Migration

Ce message, glissé sous l’onglet « promotions » de ma messagerie (on se demande bien pourquoi), a failli passer sèchement à la trappe. Ce qui aurait été dommage, pour moi, s’entend. Jugez plutôt:

« Chère abonnée, cher abonné,

Vous avez récemment reçu un e-mail vous annonçant la fermeture de votre blog abonné du Monde le 5 juin 2019.

L’arrêt de ce service implique une suppression de vos contenus, y compris les photos et textes, que nous vous invitons à sauvegarder le plus rapidement possible. »

Je suppose que le journal a décidé de faire le tri dans ses « hébergés » pour ne garder que les blogs les plus actifs, ce qui n’est pas le cas de celui-ci qui vivote depuis … 6 ans déjà.

N’étant pas une flèche en informatique, je m’en suis remise à la procédure d’exportation/importation de contenu obligeamment fournie par le journal et me voici donc ici, en terre pas tout à fait inconnue (puisqu’il s’agit toujours d’un site « propulsé par WordPress ») mais pas encore assimilée (le journal Le Monde avait un peu simplifié la gestion des blogs) .

Visuellement il y a des choses à revoir, à nettoyer, à compléter. Mais, pour ce que j’ai pu constater, tous mes « petits » sont là.

Dans cette migration forcée mais pas insurmontable, j’ai eu quelques surprises : jusqu’ici mon blog suivait son petit bonhomme de chemin sur des autoroutes gratuites. Pour WordPress, il était important que je mette mon nouveau site « à niveau » ce qui sous-entendait de passer en mode payant. En témoigne cette invite assortie d’une dizaine de bonnes raisons (que je ne reproduirai pas ici).

« Votre nom de domaine est la première chose que les visiteurs voient et associent à votre marque. Actuellement, l’adresse de votre site Web est revages.home.blog et convient parfaitement si, à vos yeux, le développement de votre site est un loisir.

Cependant, si vous créez un site pour autre chose que les loisirs, la mise à niveau en vue d’obtenir un nom de domaine personnalisé est simple, notamment étant donné que des plans sont déjà disponibles pour seulement 31,00 Dkr (couronnes danoises, je crois, soit un peu plus de 4 euros par mois ) ».

« Pensez-y : pour moins cher que le prix d’un simple Pumpkin Spiced Latte de chez Starbucks, vous aurez accès au logiciel, à l’équipe d’ingénieurs et à l’infrastructure technique utilisés par les sites les plus populaires sur Internet. » Je ne me perçois pas porteuse d’une « marque » et, chance, mon site est un loisir. Par ailleurs, j’ignore tout à fait si j’aurais dépensé plus de 4 euros pour un Pumpkin Spiced Latte chez de chez Starbucks. A priori, pas sûr du tout. Pour ce que j’ai plu lire, il s’agit d’un café, avec du lait et de la purée de courge sucrée et épicée (d’où le « pumpkin spice »).

J’ai donc décliné, l’offre, le lait, le café et les 31 Dkr par mois.

J’ai songé un moment que c’était le moment de me poser quelque temps et réfléchir : continuer ou pas ? Migrer, c’était l’occasion de revoir certaines règles, certaines habitudes, certains choix. Par paresse, après avoir peiné sur mon sentier migratoire, j’ai opté pour la continuité ….

Et si je n’avais rien fait ?

Mes archives auraient été sauvegardées par la Bibliothèque Nationale de France et seraient demeurées consultables dans un délai de 3 mois dans les salles de recherche de la BNF, ainsi que dans les bibliothèques partenaires en région.

Vu sa confidentialité, je me demande combien de temps aurait pris la recherche pour retrouver mon blog …perdu.

Ce petit épisode m’ a donné à penser que la crise du logement est partout … y compris sur la toile. Me voilà donc dans un petit chez moi, un petit hébergement social. En attendant d’être expulsée à nouveau pour manque de rendement ?

PS : Dans ses temps managériaux tous puissants, celui-ci surfait de manière privative sur celui (le rendement) des entreprises de son groupe. 634 000 euros pour ses 60 ans, claqués le temps d’une soirée Grand siècle à Versailles. Où il se vérifie que l’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières (W. Allen). Aujourd’hui il éprouve pour cela et d’autres choses le confort spartiate (sic) et la diététique minimale des prisons japonaises…

Seule (et bien maigre) consolation, des intermittents du spectacle auront pu gagner quelques sous ce soir là…bien comptés sans doute….

Rêve de plumitive

Je laisse ici des lignes qui n’intéressent que quelques « happy fews ». Mais, hélas, mon anglais est bien trop rudimentaire pour un New-Yorker, seul journal patient et amant d’écriture de nos jours. Et mes graffitis se perdent dans la multitude des blogs « griffés » lemonde.fr.

Mais je rêve quand même….

Le journaliste qui mettait plusieurs années à écrire ses articles

 

Pourquoi pas moi ?

Entrer en Blog

 C’est brûler ses cartouches, frôler la panne, le sable sec, rebondir, se dilater, rétrécir, exploser, racler sa mémoire à la laisser en lambeaux et ripoliner les copeaux restants, limer ses mots, raboter l’intime jusqu’à la trame ultime  parce qu’il n’a rien à faire là. Écrire, écrire, à l’infini, à l’absurde, minuscule, insignifiant(e), trappé (e) par la  toile, insecte ordinaire.

Croire que dans la masse on saura glisser sur le fil de l’incertain et se jouer du futile.

Croire, se croire peut-être…plus qu’être. Voilà. Certains jours c’est un peu tout ça. Et le lendemain tout autre chose…

Et en sortir ? …. Une autre expérience : plus tard, un  jour.

Textes et photos S. Lagabrielle : tous droits réservés.

Statistiques

 

Presque rien à signaler ces derniers jours.

« Un égoïste, c’ est quelqu’un qui ne pense pas à moi », disait Eugène Labiche. Cette phrase  me revient en regardant ce petit tableau, agaçant comme une courbe de températures, qui m’indique, au jour le jour, le nombre de pages lues sur ce blog. Ironique renversement des choses, plus la courbe s’élève, plus on (La)biche.

Sans lui, je ne m’inquièterais pas de la vacuité de certains jours. Mais voilà, il est là, comme un aimant, insidieux curseur affectif. C’est lui faire trop de place, sans doute. Mais il y a, tout de même, un peu de ça.

Alors, devant ce presque zéro qui s’obstine, je me demande : comment, dans ce monde virtuel, retenir par la manche, ou plutôt par les yeux,  celui qui est passé par là et celui qui viendra peut- être ?