Parenthèse florentine

Florence Ponte Vecchio 27 octobre 2021

De la ville je n’avais que de pauvres souvenirs : ceux d’un point de rencontre matinal à la gare Santa Maria Novella pour une randonnée dans les vignes du chianti qui devait nous conduire jusqu’à Sienne. Ce jour de mai 1994 était un dimanche et la ville semblait endormie. Musées, églises, tout était fermé. Alors nous nous étions promenés dans les rues, désertées à cette heure là dans mon souvenir. Ne m’était restée que cette impression de la cathédrale Santa Maria del Fiore presque engoncée dans une place trop petite pour elle.

Dès le lendemain nous avions quitté la ville pour les sentiers.

Rien de tel cette fois-ci.

Arrivées, ma compagne de voyage et moi, en début d’après-midi, nous avons plongé dans des rues pleines de vie et de touristes en majorité italiens … au fond, dans une ville rendue à l’idée volubile que je me faisais de l’Italie.

Florence marché central 26 octobre 2021

Offices, dont je n’ai pas bien compris la logique de présentation des œuvres (je suggère d’ailleurs aux amateurs, s’ils le peuvent, de sélectionner les salles où sont exposées celles qui les intéressent…pour s’éviter de piétiner inutilement dans nombre de pièces au deuxième étage où démarre la visite), Académie –qui ne saurait se limiter au David de Michel ange-, Palazzo Vecchio, Palais Pitti, Dôme de Brunelleschi (sujets au vertige et asthmatiques s’abstenir : plus de 400 marches et 100 mètres de « vide » vous attendent), chapelle des Médicis, églises Santa Maria Novella, Santa Croce … de notre hôtel idéalement situé près du marché central nous avons arpenté la ville sans céder autant que cela à la découverte musarde.

C’est ce que me photos me disent.

Au fil du temps -week-end prolongé de Toussaint oblige-une certaine asphyxie m’a gagnée à mesure que la foule gonflait dans les rues. La fluidité des premiers jours s’était évanouie.

De cette semaine je retiendrai surtout une après-midi « au pif » (aucune visite calée ce jour là) sur les bords de l’Arno avec le Ponte Vecchio en perspective et les jardins de Boboli deux matins plus tard, un silence retrouvé et cette vue détachée qu’ils offrent sur la ville. La quiétude d’être délivrée de la rumeur du monde.

Florence rives de l’Arno 27 octobre 2021

Florence, jardins de Boboli 29 octobre 2021

Rentrée en France, j’ai repensé à ce film de James Ivory, tiré d’un roman de E.M.Foster « Avec vue sur l’Arno », à ces – so british- voyages edouardiens « initiatiques » avec duègnes incorporées. Florence n’y jouait que son rôle de prétexte romantique et, en le revoyant, je me rendis compte qu’au delà des déserts matinaux de 1994, la ville, au fond de mes pupilles, avait conservé le visage encaustiqué de Maggie Smith, sublime chaperon devant l’Eternel.

Florence, vue du palazzo vecchio 31 octobre 2021

Texte et photos S. Lagabrielle :tous droits réservés.

Un commentaire sur “Parenthèse florentine

  1. Pour moi la ville de Florence me renvoie à ce qu’on appelle « le syndrome de Stendhal ». Il rappelle l’émotion en particulier de ce qu’il a éprouvé dans l’église Santa Croce et qui s’est poursuivie dehors assis sur un banc :
    « J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. »
    Les jardins de Boboli me font penser à l’écrivain argentin Hector Bianciotti , qui revenu dans la patrie de ses ancêtres, s’est retrouvé sdf et n’avait d’autre solution pour la nuit que de dormir caché dans les jardins de Boboli.

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