Boucle temporelle

Selon Madame Wikipedia, une boucle temporelle est une forme particulière de voyage dans le temps dans laquelle le futur est rattaché au passé, une certaine période du temps se répétant alors continuellement.

Ce type de phénomène a été, en particulier, illustré par le film « Un jour sans fin » d’Harold Ramis. En gros l’intrigue est la suivante : chargé de couvrir le traditionnel jour de la marmotte à Punxsutawney, petite ville de Pennsylvanie, un présentateur météo cynique et misanthrope, assez odieux, se retrouve bloqué dans une boucle temporelle le forçant à revivre indéfiniment la même journée. Après une première période où il doute de sa santé mentale, il profite ensuite de sa connaissance de la journée et du fait que ses actes n’ont aucune conséquence pour se lâcher complètement, puis passe par une phase de déprime avant d’utiliser cette journée répétitive pour s’affranchir de son cynisme et en quelque sorte « se racheter » en aidant les autres….ce qui lui permettra en définitive de sortir de sa boucle. Je résume. Tout cela est très moral, le héros découvre les sentiments et tout est bien qui finit bien.

J’ai l’impression d’être enfermée dans une sorte de boucle semblable depuis le mois dernier mais contrairement au personnage du film qui tente à peu près tout et son contraire pour sortir de sa bulle, ce surplace me bouffe mon énergie. Nous avons voté et rien n’a bougé : même premier ministre, même Gouvernement, même présidente de l’Assemblée Nationale … des noms de ministrables lâchés dans l’air mais qui ne seront adoubés qu’après avoir fait allégeance à la politique élyséenne. Tout ça pour ça alors à quoi bon ? C’est dans une boucle dangereuse que nous contraint notre Président. Les européennes et les législatives ont marqué un petit regain des électeurs pour la chose politique. Les désillusions profiteront au RN. Partis de 8 députés en 2017, le mouvement en comptait 89 en 2022 ( puis 88, je crois que l’élection de l’un d’entre eux a été invalidée) pour arriver à 123 en 2024 (en enlevant l’apport ciottiste et les apparentés).

Au fond, c’est le fonctionnement même des institutions qui est entré dans un cercle vicieux que n’avaient pas imaginé ses concepteurs. Et personne n’a cru bon d’interroger le Conseil Constitutionnel sur cette interprétation Jupitérienne toute personnelle de la Constitution avant les vacances parlementaires (où est-il écrit que les JO constituent une cause de suspension de ce fonctionnement ?). Emmanuel Macron, nous dit Le Monde, a convié les présidents des groupes parlementaires et les chefs des partis le 23 août, en vue de tenter de constituer un gouvernement (là encore, une innovation présidentielle car cette prérogative ne figure dans aucun article de la Constitution. Amusant cette récupération de la mise quand on a soi-même créé la pétaudière). Fumée blanche en vue ou gros brouillard ? Le Président nous sortira-t-il une trêve paralympique pour prolonger le statut quo ?

PS : vous avez aimé la séquence Covid 19 voici celle de la variole du singe ! L’OMS a classé l’épidémie de mpox en Afrique comme « urgence de santé publique de portée internationale » . Les toutologues sanitaires d’il y a 3 ans sont ressortis de leurs cartons sur les chaînes d’info en continu. Reste le retour de notre épidémiologiste récupérateur en chef dont je me demande quel usage il fera de la séquence.

Affaires courantes

Le canard enchaîné du 17-7-2024

Elle s’appelle Ella Kelian, se présente sur X (ex-twitter) comme conseillère politique et image, et digresse sur la singulière situation politique qui est la nôtre et plus particulièrement sur la nomination d’un nouveau Premier ministre.

Imaginer « qu’Emmanuel Macron pourrait céder à la pression de campagnes fantoches, est franchement mal connaître l’intéressé, car le locataire de l’Élysée n’entend être en cohabitation qu’avec lui-même, et après qu’il ait gouverné aux 49-3 et aux flashballs, il faut être bien naïf pour croire encore que prendre l’opinion à témoin pourrait avoir un quelconque effet sur lui…

D’un point de vue purement politique, le Président de la République n’a pas passé son temps à courir après la Droite et ses extrêmes pour céder à la pression légitime de la Gauche- NFP, quant à offrir un tremplin à la Droite pour 2027, autant ne pas y penser…

Pour toutes ces raisons, Emmanuel Macron pourrait choisir un profil hybride pour Matignon, issu de la société civile pas vraiment de Gauche mais clairement compatible avec la Droite, inconnu du grand public, ce qui brouillerait la lecture politique de son choix…

Un Premier Ministre qui n’aurait jamais eu aucune opportunité de l’être un jour, mais qui par cette nomination surprise, serait entièrement redevable au Président de la République, qui pourrait ainsi lui imposer la composition de son gouvernement, tout en étant considéré bien plus comme un mentor que comme un Président en minorité…

Emmanuel Macron a également le choix de recruter un ténor de la politique, pour plaider ainsi la prime à l’excellence politique sur l’idéologie politique, en s’assurant que le ténor en question agisse en responsabilité sans détricoter le précédent quinquennat ni saborder le présent, offrant au Président de la République l’image non pas de cohabitation au sein du pouvoir mais de convergence des compétences au service de la Nation…

Ce pourquoi à ce jour aucun des candidats en compétition pour Matignon n’en franchira le parvis en tant que Premier Ministre sous Macron ».

