Droit et obligation

Dessin de Voutch

Les ministres démissionnaires avaient-ils le droit de participer à l’élection du Président de l’Assemblée Nationale ? Le débat fait rage d’autant plus que le Gouvernement a joué un rôle clé dans l’affaire. Selon l’article 23 de la Constitution, « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire ». Clair, non ? Oui, mais non. Car, argue Matignon, il faut composer aussi avec l’article LO153 du Code électoral qui dit ceci « l’incompatibilité établie par l’article 23 entre le mandat de député et les fonctions de membre du Gouvernement prend effet à l’expiration d’un délai de un mois à compter de la nomination comme membre du Gouvernement. Pendant ce délai, le député membre du Gouvernement ne peut prendre part à aucun scrutin et ne peut percevoir aucune indemnité en tant que parlementaire. L’incompatibilité ne prend pas effet si le Gouvernement est démissionnaire avant l’expiration dudit délai ».

N’étant pas constitutionnaliste et lisant ce dernier texte au premier degré, il me semble avoir été rédigé en pensant aux député·es nommé·es au gouvernement et non à des membres d’un Gouvernement déjà en place depuis plusieurs mois et ayant opportunément démissionné – autrement dit aux membres d’un Gouvernement qui, chargé de gérer les affaires courantes, n’est plus de plein exercice comme on dit, soit à des ministres plus vraiment ministres.

Et le Conseil constitutionnel, me direz-vous ? Saisi en 1986, celui-ci s’est déclaré incompétent pour statuer sur la régularité de l’élection du Président de l’Assemblée nationale (Décision n° 86-3 ELEC du 16 avril 1986).

Je ne sais quels recours l’opposition entend exercer. En attendant la situation est baroque avec des ministres la fois au four et au moulin, véritables « Fregolis » politiques.

La session ouverte le 18 juillet devrait se terminer le 2 août.

Le Président de la République, lui, n’est pas pressé et il se murmure que l’équipe en place pourrait être chargée des affaires courantes jusqu’à mi-septembre soit après les jeux olympiques et paralympiques.

Autre chose.

Il est des expressions qui finissent par agacer. Après le « j’assume » qui est une façon polie de dire « je fais ce que je veux » voire « je vous emmerde » voici le  » (telle ou telle chose) m’oblige » ou « nous obligent ». L’expression est ancienne et contractuelle mais elle me semble faire florès chez nos politiques. Ma mémoire a surtout retenu ce 5 mai 2002 où elle fut employée par Jacques Chirac réélu Président de la République avec un score presque soviétique face à Jean Marie Le Pen.

Souvenons-nous

« Ce soir, je veux vous dire aussi mon émotion et le sentiment que j’ai de la responsabilité qui m’incombe.
Votre choix d’aujourd’hui est un choix fondateur, un choix qui renouvelle notre pacte républicain. Ce choix m’oblige comme il oblige chaque responsable de notre pays. Chacun mesure bien, à l’aune de notre histoire, la force de ce moment exceptionnel. Votre décision, vous l’avez prise en conscience, en dépassant les clivages traditionnels, et, pour certains d’entre vous, en allant au-delà même de vos préférences personnelles ou politiques. La confiance que vous venez de me témoigner, je veux y répondre en m’engageant dans l’action avec détermination. »

Le discours d’E. Macron lors de sa réélection le 24 avril 2022 est presque le décalque de celui de J. Chirac : « Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. J’ai conscience que ce vote m’oblige pour les années à venir  ».

Ce sentiment, dans un cas comme dans l’autre, ne prospéra guère au-delà de la soirée électorale. C’est tout l’art de la parole verbale (expression chère à mon père). Plus récemment, après plus de 10 jours d’un vaudeville assez consternant, c’est le parti socialiste qui s’y colle dans un communiqué proposant que le choix de la candidate ou du candidat du Nouveau Front Populaire au poste de Premier ministre se fasse démocratiquement par un vote solennel des député·e·s des quatre groupes. « Le temps presse. L’impatience citoyenne légitimement monte. L’urgence sociale nous oblige. Le Parti socialiste demande donc que ce vote des députés intervienne au plus tard mardi 23 juillet. » Encore quelques jours de patience et l’on pourra juger de l’intensité de ce sentiment d’obligation.

Un seule chose est sûre : nous ne sommes pas obligés de croire tout ce beau monde sur parole.

