Quelques jours en 2023

Heureusement qu’ils sont là pour sourire un peu. On notera que nos deux derniers Présidents ne sont pas exactement caricaturés comme les précédents.

Pourquoi F. Hollande en pingouin ? Selon certaines gazettes people, l’origine de cette représentation résiderait dans les paroles d’une chanson de Carla Bruni intitulée, justement, le Pingouin. Et notamment celles-ci :

« Eh le pingouin ! Si un jour tu recroises mon chemin, Je t’apprendrai le pingouin, je t’apprendrai à faire le baisemain » (allusion au fait que F. Hollande et sa compagne n’aient pas accompagné le couple Sarkozy jusqu’à leur voiture lors de la passation de pouvoirs).

« Tiens le pingouin, t’as l’air tout seul dans ton jardin » (allusion à la photo officielle, assez ratée, prise dans les jardins de l’Élysée par Raymond Depardon).

Pas de quoi froisser l’ancien Président qui avait déjà essuyé le sobriquet « Guimauve le Conquérant », plus cruel.

Macron en Pinocchio c’est plus compliqué. Les photos trafiquées le représentant avec un nez allongé, signifiant ses sincérités successives pour le dire gentiment, ne manquent pas comme celle-ci :

Mais qui dit Pinocchio, dit Gepetto et là, on est parfois tombé dans le nauséabond.

Reste qu’il manque, dans ces caricatures, la dimension manipulatrice de Jupiter lui-même. Que penser par exemple de ces déclarations ?

“J’en ai ras-le-bol des numéros verts dans tous les sens. Il y a une chose qui marche bien dans la République, ce sont les préfectures.” Le Gouvernement a été assez prodigue concernant les premiers, la deuxième phrase ira droit au cœur de la préfète Marie Lajus, sèchement limogée pour avoir, à en croire Le Canard enchaîné, rappelé à certains qu’on ne pouvait pas construire n’importe quoi n’importe où. Comportement dysfonctionnel s’il en est.

Plus étonnante est celle-ci , lancée à l’occasion de la galette de l’Elysée

« J’en ai comme vous assez qu’on ait des gens qui, sur la base de la crise, fassent des profits excessifs. Il n’est pas normal qu’il y ait des gens qui fassent des très gros profits dans un moment où on utilise l’argent du contribuable pour aider les plus petits à résister ».

Ces profits se traduisant souvent en distribution de généreux dividendes on serait tenté de lui rappeler que son Gouvernement, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2023, a tout simplement vidé du texte une mesure, adoptée par les députés, tendant à la taxation des « super-dividendes ».

Alors ? Aveu de façade ou sincère prise de conscience ? Dans ce dernier cas, il faudra qu’il explique à Bruno Le Maire, sourd à la notion, ce qu’est un profit excessif.

Partageant le constat présidentiel, certains proposent une autre solution. Ainsi François Hommeril, président de la confédération CFE-CGC : conditionner les aides publiques et les réserver aux entreprises qui ne les transformeront pas en profits et dividendes. Soit l’inverse de ce qui est fait aujourd’hui.

Mais Bruno préfère demander.

En cette période aux températures anormalement douces (+ 4 degrés par rapport à la normale à Bordeaux), les dossiers chauds s’empilent : retraites, chômage, santé, éducation nationale…

Premier crash test demain.

En attendant, alors que notre Président et le gouvernement multiplient les messages pour rassurer boulangers, artisans et même particuliers face à l’explosion des prix de l’énergie, le président LR du Sénat Gérard Larcher estime qu’ on ne pourra pas aider tout le monde. Ascèse et sobriété on vous dit (je sais elle est facile).

Autres petites nouvelles.

Après la suppression du timbre rouge, remplacé par une usine à gaz informatique, la Poste continue ses explorations managériales. C’est ici :

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/info-franceinfo-la-poste-va-lancer-en-mars-des-experimentations-pour-supprimer-les-tournees-quotidiennes_5583243.html

Plutôt que d’interdire la chasse le dimanche, le gouvernement envisage de développer une application pour smartphone à destination des promeneurs sur laquelle les chasseurs pourraient se signaler (Le Figaro). Le chasseur et le promeneur bougeant par essence, en voilà une idée qu’elle est bonne ! Ce qui revient, indirectement, à faire retomber la responsabilité des accidents sur les promeneurs (ben oui, c’est quand même pas compliqué de regarder son smartphone !). On ne sait pas ce qu’il en sera quand le chasseur tout à sa chasse aura oublié son portable dans son pick-up. Lorsque je randonnais, en période de chasse, on partait avec des sifflets à roulettes pour se signaler, On se faisait engueuler car on faisait fuir le gibier, paraît-il, mais, au moins, évitait-on les chevrotines.

Parfois je me demande ce qui finira par avoir notre peau en premier : le climat ou la technique ? Jacques Ellul avait bien son idée mais elle est difficile à résumer.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand comme concluait l’inestimable Alexandre Vialatte.

Humour postal

 

Prescience ? Mon frère avait collé sur l’enveloppe un timbre qui disait : « C’est quand bientôt » ?courier arnaud 2

Vaste sujet.

Hé bien, c’est selon …du moins, c’est la leçon à tirer de ce petit non-évènement.

Ma mère, amenée à prolonger son séjour chez moi,  avait besoin, entre autres choses,  d’échanger certains billets de train, pris en gare près de chez elle, et restés dans son appartement.

Dûment tamponnée par les services postaux bordelais le 4 février 2015, la lettre, qui devait les contenir, m’est parvenue (en région parisienne) ….le 10 mars de la même année, dans une housse plastifiée datée …du 5 mars : autant confier le pli à un percheron sachant lire.

J’en ai d’abord déduit que le temps postal, comme le temps de refroidissement du canon, était étonnamment relatif. Et puis, allez savoir pourquoi, j’ai eu la curiosité de lire les mentions  figurant sur la housse  plastifiée :IMG_20150311_0004Cette prévenance (toute commerciale) m’incita à ouvrir le pli que j’avais été tentée de livrer tout de go à la poubelle, une obligeante employée SNCF, ayant, depuis belle lurette, modifié les réservations maternelles sans avoir besoin de la restitution matérielle des billets.

Intéressante expérience qui me confirma que le contenu, si obligeamment acheminé, « quoiqu’il arrive », pouvait être aussi très …aléatoire, Le scotch initial, estampillé « La Poste », qui devait assurer la fermeture de l’enveloppe, était  d’une adhérence incertaine (d’où la protection plastique ) et les billets attendus  n’étaient pas au rendez-vous.

IMG_20150311_0003

Bref, on me délivrait, au bout d’un mois, un pli, dépourvu de ce qu’il devait contenir, avec des précautions de violette.

Quand j’étais enfant, il y avait deux distributions de courrier à domicile, une le matin, l’autre l’après-midi.

Maintenant il y a le mail, les tweet, l’instantanéité…alors, bientôt, c’est déjà trop tard.

Quant aux billets de train…leur destinée restera à jamais mystérieuse.