Ne pas nommer les choses

Après l’injonction scout « Je baisse, j’éteins, je décale », Agnès Pannier-Runacher, lors de sa présentation du plan sobriété du Gouvernement a cette drôle de phrase : « On ne demandera jamais à des Français en situation de sobriété subie de faire des économies ».

« En situation de » (comme les « en capacité de » d’ailleurs) : des mots pour ne pas nommer simplement les choses . Ainsi les personnes « en situation de précarité », pour ne pas dire précaires, « en situation de handicap » pour ne pas dire handicapé… à moins qu’il ne s’agisse d’englober ainsi la durabilité supposée de l’état des personnes ?

« En sobriété subie », donc. Une manière d’évoquer la pauvreté ? Petit rappel : en 2020, 9,3 millions de Français (en France métropolitaine car la situation est plus grave outre-mer) vivaient sous le seuil de pauvreté monétaire, soit 14,6% de la population, les chômeurs, les familles monoparentales et les jeunes étant les plus exposés. Voir notamment ici : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5759045

Or donc, dans sa grande mansuétude, le Gouvernement ne demandera jamais à ces personnes de faire des économies; Comment le pourraient-elles ? Autant dire qu’on ne va pas demander à ceux qui ne peuvent pas se chauffer de se chauffer moins.

Pour moi, Madame Engie vient de m’envoyer ce gentil poulet :

« Pendant l’hiver prochain, la France pourrait faire face à des tensions sur le réseau électrique. Le Gouvernement demande donc depuis quelques semaines un effort collectif aux Français afin que chacun contribue à son échelle à la sobriété énergétique.
Parmi les mesures adoptées pour contribuer à la sécurisation de l’alimentation électrique et pour soulager le réseau à un horaire où la demande est historiquement forte, le ministère de la transition énergétique a pris, par arrêté en date du 22 septembre 2022, des dispositions spécifiques relatives aux « dispositifs de comptage sur les réseaux publics de distribution d’électricité». Sur la période entre le 1er octobre 2022 et le 15 mai 2023, ENEDIS va suspendre chaque jour le déclenchement automatique du ballon d’eau chaude (et des matériels pilotés par le compteur) pour les foyers disposant d’un contrat en comptage Heures Pleines/Heures Creuses, dont des heures creuses en milieu de journée.

Cette désactivation interviendra pour vous à partir du 15/10/2022, chaque jour entre 11H50 et 13H20, jusqu’au 15 mai 2023 au plus tard. Rassurez-vous, votre ballon d’eau chaude fonctionnera normalement sur l’ensemble des heures creuses non concernées par la désactivation (notamment la nuit). Sachez que ni l’éclairage ni le chauffage de votre foyer n’est impacté, ni même l’usage de vos appareils électriques, s’ils ne sont pas pilotés par votre compteur (radiateurs, plaque de cuisson électrique, machine à laver, lave-vaisselle,…). »

Cette petite précision italique m’avait échappée. J’ai donc pensé que les appareils non pilotés par mon compteur se limitaient à ceux dont la mise en route ne dépendait que de moi (genre ma cuisinière) mais quid d’un réfrigérateur par exemple ? Quitte à poser une question idiote, j’ai contacté Madame Engie qui me rassure : « Non, non, seul votre ballon d’eau chaude est concerné ». Ce rassurisme technique ne me convainc qu’à moitié. Wait and see donc.

Dans le même ordre d’idées, Stanislas Guérini, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques de France, annonce que le chauffage des bâtiments publics sera limité à 19°C. Quand le réseau connaîtra de plus fortes tensions, le ministre demandera un effort d’un degré supplémentaire. Lors de ces jours dits ÉcoWatt rouge, les agents seront aussi amenés à travailler en horaires décalés, l’eau ne sera plus nécessairement chauffée dans les sanitaires et il leur faudra se laver les mains à l’eau froide.

« Nous publierons chaque semaine notre consommation d’électricité et de gaz », a abondé Elisabeth Borne. « En fonction de celle-ci et de la météo, nous verrons si nous avons réalisé les économies d’énergies nécessaires », a-t-elle ajouté. 

« Il n’y aura pas de police des températures », assure Agnès Pannier-Runacher (je gage que le montant des factures contribueront à une certaine sobriété).

Tant de gages après l’épisode coronavirus ont le don me rendre assez sceptique sur la suite.

Voilà qui me ramène aussi à la chasse au gaspi des années 70. Mais la situation sociale n’était pas même et nos centrales nucléaires n’étaient pas non plus pour la moitié à l’arrêt. Il y a de fortes chances que ces mesures se pérennisent voire se durcissent sans plan de transition écologique véritable. Pour l’heure, sans parler des déchets, la partie « relance du nucléaire » en période de réchauffement climatique et de baisse des niveaux d’eau me paraît bien hasardeuse d’autant que le feuilleton EPR tendrait à prouver qu’on ne sait pas fabriquer ces centrales d’un nouveau genre.

