Un taco est une sorte de casse croûte mexicain composé d’une tortilla de maïs pliée en deux et, en général, garnie avec plusieurs ingrédients typiques de la gastronomie mexicaine : viande ou poisson grillés, combinés avec des assaisonnements divers (oignons, tomates, coriandre, guacamole, ananas, sauce piquante, jus de citron). Ce peut être également une simple tortilla enroulée, assaisonnée seulement de sel.
Si l’on en croit madame Wikipedia, l’origine du taco remonterait au Mexique précolombien. Grâce aux chroniques de Bernal Díaz del Castillo, qui participa à la conquête du Mexique par Hernan Cortes, on sait qu’à la table de l’empereur Moctezuma II on utilisait les tortillas comme des cuillères pour se servir de garnitures diverses, obtenant ainsi un résultat semblable au taco actuel.
Depuis peu Taco est un acronyme inventé par un chroniqueur du Financial Times pour désigner la stratégie commerciale confuse du président US sur les taxes douanières. Des menaces souvent retirées à la dernière minute.
Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours).
La formule, qui, on le devine, n’a pas eu l’heur de plaire à l’intéressé, s’est traduite par de nombreux montages visuels assez drôles. Par exemple ceux-ci :


Plus sérieusement, le terme Taco trade désigne surtout une stratégie d’investissement cynique (pléonasme ?) : les marchés chutent à chaque annonce brutale de Trump sur les droits de douane, mais les investisseurs parient qu’il reculera — ce qui provoque une remontée des cours. Autrement dit « achetez quand Trump menace, vendez quand il recule ».
Il se peut que la réaction des marchés s’émousse un peu au fur et à mesure que le scenario se répète. Il reste, en tous cas, que ce petit jeu a permis à des « initiés » proches du Président de réaliser de très juteuses opérations. Une façon pour Donald de remercier ses soutiens ?
Depuis sa réélection l’homme semble moins gouverner que poursuivre une sorte de vendetta personnelle. Universités, sécurité sociale, agences fédérales, liberté d’expression, droit du travail, politiques de diversité et d’inclusion, immigration …tout y passe. Face à lui, ne restent plus que les tribunaux. A ce jour, près de 250 actions judiciaires auraient été initiées pour contrecarrer ses mesures.
De ce côté ci de l’Atlantique, on aurait tort de se gausser. Sur le site https://legrandcontinent.eu/fr/ (qui vaut franchement qu’on s’y intéresse), on peut ainsi lire ceci : « Dans un texte publié par le compte officiel du département d’État américain, l’administration Trump relance sa doctrine européenne : le changement de régime. Dans cet appel à la construction d’une « alliance civilisationnelle » — explicitement adressé au Rassemblement National en France, à l’AfD en Allemagne et au PiS en Pologne — la plus puissante diplomatie au monde assume un projet : transformer l’Union en un agrégat de « nations chrétiennes comme la Hongrie ».
Ainsi donc, se profilerait une sorte de crash test européen. Et je nous trouve assez mal outillés.
Rien à voir, quoique : la confusion dans laquelle nous sommes nous conduit à nous jeter dans les bras de n’importe quelle illusion technique.
Le secrétaire US chargé de la santé RF Kennedy JR affirme que le rapport de la Commission « Make American Healthy Again » s’appuie sur des données scientifiques de référence, citant plus de 500 études et autres sources pour étayer ses affirmations. Sauf que, sans compter de nombreuses erreurs, 7 des sources citées semblent inexistantes.
Là encore on aurait tort de s’en amuser.
Alors que nous disposons d’un fond iconographique conséquent, le SIG (service d’information du gouvernement), à l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, publiait sur les comptes Instagram et TikTok « @gouvernementfr » une vidéo, générée par intelligence artificielle, à la gloire d’une résistante imaginaire. Problème : au moins une erreur historique flagrante était visible dans la réalisation avec la présence d’un soldat dont le casque rappelle celui des Allemands aux côtés de membres de la Résistante en liesse..

Le SIG prévoit néanmoins de republier la vidéo une fois les corrections apportées. Pourquoi ? Selon son directeur, pour « adapter les contenus et les formes de narration aux nouveaux usages des audiences, notamment sur les réseaux sociaux » . J’imagine plutôt que monter des images « à l’ancienne » aurait pris plus de temps. Philosophe, historien du droit, sociologue, résistant, théologien protestant et accessoirement bordelais, Jacques Ellul, en 1988, écrivait notamment ceci : « Chaque intellectuel sait que parfois des idées surgissent, au sujet de questions que l’on n’avait pas travaillées, que tout à coup une sorte de vérité d’évidence vous illumine, travail secret de la pensée, idées à partir desquelles un exercice intellectuel rigoureux pourra se développer. Cela fait partie intégralement de l’intelligence, et l’ordinateur ne sera jamais saisi de ces impromptus, qui viennent d’un rêve, d’une rencontre dans la rue, d’un jeu de couleurs, d’une nostalgie ou d’une espérance. Tout ce que l’ordinateur est bien incapable d’enregistrer ».
Pour l’heure non, la petite histoire de la vidéo, montre que l’œil humain a encore son utilité.
La falsification fait partie de l’histoire et la sophistication des images contribue à nous leurrer chaque jour davantage. Ne nous restera-t-il, un jour, plus que l’impromptu comme trognon de pensée ?
Il fait beau et la chaleur est supportable aujourd’hui. Nul besoin d’entrebâiller les volets pour garder un peu de fraîcheur. Je devrais cesser de ruminer.