Bien, c’est un peu définitif et ça se discute aussi. Mais ce qui me frappe surtout, c’est que cette situation ambiguë colle surtout très bien à notre Président qui semble absolument s’en satisfaire, d’autant plus qu’elle agace tout le monde à commencer par les ministres démissionnaires.

Gouverner seul n’est-ce pas son rêve ultime ?

Combien de temps peut-il faire durer son plaisir monarchique ? C’est là que l’on en revient aux « affaires courantes ».

Selon Madame Wikipedia, « la notion « d’affaires courantes » désigne à la base l’ensemble des tâches, affaires, décisions que peut prendre l’autorité sans avoir besoin de ses pleines prérogatives. Cette définition est plutôt large et vague, et la notion d’affaires courantes n’est guère délimitée clairement, relevant plus de l’expérience politique et de la coutume que du droit et de la législation ».

La pratique constitutionnelle récente du Président – passer par un projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificatif lui permettant d’utiliser l’article 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites ou bien la séquence actuelle ouverte après les législatives- donne à penser que le respect des coutumes n’entre pas particulièrement dans son logiciel.

Pour autant, il paraît difficile de faire entrer les projets de financement de fin d’année (sécurité sociale, budget) dans la notion d’affaires courantes.

Il faudra bien en sortir.

L’article 8 de la Constitution dispose sobrement : « Le président de la République nomme le Premier ministre« . En cas de cohabitation (pas de majorité présidentielle à l’Assemblée nationale), il a jusqu’ici toujours été admis que le président de la République nomme un Premier ministre issu de la nouvelle majorité. Oui, mais voilà, de quelque façon qu’on retourne les cartes, il n’y en a pas de « naturelle » actuellement à l’Assemblée nationale. Elle est à construire.

Pour Ella Kelian, le choix présidentiel est déjà fait. Qui sait ? Partant du principe que « personne n’a gagné », le gag serait qu’il reconduise une équipe exécutive assez proche de l’actuelle (le mot remaniement circule d’ailleurs dans les gazettes) ! Au risque d’une censure qui ne manquera pas, de toute façon, d’être déposée contre le nouveau Gouvernement quel qu’il soit.

Pour l’heure entre baignades et papouilles olympiques il profite de l’effet anesthésiant des jeux. Quant aux affaires courantes expédiées en coulisses, seront-elles rattrapables ?

En suspension

« Ô temps suspend ton vol », s’écriait Lamartine dans son interminable poème Le Lac. De fait, c’est une impression de temps suspendu et d’absurde qui m’étreint depuis presque un mois maintenant. C’est à dire depuis le deuxième tour des législatives. Un Gouvernement qui n’en est, en théorie, plus vraiment un, une candidate pour Matignon, sur laquelle le nouveau front populaire s’est enfin accordé, faisant campagne sur ses congés payés, le nom de Xavier Bertrand (émanant d’une formation ayant plus que souffert des dernières législatives) lâché en contrepoint (ballon d’essai?), un conseil constitutionnel sommé de se prononcer sur les conditions de l’élection de Yaël Braun-Pivet au perchoir qui se défile sans vraiment se justifier, des décrets en loucedé, des nominations à gogo, des ministres, à commencer par le premier d’entre eux, qui aimeraient bien être libérés de leur charge pour exercer leur mandat au Parlement…

Tout semble un peu voguer au doigt mouillé dans l’hexagone. Seuls demeurent des jeux qui, opportunément, nous occupent pendant que le Président procrastine activement (sic). En attendant, la fumée blanche présidentielle, le Gouvernement démissionnaire gère des « affaires courantes » dont les contours m’échappent, JO exceptés.

Je ne sais pas combien de temps la situation peut se maintenir en l’état. Elle représente déjà cependant, par sa longueur, un inédit constitutionnel. La presse étrangère, relayée par Courrier international, aussi s’étonne et juge le chamboule tout présidentiel hasardeux tant il est douteux que les équilibres politiques changent une fois la parenthèse olympique refermée.

Tout changer pour que rien ne change …encore des mots qui flottent dans l’air.