PS : Le Nobel d’Annie Ernaux divise. N’ayant rien lu d’elle (pas plus que de Houellbecq d’ailleurs) je n’ai pas d’avis sur l’évènement. Vu sur le site d’Arte cependant un drôle de petit objet visuel commenté par la dame : https://www.arte.tv/fr/videos/101402-000-A/les-annees-super-8/

Sobriété et cols roulés

Celle – là, ils ne l’ont pas osée en haut lieu, mais c’est à se demander si nos gouvernants n’ont pas lancé un nouveau genre de concours Lépine. Après le pipi sous la douche, l’extinction du wifi, voici le col roulé, les doudounes et le sèche-linge. On attend avec intérêt la remontada de la cagoule, des moufles, des charentaises, du pyjama en pilou pilou, de la robe de chambre en polaire et, pourquoi pas (allons-y franchement), des couvertures de survie. Quant aux 19°C dans les pièces, certains font remarquer qu’ils n’ont déjà plus les moyens de se chauffer à cet étiage.

Au delà du ridicule, c’est la déconnexion totale des Borne, Le Maire, Le Gendre et autre Pannier-Runacher qui surnage. Ce qui donne des ailes aux ironistes sur les réseaux.

Du couvre-chef

au total look quasi nostalgique (pas trafiqué celui-là)

en passant par les accessoires

La mode twitterienne fait montre (sic) d’une plastique éprouvée.

Mais revenons au col roulé ministériel qui a fait pas mal couler d’encre. Lire par exemple ici :

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2022-09-28/voici-l-histoire-meconnue-du-col-roule-que-bruno-le-maire-veut-porter-face-a-la-crise-energetique-f0a2ad45-d4cd-49f7-afa1-e20488562ad6

On pourrait tenter la relance de la confection lainière, comme le suggère ce tweet, mais ce pull « exemplaire » près du corps et compatible avec des costumes ajustés ne donne guère d’espoir. Les chandails en pure laine mérinos torsadée c’est bon pour les stations de ski ou les costards en velours qui pochent, ça matche pas, pour reprendre une expression à la mode, avec le code vestimentaire des ministères. Trop dilettante, encore que…

vous me direz il y a eu ça

ça

et encore ça

A propos de cette dernière photo, certains ont tenté l’analyse : « Porter un col roulé, ce n’est pas simplement invoquer les esprits de la littérature seventies ou rendre hommage à une carrière tuée dans l’œuf (si Macron ne s’était pas lancé en politique, il se serait bien vu homme de lettres). C’est aussi enfiler un costume souvent associé aux électrons libres, à ceux qui « pensent en dehors de la boîte » et gardent le cap quand bien même le monde entier se dresse contre eux ».

Mais rien n’est simple.

Car, le col roulé est aussi devenu le vêtement de celles et ceux qui ont quelque chose à se reprocher. « Se faire pardonner avec un col roulé ? Une idée pas si absurde, à l’heure où l’Hexagone se soulève contre le gouvernement et la réforme des retraites. Et où Emmanuel Macron a définitivement besoin de faire amende honorable ». Voir l’article ici

https://www.vanityfair.fr/mode/story/le-col-roule-demmanuel-macron-nest-pas-quun-simple-col-roule/10797

L’histoire repassant les plats, pour l’heure, E. Macron menace plutôt de dissoudre l’Assemblée Nationale, quitte à se retrouver nu, que de s’aligner sur les élégances saisonnières de son ministre de l’économie.

Mais il y aurait peut-être, tout bien considéré matière à étude sur le signifiant politique du col roulé, hors ses qualités calorifiques. Un sujet à soumettre aux ig nobel. Voir ici

https://improbable.com/

Et pendant ce temps l’imaginaire industriel planche.

« Avec le concept Oli, Citroën veut inventer la voiture électrique familiale et abordable », annonce BFMTV. En période de disette électrique annoncée est-ce bien pertinent (et je passe sur l’indéniable laideur de l’engin qui fait penser à une estafette de CRS) ?

La pandémie nous a mis sous le nez notre inconséquence industrielle, l’invasion de l’Ukraine, celle de notre inconscience écologique et énergétique. L’Europe n’a pas fini de courir comme un canard sans tête.

Ce siècle sera sobre ou ne sera pas. Les paroles s’envolent et la roulette (russe) continue.

Fin de règne

« Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort[…] ». Cette réflexion provient d’une interview donnée par Emmanuel Macron en 2015. Dans cette même interview, le locataire de l’Élysée estimait que « la Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! » ajoutant, « ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction ».

On notera juste, à titre liminaire, que le Roi auquel il se référait, de droit divin, avait peu à voir avec Elizabeth II qui n’aura même jamais eu les prérogatives dont la Constitution de la Ve le dote.

Mais passons. La réflexion n’est pas totalement à côté de la plaque à lire les réactions sur les réseaux sociaux depuis hier.

Quand certains demandent  » Vous avez vu passer une réaction de Jean-Luc Mélenchon sur le décès d’Elizabeth II ? », Fabien Roussel , secrétaire national du PCF, tweete : »De son engagement lors de la seconde guerre mondiale aux derniers moments. De Churchill au Brexit…elle a tenu son rang. Par delà les considérations politiques, on a vécu avec elle. On ne dira pas « vive la reine » mais on éprouve une tristesse sincère ».

J’imagine mal Jacques Duclos ou Maurice Thorez s’être épanché sur la mort de Georges VI (pas pu vérifier s’ils l’avaient fait). Mais le fait sourd : l’important est, de nos jours, de réagir pour exister. Ce ne fut certes pas le mantra de Lilibeth, qui manquera de le payer fort cher en popularité à la mort de la princesse Diana.

