Ce blog n’est pas prémédité. Je ne planifie rien. Parfois les horizons me fatiguent, alors j’écris au plus près : sur des personnes qui m’ont marquée, sur du présent, du banal, et, quand ils me viennent, sur des imaginaires …qui n’en sont pas tout à fait, car on ne se défait jamais complètement de soi. Tout cela manque peut- être un peu d’unité, n’est pas d’airain. Cela zigzague, hésite, revient, repart. C’est comme ça. Le plus délicat est la distance car, si je ne rechigne pas à partager des émotions, l’intime reste une autre chose dont je n’ai pas envie de parler ici. Alors baladez-vous sur ce flou, si l’écriture vous en dit !
C’est ma première expérience du genre. Quand le guerrier sert d’écrin à la contemplation.
On peut difficilement imaginer plus laid. La base sous marine de Bacalan (un quartier bordelais) est l’une des cinq bases construites par les Allemands sur le littoral atlantique pour abriter des flottilles de sous-marins U-Boote pendant la Seconde Guerre mondiale. Construit entre 1941 et 1943, ce gigantesque bunker est organisé en onze alvéolesliées entre elles par une rue intérieure.
Aujourd’hui, une partie du bâtiment est accessible au public et comprend espace dédié à la création contemporaine et un centre d’art numérique dénommé le bassin des lumières.
C’est dans ce dernier que se tient en ce moment une exposition consacrée à Venise. Une fois habitué à la pénombre et au volume singulier des lieux, une fois évacuée leur sinistre destination initiale, on se laisse prendre par l’image. On s’y incruste presque. Minuscule figure baladeuse sur fond d’écran.
Cet après-midi là, les alvéoles s’ouvraient non sur la Garonne mais sur le Grand Canal. La laideur bétonnée s’effaçait presque sous les façades vénitiennes et l’eau était là, comme une passeuse entre les villes. Drôle d’évasion où l’artifice technologique phagocyte presque votre présence.
J’ai pris, presque à tâtons, quelques clichés qui valent ce qu’ils valent.
Un ami m’écrit que ces expositions immersives deviennent très tendance, un ultime avatar du mano a mano entre art et commerce. C’est bien possible, mais par les temps violents qui courent cette conjugaison physique temporaire a de quoi, sinon subjuguer, du moins donner à réfléchir. Au moins un peu.
Après deux ans et demi, si ce n’est plus, de jeu de cache cache, la bestiole fini par me rattraper.
Avertie sur mon téléphone, il y a une semaine, que j’avais croisé une « personne à risques » vraisemblablement deux jours auparavant, je me fais tester le jour même (test antigénique ). Bingo : test positif (si j’étais complotiste, le test étant de fabrication chinoise comme l’indique le résultat que j’ai reçu, je prétendrais que le virus était déjà dans le test )….
Je m’isole donc. Madame l’assurance maladie m’enjoignant de refaire un test cinq jours après le premier, je m’y colle (re même test antigénique). Résultat toujours positif et pourtant pas de symptôme – ni fièvre, ni toux, ni mal de tête, ni perte de goût ou d’odorat, ni problèmes respiratoires, pas d’éternuements récurrents. Rien jusqu’à hier (soit au bout de huit jours) où j’ai commencé à me sentir un peu fatiguée mais pas au point de rester sous la couette. J’ai même fait un peu de ménage ce matin.
Je suppose que je dois cette relative « asymptomatie », au fait d’être vaccinée 3 doses. Mais l’isolement est lourd. Heureusement, j’ai un balcon donnant sur un parc où je peux m’installer pour bouquiner et prendre l’air. Depuis ce matin, on le bichonne à la tondeuse et autres appareils, ce qui masque le bruit des oiseaux et rend le séjour « balconique » un peu pénible.
L’embêtant dans cette absence de symptôme net (la fatigue pourrait aussi bien résulter de mon allergie à tout ce qui est en suspension dans l’air en ce moment) c’est qu’au vrai, je ne sais pas trop, à l’heure qu’il est, quand je vais pouvoir considérer que je ne suis plus contaminante et pouvoir aller me balader et voir du monde.
Finalement j’ai pris rendez-vous pour me faire faire un test PCR, réputé plus fiable, dix jours après le premier (et donc après dix jours d’isolement). Je croise les doigts.