Ailleurs, les guerres continuent et s’enveniment. Je ne pleurerai pas la mort d’Ismaïl Haniyeh mais elle rend la situation au Proche-Orient plus imprévisible qu’elle ne l’était. Selon le quotidien “Haaretz”, cependant, cette mort ne constitue pas“un séisme structurel” pour le Hamas. Les candidats sont nombreux tant cette organisation a appris à composer avec le décès brutal de ses cadres et a veillé à ce que son pouvoir ne soit pas incarné par un seul dirigeant.

Pour l’heure, les négociations sont au point mort (si j’ose écrire) et pour l’Iran dont la défense a été mise à mal, la gifle est sévère. On peut penser qu’il n’en restera pas là. Quant aux otages israéliens encore détenus par le Hamas, il se confirme au passage que leur sort n’intéresse pas Bibi.

Tout baigne.

Des nouvelles de notre grande fête populaire

Un petit état des lieux en toute mauvaise foi.

Je crois que le journal parodique le Gorafi n’aurait pas fait mieux !

Ce qui laisse entendre que la question des urgences médicales pendant les jeux n’avait pas été envisagée et que les véhicules d’urgence doivent à l’heure actuelle se taper les embouteillages parce qu’ils n’ont pas le droit d’utiliser les voies olympiques.

Le préfet annonce par ailleurs, qu’il n’y aura pas de fermeture totale du périphérique mais que certaines entrées seront fermées. Il vaut mieux éviter d’utiliser son véhicule, conseille-t’il.

44 000 grilles de 2 mètres environ. ont été installés dans le centre de Paris, afin de « sécuriser la cérémonie d’ouverture et les épreuves sur route ». Si bien que se déplacer dans la capitale, à en croire certains riverains, prend parfois des airs d’épreuve olympique. Surtout, comme on peut l’imaginer, pour les personnes en fauteuil ou à mobilité réduite.

44 000 grilles sont déployées pour assurer la sécurité des JO

Pour les touristes, pas d’autre choix que d’adapter leurs programmes. Sur TF1, deux Australiens racontent avoir loupé leur visite du château de Versailles à cause des embouteillages. « Notre agence de voyage nous a dit de prendre un taxi. Mais cela n’a pas fonctionné. On a mis plus d’une heure et on a perdu notre réservation« , expliquent-ils.

Côté commerces, restauration, plusieurs fédérations déplorent une « activité en berne » et dénoncent, dans un communiqué, un « manque de clarification et d’information de la part des autorités publiques » concernant les restrictions d’accès dans certaines zones de la capitale. « Les restaurants et brasseries parisiennes installés sur la place du Trocadéro souffrent par exemple de restrictions d’accès telles que leur fréquentation a chuté de 70 % » tandis que, pour d’autres, « ce sont les barrières installées dans les rues emblématiques de la capitale qui ont un effet repoussoir chez les consommateurs ». L’éventualité d’une indemnisation (à nos frais) se profile …

Pour avoir évoqué un univers un peu carcéral sur X, il m’a été reproché de ne pas aimer les gens. Pourquoi ? Mystère. Pourtant le fait demeure : grilles, QR Codes, trajets de bus modifiés, stations de métro fermées, tout incite finalement à rester chez soi sauf possession d’un billet (chèrement acquis) …encore faudra-t-il prévoir de grosses marges pour se rendre sur les lieux.

Cette grande fête populaire passablement confinée a, pour l’instant, une drôle de tête. Avec le temps peut-être se détendra-t-elle ?

En attendant, pour tout arranger la météo parisienne de ce jour de cérémonie d’ouverture des jeux s’annonce relativement fraîche et pluvieuse. Notre ancien et waterproof Président, j’ai nommé François Hollande, doit être à la tribune…

Droit et obligation

Dessin de Voutch

Les ministres démissionnaires avaient-ils le droit de participer à l’élection du Président de l’Assemblée Nationale ? Le débat fait rage d’autant plus que le Gouvernement a joué un rôle clé dans l’affaire. Selon l’article 23 de la Constitution, « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire ». Clair, non ? Oui, mais non. Car, argue Matignon, il faut composer aussi avec l’article LO153 du Code électoral qui dit ceci « l’incompatibilité établie par l’article 23 entre le mandat de député et les fonctions de membre du Gouvernement prend effet à l’expiration d’un délai de un mois à compter de la nomination comme membre du Gouvernement. Pendant ce délai, le député membre du Gouvernement ne peut prendre part à aucun scrutin et ne peut percevoir aucune indemnité en tant que parlementaire. L’incompatibilité ne prend pas effet si le Gouvernement est démissionnaire avant l’expiration dudit délai ».

N’étant pas constitutionnaliste et lisant ce dernier texte au premier degré, il me semble avoir été rédigé en pensant aux député·es nommé·es au gouvernement et non à des membres d’un Gouvernement déjà en place depuis plusieurs mois et ayant opportunément démissionné – autrement dit aux membres d’un Gouvernement qui, chargé de gérer les affaires courantes, n’est plus de plein exercice comme on dit, soit à des ministres plus vraiment ministres.