« Nous perpétuerons les valeurs qu’elle n’a jamais cessé d’incarner » jure le Président, mais de quoi parle-t-il ? L’empathie, par exemple ?

Ce qui nous ramène à ce postulat implicite selon lequel le peuple français ne se serait jamais relevé d’avoir guillotiné Louis XVI…postulat qui se discute même si notre Constitution actuelle a pu conduire certains à parler de monarchie républicaine. De Gaulle et, peut-être aussi Mitterrand, l’incarnèrent – je me souviens du texte qui nous fut lu et de la minute de silence exigée en classe lors de la mort de MonGénéral et des roses au 9 de l’avenue Le-Play, en janvier 1996.

Au fond, peut-être avons-nous remplacé le Roi par la recherche de l’homme ou la femme providentiel.lle.

En matière d’étêtage, les anglais nous devancèrent de loin avec celle du roi Charles 1er en 1649. Mais la restauration monarchique dura quand la nôtre sombra. Question de pragmatisme et/ou de réalisme, I suppose.

Les archives royales s’ouvriront peut-être un jour et on en saura un peu plus sur cette reine « icône pop » (voir Courrier international) et si contrainte.

« Avec elle s’éteint l’art de promener ses chiens l’air de rien, de poser son séant dans un fauteuil tout en se saisissant d’une tasse de thé, de recevoir un bouquet de fleurs la bouche en cœur, de parler pour ne surtout rien dire » écrit Antoine Perraud sur Médiapart dans une nécrologie impertinente.

Voilà pourquoi, bizarrement, ce ne sont pas ses traits, ni sa voix qui s’imposent à moi ce jour mais ceux d’Helen Mirren dans le film « The Queen » de Stephen Frears.

Et en attendant les affaires continuent … celles discutées au Parlement dont les sujets de sa gracieuse majesté ne sauront rien dans l’immédiat.

https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/de-lutilite-de-la-monarchie

Mauvais esprit

Cela n’a rien à voir avec le titre, quoique : Mikhaïl Gorbatchev est mort le jour de mon anniversaire. Le lendemain, Arte, je crois, diffusait un documentaire crépusculaire sur un homme, déjà manifestement en fin de vie, célébré, en son temps, en Occident et méprisé chez lui. Fut-il le fossoyeur malgré lui d’une grandeur russe après laquelle court Vladimir ? La réponse est sans doute dans de nombreux livres et articles. Pour celle qui, il y a 3 ans, nous guidait lors de mon voyage sibérien, âgée de 9 ans en 1990, Mikhaïl rimait avec le début d’années de privations. Elle n’aimait pas Vladimir non plus, mais gagnait suffisamment bien sa vie pour s’offrir quelques extras que ses parents ne pouvaient se permettre. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Arc républicain

À Elisabeth Borne, pour qui la France Insoumise ne ferait pas partie de « l’arc républicain », Clément Viktorovitch, docteur en science politique et chroniqueur dans l’émission Quotidien, pose cette question simple.

Après la énième répétition de cet élément de langage selon lequel La France insoumise serait rétive à la « coconstruction », on appréciera la fin : « ils n’ont jamais cherché à trouver des compromis, je pense qu’on est pas d’accord ».

On pourrait rétorquer à la dame que la démocratie c’est débattre, discuter sans fermer les issues ce qui a souvent été le cas pendant les 5 ans du précédent quinquennat et lors de cette première session parlementaire. Comme le faisait valoir notre Président, il serait temps de changer, effectivement, de « méthode », mais cela me paraît mal engagé (voir aussi plus bas). Casser la Nupes en « extrêmisant » davantage la LFI, diviser pour mieux régner, on voit assez bien l’idée, mais à long terme, je ne vois pas quel avantage il y a à lisser le poil du Rassemblement national en le « notabilisant », quoiqu’en dise la première ministre qui réfute le signe = mais tape essentiellement sur une gauche qui la dérange.

On peut avoir des raisons de ne pas vouloir coconstruire ce que l’on considère comme la destruction programmée de la solidarité sociale, entre autres choses. Chantier engagé depuis des années, certes, mais dont l’achèvement s’accélère. Voir l’état lamentable de l’Éducation nationale, par exemple.

Crise énergétique

La guerre en Ukraine et la réaction russe contre les sanctions prises contre elle le laissaient prévoir. Les mesures suggérées par le Gouvernement, paraissent, pour l’heure, pour le moins anecdotiques, et la création d’un conseil de défense énergétique dont, personnellement, je ne sais rien de la composition et dont les débats seront aussi opaques que ceux de son prédécesseur, le conseil de défense sanitaire, ne laisse rien présager de bon. La récidive de ce type d’instance d’ailleurs conforte l’absence totale de changement de « méthode » de gouvernement. Sur une question qui devrait être largement abordée, tous bords confondus, la réponse semble, encore une fois, être : le Parlement ? Connais pas. Vulcain, ex-Jupiter, n’a pas renoncé au moi et moi seul.

Il y a des années, les Guignols de l’info de Canal + anticipaient la chose. Pas sûr que cela ne ressemble pas à un certaine réalité hivernale.