Je me suis longtemps demandé, surtout depuis l’apparition d’Omicron, comment on pouvait recenser autant de nouveaux cas par jour. Je mettais cela sur le compte d’un abaissement de la vigilance liée à la lassitude et une actualité mortifère. Et agonissais en silence les porteurs de masque sous le nez ou le menton.
Pour moi, je ne sais pas où j’ai « flanché » car ma vie sociale bordelaise n’a rien de frénétique. Certes, on a bien recensé quelques cas dans mon entourage mais il y a un bon mois. Alors ….que penser ?
Le jour de ma contamination probable correspondrait, selon l’alerte que j’ai reçue, à une sortie en ville pour quelques achats. Adepte du masque FFP2 bien ajusté dans les transports (où le masque est obligatoire), en milieu fermé (y compris dans les ascenseurs) et dès qu’il y a un peu de monde autour de moi, je ne comprends pas bien comment j’ai pu « me faire choper ». A moins que mon masque ait été « poreux ».
Tant que le mal en reste là, je dois me considérer comme chanceuse. Autre petit bénéfice, m’éviter, dans l’immédiat, une revaccination que je ne souhaitais pas.
Pour l’heure, je maudis la technique qui fait que de bons vieux râteaux « jardiniers » et silencieux aient été remplacés par de bruyants appareils « soufflants ». A bien y regarder d’ailleurs, le résultat final n’est pas terrible : il reste encore pas mal de feuilles au sol un peu partout. Cinq heures de pétarade (hé oui, le parc est grand), sans compter les motos tondeuses, comme dirait l’autre, ça commence à bien faire. D’autant que, cerise sur le gâteau, ma voisine du dessous fait faire des travaux chez elle.
Entre la (le) Covid et le bruit, je me demande ce qui me pèse le plus.
La période « m’oblige » comme diraient certains qui ne se sont pas sentis obligés bien longtemps. Plus tard, des historiens des idées (si le climat ne nous a pas cramé d’ici là) reviendront sur les constructions tactiques des dernières élections et nous serons nombreux à avoir l’air de fieffé imbéciles, si nous sommes toujours là.
Que vaut un coming – out électoral ? Un brevet de démocrate première étoile ? Pas grand chose en réalité quand l’isoloir vous permet de faire tout autre chose. Alors pourquoi l’exiger (je parle de presque 15 jours d’injonctions sur les réseaux sociaux) ?
Cela me rappelle une histoire entendue au cours de mes études. Une grande firme cosmétique, avant de lancer une crème dépilatoire sur un marché, avait interrogé des femmes sur l’usage éventuel qu’elles en feraient. Forte d’un accueil positif, la firme inonda les étals de son produit qui fit …. un flop retentissant. Les interrogées avaient répondu en masse très positivement parce qu’il faut rester aimable à l’égard de qui s’intéresse à vous alors même que votre pilosité n’a jamais été un sujet.
Moralité : prendre les réponses pour ce qu’elles sont : des réponses, pas des professions de foi.
Mais MLP c’est pas un poil mais un lupus !
Oui. Mais faites-moi la grâce de penser que j’ai encore un peu de conscience. Merci.
Or donc, parler d’autre chose.
Musique par exemple. Quoique parler soit vain. Mieux vaut écouter et définitivement se taire.
Et si vous voulez absolument lire, songer au mois de juin, il y a ceci…
Cet ami me dira sûrement que mes lignes poussent à se pendre avec un élastique ou sauter du balcon … mais bon.
On avait déjà le verbe « Merkeln », qui signifie être indécis ou ne pas avoir d’opinion sur quelque chose – un comportement que les Allemands attribuaient souvent à Angela Merkel. Nous voilà donc avec « macroner », guère plus flatteur.
Ce sentiment vaut ici pour cet entre deux tours aux allures renouvelées d’impasse.
Si en 2017 on pouvait donner du « crédit » (sic) au barrage républicain macroniste, on a, depuis, eu le temps de se rendre compte que Jupiter ne reconnait rien (notamment le barrage républicain en 2017), ne se sent redevable de rien.
« Après avoir méprisé les corps intermédiaires, les contre-pouvoirs et les oppositions tout au long du quinquennat, Emmanuel Macron assure aujourd’hui vouloir adopter une « nouvelle méthode ». « (Médiapart). Comment souscrire une seule seconde à cette supercherie ? Alors qu’il fait mine de tendre la main à Strasbourg, il envoie sa police à Paris contre des étudiants , des jeunes qui ne veulent pas de lui.
