
Une amie par WhatsApp attire mon attention sur une actualité assez peu relayée chez nous …ou alors je ne lis pas les bons journaux ou ne fréquente pas les bons sites : la grève de la faim du député européen Pierre Larrouturou pour la création d’« une vraie taxe sur les transactions financières (TTF), qui rapporterait 57 milliards d’euros par an et permettrait de rembourser le plan de relance européen [de 750 milliards d’euros], tout en finançant la santé et le climat » ».
Deux articles cependant lui sont consacré dans le journal Le Monde dont un publié hier (12/11). A Bruxelles l’initiative « agace, voire exaspère, y compris dans son camp », raconte Le Monde, « Il faut dire que ce n’est pas vraiment la culture maison : au Parlement européen, il s’agit de forger des majorités par le compromis et, il faut le rappeler, les sociaux démocrates n’ont pas gagné les élections européennes ; quant aux sociaux démocrates français, ils n’ont remporté que six sièges… Qui plus est, Pierre Larrouturou a commencé sa grève de la faim alors qu’une équipe d’eurodéputés négociait avec le Conseil qui représente les Etats membres, sur le prochain budget communautaire (2021-2027), et notamment sur la question de l’introduction d’une TTF. Une équipe au sein de laquelle son groupe politique est représenté et dont il ne fait pas partie, contrairement à ce qu’il laisse entendre. » Personnellement, je ne sais qu’en penser : l’homme m’est plutôt sympathique mais semble-t-il pas toujours facile à côtoyer. Sincérité ? Pour mettre la pression sur les négociateurs ? Ou opportunisme pour rattraper une lumière qui le fuit ?
L’introduction d’une TTF …le sujet n’est pas nouveau et me rappelle cette journée à Lille en juin 1998 où se formalisa la création de l’ Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac).
Peu de temps auparavant dans le Journal Le Monde Diplomatique, l’éditorialiste Ignacio Ramonet, constatant que la mondialisation financière avait créé son propre État (sic), complètement hors de toute société, avec une tendance à désorganiser les économies nationales, avait relancé l’idée d’établir une taxe sur toutes les transactions financières, la taxe Tobin du nom de celui qui l’avait suggéré …en 1972. Il s’agissait alors, dixit Madame Wikipédia, avant tout de limiter les effets néfastes des spéculations à court terme dans le cadre du système des changes flottants afin de prévenir une crise économique grave. Dans l’idée d’Ignacio Ramonet le produit de cette taxe devait financer des projets de développement écologique et social.
Pour cela, il proposa de mettre en place une organisation non gouvernementale, l’« Association pour une taxe Tobin d’aide aux citoyens (Attac) », qui ferait dans tous les pays la promotion de l’idée de cette taxe. Ainsi fut fait. Depuis, l’acronyme Attac a été un peu modifié et l’organisation s’est développée hors de nos frontières et de ses objets premiers et s’intéresse aujourd’hui à tous les aspects des conséquences du néolibéralisme voire de sa branche rigide : l’ordolibéralisme cher, notamment, au sein de l’Union, à W. Schaüble.
Mais sur la taxe, il me semble que nous n’avons pas tellement avancé alors même que des milliards se baladent chaque jours au – dessus de nos têtes. La situation économique, sociale et climatique à laquelle l’actualité ajoute le sanitaire mériterait qu’on s’y arrête sérieusement. Mais je doute de voir un jour son avènement…ou alors sous une forme light.
L’époque a des pudeurs de violette face à la richesse.
Rien à voir.
Le Bataclan, les terrasses, le carnage de ce 13 novembre 2015 que je n’ai appris que le lendemain… Je me souviens de cette amie photographe qui préparait une exposition dans une petite galerie du quartier et qui me raconta qu’en entendant les coups de feu, le galeriste avait baissé son rideau et qu’elle et les personnes qui l’aidaient dans sa mise en place avaient passé la nuit tétanisés dans le local. Certains trouveront peut-être cet hommage visuel un peu convenu mais tant pis. L’histoire récente nous apprend que la cote de ce signe (qui rassemble ici les noms des victimes) symbole d’années plus insouciantes est au plus bas.

Rien à voir encore.
Je ne peux pas m’empêcher de trouver Jean Castex caricatural (cela na rien à voir avec sa diction ou son accent, c’est juste une impression générale que cet homme relève d’un style complètement décalé par rapport aux urgences de ces derniers mois). Il faut dire que, au-delà d’un déconfinement contestable, la photo de presse le dessert souvent, telle celle-ci qui me fait penser au sketch de Raymond Devos sur le type qui n’a rien à dire mais qui veut que cela se sache.

En illustration, d’un article du journal le Monde titré « Être fonctionnaire, un métier qui n’attire plus la jeunesse », on peut voir ceci :

Je ne sais pas vous mais je trouve une certaine ressemblance entre le protagoniste de la photo et celui du dessin…