Une histoire absurde

C’est l’histoire d’un imam, Hassan Iquioussen, réputé proche des Frères musulmans, poursuivi (sic) par le locataire de la Place Beauvau – qui fut moins bégueule, au point de dîner avec lui, lorsqu’il trustait les voix des musulmans de Tourcoing pour s’y faire élire maire – pour avoir tenu, selon les termes de l’arrêté d’expulsion pris par le ministre « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ».

Le 5 août dernier le tribunal administratif de Paris, en référé, décidait de suspendre l’exécution de l’arrêté d’ expulsion. Décision retoquée par le Conseil d’Etat, le 30 août (décidément un mauvais jour). Venu le cueillir à son domicile, la police fit chou blanc. Un mandat d’arrêt européen vient d’être délivré contre lui.

Il y a un mois, le Maroc avait délivré un laissez-passer consulaire, document permettant l’expulsion par la France de l’imam. Coïncidence ? Le lendemain de la décision du Conseil d’Etat, Rabat suspendait le laissez-passer. Pourquoi ? Selon l’AFP, qui cite une source proche du Maroc, les autorités auraient déploré une décision « unilatérale » du gouvernement français, prise alors qu’il « n’y avait pas eu de concertations » entre les deux pays.

Résultat de cette procédure, qui mobilise nombre de fonctionnaires de police, un imbroglio pas possible. Si, effectivement, l’imam est resté en France, le motif du mandat d’arrêt est justifié, selon des sources proches du dossier. Mais, le ministre de l’Intérieur a affirmé depuis que l’imam était « manifestement en Belgique » et s’en est félicité. Or, dans ce cas, toujours selon ces mêmes sources, il peut être considéré comme ayant lui-même exécuté la mesure d’éloignement. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion signé du ministre, l’imam pouvait, en effet, quitter la France pour n’importe quel pays. Les modalités d’expulsion ne sont pas fixées dans un arrêté d’expulsion.

En schématisant, voilà un homme qui, s’il est resté en France, ne peut, pour l’instant, pas être effectivement expulsé vers le Maroc , et s’il est à l’étranger … hé, bien, il semblerait que le mandat d’arrêt et son motif ne se justifient plus. Pour reprendre les mots d’un avocat pénaliste, voilà un mandat qui ordonne aux autorités judiciaires des pays de l’UE d’arrêter et renvoyer en France une personne expulsée qui a spontanément quitté le territoire, afin de l’y incarcérer pour ne pas avoir voulu quitter le territoire.

Magnifique. Le ministre de l’intérieur ne recule devant rien pour se faire mousser. Même pas le ridicule.

François Bayrou

Félicitons l’homme pour son nouveau hochet : secrétaire général du Conseil national de la refondation, un machin pour l’heure largement boudé. Vu l’intense activité qu’il a déployée au haut commissariat chargé de la planification, la refondation sous sa houlette risque fort de rester …en plan. Le souci tout de même est que son inefficience, presque légendaire maintenant, est payée par nos impôts.

Anastasie : le retour ?

Le journal Le Monde publie, hier dans l’après-midi, ce communiqué : « Nous avons décidé de retirer de notre site la tribune du politiste Paul Max Morin sur le récent voyage d’Emmanuel Macron en Algérie, publiée jeudi 1er septembre. Ce texte reposait sur des extraits de citations qui ne correspondent pas au fond des déclarations du chef de l’Etat. Si elle peut être sujette à diverses interprétations, la phrase « une histoire d’amour qui a sa part de tragique » prononcée par M. Macron lors de la conférence de presse n’évoquait pas spécifiquement la colonisation, comme cela était écrit dans la tribune, mais les longues relations franco-algériennes. Le Monde présente ses excuses à ses lectrices et lecteurs, ainsi qu’au président de la République ».

La tribune n’engageait que son auteur, alors pourquoi ces excuses au Président ? Si, un journal, autrefois de référence, commence par s’auto-anastasier, on est mal. Effet Streisand ? Des tas de gens, comme moi, qui n’y avaient pas spécialement prêté attention cherchent à en récupérer le texte sur les réseaux sociaux. Je l’ai lue. Pas de quoi se flageller. Cette pusillanimité journalistique interroge.

Ce besoin de faire des phrases

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases…songe Maître Folace (Francis Blanche) dans le film « Les Tontons flingueurs ».

Il n’y a pas que les marins.

Notre Président y cède souvent aussi, comme je l’évoquais dans mon précédent billet.

De son discours en préambule du conseil des ministres de mercredi dernier, on a le plus souvent extrait sa sortie sur « la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance » où il évoque la fin des liquidités sans coût, la rareté de certains produits etc. Comme d’autres, je noterai simplement que la notion d’abondance dans un pays roi de la distribution de dividendes – selon Médiapart, en France, même en comptant les plus petits actionnaires, on compterait seulement 3 millions de porteurs individuels d’actions sur une population de presque 70 millions d’habitants – mais comptant 10 millions de pauvres se discute. Ce dessin pas très original, j’en conviens, illustre assez bien la situation où nous sommes. Sur fond de pénurie, la résurgence des violences auxquelles la pandémie avait mis un relatif coup d’arrêt est probable, j’en ai peur.