Oui, mais Marine, mais Mariiiine quand même !!!!
Oui, il y a péril. La potion est quand même imbuvable : un Président sortant, dont à peu près 75 % du corps électoral (si on s’en tient aux seuls votes exprimés) ne veut pas – et qui, soit dit en passant, a largement damé le boulevard qu’il a ouvert à son adversaire via les lois séparatisme ou sécurité globale – pourra continuer à pratiquer son travail de casse sociale.
Et c’est sans doute là le problème : un scrutin considéré comme essentiel mais qui s’avère particulièrement vicié dans un contexte d’abstention croissante. La désertion serait-elle moindre si le vote blanc, moyen d’exprimer son opposition à un choix réducteur, était reconnu ? Je me suis souvent posé la question.
Depuis 40 ans « le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, c’est dangereux » (Albert Jacquard).
Restent, pour ne pas désespérer, les élections législatives.
Pour moi, la catastrophe serait d’hériter d’une Assemblée Nationale aussi caricaturale que celle que nous avons eu ces 5 dernières années. Une parole soufflée du château, des débats verrouillés, dans des conditions temporelles inacceptables. Au final une chambre d’enregistrement aveugle et sourde comme jamais.
Je ne suis pas assez douée pour vérifier l’authenticité de cette vidéo où l’on entend des habitants de Shanghai confrontés à la pénurie de nourriture, crier sur leurs balcons leur mécontentement et leur désarroi. Mais elle signe, pour moi, l’impasse politique, économique, sanitaire et écologique où nous sommes. Tous.
PS pour sourire un peu. Je ne sais pas non plus qui a imprimé cela (j’imagine qu’il y a pas mal de pages blanches après) mais cela ressemble assez au programme de certains candidats recalés au premier tour de l’élection présidentielle dont on ne sait non plus si le parti survivra…
PPS : S’il avaient un peu de dignité professionnelle, les journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau devraient décliner d’animer (sic) ce débat où ils auront, au mieux, un rôle décoratif comme nous l’ont prouvé les joutes de ce genre depuis des lustres. Ce n’est pas aux politiques de choisir les journalistes qui les interrogent. Ou de définir qui est journaliste. Personnellement, je ne regarderai pas plus ce simulacre de débat que je n’ai regardé les précédents.
une petite pause japonaise. Le hanami (花見 / はなみ, littéralement, « regarder les fleurs ») est une coutume japonaise consistant à célébrer la beauté des fleurs, principalement les fleurs de cerisier (sakura), lorsque, à partir de fin mars ou début avril, elles entrent en pleine floraison.
Selon Madame Wikipedia, la floraison des cerisiers était considérée comme annonciatrice de la saison de plantation du riz. Les gens croyant à l’existence de dieux à l’intérieur des arbres leur faisaient des offrandes. Offrandes arrosées de quelques verres de saké.
L’empereur Saga ( 786-842) a adapté cette coutume et en a fait des fêtes contemplatives accompagnées de mets variés (et de saké comme il se doit), sous les branches des cerisiers en fleur dans la cour impériale à Kyōto. On récitait des poésies louant la délicatesse des fleurs vues comme une métaphore de la vie elle-même, lumineuse et belle mais éphémère. De nos jours, les Japonais partent plus simplement pique-niquer en famille ou entre amis sous les arbres. Les moments les plus appréciés sont l’apparition des premières fleurs.
Cerisier en fleur estampe de Yoshida Toschi
Mes automnaux voyages au Japon ne m’ont pas permis de voir ces fameux cerisiers mais j’ai profité du momijigari c’est à dire du changement de la couleur des feuilles.
En cette période trouble et troublée, je songe à des moments tels que celui-ci en regardant les arbres du parc sur lequel donnent mes fenêtres. Hier, ils se tordaient sous le vent. Mais aujourd’hui tout est calme et le soleil pointe son nez entre leurs branches.
Paix du vieil étang
Une grenouille plonge
Bruit de l’eau
Ce haïku de Matsuo Bashō fera mon ordinaire du jour. Une petite suspension à savourer avant que ne me rattrape la rumeur du monde.
« Un président sans permis de conduire peut-il conduire le pays ? » demande Léa Salamé à Jean-Luc Mélenchon.
On se pince.
A quoi on pourrait répondre : une journaliste à la déontologie discutée peut-elle « conduire » une émission politique sur le service public ? Lire ici (allez à la conclusion c’est plus économique)
Tout cela est assez nul et dans le contexte actuel on aurait aimé plus sérieux. Mais voilà, pour le consistant il faut lire et voir ailleurs.