Et le Conseil constitutionnel, me direz-vous ? Saisi en 1986, celui-ci s’est déclaré incompétent pour statuer sur la régularité de l’élection du Président de l’Assemblée nationale (Décision n° 86-3 ELEC du 16 avril 1986).

Je ne sais quels recours l’opposition entend exercer. En attendant la situation est baroque avec des ministres la fois au four et au moulin, véritables « Fregolis » politiques.

La session ouverte le 18 juillet devrait se terminer le 2 août.

Le Président de la République, lui, n’est pas pressé et il se murmure que l’équipe en place pourrait être chargée des affaires courantes jusqu’à mi-septembre soit après les jeux olympiques et paralympiques.

Autre chose.

Il est des expressions qui finissent par agacer. Après le « j’assume » qui est une façon polie de dire « je fais ce que je veux » voire « je vous emmerde » voici le  » (telle ou telle chose) m’oblige » ou « nous obligent ». L’expression est ancienne et contractuelle mais elle me semble faire florès chez nos politiques. Ma mémoire a surtout retenu ce 5 mai 2002 où elle fut employée par Jacques Chirac réélu Président de la République avec un score presque soviétique face à Jean Marie Le Pen.

Souvenons-nous

« Ce soir, je veux vous dire aussi mon émotion et le sentiment que j’ai de la responsabilité qui m’incombe.
Votre choix d’aujourd’hui est un choix fondateur, un choix qui renouvelle notre pacte républicain. Ce choix m’oblige comme il oblige chaque responsable de notre pays. Chacun mesure bien, à l’aune de notre histoire, la force de ce moment exceptionnel. Votre décision, vous l’avez prise en conscience, en dépassant les clivages traditionnels, et, pour certains d’entre vous, en allant au-delà même de vos préférences personnelles ou politiques. La confiance que vous venez de me témoigner, je veux y répondre en m’engageant dans l’action avec détermination. »

Le discours d’E. Macron lors de sa réélection le 24 avril 2022 est presque le décalque de celui de J. Chirac : « Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. J’ai conscience que ce vote m’oblige pour les années à venir  ».

Ce sentiment, dans un cas comme dans l’autre, ne prospéra guère au-delà de la soirée électorale. C’est tout l’art de la parole verbale (expression chère à mon père). Plus récemment, après plus de 10 jours d’un vaudeville assez consternant, c’est le parti socialiste qui s’y colle dans un communiqué proposant que le choix de la candidate ou du candidat du Nouveau Front Populaire au poste de Premier ministre se fasse démocratiquement par un vote solennel des député·e·s des quatre groupes. « Le temps presse. L’impatience citoyenne légitimement monte. L’urgence sociale nous oblige. Le Parti socialiste demande donc que ce vote des députés intervienne au plus tard mardi 23 juillet. » Encore quelques jours de patience et l’on pourra juger de l’intensité de ce sentiment d’obligation.

Un seule chose est sûre : nous ne sommes pas obligés de croire tout ce beau monde sur parole.

Clarification bazardeuse

La dissolution devait permettre de clarifier la situation après des élections européennes cruelles pour le parti présidentiel. Il s’agissait pour E. Macron, selon certains commentateurs, de débusquer les « incohérences » de ceux tentés de nouer des « alliances contre nature » (la gauche de gouvernement avec les « insoumis », certains LR avec le RN). Et de se replacer au centre du jeu. « Je leur ai balancé ma grenade dégoupillée dans les jambes. Maintenant on va voir comment ils s’en sortent…  ».

A l’arrivée, 3 blocs à peu près équivalents à l’Assemblée Nationale. Le RN donné gagnant est arrivé en troisième position derrière la coalition présidentielle et le nouveau front populaire en tête. Aucune majorité d’où que l’on regarde. Le Gouvernement est maintenu en place et « l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, l’Etat de droit, le parlementarisme, une orientation européenne et la défense de l’indépendance française », sommées »d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays ».

Où l’on voit retinter, en filigrane, cette petite musique de l’ « arc républicain » dont sont exclus les « extrêmes », à savoir, le RN d’un côté, et La France Insoumise de l’autre.

Depuis dimanche, les tractations vont bon train et les boîtes à claques sont de sortie. Le jeu des désistements au second tour pour contrer l’élection de députés RN a brouillé les cartes tant à droite qu’à gauche. Chacun revendique le droit de former le nouveau Gouvernement et y va de sa menace de motion de censure.

Chez les macronistes on songe à une alliance entre le camp présidentiel et le parti Les Républicains. Mais c’est compter sans Laurent Wauquiez. « Nous ne participerons pas à des coalitions gouvernementales », a dit celui qui dirige encore la région Auvergne-Rhône-Alpes, ouvrant toutefois la voie à un énigmatique « pacte législatif » passant par des propositions de loi.