Petit moment de détente

La période est éprouvante pour les nerfs alors autant sourire un peu. La chute de cette goguette est sans doute un peu optimiste. Ou plutôt occulte la question de savoir au bout de combien de temps, on arriverait à se débarrasser d’un Gouvernement d’extrême droite. Sur l’incompétence de la représentation RN au Parlement, pas trop de doutes à avoir. Sur les réseaux sociaux tournent en boucle des extraits d’interviews par des journalistes locaux de candidats de cette formation, souvent parachutés. C’est consternant, presque de nature à faire passer les anciens playmobils Renaissance pour des génies. A cela s’ajoute l’ inquiétant palmarès personnel de certains autres détaillés par Médiapart

https://www.mediapart.fr/journal/politique/020724/legislatives-les-brebis-galeuses-de-bardella-se-reproduisent-par-centaine

Outre-manche le parti travailliste a repris la main et certains se prennent à rêver d’une réplique chez nous oubliant au passage que 14 années de Gouvernement conservateur ont précédé cette victoire.

14 ans….

Dans ma circonscription l’élu sera sans doute le candidat de la majorité présidentielle, Thomas Cazenave, actuel ministre délégué chargé des comptes publics. Arrivée en seconde position, à quelques petits points (34,23 % contre 38,31 % pour T. Cazenave), la candidate NFP ne dispose d’aucune réserve de voix et la marge entre ces deux là et le candidat RN (21 % ) est trop importante pour imaginer une victoire de ce dernier. Vous me direz : et la participation ? Elle est déjà assez élevée dans la circonscription – 71,74 %.- et je ne crois pas qu’une participation plus importante renverse l' »équilibre » issu de ce premier tour. Un équilibre presque traditionnel dans ce quartier plutôt chic, parfois qualifié de « Neuilly bordelais », abritant des courts de tennis où Jacques Chaban-Delmas avait ses habitudes.

Au pan national, en revanche… Selon certains constitutionnalistes, jamais, sous la Ve République, le risque d’une crise de régime n’a été aussi grand. Lors des cohabitations précédentes, « il y avait un accord sur le noyau dur » de la Constitution et de ses principes, Rien de tel si le Rassemblement national (RN) accédait à Matignon à l’issue des élections législatives. Selon Bastien François, , professeur de science politique à l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, « quoi que l’on pense d’Emmanuel Macron, il n’y aurait rien de commun [entre Matignon et l’Élysée] sur le plan des valeurs fondamentales, comme sur celui de la politique étrangère et européenne ».

« Étant donné la tradition française qui place l’État en surplomb de la société et les différents types de conflits d’intérêts entre la haute administration, le monde politique, le monde des affaires et la société civile, la France semble particulièrement mal placée pour résister à un processus de démantèlement des contre-pouvoirs qui serait organisé par une nouvelle majorité autoritaire. » Telle est l’une des conclusions d’un rapport réalisé il y a deux ans à peine par des spécialistes du droit public pour le compte du groupe écologiste au Parlement européen. En confrontant notre système juridique aux modèles de pays tels que la Hongrie et la Pologne, ces juristes ont établi que la France était l’une des démocraties les plus fragiles face à un potentiel « choc autoritaire ».

Il ne reste plus, après avoir voté, qu’à espérer que la mobilisation écarte ce danger mais pour combien de temps encore ?

On tourne en rond

Je vois dans cette histoire étrange comme une allégorie non seulement des Cop successives et autres sommets climatiques mais aussi, plus généralement, de la politique hexagonale actuelle. Ecoterrorisme, à propos des happenings soupiers dans les musées, écototalitarisme, à propos de l’interdiction de la corrida, économies, ou, pardon, sobriété énergétique, tout est de plus en plus éco et rien ne semble avancer. Sur le réseau twitter un compte parodique s’en fait l’écho :

Même impression à l’Assemblée nationale où l’absence de majorité absolue avait laissé espérer un renouveau de la discussion parlementaire. Peine perdue pour cause de 49-3. Cet article donne la possibilité au Premier ministre, après délibération du Conseil des ministres, d’engager la responsabilité du Gouvernement sur le vote :

  • d’un projet de loi de finances ;
  • d’un projet de loi de financement de la sécurité sociale ;
  • d’un autre projet ou une proposition de loi en débat à l’Assemblée nationale.

Lorsque le Premier ministre décide d’y recourir, sa décision entraîne la suspension immédiate de la discussion du projet de loi. Le texte est considéré comme adopté, sans être soumis au vote, sauf si une motion de censure est déposée dans les 24 heures qui suivent.

Ainsi, ces dernières semaines, où E. Borne y a eu recours 5 fois – recours qui a immédiatement déclenché le dépôt de motions de censure- donnent-elles un sentiment de déjà vu sous le précédent quinquennat.

La composition de l’Assemblée conduit à des additions de votes variables selon les projets et le compromis tant loué par le Gouvernement tourne à une suspicion de compromission dès lors que les voix du Rassemblement national s’y mêlent. Ainsi s’installe une petite ritournelle de la honte tout comme s’en ancrée celle de l’assistanat que médias et politiques nous ressortent pour justifier une énième « réforme » de l’assurance-chômage.

« On tourne en rond, on tourne en rond, merde » s’énerve Bernard Blier dans le film « Le grand blond avec une chaussure noire ». C’est l’impression que j’ai également. Aussi sûrement que les moutons mongols.