Mais revenons à nos moutons. Voter utile. La cartographie est telle que la maxime « au premier tour on choisit, au deuxième on élimine » ne semble pas pouvoir fonctionner cette fois ci …à moins d’un gros coefficient de masochisme.
Curieuse « campagne » en vérité où l’on passe plus de temps à s’écharper dans chaque camp à l’heure où la pandémie, les soubresauts climatiques, la guerre enfin devraient au minimum nous amener (candidats compris) à nous interroger sur notre choix sociétal à venir. Au risque de la ringardise « citationnelle » absolue, je me référerai à ce propos attribué à Geronimo : » Quand le dernier arbre aura été abattu, le dernier poisson pêché et la dernière rivière polluée ; quand respirer l’air sera écœurant, vous vous rendrez compte, trop tard, que la richesse n’est pas dans les comptes bancaires et que l’argent ne se mange pas ». Mais voilà, tandis que l’argent circule au-dessus de nos têtes, les idées se momifient sur des thématiques détestables.
Pour l’heure, Jupiter évite la confrontation, pioche plus ou moins dans les propositions des uns et des autres, son « en même temps » retrouvé : amusant notamment de le voir parler de planification écologique, lui qui a méticuleusement torpillé la convention citoyenne sur le climat qu’il avait contribué à mettre en place, consternant de le voir reprendre cette idée de subordonner le versement de RSA à 20 heures de travail hebdomadaire … soit l’équivalent d’un poste à temps partiel qui serait, dès lors, payé largement au-dessous du Smic alors que parallèlement on accorde des milliards sans contrepartie aux entreprises dans l’espoir de les voir investir …ce qui reste largement à vérifier. L’oiseau semble avoir pris conscience du signe « et de droite et de droite » et un rétropédalage style « ma pensée est plus complexe que cela » est en route. Mais un certain mal s’est déjà imprimé.
Jupiter, donc, évite les débats, les vrais, ceux où l’on se frotte et se confronte, mais les « affaires » le rattrapent, Mac Kinsey bien sûr ou plus exactement le recours dispendieux à des cabinets de conseil privé pour définir la politique hexagonale au motif, entre autres, que ces officines disposeraient d’une expertise et d’une réactivité dont l’administration française serait dépourvue (a-t-on audité la chose ? et qui 🙂 ?), recours qu’il justifie, non sans fébrilité, ou encore ce petit caillou-ci, peu relayé encore mais qui sait ce que les 10 jours qui nous attendent nous réservent :
« L’introuvable campagne » titre Médiapart. « Introuvable » est-il le bon adjectif ? Ou plutôt l’introuvable ne s’appliquerait-il pas plutôt à l’électeur ?
On se focalise sur les présidentielles (effet désastreux de l’inversion du calendrier des élections sous Jospin). On a tort. Pour moi, les législatives à suivre sont peut-être plus importantes. La dernière législature, en particulier à l’Assemblée nationale où l’on a vu un groupe de godillots voter tout et n’importe quoi dans des conditions de timing invraisemblables, a été lamentable, une caricature de représentation à l’exception de quelques députés -dont je garderai les noms pour moi- d’opposition, de gauche (pas seulement Insoumis) comme de droite ou centre droit et même, à l’occasion, certains égarés LREM.
Rempiler avec ça – des débats souvent médiocres réduits à l’os avec la complicité d’un arrogant perchoir ferrandien- serait désastreux. De quoi faire déserter plus encore le citoyen des urnes.
A Léa Salamé, Jean Luc Mélenchon a répondu que la France n’était pas une voiture. Ce n’est pas non plus une start-up, ni une entreprise pas plus que l’hôpital ou l’éducation. Cette conception privatiste et communicationnelle de ce qui devrait être des « Communs » est mortifère. La survenance du ou de la Covid, devant la(le)quel(le) nous nous sommes retrouvés complètement à poil, a suscité de brefs espoirs aujourd’hui oubliés. Ah ! ce beau « quoi qu’il en coûte »… en définitive pas mutualisé pour deux sous.
Au seuil du premier tour, le 10 avril qui écrira à l’instar de Louis le seizième « Aujourd’hui, rien » ?
PS : pour ceux qui ont accès à Courrier international, je conseille vivement la rubrique « sacrés français ».
