
Elle s’appelle Ella Kelian, se présente sur X (ex-twitter) comme conseillère politique et image, et digresse sur la singulière situation politique qui est la nôtre et plus particulièrement sur la nomination d’un nouveau Premier ministre.
Imaginer « qu’Emmanuel Macron pourrait céder à la pression de campagnes fantoches, est franchement mal connaître l’intéressé, car le locataire de l’Élysée n’entend être en cohabitation qu’avec lui-même, et après qu’il ait gouverné aux 49-3 et aux flashballs, il faut être bien naïf pour croire encore que prendre l’opinion à témoin pourrait avoir un quelconque effet sur lui…
D’un point de vue purement politique, le Président de la République n’a pas passé son temps à courir après la Droite et ses extrêmes pour céder à la pression légitime de la Gauche- NFP, quant à offrir un tremplin à la Droite pour 2027, autant ne pas y penser…
Pour toutes ces raisons, Emmanuel Macron pourrait choisir un profil hybride pour Matignon, issu de la société civile pas vraiment de Gauche mais clairement compatible avec la Droite, inconnu du grand public, ce qui brouillerait la lecture politique de son choix…
Un Premier Ministre qui n’aurait jamais eu aucune opportunité de l’être un jour, mais qui par cette nomination surprise, serait entièrement redevable au Président de la République, qui pourrait ainsi lui imposer la composition de son gouvernement, tout en étant considéré bien plus comme un mentor que comme un Président en minorité…
Emmanuel Macron a également le choix de recruter un ténor de la politique, pour plaider ainsi la prime à l’excellence politique sur l’idéologie politique, en s’assurant que le ténor en question agisse en responsabilité sans détricoter le précédent quinquennat ni saborder le présent, offrant au Président de la République l’image non pas de cohabitation au sein du pouvoir mais de convergence des compétences au service de la Nation…
Ce pourquoi à ce jour aucun des candidats en compétition pour Matignon n’en franchira le parvis en tant que Premier Ministre sous Macron ».
Bien, c’est un peu définitif et ça se discute aussi. Mais ce qui me frappe surtout, c’est que cette situation ambiguë colle surtout très bien à notre Président qui semble absolument s’en satisfaire, d’autant plus qu’elle agace tout le monde à commencer par les ministres démissionnaires.
Gouverner seul n’est-ce pas son rêve ultime ?
Combien de temps peut-il faire durer son plaisir monarchique ? C’est là que l’on en revient aux « affaires courantes ».
Selon Madame Wikipedia, « la notion « d’affaires courantes » désigne à la base l’ensemble des tâches, affaires, décisions que peut prendre l’autorité sans avoir besoin de ses pleines prérogatives. Cette définition est plutôt large et vague, et la notion d’affaires courantes n’est guère délimitée clairement, relevant plus de l’expérience politique et de la coutume que du droit et de la législation ».
La pratique constitutionnelle récente du Président – passer par un projet de loi de financement de la sécurité sociale rectificatif lui permettant d’utiliser l’article 49-3 pour faire adopter la réforme des retraites ou bien la séquence actuelle ouverte après les législatives- donne à penser que le respect des coutumes n’entre pas particulièrement dans son logiciel.
Pour autant, il paraît difficile de faire entrer les projets de financement de fin d’année (sécurité sociale, budget) dans la notion d’affaires courantes.
Il faudra bien en sortir.
L’article 8 de la Constitution dispose sobrement : « Le président de la République nomme le Premier ministre« . En cas de cohabitation (pas de majorité présidentielle à l’Assemblée nationale), il a jusqu’ici toujours été admis que le président de la République nomme un Premier ministre issu de la nouvelle majorité. Oui, mais voilà, de quelque façon qu’on retourne les cartes, il n’y en a pas de « naturelle » actuellement à l’Assemblée nationale. Elle est à construire.
Pour Ella Kelian, le choix présidentiel est déjà fait. Qui sait ? Partant du principe que « personne n’a gagné », le gag serait qu’il reconduise une équipe exécutive assez proche de l’actuelle (le mot remaniement circule d’ailleurs dans les gazettes) ! Au risque d’une censure qui ne manquera pas, de toute façon, d’être déposée contre le nouveau Gouvernement quel qu’il soit.
Pour l’heure entre baignades et papouilles olympiques il profite de l’effet anesthésiant des jeux. Quant aux affaires courantes expédiées en coulisses, seront-elles rattrapables ?