Faux ressemblants

Hannah Arendt

Joli strike RN les 24 et 25 octobre. En annonçant que son groupe allait voter la motion de censure de la Nupes contre le projet de loi de finances, Marine

– a mis celle-ci dans l’embarras (sic), tellement qu’à trop se défendre …celle-ci en deviendrait suspecte ;

– fait sentir de vent du boulet (à 50 voix près) au Gouvernement,

– et contribué à réduire LR à un rôle d’ opposant de papier.

On pensait avoir tout vu avec la caporalisation du groupe « En marche » lors du précédent quinquennat. On pensait que la recomposition de l’Assemblée Nationale permettrait un réveil de la discussion parlementaire.

Ce qui se profile au regard des discussions des projets de lois de finances et de financement de la sécurité sociale a de quoi doucher les espérances.

On discute des journées, voire des nuits, en commissions, en Assemblée. Des amendements sont votés au texte initial avec des majorités diverses. Dans le même temps, le Gouvernement fait son tri, déclenche l’article 49, alinéa 3 sur le texte qui lui convient, à quoi répond une motion de censure en face, qui, la surprise Marine le souligne, n’a aucune chance de passer sans certains. Fermez le ban.

Certes l’utilisation du mécanisme est de nos jours encadrée mais rien de rassurant pour autant. Le calendrier parlementaire a ses arcanes et le Gouvernement sait en jouer.

Pour un petit rappel sur la chose, voir ici :

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/10/19/article-49-3-comment-ca-marche-combien-de-fois-a-t-il-ete-utilise-durant-la-ve-republique_6146430_4355770.html

Sur les 89 utilisations de l’article 49 al. 3 depuis 1958, 51 ont fait l’objet d’un dépôt d’une motion de censure… et aucune d’entre elles n’a été adoptée. Et pour cause : « Seuls les députés favorables à la motion de censure participent au scrutin », précise le règlement de l’Assemblée. Autrement dit, l’abstention vaut soutien au gouvernement, et il faut 289 députés pour le censurer.

Ce n’est, par ailleurs, pas la première fois que cet article est utilisé par un parti ne disposant que d’une majorité relative à l’Assemblée. Rocard, puisque c’est de lui qu’il s’agit, en fit l’usage le plus massif à l’heure où son utilisation n’était pas limitée (voir ici : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-vif-de-l-histoire/13h54-le-vif-de-l-histoire-du-jeudi-16-juin-2022-2720059).

Il manquait 16 sièges à Michel Rocard, il en manque 44 à la coalition gouvernementale (Renaissance+Modem+Horizons) actuelle. Là se situe peut-être la différence : la composition de l’Assemblée ou plutôt comment elle advint.

Celle de la IX législature de la Ve république (sous Rocard donc) était plus « franche », j’entends par là que chacun avait été élu sous la bannière de son parti seul et non celle d’une coalition. Ce qui n’est pas le cas de l’actuelle où se sont affrontées aux législatives deux coalitions (chose qu’à mon sens la Vème voulait éviter) : Ensemble et la Nupes. Chacun faisait état de la composante de la coalition à laquelle il.elle appartenait mais, au final, l’identification fut plus diffuse au point que je ne sais pas toujours à quelle composante tel ou tel appartient. Élément dont le Gouvernement, qui sait qui est qui, joue sans retenue à propos de la Nupes en prenant soin de bien distinguer les députés de la France insoumise des autres.

En position d’arbitres : LR (62 députés), le RN (89 députés), plus un petit groupe : Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT, 20 députés). Disposant des plus gros effectifs d’opposition (LFI n’ayant que 75 députés soit presque autant à lui seul que les autres composantes de la Nupes mais raisonnons en terme de composants séparés), le RN manifestement a décidé de faire valser un peu tout le monde.

Le pragmatisme suppose un certain cynisme mais, là, il me semble que l’on atteint un niveau assez conséquent (mais sans doute ne sommes nous pas à l’abri d’autres surprises). Ainsi Marine et son groupe votent-ils, sans fard, des textes, présentés par le Gouvernement et/ ou sa majorité relative, notamment en matière économique et sociale, assez éloignés de leurs bruyantes profession de foi de protection des populations précarisées …sans que le gouvernement trouve à redire à ce ralliement. Ni la majorité qui l’appuie.

Le happening, lui, constitue un avertissement sans frais pour tout le monde. Au vu de sa progression, le RN peut se monter joueur.

Qui assumerait d’avoir fait tomber un Gouvernement avec ces voix là ?

Pour qui le prochain baiser de la mort ?

Au Parlement, ce qui semblait ouvert est verrouillé.

Pour l’heure, c’est à qui saura dégainer la comm’ la plus percutante. Qu’importe qu’elle soit vide et/ou mensongère (les boules puantes se balancent aussi en escadrille) pourvu qu’elle soit engrammée.

