Improvisations et provocations

Variant Delta : l'impossible sortie de crise pour Emmanuel Macron | Les  Echos

Pass sanitaire et cafouillages

L’oracle s’est exprimé ce 12 juillet. Plutôt que de proclamer la vaccination anti-covid obligatoire pour tout le monde (ce aurait eu le mérite de la clarté), Jupiter, qui avait assuré en décembre dernier qu’il n’entendait pas s’y résoudre et en avril que le pass sanitaire ne saurait être un instrument de différenciation, a opté pour une solution « hybride » : vaccination obligatoire pour les soignants et les personnes au contact de gens vulnérables, pression sur les non-vaccinés via le pass sanitaire en rendant sa présentation obligatoire pour accéder à certains lieux. Effet delta.

« J’ai confiance en vous », a affirmé le Président lundi soir. Mais la réciproque n’est plus vraie depuis fort longtemps, comme le rappelait à l’automne dernier l’ancien directeur général de la santé William Dab : « Toutes les mesures qui ont été prises dernièrement concernent des restrictions de liberté, sont faites pour tirer les oreilles des gens. Ce sont des sanctions de la faillite de la prévention sur le terrain », soulignait-t-il, rappelant que « lorsqu’on gère un risque sanitaire, on gère toujours l’incertitude » et qu’il est donc nécessaire de « gagner la confiance de la population ». Mensonges à propos des masques, stratégie de tests à la remorque, débuts passablement bordéliques de la vaccination (je ne sais pour d’autres territoires, mais en Île de France, certaines personnes n’arrivaient pas à décrocher de rendez-vous près de chez elles pour se faire vacciner quand certains centres de vaccination faisaient de la retape pour ne pas avoir à jeter des doses inutilisées, sans compter l’approvisionnement, misérable à ses débuts, des médecins libéraux) et soupçons, légitimés par son retrait temporaire, autour du vaccin Astra Zeneca ont contribué à installer dans la population, un attentisme au mieux, une solide défiance au pire. Je m’en tiens là qu’aux « ratés » les plus visibles.

Le calendrier des opérations annoncé semble avoir été fixé selon les normes usuelles depuis l’irruption du Covid : par le Président seul sans concertation ni débat. Serré, très serré le calendrier : le pass sanitaire, qui aurait dû, en principe, rester cantonné à quelques cas limités, devrait être finalement étendu dès le 21 juillet, pour les plus de 12 ans (mais il semble que des assouplissements soient envisagés, vacances déjà organisées obligent, voir plus bas), aux « lieux de loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes, puis début août, après promulgation d’un texte de loi, aux cafés et restaurants, et aux centres commerciaux, tout comme aux cars, trains et avions pour les longs trajets.

« Seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux, qu’ils soient clients, usagers ou salariés », a détaillé Emmanuel Macron. Panique chez les employeurs : s’il était attendu que les soignants soient soumis à une obligation vaccinale, nul n’avait vraiment envisagé, même après l’entrevue entre les syndicats et le président vendredi 9 juillet, que les salariés des secteurs recevant du public seraient eux aussi soumis à une très forte contrainte. Un avant-projet de loi circule déjà, voir ici:

https://www.actuel-rh.fr/content/lavant-projet-de-loi-sur-la-gestion-de-la-crise-sanitaire-cree-une-autorisation-dabsence

qui suscite moult questions techniques, que je vous épargnerai, de la part des professionnels du droit social mais le petit article qui suit soulève une judicieuse question (à propos de l’obligation pesant sur les personnels soignant et pompiers d’être vaccinés au 15 septembre ) :

https://www.actu-juridique.fr/social/vaccination-port-d

u-masque-quels-sont-les-droits-des-salaries/

 » Le Conseil constitutionnel a validé le passage de 5 à 11 vaccins obligatoires pour les enfants en considérant qu’il est loisible au législateur de définir une politique de vaccination afin de protéger la santé individuelle et collective (20 mars 2015). La loi en préparation sur l’obligation vaccinale des personnels médicaux devrait en conséquence passer le contrôle du conseil constitutionnel sans dommage. La seule incertitude concerne le fait que tous les vaccins anti-Covid disponibles bénéficient d’une autorisation d’utilisation conditionnelle, s’agissant d’une AMM provisoire. Cela interroge sur une obligation vaccinale au moyen de produits dont la mise sur le marché n’est pas pérenne »

Quelles réactions du côté des soignants ? On notera que certains se félicitent de la décision prise, sans se leurrer pour autant. Ainsi en-est-il du professeur Grimaldi, diabétologue aux hôpitaux de Paris, animateur d’une liste de discussion rassemblant de très nombreux médecins :

« Le président paraissait petit et faible depuis le début de la crise, là il reprend la main tout en servant sa propre politique. D’un côté, il s’appuie sur les valeurs collectives de la vaccination, du service public, de l’intérêt général, de l’autre il relance des réformes libérales. En somme, il se sert de la vaccination majoritairement acceptée par la population pour faire passer une politique économique minoritaire… ».

