Songeries Belmondiques

A bout de souffle. A cause d’ une allergie godardienne aussi tenace qu’irréfléchie, je n’ai pas vu ce film, ni Pierrot le fou d’ailleurs. J’ai donc loupé l’envol cinématographique de Jean-Paul Belmondo. Plus tard je me suis ennuyée à le voir courir dans les rues désertées de Rio et j’ai zappé ses guignolades en short à pois.

Bien sûr il y a pléthore de rôles entre ces deux pôles et j’en ai raté beaucoup. Pour faire court, j’ai surtout retenu de lui, côté film, la sirène du Mississipi de François Trufaut, le voleur de Louis Malle et Stavisky d’Alain Resnais – trois films sombres et pas très « cascadants » – et, côté anecdotique, ce matin où en sortant de chez moi (j’habitais alors rue Vavin à Paris), j’ai croisé cet homme athlétique tenant entre ses mains un de ces microchiens souvent affublés de rubans (mais pas dans ce cas). Je ne sais pas quel film on tournait et il (Jean-Paul pas le chien) était manifestement en pause.

Jean-Paul Belmondo Photo Stock - Alamy

Certains prétendent que les maîtres et leurs chiens ont quelque chose en commun et cela se vérifie parfois comme ici :

mais j’ai plus de mal à en établir un entre Jean-Paul et son yorkshire. Peut-être un certain sens de la dérision ?

Je ne sais ce que Bébel, du haut de son nouvel olympe, a pensé de l’hommage qui lui fut rendu aux Invalides.

Pourquoi, d’ailleurs, avoir rendu hommage à un acteur à cet endroit-là, plutôt marqué militairement ? Pourquoi ne pas avoir choisi , par exemple, le jardin du palais royal plus proche du ministère de la culture ? Et pourquoi pas la Concorde comme pour Johnny Hallyday ?

A en croire le professeur en droit international public Jean Paul Pancracio, interrogé sur France culture, les Invalides étaient plus faciles à sécuriser. Soit.

Pour moi, je n’ai pu m’empêcher d’y voir surtout un prétexte à une mise en scène, dans un lieu impressionnant, par un Président en mal d’auteur (de hauteur?), de sa propre personne au-delà d’un quinquennat… à bout de souffle.

J’en rajoute dans mon irritation macronnienne ? Sans doute mais peut-être pas tant que ça.

Sans remettre en cause, le choix de l’hommage présidentiel, le professeur sus-nommé observe tout de même que « les hommages nationaux comme les entrées au Panthéon sont des gestes d’abord politiques. Il faut faire entrer des contemporains qui ont milité comme Joséphine Baker, Simone Veil, son époux, évidemment, mais il ne faut pas que ça devienne galvaudé. L’entrée au Panthéon se fait tout les 20 ans ou 30 ans, il ne faut pas qu’il y en ait deux ou trois tous les ans. J’ai l’impression que les entrées s’accélèrent. Il faut que ça reste réservé aux plus hautes personnalités françaises qui ont apporté à notre pays, une contribution exceptionnelle, de même pour les hommages nationaux ».

Alors ?