De ce point de vue, je ne sais pas si on doit à Frédéric Michel, le nouveau conseiller en communication du château, le format de l’émission « l’Évènement  » sur France 2.

A un moment donné, il va falloir que je vous pose des questions, fait remarquer Caroline Roux à Emmanuel Macron au bout de 29 minutes, soit la moitié de l’émission.

Où il se vérifie qu’Emmanuel Macron parle tout seul pour lui seul sur des tréteaux télévisuels où il peut, en mauvais comédien qu’il est, surjouer ce que bon lui semble.

PS: Jacques Ellul définissait le lieu commun ainsi, « il ne supporte aucune discussion de base. Il sert à tous comme pierre de touche, comme instrument de reconnaissance. Il est la commune mesure qui permet de s’entendre quand on discute politique ou civilisation… Les mettre au jour, les placer en situation de contestation devient tragique, car c’est le moyen de se comprendre qui est alors discuté. « 

Allez savoir pourquoi j’y repense …

PPS du 28 octobre : Qui assumerait d’avoir fait tomber un Gouvernement avec ces voix du RN me demandais-je. Apparemment La France insoumise. Le suicide mode d’emploi…

Interminable

C’est, alors que les températures remontent après un intermède rafraîchissant (toutes proportions gardées, mais tout de même), l’adjectif qui me vient, pour le moment (difficile de préjuger de la suite), s’agissant de ce deuxième quinquennat macronien. Long et morne comme le discours de politique générale d’Elisabeth Borne.

Le Covid, qui s’était fait discret ces derniers temps, refait opportunément (sic) surface dans nos gazettes. Le menu politique annoncé confirme s’il en était besoin cette impression : les élections ressemblent de plus en plus à des hologrammes. Ce qui a pu s’y exprimer n’a pas de densité. Ce sont juste des péripéties à peine distrayantes. Maintenant retour au sérieux.

Comme le titre assez joliment Médiapart, « À l’Assemblée, Élisabeth Borne invente le « compromis » sans concession ».

A vrai dire, c’est ce que la dame a toujours fait. Pour ce que j’ai pu observer de ma fenêtre professionnelle, lorsqu’elle était ministre du travail, le déroulé des « concertations » (puisque le mot négociation semble lui donner des aphtes) était le suivant : les représentants syndicaux étaient reçus les uns après les autres, poliment écoutés, poliment reconduits jusqu’à la sortie et découvraient au final que leurs remarques, suggestions, inquiétudes avaient coulé sur la pensée du ministre comme l’eau sur les plumes d’un canard.

L’on pourrait, si l’on est indulgent, se dire que le fait qu’ Elisabeth Borne se résolve à prononcer le mot compromis est en soi une concession. Un mot « trop longtemps oublié dans notre vie politique », a-t-elle impavidement regretté, appelant la classe politique à lui « redonner un sens et une vertu ».

« Nous mènerons pour chaque sujet une concertation dense, a-t-elle promis. Nous aborderons chaque texte dans un esprit de dialogue, de compromis et d’ouverture. […] Nous sommes prêts à entendre les propositions venues de chacun et à en débattre. »

Une concertation dense …amusant concept verbal. Dont acte, mais ne pas trop se leurrer cependant.

On pourrait même déjà voir poindre un joli trou dans la raquette méthodique : pour convaincre, relève Médiapart, la première ministre a cité dans son discours la quasi-totalité des président·es de groupes parlementaires, à l’exception de celles que la Macronie rassemble sous le vocable des « extrêmes », Mathilde Panot (La France insoumise, LFI) et Marine Le Pen (Rassemblement national, RN). Ce qui, en termes de représentation, fait tout de même du monde.

Les premiers pas de cette législature ne laissent d’ailleurs pas d’étonner. On y voit ainsi, malgré l’exclusion discursive ministérielle, le Rassemblement national se « respectabiliser » à peu de frais (2 vices présidences à l’Assemblée …vous me direz en matière de vice, c’est presque un hommage qui lui a été rendu par son vote par la majorité relative macronienne, voir billet précédent) tandis que la cohésion de la Nupes est chahutée sur fond d’affaires de mœurs.

Pour l’heure, peu de profondeur (hormis notamment l’intervention du socialiste Boris Vallaud) mais beaucoup de bruit.

La nomination d’Eric Coquerel à la tête de la commission des finances de l’Assemblée nationale a fait remonter de vieilles histoires de fesses. La seule victime ayant accepté de parler publiquement en rajoute à chaque interview après avoir initialement déclaré qu’elle ne considérait pas la drague lourdingue d’Eric comme une agression (voir article Médiapart du 2 juillet). La France insoumise faisant bloc autour de son champion, le jeune Taha Bouhafs, contraint de se mettre en retrait des élections législatives auxquelles il était candidat pour la France insoumise pour cause d’accusation de violence sexuelles, se plaint de la différence de traitement dont il fait l’objet de la part du comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles du mouvement et demande, ce qui se comprend, à ce que son cas soit revu de manière juste et équitable ….appuyé en cela par nombre de xénophobes et racistes brevetés, nés avant la honte comme on dit, qui l’avaient agoni d’injures lorsque son investiture avait été dévoilée.