Marine Le Pen promet de censurer tout gouvernement avec des ministres LFI ou écologistes. C’est, en partie aussi, la position de certains députés macronistes ou caciques LR en la personne du Président du Sénat. « Si demain un gouvernement venait à être formé avec, en son sein, ne serait-ce qu’un seul secrétaire d’État de La France insoumise, nous déposerions immédiatement une motion de censure ».avertit ainsi Aurore Bergé.

En face le parti de Jean-Luc Mélenchon, un brin provocateur, propose 4 noms pour le poste de Premier ministre : Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire, Clémence Guetté, députée et cheville ouvrière du programme, ainsi que… Jean-Luc Mélenchon. Chiffon rouge assuré.

La proposition de nommer Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion et réputée proche du PCF autant que de Jean-Luc Mélenchon, qui avait rallié les suffrages des communistes et de LFI, coince au PS malgré le soutien que lui a apporté l’ex-députée de ce parti, Valérie Rabault, elle-même citée pour Matignon avant sa défaite aux législatives, Les écologistes, eux, en pincent pour Marine Tondelier. Faudrait-il en venir au conclave ?

Les noms fusent et le surplace, après la constitution éclair de ce nouveau front populaire et son succès inattendu, inquiète à quelques jours de l’ouverture de la 17ème législature, le 18 juillet 2024. Sans compter les autres questions tout aussi pendantes que celles de la désignation d’un premier ministre : quelle architecture gouvernementale, quels intitulés pour les ministères, quelle répartition des forces au sein du dispositif, qui pour présider l’Assemblée nationale ?

Bref, c’est un peu la chienlit comme aurait dit Mongénéral.

Fugitivement m’est venue l’idée d’un scenario sans Gouvernement de plein exercice « à la belge ». Mais je ne sais pas si c’est envisageable dans le cadre de notre Constitution.

Jupiter pourrait-il activer l’article 16 de la constitution qui donne des pouvoirs exceptionnels au Président ? De l’avis général, cet article aux conditions de mise en œuvre strictes, n’ a pas été conçu pour être utilisé pour régler une problématique de gouvernance nationale et pallier ainsi l’absence de majorité parlementaire. Mais pourrait-on en tordre le sens ?

En attendant, deux choses paraissent probables. Gabriel Attal devra sans doute encore patienter avant de se dégourdir le verbe à l’Assemblée. Combien de temps ? Nul ne le sait. Et les noms d’oiseau n’ont pas fini de voler à l’Assemblée Nationale

Petit moment de détente

La période est éprouvante pour les nerfs alors autant sourire un peu. La chute de cette goguette est sans doute un peu optimiste. Ou plutôt occulte la question de savoir au bout de combien de temps, on arriverait à se débarrasser d’un Gouvernement d’extrême droite. Sur l’incompétence de la représentation RN au Parlement, pas trop de doutes à avoir. Sur les réseaux sociaux tournent en boucle des extraits d’interviews par des journalistes locaux de candidats de cette formation, souvent parachutés. C’est consternant, presque de nature à faire passer les anciens playmobils Renaissance pour des génies. A cela s’ajoute l’ inquiétant palmarès personnel de certains autres détaillés par Médiapart

https://www.mediapart.fr/journal/politique/020724/legislatives-les-brebis-galeuses-de-bardella-se-reproduisent-par-centaine

Outre-manche le parti travailliste a repris la main et certains se prennent à rêver d’une réplique chez nous oubliant au passage que 14 années de Gouvernement conservateur ont précédé cette victoire.

14 ans….

Dans ma circonscription l’élu sera sans doute le candidat de la majorité présidentielle, Thomas Cazenave, actuel ministre délégué chargé des comptes publics. Arrivée en seconde position, à quelques petits points (34,23 % contre 38,31 % pour T. Cazenave), la candidate NFP ne dispose d’aucune réserve de voix et la marge entre ces deux là et le candidat RN (21 % ) est trop importante pour imaginer une victoire de ce dernier. Vous me direz : et la participation ? Elle est déjà assez élevée dans la circonscription – 71,74 %.- et je ne crois pas qu’une participation plus importante renverse l' »équilibre » issu de ce premier tour. Un équilibre presque traditionnel dans ce quartier plutôt chic, parfois qualifié de « Neuilly bordelais », abritant des courts de tennis où Jacques Chaban-Delmas avait ses habitudes.

Au pan national, en revanche… Selon certains constitutionnalistes, jamais, sous la Ve République, le risque d’une crise de régime n’a été aussi grand. Lors des cohabitations précédentes, « il y avait un accord sur le noyau dur » de la Constitution et de ses principes, Rien de tel si le Rassemblement national (RN) accédait à Matignon à l’issue des élections législatives. Selon Bastien François, , professeur de science politique à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, « quoi que l’on pense d’Emmanuel Macron, il n’y aurait rien de commun [entre Matignon et l’Élysée] sur le plan des valeurs fondamentales, comme sur celui de la politique étrangère et européenne ».