Et du côté du ministère de la santé ? Le respect des échéances présidentielles a donné lieu à des annonces surprenantes ….

Alors que cela fait des mois que l’on nous dit que l’immunité n’est pas atteinte avant 2 semaines.

Mais alors pour les lieux de culture et de loisirs rassemblant plus de 50 personnes c’est 21 juillet ou fin août ?

Les vacances sont sauvées.

Et pourquoi les policiers et gendarmes ne sont-ils pas tenus de se vacciner au même titre que les pompiers ? Pour ce que l’on a pu voir ces derniers mois, voire années, il sont au contact, non (petite remarque en passant : contrairement à d’autres ils conservaient aussi leur régime de retraite dans la réforme « suspendue ») ? No comment.

Allez vous y retrouver.

Comme le remarque ce twittos :

Cette absence de dialogue donne parfois des résultats singuliers : des vaccinés possiblement contrôlés par des policiers ou gendarmes qui ne le seront pas, des vaccinés qui, au nom des libertés individuelles, se refusent à se soumettre à l’obligation de justifier de leur vaccination au moyen du pass, des non-vaccinés qui jurent de boycotter des endroits où ils ne seront, en principe, pas admis.

L’État défaillant se défausse sur la société.

Sa stratégie intrigue chez nos voisins.

«Je ne pense pas qu’on puisse gagner la confiance en changeant ce que nous avons dit, c’est-à-dire pas de vaccination obligatoire», a taclé la chancelière allemande lors d’une conférence de presse à l’institut de veille sanitaire Robert Koch. Selon elle, pour convaincre les récalcitrants à la vaccination, il convient de «discuter tous ensemble, en famille, au travail, dans le club de football, partout où les êtres se connaissent et se font confiance».

Quant à la Suisse :

https://www.heidi.news/sante/vu-de-suisse-l-autoritarisme-de-macron-est-surrealiste

(Ce même site donne des informations intéressantes sur la recherche qui a conduit au développement des vaccins à ARN messager

https://www.heidi.news/explorations/arn-messager-la-revanche-des-outsiders/ce-qui-se-passe-dans-votre-bras-au-moment-du-vaccin

Et cet autre s’efforce de faire un peu de pédagogie.

https://www.letemps.ch/sciences/dix-doutes-legitimes-vaccination-zero-bonne-raison-ne-y-aller ).

Je ne doute pas que certains réticents resteront sur leurs positions. Je me demande toujours où en sont les recherches relatives à un traitement, tout le monde ne pouvant pas se faire vacciner. On a récemment ressorti l’ivermectine du placard.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/ivermectine-attenue-symptomes-covid-19-modele-animal

Alors efficace ou pas ?

En attendant, certains se lanceraient déjà dans la vente ou l’échange de QR codes libérateurs. De quoi alimenter le numéro spécial du Canard enchaîné sur les escrocs.

blague pass sanitaire – Blagues et Dessins

De l’humour Beauvesque

Mis en cause dans l’interpellation d’Adama Traoré à Beaumont-sur-Oise, trois gendarmes ont, selon les informations de Médiapart, été décorés, en 2019 (donc sous Castaner), pour cette arrestation, au cours de laquelle le jeune homme de 24 ans est décédé le 19 juillet 2016. Quand on connaît le caractère relativement explosif de l’affaire … cela s’imposait.

Je suppose, par ailleurs, que la promotion au 14 juillet du Préfet Lallement au grade de commandeur de l’ordre de la légion d’honneur doit quelque chose à Gérald Darmanin (où il se vérifie que l’honneur de cette légion se discute, pour le moins).

L’accusé est cuit quand l’avocat n’est pas cru (P. Dac)

C’est peut-être ce que devrait méditer E. Dupont-Moretti qui vient d’être mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » après plusieurs heures d’interrogatoire dans les locaux de la Cour de Justice de la République. Il lui est concrètement reproché d’avoir utilisé les moyens administratifs de son ministère et ses attributions disciplinaires, sitôt arrivé Place Vendôme l’été dernier, dans le seul but de régler des comptes avec des magistrats anticorruption avec lesquels il a été en conflit ouvert quand il était encore avocat. J’avoue que sa nomination en tant que Gardes des Sceaux m’a toujours laissée perplexe et encore plus le fait qu’il l’accepte … mais peut-être ceci expliquerait cela.