Personnellement, j’ai aussi buté sur ce tweet présidentiel : « Je souhaite réaffirmer une unité très forte du Gouvernement autour d’un cap qui nous permettra de consolider notre souveraineté, notre indépendance française et européenne, la bataille pour le climat et l’égalité des chances ». Telle quelle, mal construite, cette phrase ne veut rien dire, même si on en devine le sous-texte. On observera que les deux derniers sujets -le climat et l’égalité des chances- n’ont pas été particulièrement bien servis sous le précédent quinquennat. Mais réaffirmer, quand on n’a pas fait grand chose, cela fait joli.

Du climat à l’énergie il n’y a qu’un pas.

Je ne suis pas sûre que les algériens aient été très réceptifs à cette tentative lyrique de réchauffement des relations franco-algériennes sur fond d’approvisionnement gazier : « C’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique. Sur la question mémorielle, nous sommes sommés de choisir entre fierté et repentance. Je veux la vérité et la reconnaissance.”

Autre exemple : « On doit repenser la formation de nos enseignants. On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier dès le bac ». Ici, rien d’abscons encore que la notion de diplômes universitaires excessifs mériterait d’être explicitée. Je suppose qu’Emmanuel visait essentiellement le recrutement des enseignants du primaire (éventuellement du secondaire ?) car je ne vois pas bien ce que serait un diplôme « excessif » au niveau… universitaire. Nul besoin de remonter très loin dans le temps, pourtant. Comme le rappelle un ancien recteur :  » Jusqu’en 1969, on intégrait une école normale après la classe de 3e, pour quatre ans de formation. Après cette date, le recrutement s’est fait postbac, suivi de deux ans de formation professionnalisante, en école normale ». Jusqu’à la création des IUFM en 1990 et à ses réformes successives.

Soyons juste, Emmanuel n’est pas le seul à donner dans le creux. Le ministre de l’éducation nationale montre de réelles dispositions en la matière.

Parce que l’enseignement aurait été autre chose que cela ?

Voilà une profession de foi qui ne mange pas de pain. Le problème est que le métier est si dégradé qu’il n’attire plus. Mon frère, 38 ans d’enseignement en primaire, a jeté l’éponge l’an dernier et reçu une petite missive ministérielle pour rempiler qu’il a foutue au panier.

Pourquoi je m’énerve à propos de ça ? Parce que si l’électricité et le gaz viendront à manquer, l’abondance de comm’ totalement soluble dans le rien, elle, ne fléchit pas. Adieu le concret. Ce qui pourrait tout à fait être reproché à ce post, cela dit. Mais bon. Il y a chez Emmanuel Macron une singulière disposition au monologue verbeux enrubanné de mots précieux destiné à faire sérieux quand il ne heurte pas frontalement.

« Construire peut être le fruit d’un travail long et acharné. Détruire peut être l’oeuvre d’une seule journée » aurait dit Winston Churchill. Phrase à méditer, celle-ci.

Rien à voir.

Je ne suis pas sûre que cet emprunt socialiste à Donald Trump (je parle de la casquette) soit de bon aloi. Quant à la couleur rouge pour l’ancien parti à la rose … doit-on y voir un effet Nupes ?

Pendant ce temps en Afrique, le Niger a décidé de provoquer des pluies à l’aide de produits chimiques face à la sécheresse qui a engendré cette année une sévère crise alimentaire dans ce pays aride, a appris, jeudi 25 août, l’AFP auprès des services de la météorologie du pays. Cette technologie de « pluies provoquées » consiste, à l’aide d’un avion, à introduire dans les nuages des produits chimiques, notamment un mélange d’argent, de sodium et d’acétone. J’ai hésité avant de relayer tant cela ressemble à un titre du Gorafi (pastiche du Figaro).

Du coup, si cela est vrai, question bête : pour quelles retombées collatérales écologiques ?

Joli théorème qui se discute aussi.

Question de style

Longue interview de Virginie Despentes dans Télérama. J’avoue ne jamais rien avoir lu d’elle, hormis une tribune dans le journal Libération suite à certaine cérémonie des Césars ayant récompensé R. Polanski et un texte inclus dans un recueil de nouvelles publié en mars 2013 par Louis Vuitton et les Éditions Gallimard. La quatrième de couverture présentait l’ouvrage ainsi : « Depuis plus d’un siècle, la maison de famille des Vuitton bruisse d’extraordinaires histoires de malles, de bagages et de voyages. Gaston-Louis Vuitton, troisième du nom à bâtir la renommée du célèbre malletier, y constitua des archives fabuleuses, en collectionneur passionné qu’il était. C’était au début du siècle dernier. À sa mort, on a fermé la malle mystérieuse. Cette malle aux souvenirs fut rouverte aux grands écrivains français. Et chacun s’est plongé dans ce monde de vieilles photos délavées, de coupures de presse, d’anecdotes, de relations avec les clients les plus extravagants. Ils leur ont redonné vie. Voici l’éloge de la malle par les grandes plumes d’aujourd’hui ». Parmi ces grands auteurs, Virginie donc. Je me souviens d’une vague histoire de malle sanglante… Le point commun entre les deux opus, un style rugueux et rageur qui m’avait paradoxalement laissée assez indifférente.