Un « philosophe » autoproclamé qui semble avoir définitivement oublié son cerveau sur une étagère -Raphael Enthoven- s’en prend à Mathilde Panot, la Présidente du groupe des insoumis à l’Assemblée Nationale pour avoir utilisé le mot « rescapée » à l’endroit d’Elisabeth Borne dont le père connut l’enfer d’Auschwitz.

« Madame Borne, il faut le dire vous êtes une rescapée », s’est exclamée l’élue insoumise. « ‘Vous êtes la Première ministre la moins bien élue de la Ve République, vous avez maintenu un gouvernement à trous et à sursis ; trois de vos ministres ont été défaits aux législatives ; la ministre des Outre-mer a tenu trente-six jours avant de prendre la fuite ; que dire du ministre accusé de plusieurs viols, maintenu en poste jusqu’à lundi ».

Où l’on voit que l’utilisation du mot n’avait pas de lien avec le destin du père de la première ministre mais tout à voir avec l’histoire récente du Gouvernement.

Retweeté par plusieurs milliers de personnes, le message de Raphaël Enthoven a fait réagir en Macronie. Invité de Public Sénat le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guérini a appelé Mathilde Panot à « corriger » et « s’excuser ». Pour le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, « là est l’impardonnable dérive mélenchoniste ».

Pourtant on ne compte pas les unes de journaux ayant utilisé le mot lors du remaniement ministériel….

Dans le même registre affligeant, on pourrait se demander s’il ne faudra pas bannir l’expression « se déporter » lorsqu’il s’agira d’exiger d’un membre du Gouvernement ou de son cabinet qu’il délègue l’examen de tel dossier à une autre instance en raison d’intérêts qu’il aurait pu avoir par le passé.

On en est donc là. Dans une écume de réflexion (et je suis gentille) où le pavlovisme le dispute au psittacisme. Le Gouvernement, qui s’est dispensé du vote de confiance devant l’Assemblée et n’a pas grand chose à craindre de la motion de censure déposée par la seule Nupes, a sauvé (provisoirement ?) sa tête sans gloire.

La dette publique et la réforme des retraites qui s’étaient absentées pendant la crise sanitaire -dont on peut légitimement penser d’ailleurs qu’elle est loin d’être terminée – reviennent en fanfare. Pôle emploi deviendra France travail (et pourquoi pas France famille pour les caisses d’allocations familiales et France Patrie pour le service national universel ? Tant qu’à faire dans le léger …). On distribuera des petits chèques ici et là pour calmer les précaires sans rien toucher aux fondamentaux.

Quand on traite quelqu’un comme une chaise, on court toujours le risque de s’asseoir à côté (Michel Déon – Un taxi mauve).

C’est peut-être une chose sur laquelle le Gouvernement et sa représentation devraient méditer. Mais je doute fort qu’iels le fassent spontanément.

Une époque formidable

Saisissant. En quelques jours à peine, le Rassemblement national sera devenu fréquentable tandis que la Nupes croupit dans son coin. Son défaut : abriter des sauvages non républicains regroupés sous la bannière LFI. Le refus d’un jeune insoumis de serrer la main d’un député Rassemblement national a plus d’importance que le discours nostalgique de l’Algérie française du doyen d’âge RN de l’Assemblée (qui se souvient à peine de ce que fut l’OAS) ou l’accession de deux membres de ce même parti à la vice-présidence (VP) de cette même assemblée grâce à des voix macronistes. Quoi ???? Mais comment ???

L’arithmétique est impitoyable comme le fait observer ce twittos (@malopedia) très au fait de la vie parlementaire qui note plusieurs singularités dans l’élection de ces deux représentants :

  1. Avec respectivement 290 voix (pour S. Chenu) et 284 (pour H. Laporte), ils ont obtenu bien plus que les 89 voix de leur groupe. Et bien plus que les 151 voix qu’on obtient si on y ajoute les 62 voix de LR. Même en faisant l’hypothèse que les membres du groupe LIOT ( Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoire) et les non-inscrits aient eux aussi tous voté RN (et il y a peu de chances que ce soit le cas, voir notamment l’attitude de C. de Courson, qui fait partie de ce groupe, lors de la désignation de la présidence de la commission des finances), il manque environ 114 voix pour avoir les 290 qu’a fait S. Chenu ;
  2. Il y avait aussi des candidats RN lors des votes pour les postes de secrétaire, qui ont obtenu 118 voix pour Bruno Bilde et 116 voix pour Edwige Diaz au premier tour (et 102 voix pour Bilde et 94 voix pour Diaz au second tour, nb : ils ont perdu) ;
  3. Si on revient aux voix des VP : 284 et 290 voix pour les candidats RN, c’est très suspicieusement proche d’un nombre important : 289. Si ce nombre ne vous parle pas : c’est (577/2)+1, c’est à dire pile la majorité absolue des sièges.