Tout cela est absolument subjectif et témoigne de mon « humeur » en ces temps guerriers. Voilà, faites – en ce que vous voudrez.
je vais le faire je vais affronter la Russie tu as mon épée tu as mon arc tu as ma hache …..il s’en va seul avec ce viatique
Et pendant ce temps là en France (grosse fatigue vis à vis de ces désolants va-t-en-guerre en battle dress griffés : BHL, Bruckner, Gluksmann fils et j’en oublie)…
Dessin posté par Bad Corp sur Twitter
Voir ressortir ce dernier, cet inepte bravache breveté depuis longtemps pourtant, sur les plateaux télés participe aussi à ma déprime. Pour mémoire, ce ridicule reportage bosniaque héroïsé où je vous laisse juge de la menace représentée par les 2 militaires (policiers?) de l’autre côté du muret où notre Bernard national se tient en planque.
Se faire passer en toutes circonstances pour plus grand que l’on est, tout un programme auquel il ne semble pas vouloir déroger … mon père prof agrégé de philosophie, après lecture de quelques opus dudit, le considérait comme un vent conceptuel. Pas faux.
Je n’ose imaginer la rigolade poutinesque (à supposer que le rire soit dans ses facultés) devant cet hercule hexagonal tout en espérant sans trop y croire à ce genre d’optimisme :
C’est un humoriste suisse, décédé aujourd’hui, dont j’ai entendu parler via une chroniqueuse, également suisse, de l’émission Par Jupiter sur France inter, spécialisée dans les interviews avec les morts (merci l’INA qui lui permet de faire des montages assez drôles souvent). Lorsque je suis tombée sur ce sketch, j’ai immédiatement pensé à nos politiques actuelles – sanitaire, éducative mais aussi économique – où, après dégraissage des effectifs publics, il a été fait appel à de dispendieux cabinets de conseil privés dont la compétence prête pour le moins à discussion. Empêtrés dans leurs zigzags les ministres, notamment celui de la santé, font feu de tout bois pour justifier les millions accordés à ces structures notamment au cabinet Mac Kinsey.
Ainsi, interrogé sur le recours important à cette pratique au sein du ministère de la Santé – dévoilé dans le livre enquête de Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, « Les infiltrés » – Olivier Véran s’est justifié en rappelant la nécessité, face à l’urgence de la pandémie, de faire appel aux “experts” d’où qu’ils viennent afin d’être le plus efficace possible (donc, éventuellement, piocher dans le secteur privé supposé plus réactif qu’une banale administration). Et le ministre de donner des exemples : la logistique des vaccins (hum…), des masques (hum,hum,hum…) ou encore la médicalisation en avril 2020 de TGV pour désengorger les hôpitaux des régions les plus touchées par le Covid-19 . “Quand vous devez équiper un TGV en 48 heures pour transporter 30 malades en coma, intubés, ventilés, du Grand Est au sud-est de la France, vous êtes contents de trouver des gens qui ont la compétence pour le faire”.
Manque de pot, ces “TGV sanitaires” avaient déjà été expérimentés par le passé. “Il existe des TGV en partie médicalisés pour transporter des pèlerins malades à Lourdes, a indiqué Wilfried Demaret, conducteur-sauveteur à la SNCF au HuffPost. “Un kit de transformation d’un TGV a aussi été développé en partenariat avec le Samu de Paris après les attentats du 13 novembre 2015 et une expérimentation a eu lieu en 2019”, rappelle-t-il.
Olivier Véran a-t-il voulu dire que la mise en place de ce type de TGV lors de la première vague, si compliquée, a nécessité la participation de cabinets de conseils privés ? Là encore, il s’avère que ces cabinets n’y furent pour rien. Le ministre a offert ses plates excuses, nous donnant, en passant, une nouvelle illustration de son rapport pour le moins décomplexé avec la réalité pour ne pas dire avec l’honnêteté.
« Tu peux pas te tromper » répète Madame Pahud en emberlificotant ses explications jusqu’à l’indemmerdable (me faisant également penser en cela à Jean Castex). On comprend que son interlocuteur, qui doit la rejoindre dans un lieu proche de la gare, juge plus simple, finalement, de prendre …le train !
Dans une cinquantaine de jours, il nous incombera de choisir à notre tour notre itinéraire. Persistera-t-on dans le mode de conduite actuel ou en changera-t-on ? Résultat le 24 avril. Et rebelote en juin avec les législatives.