A l’aube de la rentrée littéraire 2022, la voilà qui publie « Cher connard », un roman épistolaire sur, en très gros, l’addiction, le féminisme, le mouvement #MeToo et les réseaux sociaux sur fond de confinement. Déjà fortement médiatisé, l’ouvrage met en scène le dialogue entre une actrice en perte d’éclat, Rebecca, et un écrivain autrefois prometteur, Oscar, désormais en panne d’inspiration et épinglé par le ledit MeToo.

Pour plus de détails, lire la presse plutôt élogieuse de ces derniers jours.

Je ne sais pas si ce « Cher connard » raflera un prix mais, pour l’heure, il occupe les gazettes et voilà le PMU littéraire de rentrée lancé. N’étant pas joueuse, je ne miserai pas dessus, d’autant qu’il y a peu de chances que je le lise par lassitude « #MeTooique » (sic). Peut-être à tort.

« Mon truc à moi, mon atout à l’écrit, c’est la réponse violente. Je ne viens pas discuter, argumenter, ou même gâcher la fête, je viens casser la table » dit la dame en fin d’interview. Je veux bien le croire pour le peu que j’ai pu lire et cela a le mérite d’être clair.

Le style présidentiel de ces derniers jours, en particulier celui de son discours d’hier à Bormes les Mimosas, est lui beaucoup plus abscons (extraits).

« Je pense à notre peuple auquel il faudra de la force d’âme pour regarder en face le temps qui vient, résister aux incertitudes, parfois à la facilité et, unis, accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs  (…). La France, comme Nation et comme République, n’est jamais un acquis, jamais un droit. C’est un legs à transmettre et un combat à savoir mener ». 

Mon petit bilan instantané fut de me dire que les sorties en jet-ski, et l’aération qu’elles sont censées procurer, ont des effets très relatifs sur l’expression de la pensée complexe, car j’avoue que je ne comprends pas cette tonalité guerrière au « lyrisme de veuve italienne » pour reprendre l’expression d’un twittos.

Après Jupiter et Vulcain, l’heure de Mars serait-elle donc venue ? Ou bien s’agirait-il de nous préparer à des rationnements à venir, à des « vivre avec » selon l’expression consacrée ? Car d’autres parties du discours sont beaucoup plus explicites et tiennent en un mot « réformes » dont on sait depuis plusieurs décennies ce qu’elles signifient.

Après les canicules estivales, faut-il s’attendre à une canicule sociale automnale qui ravalera la rentrée littéraire au rang d’aimable divertissement ? Difficile à dire, mais ce qui semble établi, en revanche, est que les états d’urgence de tous poils (sic) n’ont pas fini de nous cerner.

RIP Sempé

Sempé, c’était le petit Nicolas bien sûr (qui n’aurait pas été sans le compère Goscinny) mais aussi tant de dessins à la fois rôles, ironiques et mélancoliques.

Je ne pouvais décemment pas louper ceux-là

Insoumission

Sur la dernière pancarte « On a trouvé ce gant ».

Ni celui_ci qui m’évoque ….

…un séjour dans un petit hameau des Pyrénées ariégeoises où nous avions loué une maison. Notre voisin construisait un petit mur bizarrement arrondi. Je ne sais plus très bien s’il s’agissait un conflit de voisinage ou d’un conflit successoral, mais il n’était pas question pour cet homme de lâcher ne serait-ce qu’un demi-pouce de terrain.

En ces temps caniculaires, on en rêve de ces flaques…

…ou de cette tranquillité estivale

Pour finir cet ultime dessin. « Pense à ne pas m’oublier » dit la femme qui pose à son peintre de mari.

 » Pense à ne pas m’oublier », belle épitaphe, non ?

Rions un peu avec les étoiles

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Spoutnik 1

Je suis née l’année du lancement du premier Spoutnik. De quoi avoir envie de rêver sur les étoiles.

Depuis quelques jours, le télescope James Webb nous régale d’images spectaculaires comme celle-ci.

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ou encore celle-ci

Le physicien et directeur du Laboratoire de recherche sur les sciences de la matière (Larsim) Etienne Klein a tenu à participer, à sa manière, à ce festin stellaire en publiant la photo suivante sur son compte twitter accompagnée de cette légende : Photo de Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil, située à 4,2 années-lumière de nous. Elle a été prise par le JWST (télescope James Webb). Ce niveau de détails… Un nouveau monde se dévoile jour après jour. » 



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Si de nombreux internautes ont rapidement compris qu’il s’agissait d’un canular (en l’occurrence la photo d’une rondelle de chorizo), d’autres, en revanche, s’y laissèrent prendre alors même que la médiocre qualité du cliché comparée à celle des images du télescope auraient dû les alerter.

Constatant que son tweet devenait viral, Etienne Klein a donc adressé un message aux internautes ayant pris son tweet au premier degré. « Bon, quand sonne l’heure de l’apéritif, les biais cognitifs semblent s’en donner à cœur joie… Gare, donc, à eux. Selon la cosmologie contemporaine, nul objet relevant de la charcuterie espagnole n’existe ailleurs que sur Terre . »

Il faut croire que les réactions outragées dépassèrent de loin les humoristiques au point qu’Étienne Klein s’est senti obligé de s’excuser: «Je viens présenter mes excuses à ceux que mon canular, qui n’avait rien d’original, a pu choquer. Il voulait simplement inciter à la prudence vis-à-vis des images qui semblent éloquentes par elles-mêmes».

