Sévigné 2.0 ou les épistoliers numériques

On se gausse, on rigole mais au fond un duel (improbable) au second tour 2027 entre ces deux là me déprimerait moins que celui que l’on nous distille : extrême droite (Marine) c/ extrême droitisé (Attal) … si celui-ci survit à l’usure de Matignon ce qui n’est pas gagné.

Lu sur le site Elucid un article qui se conclut ainsi : « Si Gabriel Attal parvenait à transformer ses années de Premier ministre en prime au sortant, il y aurait là un événement inédit dans l’histoire récente de la République. Cette possibilité n’est pas à exclure : après sept ans de macronisme et cinq ans de hollandisme, le pays est exaspéré par l’indécision et par le caractère brouillon de l’action publique, dont la seule constante réside dans une politique de régression sociale – inavouée sous Hollande, parfaitement assumée sous Macron ». .

« Si Attal parvient à restaurer l’autorité de l’État et à mettre en œuvre une politique empreinte de clarté et de redressement dans des domaines tels que la santé ou l’éducation, il y a fort à parier qu’il en tirera le plus grand profit : les Français seront, dans leur grande majorité, tellement soulagés d’être à nouveau dirigés qu’ils lui en seront reconnaissants. Toute la question est de savoir si le nouveau Premier ministre en est conscient et s’il en est capable, ou s’il n’est rien d’autre qu’un énième clone néolibéral du genre dont les élites accouchent avec méthode depuis quarante ans… ».

Si, si…. Les débuts de ce Gouvernement sur les questions précitées ne suscitent pas un optimisme débridé, pas plus que la rumeur de nommer François Bayrou à un ministère (Éducation Nationale) qu’il occupa jadis et où, à en croire les professionnels de la profession, ces enseignants gaulois réfractaires, il ne fit que ce qu’il sait magnifiquement faire : RIEN.

On devrait inventer le « rien » en discipline olympique. Cela nous vaudrait sûrement des compétitions un peu longuettes mais handicapantes pour nos athlètes hexagonaux, obligés de prouver leur inaction en un temps décidément record (songez donc 15 jours tout au plus).

Revenons à nos épistoliers. Espérons qu’écrire, avec courtoisie, c’est à dire prendre un peu de temps, les engage à plus de réflexion. Mais ce qui m’amuse c’est cette course soudaine à un certain « jeunisme » politique chez nous à l’heure où les américains risquent de se retrouver coincés à choisir entre un cinglé et un qui devrait profiter de sa vieillesse.

Attal c/Bardella, Ruffin c/ Gluksmann, Gluksmann c/ Bardella … faites vos jeux et appariements : on nous les vend déjà comme des lessives alternatives au macronisme nécrosé de ce second quinquennat.

Jeunisme sur le vieux continent, « cacochymisme » sur le nouveau, une sorte de monde renversé : l’année électorale 2024, à peine entamée, ferait rire si elle ne semblait pas signer un enlisement prévisible.

Devine qui vient sonner ce soir ? ou les visiteurs du soir

Je m’apprêtais à « poster » sur l’art de voir et la difficulté de donner à sentir, sur l’impression que j’avais de n’avoir pas rempli le contrat sous ces angles en photographiant les jardins japonais parcourus lors de mon dernier voyage de manière très minaturiste, lorsqu’on a sonné à ma porte. Me disant qu’il était un peu tôt pour les visites calendaresques des pompiers et des postiers, j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être d’un voisin et j’ai donc ouvert. Face à moi, un homme, que j’ai jugé de mon âge, et une jeune femme avenante, qui, après s’être présentés comme des militants du parti « les Républicains » m’ont demandé si j’avais l’intention de participer à la primaire de droite (et du centre). Je leur ai répondu (ce qui est la vérité) que je n’en savais encore rien. N’étant pas une électrice « naturelle  » de droite (et du centre) et tenant à mes idées, cela me demandait encore réflexion : à vrai dire, aller émarger un texte d’où il résulterait que je me reconnais dans les valeurs républicaines de la droite (et du centre)  me pose problème même si, ce que j’ai gardé pour moi, éliminer l’un des candidats, plus hyperactif et venteux que la moyenne, me démange tout de même pas qu’un peu. Bingo ! Mes interlocuteurs étant sarkozystes, ma petite restriction mentale ne manquait pas de pertinence.

– Vous comprenez, il connaît dejà le job (pas besoin de formation continue pour le mettre à niveau, donc ?), il est énergique et a fait ses preuves sur la scène internationale (et a ciré quand même pas mal de parquets judiciaires ces derniers temps chez nous, quant à ses « réalisations » en politique étrangère … ai-je pensé in petto). Bref, il faut cesser de penser droite contre gauche et pousser celui le plus à même de « bouger les lignes » (pour reprendre une expression à la mode) sans attendre et nous sortir du marasme où nous sommes.

J’ai fait valoir que j’en avais un peu assez (marre) de la tactique qui pousse à voter pour celui ou celle  qu’on pense être le « moinspire ». Fatiguée, je suis. 2012 a constitué mon extrême tolérance.

– Justement, si vous êtes si déçue c’est le moment d’un aggiornamento (ils ne l’ont pas dit comme ça mais je traduis, pour faire court).

N’ayant pas envie d’y passer la soirée, j’ai dit que j’allais réfléchir en regardant les prochains débats entre les candidats droitiers parce que, là, ma religion n’était pas faite (mensonge gratuit). Et puis, sur Médiapart il y avait  une soirée spéciale, que je comptais suivre, consacrée à la droite et à la mécanique des primaires : ont-elles, à droite comme à gauche, bouleversé le jeu politique ?

J’ai assumé sans états d’âme ce que d’aucun élyséen aurait  (peut-être?) appelé mes lâchetés.

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PS : mise à jour ce jour (20/10, 21h45) à l’issue de la première partie de la soirée Médiapart  : Sept candidats à droite : mais y a-t-il vraiment débat ? Réponse : rien qu’on ne sache déjà. Mais j’ai pu apprécier le verrouillage du discours de com’sarkozyste. Du mot à mot stupéfiant à quelque minutes près.

PPS : Mais si vous le pouvez, je vous engage à écouter la suite de la soirée sur le site. Très instructif.

Texte et photo S. Lagabrielle. Tous droits réservés.

 

 

 

 

 

 

Démocratie, dites-vous ?

4654583_3_fdb4_le-gouvernement-avait-deja-eu-recours-au-49-3_664f6de8562b31adde643faa17fb4319Il n’y a rien à négocier avec ces yeux- là, ce doigt pointé, ces machoires crispées, cette lippe agressive.

Argumenter, débattre avec ces ectoplasmes repus, qui se coucheront parce que la paille est bonne, a – t – il un sens ? Non. C’est tout ce que dit ce visage hargneux.

« Les Frondeurs ? Laissez- moi rire. J’ai les moyens de les  réduire.  » 49-3. Imparable.

Le débat est vain. Vive la com’. Et, il faut se rendre à l’évidence, la com’ du menton ne ment jamais : taisez -vous, dit la fossette.

« La gauche peut mourir » , prophétisait celui qui s’emploie si bien à l’enterrer.

Cynisme assumé.

Un peu au dessus de lui, le chat du cheschire de l’Elysée sourit.

 

 

PS : sur la photo Valls s’adresse aux députés de droite mais il n’est pas bien différent lorsqu’il se tourne vers son flanc gauche.