Bref, tout cela semble, pour le moins, curieux. D’autant qu’à croire ce même twittos (pas spécialement nupesien, je précise)  » si chaque groupe (ou alliance (Nupes / macronistes)) avait voté pour ses propres candidats et aucun autre, il n’y aurait eu aucun VP élu aux tours 1 et 2, il aurait fallu aller au 3ème tour, et LREM (Renaissance) aurait pu rafler tous les postes (sous réserve de présenter assez de candidats) ».

Je vous conseille si vous avez un compte twitter d’aller lire l’ensemble de la démonstration car tout cela me dépasse faute de connaître sur le bout des doigts les règles applicables au fonctionnent de l’Assemblée qui m’ont tout l’air d’une usine à gaz. Vous pouvez aussi zapper et aller direct à ce résumé d’une semaine parlementaire pour le moins « insolite »:

ou ici :

Bon, d’accord, c’est orienté mais c’est fait exprès car la médiasphère mainstream est devenue si unanime qu’il devient presque osé de se poser des questions.

Ainsi, la Nupes se voit sommée de répondre sur ses intentions futures : « opposition frontale ou opposition constructive ? » Question où l’on voit poindre quelques inquiétudes fiscales comme le nez au milieu de la figure. Question qui n’est pas posée au RN dont l’économie (sic), en particulier, n’est pas la tasse de thé et qui ne fera pas de vagues sur ce sujet délicat.

Bref, on est dans un marigot pas très engageant. La semaine prochaine, E. Borne engagera-t-elle la responsabilité de son gouvernement ? Celle qui se termine me donne à penser qu’elle ne risquerait pas grand chose. Si elle ne le fait pas, la Nupes sera sans doute seule à présenter une motion de censure… vouée à l’échec.

Une « drôle » (sic) de cohabitation s’engage…assurément dangereuse si on continue sur cette pente :

Dracula et biodynamie

Stratégie de Dracula

La « stratégie Dracula » consiste à exposer le vampire à la lumière du jour, insupportable pour lui. Depuis quelque temps, nous assistons à une sorte de transposition politique du principe. Mais force est de constater que cela ne marche guère. Qu’il s’agisse de traités commerciaux ou de personnalités.

Si l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), au milieu des années 1990, est finalement mort lorsqu’il a été exposé en plein jour par ses détracteurs, il n’en a pas été de même des suivants. Souvenons-nous du contournement du « non » français au TCE ou des négociations de traités commerciaux par l’Union européenne, peu développées dans les gazettes et journaux télévisés mainstream. En 25 ans le paysage médiatique a, il est vrai, bien changé …

Quant aux personnalités politiques – sans évoquer les inénarrables péripéties judiciaires Balkanyques ou Sarkozystes – on notera que les trous dans la raquette de la «jurisprudence Balladur»,selon laquelle tout ministre mis en examen est censé démissionner de ses fonctions ministérielles, ont tendance à se multiplier : exemple parmi d’autres, le singulier maintien à son poste d’Eric Dupont – Moretti. La révélation de comportements constitutifs de harcèlement moral si elle entache la réputation de leur auteur ou autrice n’empêche pas non plus la poursuite d’un destin parlementaire (du moins jusqu’au élections suivantes) ou ministériel.

L’exposition à la lumière, donc, n’annihile pas toujours avec certitude nos draculas modernes. Ainsi, Marine Le Pen accusée d’avoir personnellement détourné près de 140 000 euros d’argent public quand elle était eurodéputée ne craint-elle pas, en toute décontraction, de réclamer pour son groupe la présidence de la commission des finances l’Assemblée Nationale.

Selon le règlement de cette Assemblée (art. 39), la présidence de cette commission est censée revenir à un député appartenant à un groupe s’étant déclaré d’opposition. Le texte ne dit pas qu’il doit obligatoirement s’agir d’une personne appartenant au groupe d’opposition le plus important – mais cela a été le cas jusqu’ici -, et le fait que la majorité ne prenne pas part au vote conduisant à la désignation de ce président est un usage que personne n’a jugé utile de transcrire dans le règlement. Dès lors, il n’est pas du tout exclu que cette présidence convoitée ne finisse pas par revenir au RN, si Renaissance, rompant avec l’usage, préfère s’assurer d’un président de commission qui ne discutera pas fondamentalement sa politique économique et budgétaire (pour plus de détails sur cette commission, voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_des_Finances_(Assembl%C3%A9e_nationale).

Les chevaux de bataille du RN sont ailleurs.