« La science est-elle soluble dans l’esprit de jeu? » Telle était le titre d’une émission animée par le scientifique sur France culture (qui devrait être rediffusée ce jour si j’ai tout bien suivi) et présentée comme suit :

« Il y a quarante ans, le 3 mars 1982, mourait Georges Perec, écrivain, auteur d’une œuvre littéraire foisonnante, fondée le plus souvent sur l’utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques. Il publia notamment cinq études pseudo-scientifiques, désopilantes dans le fond autant que dans la forme. La première, intitulée « Experimental demonstration of the tomatotopic organization in the Soprano », raconte une série d’expériences relatives aux effets que produisent les jets de tomates sur les cantatrices.

« De façon plus générale, au-delà de leur drôlerie, que révèlent de tels pastiches sur les codes implicites de la publication scientifique ? ».

Rendez-vous, donc, sur les ondes pour avoir la réponse. Pour ce qui est de l’étude de Perec précitée, j’en avais eu le texte par une amie biologiste et je m’étais dit, alors, que je n’avais pas assez le sens du jeu pour produire quelque chose d’aussi drôle.

En attendant, on peut observer avec Etienne Klein que « le canular a une vertu pédagogique. Il dit notre faculté à être dupé, interroge notre rapport aux sources…« 

L’invitation au sens critique aura-t-elle été entendue ? Allez savoir…

L’ironie finale de cette histoire est que sa fausse image a eu plus de succès sur la toile que les vraies photos du télescope qu’il avait partagées auparavant sur Twitter.

N’ayant découvert le canular qu’après sa révélation, je ne sais pas si j’aurais fait partie des dupés. Sans doute, vu mon taux de crédulité, et je m’en serais amusée aussi. Je me souviens d’un canular électoral posté sur son blog par un ami à l’occasion des présidentielles de 2017 (la présentation d’une candidate LREM totalement fictive). J’étais tombée grave dans le panneau.

Hiberner en été

Montage d’une twittos dénomée NOname

Les grosses chaleurs ont ce résultat paradoxal que l’on recherche le moindre coin de fraîcheur pour … s’assoupir, oublier cette torpeur qui vous accable, la soif, l’absence d’appétit et d’appétence pour quoi que ce soit.

Le climat se venge en imposant des températures que nos modes de vie contribuent à amplifier.

« Comment vivre avec » est devenu une expression passe partout : avec le Covid, les inondations, la canicule et j’en passe. Façon implicite de ne rien faire.

Ou injonction à s’adapter. Une injonction dont les plus fortunés s’affranchissent comme si la planète, décidément, était un jouet comme un autre.

Tandis que la majorité des hommes étouffe, les forêts brûlent, la glaciers fondent, l’eau se barre, la spéculation prospère sur les raréfactions.

Le Gouvernement se dédouane en numéros verts.

On déverse des milliers de litres d’eau sur l’asphalte pour sauver le Tour de France quand la pénurie menace.

On prône une sobriété énergétique qu’on ne s’applique pas à soi même, on rouvre une centrale à charbon et on prévoit la construction d’un nouveau port méthanier qui accueillera nos importations de gaz de schiste. La transition écologique attendra.

Politique de Gribouille et du Sapeur Camember conjuguées

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Prenons garde que le 21e siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie. » Jacques Chirac, 2002.

Au 28 juillet nous avons consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an. Tout va bien. A ce rythme, il faudra apprendre à vivre avec et sans.

Rien à voir.

Distrayante (sic) Aurore Bergé qui parle de loyauté mais qui, à l’instar des radicaux, bien qu’elle n’ait jamais été bien « rose » n’est jamais loin de l’assiette au beurre.

(les radicaux étaient comparés aux radis : « roses à l’extérieur, blancs à l’intérieur, et toujours près de l’assiette au beurre » ).

PS : http://www.slate.fr/story/214958/porter-une-cravate-pourrait-reduire-flux-sanguin-vers-cerveau

Eric Ciotti devrait se méfier. Les débats encravatés risquent de perdre en fond ce qu’ils auront gagné sur la mise.

Pendant ce temps là, Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, a appelé vendredi 29 juillet à suivre son exemple et à tomber la cravate pour réduire la facture d’énergie en ayant moins recours à la climatisation….

La cravate, cet obscur objet climaticide. On aura tout lu.

PPS : No comment

Pouvoir d’achat et système D

Commençons par du futile avant d’aborder le sujet. Eric Ciotti, député LR, qui n’a pas fait son service militaire mais aime les uniformes, veut obliger le port de la cravate à l’AN, reprochant à ses collègues Nupes une tenue relâchée. Thibaut Poirot sur Twitter propose une solution plus représentative, je dirais :

– soit on rétablit le costume de représentant du peuple de 1793 (sans sabre, soyons prudents)

; –

soit chaque député devra porter obligatoirement le costume folklorique de son département.

Fin de la blague : on peut être dignement cravaté et néanmoins un salaud propre sur lui.

Or donc, pour revenir au sujet.

