Anniversaire

Je n’ai jamais cru que 2021 marquerait le retour à une « vie normale ». D’ailleurs comment la définir?

A l’heure de cet anniversaire (sic) d’un an de confinement physique et des libertés, quoi penser ? Rien, sinon ruminer une colère encore sourde.

Celui-ci revient sur l’absurdistan français.

D’autre se battent pour exercer encore leur activité

Sans parler d’une génération laissée à elle-même.

Alors, je me demande, pourquoi écrire encore ?

Le retour de Tina (si tant est qu’elle ait jamais disparu des radars)

There Is No Alternative…. Présomptueux grecs qui espéraient qu’on les laisserait au moins jouer une mesure de leur partition.

There Is No Alternative. Le message de l’Europe adressé à la Grèce, via son bras financier,  mais aussi indirectement à l’électrice que je suis, est dévastateur et me ramène à un autre moment : celui où le vote « déviant » des électeurs  français a été tout autant proprement piétiné.

A quoi bon voter ? Telle est la sinistre question qui finit par s’insinuer dans les têtes ?  A quoi bon voter puisqu’il n’y a pas d’alternative possible. Puisque le politique est définitivement nu, réduit à l’état de petit soldat qu’on laisse jouer dans son bac à sable tant que cela ne dérange pas. A quoi bon voter puisqu’il n’est de bon vote que celui dicté d’un ailleurs autiste?  Puisqu’on est autorisé à avoir n’importe quelle opinion à condition que ce soit celle qu’on vous martelle à longueur d’éditoriaux eurolâtres.

Le bâton pour la Grèce, une commission d’enquête soft pour le Luxembourg. On n’ose à peine demander ce qui coûte le plus cher au citoyen européen : l’incurie méridionale ou le cynisme fiscal manucuré ?

A l’ouest rien de nouveau, donc : selon que vous serez puissant ou misérable,
les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.

There Is No Alternative : un budget équilibré et une population condamnée à l’asphyxie

En étranglant la Grèce, l’Union (sic) Européenne vient de confirmer la réduction de la démocratie à sa plus simple insignifiance.

Cette partition imposée ne dit pas autre chose.

En attendant la curée …

Bloody wednesday

Pas trop envie d’écrire, mais pas non plus envie de rester le stylo ballant. Je n’étais pas une lectrice régulière de Charlie Hebdo, mais peu importe. Je n’ai eu aucune sympathie pour le Charlie de Philippe Val, mais il est parti sous d’autres cieux journalistiques. Mais, il y avait eu, avant lui, Cavanna, Siné, Reiser, Choron et d’autres que j’oublie, puis  les morts de ce matin, plus fidèles au journal : à la geste, au culot, une irrévérence, à un mauvais goût tonique même si je ne l’ai pas toujours partagé. Tout cela : des images de Une prégnantes, inimaginables aujourd’hui, mais qui furent et restent comme des tatouages chamaniques contre une pensée unique insidieuse.

Le dernier dessin de Charb me laisse sans voix, ni mots. Juste un malaise profond devant ma propre sidération, cette envie de prendre du recul quand on se précipite ici et là.

Notre époque privilégie le réflexe sur la réflexion.

Alors, j’en suis venue à me méfier de mes propres émotions, à me méfier de ma propre empathie, à me méfier d’être ensemble par peur de cet emballement volatile qui m’agace souvent. Et, en cela, je donne peut-être prise à tout. Aux idées d’égouts qui remontent sans cesse à la surface. Je repense à la stratégie du choc de Naomi Klein. Les dérives sont toutes là. Etalées sous nos yeux unanimes.

Être libre est une éducation et un courage, c’est la pauvre pensée qui me vient.

Plus envie d’écrire, pour l’heure. La justesse et la justice sont difficiles à réunir. Car si je ne je ne suis plus juste, alors, la barbarie aura eu raison de moi. Et, de cela, surtout, j’ai peur.