« Étant donné la tradition française qui place l’État en surplomb de la société et les différents types de conflits d’intérêts entre la haute administration, le monde politique, le monde des affaires et la société civile, la France semble particulièrement mal placée pour résister à un processus de démantèlement des contre-pouvoirs qui serait organisé par une nouvelle majorité autoritaire. » Telle est l’une des conclusions d’un rapport réalisé il y a deux ans à peine par des spécialistes du droit public pour le compte du groupe écologiste au Parlement européen. En confrontant notre système juridique aux modèles de pays tels que la Hongrie et la Pologne, ces juristes ont établi que la France était l’une des démocraties les plus fragiles face à un potentiel « choc autoritaire ».

Il ne reste plus, après avoir voté, qu’à espérer que la mobilisation écarte ce danger mais pour combien de temps encore ?

Sales attentes

Difficile de s’atteler à l’exercice hebdomadaire du billet tant les jours qui viennent paraissent aussi incertains et fragiles que Biden face à Trump dans son débat de jeudi soir. On pourrait vaguement espérer en se disant qu’un front à gauche à réussi à se reconstituer en peu de temps, mais les tensions pré élections européennes ne sont pas toutes retombées, les investitures ont fait le reste et le « on s’engueulera plus tard » sous-jacent n’engage pas à un optimisme débridé. Mais pour l’heure, cette alliance hétéroclite me soucie moins que ce qui se profile en face.

La campagne, si tant est que l’on puisse appeler campagne cette foire d’empoigne de 3 semaines, orchestrée par les médias dits mainstream, a davantage épargné la caricature du favori RN que les candidats Renaissance (à peine moins cela dit) ou du nouveau front populaire, en particulier les membres du mouvement la France insoumise, mouvement que le Conseil d’Etat se refuse à considérer comme « extrême », tout en retenant cette qualification en ce qui concerne le Rassemblement National : voir ici

https://francais-du-monde.org/2024/06/27/decision-conseil-etat-nuances-politiques/

Mais cette décision administrative est ignorée par les médias qui en restent aux tenailles extrêmes …et par certains électeurs prêts à voter pour le nouveau Front populaire à condition que le candidat de leur circonscription n’affiche pas le logo LFI sur leur profession de foi.

On aimerait que les 2 M (Macron et Mélenchon) se taisent. On aimerait ne pas être sur un pont suspendu qui perd ses lattes.

Et « la plaine » me direz-vous ? J’entends par là Renaissance, Modem, Liot, Horizon, les Républicains non Ciottistes. Mêmes sables mouvants. On règle ici aussi de petits comptes, on pense à plus tard. Sur les tracts de certains candidats Renaissance, la photo d’Emmanuel Macron a tout bonnement disparue. Contreproductive ?

L’orthodoxie et l’hétérodoxie économiques s’invectivent, y compris par prix nobels interposés, sans s’attarder, pour les premiers, sur les difficultés croissantes de vie de nombre de nos concitoyens. François Hollande propose de financer la hausse du Smic par de nouvelles exonérations sociales qui mettent la sécurité sociale en difficulté, oubliant au passage que certaines (réduction générale , réduction du taux de cotisation patronales d’assurance maladie, réduction du taux de la cotisation d’allocations familiales) sont déjà en partie liées au montant du Smic, dont toute hausse accroit les seuils d’exonération, et qui ont surtout constitué des trappes à salaires. On oublie aussi aisément grâce à qui l’aide à domicile et d’autres services ou professions « tiennent » encore, bien que payés au lance pierre.

On est pas loin, pour peu qu’on soit catholique ou prêt à abjurer pour un moment son agnosticisme, d’invoquer Sainte Rita. Je plaisante à peine.

Même les puissants sont inquiets. Ainsi Bernard Arnault qui éructe de ne pas avoir été prévenu en amont par Macron de sa décision de dissoudre l’Assemblée Nationale. Il faut dire, à en croire Le Palmipède, que la bourse a chuté et qu’ il n’est plus l’homme le plus riche du monde, que de la proximité de la marque LVMH avec Madame devient encombrante et que les violences des si bien dédiabolisés costards cravates du RN bénéficient d’une mansuétude de certaines préfectures qui pourrait s’exprimer sans complexes sur des avenues huppées. Cela ferait mauvais genre à l’heure des JO dans lesquels il a fort investi et dont on ne sait qui va récupérer la patate chaude sécuritaire.

L’étau, pour l’électeur, au-delà des programmes bricolés ou aménagés sur le gaz, voire progressivement totalement remis en cause (n’est – ce pas Jordan ?) est, pour l’heure, le temps extrêmement contraint accordé à la tenue de ces élections. En attendant ce qui suivra.