Clément Beaune sur l’augmentation des tarifs du train : «J’invite tous les voyageurs qui peuvent le faire à réserver leur billet en avance, avec des cartes de réduction et en choisissant les heures ou les jours qui sont un peu moins coûteux» dans #LaMatinale de Cnews.

En voilà un conseil qu’il est bon sans coûter cher !

Pendant ce temps là, selon le journal Courrier international…

Lors du débat au Parlement sur l’état de la Nation, le 12 juillet, le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé que son gouvernement allait rendre gratuits certains billets de train dans le pays à partir du 1er septembre et jusqu’au 31 décembre 2022. La mesure concerne des abonnements Renfe (l’équivalent espagnol de la SNCF) sur les réseaux publics régionaux et de banlieue (Cercanías, Rodalies et Media Distancia).

“L’introduction de cette mesure est motivée par deux raisons principales, détaille le journal catalan La Vanguardia. D’une part, la tentative d’atténuer le réchauffement climatique, lequel est alimenté par les véhicules à carburant fossile, comme les voitures. D’autre part, la hausse des prix du carburant sur les derniers mois causée par la guerre en Ukraine.”

En Allemagne, les éditions régionales du groupe RP Media se réjouissent de la mise en place d’un nouveau passe transport, valable un mois, en juin, juillet ou août 2022. Sur leurs unes, le prix de ce forfait prévu pour lutter contre l’inflation s’affiche en rouge : 9 euros mensuels, permettant de parcourir le pays en train, en bus, en tramway ou en métro.

Certes ce sont des mesures temporaires mais tant qu’à saupoudrer ….puisque le principe qui sous-tend le « paquet pouvoir d’achat » gouvernemental consiste surtout à persuader les plus fragiles économiquement de remercier pour les épluchures qu’on leur offre…

Après le « en même temps », le « mieux que rien » conjugués.

Chouette, non ?

Pour avoir étudié ce genre de bestiole en des temps professionnels pas si anciens, la prime de partage de la valeur, subordonnée au bon vouloir de l’employeur (le texte, pour ce que j’ai pu lire, ne prévoit de négociations éventuelles qu’en ce qui concerne le montant de la prime, le niveau maximal de rémunération des salariés éligibles et les conditions de modulation du niveau de la prime selon les bénéficiaires) , exonérée dans certaines limites de cotisations sociales et d’impôt, dont l’Assemblée Nationale vient de tripler le plafond (et non le montant) est pure diversion.

Ne pouvant se substituer à aucun des éléments de rémunération versés par
l’employeur ou qui deviennent obligatoires en application de règles légales,
contractuelles ou d’usage, ni à des augmentations de rémunération ou à des primes prévues par un accord salarial, par le contrat de travail ou par les usages en vigueur dans l’entreprise, on mesure l’extrême mesure de la mesure.

Pour information, seuls 14 % des salariés auraient bénéficié de son ancêtre (sic) la prime de pouvoir d’achat (basée sur les mêmes principes donc) pour un montant moyen de 500 euros.

« Donner avec ostentation, ce n’est pas très joli ; mais ne rien donner avec discrétion, ça ne vaut guère mieux », disait Pierre Dac.

Nous sommes ici dans une sorte de mi-parcours : offrir de manière infinitésimale avec ostentation.

Bruno « demande » Le Maire n’a pas eu de pudeurs budgétaires quand il s’agissait des entreprises. Je me demande d’ailleurs de combien de millions d’euros l’Etat s’est, en définitive, fait délester via le dispositif d’activité partielle…Le Monde titrait « 50 millions » en août 2021. C’est ici :

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/08/04/la-fraude-au-chomage-partiel-a-deja-coute-50-millions-d-euros-a-l-etat_6090473_3224.html

Bien retenir le mot « déjà »

A cheval électoralement acquis on ne regarde pas les dents …

« Je n’aime pas les taxes, j’en ai assez que mon pays soit le champion du monde des taxes » ajoute Bruno. A quoi l’on pourrait lui répondre, comme François Malaussena, que l’on est les champions du monde des taxes parce qu’on est redistributifs. Ce qu’on paie en taxes, en cotisations sociales, d’autres comme les américains le paient en frais exorbitants au privé.

Négociation, redistribution…des mots (entre autres) non assimilés dans le cerveau de Bruno comme de Babeth qui vapote en toute impunité dans l’enceinte de l’Assemblée. Hors sol, hors normes.

Dans le même temps, Olivier Véran se surpasse :

« Pour les Français, les pleins d’essence ne doivent pas peser trop lourd à la rentrée. Pour les salariés, les entreprises doivent prendre leurs responsabilités. Sur la base de ces principes, notre main est tendue pour définir, avec les oppositions, le meilleur dispositif possible ».

Ce qui peut se traduire, de manière plus vulgaire : « démerdez-vous ».

En attendant, alors que le réchauffement climatique se précise, on préfère investir sur ça :

Plutôt que ça :

et je vous épargne tous les délires techniques de surveillance en germe. Du genre, si ce ci vous a amusé :

celui_là je gage un peu moins :

Riant, non ?

Répondre à ce niveau de folie mondialisée, je ne sais.

A ce rythme, plus de policiers sur le terrain mais des joueurs adulescents rivés à leurs écrans. Une sécurité de jeu vidéo.

La technique pourtant laisse voir de belles choses (photos du télescope James Webb)