Je n’ai pas écouté la dernière allocution de Jupiter mais le peu que j’ai pu capter ici et là, par mes lectures, m’a paru assez lunaire. Signifiant que son programme – qu’il a pris soin de ne pas développer plus que cela pendant les présidentielles – devait être appliqué, il a enjoint à ses opposants de se prononcer sur leur volonté ou non de l’aider à le réaliser. Quel compromis peut-on seulement envisager avec un Président qui ne supporte pas les débats, sauf à se compromettre, ce qui se paye toujours à plus ou moins longue échéance ? Stratégie de Dracula là encore.

On verra.

Biodynamie

La Biodynamie selon Henri Cruchon

C’est un concept que j’ai croisé lors de petites excursions dans ma région viticole et qui semble prendre racine dans les terroirs. En gros (pour ce que j’ai compris) l’objectif d’une vinification respectueuse des pratiques biodynamiques tend vers l’interdiction de tout ajout ainsi que de toute pratique tendant à modifier les équilibres naturels du raisin.

Le travail de la vigne et du sol est effectué en prenant en compte les cycles lunaires (lune montante, descendante,…). Il en va de même de la vinification : les soutirages et la mise en bouteille sont aussi faits à des moments choisis !!

S’inscrivant dans une logique de « phytothérapie » de la vigne et des sols, la biodynamie a recours à des pulvérisations à base de plantes (ortie, prêle, valériane, sauge..) et de minéraux (silice) pour dynamiser la vie du sol et renforcer la vigne afin de lui permettre de mieux résister aux attaques des maladies (mildiou, oïdium,..) ou du gel.

Le directeur de la propriété du château Fontroque, près de Saint Emilion, a choisi la biodynamie qu’il applique selon des principes qui me laissent un peu dubitative (voir ici : http://lesvinsdalainmoueix.net/la-biodynamie/) mais au palais le résultat est assez convaincant.

Pourquoi je parle de ça parce que dans la confusion politique actuelle je me demande si l’on ne devrait pas songer à la conception d’une « biodynamie politique » histoire de revivifier des terroirs bien essorés.

Impossible à ce jour d’évaluer ce que donnera la cuvée législative 2022. Espérons seulement qu’elle produira un jus textuel moins aigre que celle de 2017 !

Pass et muscade

Je tombe par hasard sur la discussion à l’Assemblée nationale du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire (déposé le 20 juillet et adopté le 23 au petit matin en première lecture).

Les votes des amendements qu’ils soient à main levée ou électroniques se suivent et se ressemblent :

-Qui est pour ?

-Qui est contre ?

80 voix pour, 128 voix contre. Rejeté.

Il faut croire qu’à l’heure où je me branche (que je n’ai pas notée mais on discute déjà depuis un certain temps) il n’y a que 200 députés environ dans l’hémicycle dont 128 votent systématiquement contre les amendements proposés. Le remplaçant de Richard Ferrand au perchoir, le député LR Marc Le Fur, s’impatiente et coupe au moindre dépassement du temps de parole. On sent chez lui une certaine lassitude. Il en viendra même à dire : « Monsieur le rapporteur, Monsieur le ministre, vous êtes défavorables à tous les amendements… sauf les vôtres. »

Médiapart relate : « Censé se clore en une petite journée mercredi, l’examen a couru jusqu’au creux de la nuit, vendredi. L’essentiel du débat a porté sur l’article premier, qui instaure un passe sanitaire à l’entrée des bars, restaurants, activités de loisirs, foires et salons professionnels, transports de longue distance, grands magasins et centres commerciaux en dehors de ceux vendant des « biens de première nécessité ». Les articles suivants ont été expédiés à toute vitesse.

La lassitude et l’exaspération au perchoir se retrouvent sur les bancs.

« Sur les amendements, c’est non, c’est non, c’est non, s’est ému un député républicain (LR). Sur ce sujet, il faut de la concorde. Vous brutalisez nos concitoyens. » « Jamais le gouvernement ne se remet en cause », a renchéri Éric Coquerel de La France insoumise. »

Le 22 juillet à l'Assemblée, vue du banc des ministres. © Photo Xose Bouzas / Hans Lucas via AFP

Sur le banc des ministres, plutôt déserté, on est imperméable à ce qui se dit (comme disait Coluche, la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours). Vive le portable qui donne l’impression de faire quelque chose de ses doigts à défaut de faire travailler sa cervelle.

Côté parlementaires, sauf peut-être les députés LREM qui peuvent organiser des roulements vu leur nombre, on est proche du burn-out.

L’adoption, à l’occasion, de certaines dispositions semble de peu de poids. S’opposant à l’avis du gouvernement, les députés ont ainsi voté contre le recours au passe sanitaire dans les établissements de santé ou les maisons de retraite, que ce soit pour les patients non urgents (le passe sanitaire n’était pas prévu pour les admissions en urgence) ou les visiteurs.