L’électeur américain en novembre a de fortes chances de se retrouver dans la même situation. Le New York Times adjure Joe Biden de se retirer de la course à la Maison Blanche après sa prestation calamiteuse de jeudi, histoire de donner quelque chance et un souffle au parti démocrate. B. Obama minimise en écrivant sur X (ex-twitter) qu’il arrive à tout le monde de rater un débat…à ce point ?

Un Président en fonction dont les « capacités cognitives » sont mises en doute depuis quelque temps (les moins polis ont d’autres mots en réserve) ou un ancien Président menteur invétéré et caractériel notoire : vous vous voyez choisir ?

Pour nous, de très érudits, moyennant sondages, se risquent à l’élaboration de scénarii possibles, certains en voient six, d’autres moins. D’autres agitent la possibilité qu’E. Macron, en fonction des résultats, prenne la décision (seul encore) d’activer l’article 16 de la Constitution. Certes cet article ne peut pas l’ être n’importe comment (https://www.conseil-constitutionnel.fr/la-constitution/quel-pouvoir-donne-l-article-16-de-la-constitution-au-president-de-la-republique) mais ce Président nous a déjà gratifié d’une lecture très personnelle du texte fondateur de la cinquième République très mollement contredite par le Conseil constitutionnel.

Quand tout est propice à tous les complotismes, faites vos jeux ….

Point de campagne

Dimanche 9 juin. Il est presque 23 heures et nous finissons de compléter les listings récapitulatifs des élections qui se sont tenues dans la journée. Le bureau où j’ai été affectée comme assesseure compte 1163 inscrits, 715 ont voté (en personne ou par procuration). Ce qui donne un taux de participation d’environ 61,5%. Pas si mal pour une élection européenne. Les résultats sont à l’image de ceux recueillis au niveau national : en tête Jordan Bardella, puis viennent Valérie Hayer, Raphaël Gluksmann, chacun des 3 avec plus d’une centaine de votes, suivent loin derrière François-Xavier Bellamy, puis Manon Aubry. Marion Maréchal talonne Marie Toussaint. 12 listes ne comptent aucun vote en leur faveur. Les autres moins de 10 voix.

On se détend un peu, car la journée a été longue, quand arrive la responsable du centre de vote (qui compte 5 bureaux) laquelle nous apprend la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’organisation de nouvelles élections législatives les 30 juin et 7 juillet. Qui sera libre ? On se compte. Il va manquer du monde. Et on ressent une vague impression d’être nassé dans ce temps si serré.

Je me dis in petto que je n’avais pas vu venir cette « bordelisation », pour reprendre un mot cher à notre ministre de l’intérieur. Cette fois elle est d’origine présidentielle.

Une petite blagounette commence à circuler sur les réseaux sociaux : face à l’ampleur de l’avance RN, le cabinet Mac Kinsey aurait proposé dix solutions à E. Macron qui se serait mépris et aurait entendu « dissolution ». C’est très moyennement drôle, je vous l’accorde.

Il reste que ce soir là, vu les résultats, je me dis que les castors de 2022 vont aussi se compter, vu la brutalité de la politique menée depuis les dernières présidentielles et législatives.

Et puis, la gauche s’organise en un Nouveau Front Populaire (NFP), accouche d’un contrat de législature en 5 jours et en 3 actes. Les négociatrices et négociateurs se sont mis d’accord sur 150 mesures qu’ils s’engagent à prendre selon un ordonnancement chronologique : les quinze premiers jours – la rupture –, puis les cent premiers jours – les bifurcations –, et enfin les mois suivants – les transformations.

On se couche presque optimiste pour se réveiller en plein psychodrame. La raison ? La décision de LFI de refuser les investitures aux législatives à Alexis Corbière, Raquel Garrido, Danielle Simonnet, Hendrik Davy, et Frédéric Mathieu, en délicatesse avec les positions de la direction depuis octobre dernier.

Règlement de comptes ? Purge ? Les grand mots sont lâchés à la télévision et sur les réseaux.

Passée une certaine incrédulité, je songe que rien ne justifie des réinvestitures automatiques (à moins que cela ait été acté dans les accords du NFP ?). Et que la machine à perdre est lancée car il y a fort à parier que ce début de campagne tournera autour de cette décision. Et puis les écartés, ou du moins certains, ont déjà fait savoir qu’ils se maintiendront face à leurs remplaçants au risque d’engendrer des triangulaires peut-être risquées.

