectivités locales, aillent dans des activités associatives dont « nous sommes sûrs qu’elles sont conformes aux valeurs de la République ».
Pas de big brother éducatif ? Les mots suggèrent exactement le contraire. Va-t-on aussi stigmatiser les gosses en fonction de leurs loisirs ? Reliez cela avec cette connerie dispendieuse Attalienne de service national universel et, pour peu que vous reviennent des images du siècle dernier largement documentées ici et outre-Rhin, vous remontent des reflux mémoriels plus que vomitifs (pléonasme).
Ce monde de contrôle continu qui déborde aujourd’hui largement le seul domaine de l’éducation est absolument sinistre. D’autant plus que l’autorité chargée d’en limiter les appétits, à savoir la Cnil , paraît souvent en retard d’une guerre, faute de moyens, quand elle n’est pas simplement ignorée.
Au travers des enfants on peut craindre que le contrôle blanquerien conduise aussi à cibler les parents.
Dans mon dernier post, j’évoquais la lassitude par rapport à mon travail, mais je pourrais dire aussi qu’au-delà, c’est cette société de désignation amplifiée qui me déprime.
Seule consolation, la loi Avia contre la haine en ligne a été vidée de sa substance par le Conseil Constitutionnel qui a pourtant validé dernièrement beaucoup de choses contestables (en ce qui concerne les manifestations notamment) au point que je m’interrogeais sur le point de savoir s’il jouait encore sa fonction de « régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics » (dixit le site du Conseil). Il faut croire que l’instinct de survie peut animer encore ceux dont on pensait la conscience définitivement en friche ou perdue dans je ne sais quels sables de courtisanerie et les amener à se souvenir d’une chose qui se perd : les libertés. Enfin ce qu’il en reste.