Qu’à cela ne tienne, le ministre de la santé Olivier Véran a réintroduit la disposition, en faisant adopter à la toute dernière minute, à 5 heures du matin, un amendement du gouvernement. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire…

Dans ce fatras de mesures, cette autre.

Cette juriste spécialisée en droit social note :

Un autre twittos s’interroge en passant :

Tout cela me fait penser aux élus d’un comité social et économique qui n’auraient pas compris que leur rôle est de représenter les salariés et non de relayer les discours de la hiérarchie. Les députés LREM ont fait du psittacisme élyséen leur marque de fabrique quitte, en l’occurrence, à se renier au nom de la contagiosité du variant Delta pourtant avérée depuis plusieurs mois, notamment outre-manche. La vigilance était d’ailleurs telle ces derniers temps que le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, qui se rendait à Bonn en avion, avait cru bon d’avertir Jupiter de l’absence de tout contrôle sanitaire avant embarquement (Canard enchaîné du 7 juillet). L’histoire ne dit pas ce qu’il en était pour les entrants sur le territoire … mais on peut supposer que les affichettes apposées dans les aéroports l’an dernier ont été traduites pour que le variant delta soit informé de notre valeureuse anticipation sanitaire. J’exagère, je sais. Mais à l’heure de la mondialisation, imaginer que ce qui se passe outre-manche ou Pyrénées ne finira pas par vous atteindre ….

Qu’importe, demain est toujours un autre jour et les paroles engagent plus que jamais ceux qui y croient. A l’instar du Président, on se renie donc sans fard comme Yaël Braun Pivet, députée des Yvelines et présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, farouche défenseure du pass sanitaire élargi, qui se montrait pourtant mitigée en avril concernant son utilisation sur le territoire français. « Il faut être attentif et ne pas limiter les allées et venues quotidienne à la possession d’un tel passeport. Il y a un risque pour les libertés individuelles. Un pass sanitaire pour accéder à de grands événements, oui pourquoi pas. Pour agir dans la vie quotidienne, prendre une bière en terrasse ou se faire une toile, je ne crois pas, je crois que cela serait aller trop loin. »

Ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent. D’où ce sentiment que les députés LREM sont en représentation mais ne représentent pas et ce constat que je partage,

comme cet autre d’ailleurs :

https://blogs.mediapart.fr/jadran-svrdlin/blog/180721/la-defausse-du-passe-sanitaire-et-ce-quelle-ne-dit-pas

Autre chose.

Notre ministre de l’intérieur salue l’initiative

« Ah ben, on va se sentir à l’aise dans la file orange », observe la journaliste Ellen Salvi.

Celui-là a opté pour une formule synthétique :

En vrac pour finir.

Ouverture de JO de Tokyo. Même sans Covid, la saison n’était pas la plus appropriée.

https://www.blast-info.fr/articles/2021/tokyo-2021-le-fric-les-variants-et-langoisse-au-coeur-des-jo-WiHY99AXQrqzq2W4G6wGqA

Ainsi va le monde sur la tête, pendant que des billionaires, ne sachant que faire de leur argent, s’envoient en l’air.

« Quand on mettra les cons sur orbite, t’auras pas fini de tourner » dit Jean Gabin dans Le Pacha, je crois.

Richard Branson, Jeff Bezos et Elon Musk ne voient pas les choses de manière aussi terre à terre. Richard Branson entend rester dans le transport aérien et développer le tourisme spatial. Le fondateur d’Amazon veut installer les industries polluantes dans l’espace pour que la Terre reste une zone de résidence et de loisirs (ça dépend pour qui). Le patron de SpaceX veut notamment coloniser Mars, car il est persuadé que c’est la solution pour que l’humanité ne coure pas à sa perte.

Cette « philosophie » à je ne sais combien de tonnes de CO2 sent la marchandisation de ce qui restait encore à « marchandiser » : l’espace. Lire ici :

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/environnement-et-climat-ce-que-coute-le-tourisme-spatial-a-la-planete_4708117.html

Qui sait si, au siècle prochain, on n’en viendra pas à vendre des concessions spatiales (un petit chez soi au milieu de satellites de tous poils) à ceux qui en auront les moyens (après tout certains ont déjà essayé la vente de parcelles lunaires). En attendant, nos petits croisiéristes d’un nouveau genre dans leurs suppositoires s’amusent.

Vous me direz, le siècle dernier a été celui de l’aviation mais au risque de paraître bégueule, il y avait du panache dans les pionniers de celle-là quand nos nouveaux aventuriers suintent plutôt un cynisme qui laisse pantois (sidéral ?). Témoin ces remerciements de Jeff Bezos à ses salariés et ses clients (dont je ne suis pas) qui ont rendu sa petite virée d’une utilité discutable possible.

Monseigneur est trop bon…