Autre point de friction, la reconduction d’Adrien Quatennens, condamné en 2022 pour violences conjugales, contre l’avis de tous ses partenaires du Nouveau Front populaire. Sous pression, ce dernier vient de retirer sa candidature. mais LFI a investi un autre candidat sur sa circonscription face à Amy Bah, présidente de l’association Nous toutes à Lille et soutenue par la maire de Lille, Martine Aubry. Chez Renaissance, dans le même registre, c’est le bal des faux-culs sur les cas Abad et Peyrat (le premier accusé de violences sexuelles par trois femmes, mis en examen en mai pour tentative de viol sur l’une d’elles et placé sous le statut de témoin assisté pour les deux autres, le second condamné pour violences conjugales)

Autres petites gâteries labellisées NFP, la réapparition de François Hollande, candidat en Corrèze et l’investiture d’Aurelien Rousseau, ancien ministre d’Elisabeth Borne. Je ne sais qui a suggéré la seconde, mais le retour du premier laisse augurer la ré-émergence de vieilles rancunes.

Après la bordelisation consécutive à la dissolution, voici donc celle liée aux investitures…qui devrait prendre fin ce soir. Il sera alors plus que temps de rentrer dans la lecture des programmes, ces, souvent, grands oubliés ou caricaturés des plateaux télés. La tentation people, c’est tellement plus simple.

Après on verra ce qui sort du chapeau. Viendra le temps de la composition du Gouvernement (J. Bardella Premier ministre, je ne vois pas plus lunaire, à part présenter un bidet aux élections présidentielles), de celle du perchoir de l’Assemblée Nationale, de la désignation de ses questeurs et présidents de commission etc. Sans parler de la gestion du bon déroulement et de la sécurité des JO, à suivre.

En attendant, le socle présidentiel se montre plutôt discret avec cette affiche assez peu paritaire que certaine, agacée par son « virilisme », s’est sentie obligée de corriger. Histoire de sourire un peu. Parce qu’à part le locataire Elyséen et la dame aux chats, je ne vois pas qui s’amuse aujourd’hui.

La cerise sur le chaos

Tandis que le scrutin européen permet surtout de tester les possibles têtes d’affiches de nos présidentielles 2027, d’autres élections se rapprochent à grands pas qui ne font pas rêver. Cauchemarder plutôt : les élections présidentielles américaines. Peu au fait du système électoral étasunien, je me suis demandée quelles étaient les conditions d’éligibilité à la fonction de Président des Etats-Unis.

Si j’en crois Madame Wikipedia, ces conditions, définies par l’article II de la constitution US, sont les suivantes : ne peuvent se présenter que les citoyens américains de naissance, âgés d’au moins 35 ans, ayant résidé pendant au moins 14 ans aux États-Unis. Autrement dit, il n’existe aucune restriction fondée sur la moralité ou le casier judiciaire. Même lesté de casseroles diverses et variées, rien n’interdit à Donald Trump de se présenter. Et ce, même en cas de condamnation à de la prison. L’ancien Président, qui risque quatre ans de détention pour falsifications de documents comptables, sera fixé sur sa peine le 11 juillet, soit 4 jours avant la convention qui devrait l’introniser officiellement candidat du parti républicain. 

S’il l’emporte en novembre, Donald Trump pourra ainsi entrer en fonctions en janvier 2025. Il ne pourra, toutefois (et heureusement !), ni se gracier ni ordonner l’abandon de ces poursuites, celles-ci se déroulant dans le cadre d’une procédure engagée par l’Etat de New York, et non pas au niveau fédéral.

Selon la journaliste Maya Kandel, la différence entre cette campagne électorale et celles de 2016 et 2020 se trouve dans l’image de « hors-la-loi » que Donald cultive et adapte en fonction de son auditoire. A la fois gangster et victime, se comparant tantôt à Al Capone pour le général et au christ lorsqu’il s’adresse à sa base chrétienne. Héros antisystème, en somme (Gardons cela en tête car nous ne sommes pas immunisés, chez nous, contre ce genre de supercherie).

Pour moi, ce qui me laisse perplexe, c’est le crédit (sic) que l’on continue d’accorder outre atlantique au personnage. Vous me direz, nous pouvons, nous aussi, nous enorgueillir d’un ancien Président à casseroles, mais il ne me semble pas à ce point caricatural. Question de point de vue ? Oui, vous avez raison.

En face « sleepy Joe » dont il est difficile de mesurer ce qu’il lui reste de lucidité et dont le capital électoral s’est sans doute étiolé en raison de sa politique à l’égard de l’Etat d’Israël.

Pour résumer, la revanche des élections de 2020 entre deux gérontes kakistocrates pour des raison différentes, cela vous tenterait, vous ?

https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/06/06/la-kakistocratie-ou-le-pouvoir-des-pires-comment-l-incompetence-se-glisse-au-sommet-des-entreprises_6237598_1698637.html

Une victoire trumpiste ajouterait, pour moi, une cerise sur le chaos qui se diffuse sous nos yeux depuis trop longtemps.

Et nous en 2027 ? Pas de quoi fanfaronner non plus, pour être franche.