Mauvais esprit

Cela n’a rien à voir avec le titre, quoique : Mikhaïl Gorbatchev est mort le jour de mon anniversaire. Le lendemain, Arte, je crois, diffusait un documentaire crépusculaire sur un homme, déjà manifestement en fin de vie, célébré, en son temps, en Occident et méprisé chez lui. Fut-il le fossoyeur malgré lui d’une grandeur russe après laquelle court Vladimir ? La réponse est sans doute dans de nombreux livres et articles. Pour celle qui, il y a 3 ans, nous guidait lors de mon voyage sibérien, âgée de 9 ans en 1990, Mikhaïl rimait avec le début d’années de privations. Elle n’aimait pas Vladimir non plus, mais gagnait suffisamment bien sa vie pour s’offrir quelques extras que ses parents ne pouvaient se permettre. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Arc républicain

À Elisabeth Borne, pour qui la France Insoumise ne ferait pas partie de « l’arc républicain », Clément Viktorovitch, docteur en science politique et chroniqueur dans l’émission Quotidien, pose cette question simple.

Après la énième répétition de cet élément de langage selon lequel La France insoumise serait rétive à la « coconstruction », on appréciera la fin : « ils n’ont jamais cherché à trouver des compromis, je pense qu’on est pas d’accord ».

On pourrait rétorquer à la dame que la démocratie c’est débattre, discuter sans fermer les issues ce qui a souvent été le cas pendant les 5 ans du précédent quinquennat et lors de cette première session parlementaire. Comme le faisait valoir notre Président, il serait temps de changer, effectivement, de « méthode », mais cela me paraît mal engagé (voir aussi plus bas). Casser la Nupes en « extrêmisant » davantage la LFI, diviser pour mieux régner, on voit assez bien l’idée, mais à long terme, je ne vois pas quel avantage il y a à lisser le poil du Rassemblement national en le « notabilisant », quoiqu’en dise la première ministre qui réfute le signe = mais tape essentiellement sur une gauche qui la dérange.

On peut avoir des raisons de ne pas vouloir coconstruire ce que l’on considère comme la destruction programmée de la solidarité sociale, entre autres choses. Chantier engagé depuis des années, certes, mais dont l’achèvement s’accélère. Voir l’état lamentable de l’Éducation nationale, par exemple.

Crise énergétique

La guerre en Ukraine et la réaction russe contre les sanctions prises contre elle le laissaient prévoir. Les mesures suggérées par le Gouvernement, paraissent, pour l’heure, pour le moins anecdotiques, et la création d’un conseil de défense énergétique dont, personnellement, je ne sais rien de la composition et dont les débats seront aussi opaques que ceux de son prédécesseur, le conseil de défense sanitaire, ne laisse rien présager de bon. La récidive de ce type d’instance d’ailleurs conforte l’absence totale de changement de « méthode » de gouvernement. Sur une question qui devrait être largement abordée, tous bords confondus, la réponse semble, encore une fois, être : le Parlement ? Connais pas. Vulcain, ex-Jupiter, n’a pas renoncé au moi et moi seul.

Il y a des années, les Guignols de l’info de Canal + anticipaient la chose. Pas sûr que cela ne ressemble pas à un certaine réalité hivernale.

Une histoire absurde

C’est l’histoire d’un imam, Hassan Iquioussen, réputé proche des Frères musulmans, poursuivi (sic) par le locataire de la Place Beauvau – qui fut moins bégueule, au point de dîner avec lui, lorsqu’il trustait les voix des musulmans de Tourcoing pour s’y faire élire maire – pour avoir tenu, selon les termes de l’arrêté d’expulsion pris par le ministre « un discours prosélyte émaillé de propos incitant à la haine et à la discrimination et porteur d’une vision de l’islam contraire aux valeurs de la République ».

Le 5 août dernier le tribunal administratif de Paris, en référé, décidait de suspendre l’exécution de l’arrêté d’ expulsion. Décision retoquée par le Conseil d’Etat, le 30 août (décidément un mauvais jour). Venu le cueillir à son domicile, la police fit chou blanc. Un mandat d’arrêt européen vient d’être délivré contre lui.

Il y a un mois, le Maroc avait délivré un laissez-passer consulaire, document permettant l’expulsion par la France de l’imam. Coïncidence ? Le lendemain de la décision du Conseil d’Etat, Rabat suspendait le laissez-passer. Pourquoi ? Selon l’AFP, qui cite une source proche du Maroc, les autorités auraient déploré une décision « unilatérale » du gouvernement français, prise alors qu’il « n’y avait pas eu de concertations » entre les deux pays.

Résultat de cette procédure, qui mobilise nombre de fonctionnaires de police, un imbroglio pas possible. Si, effectivement, l’imam est resté en France, le motif du mandat d’arrêt est justifié, selon des sources proches du dossier. Mais, le ministre de l’Intérieur a affirmé depuis que l’imam était « manifestement en Belgique » et s’en est félicité. Or, dans ce cas, toujours selon ces mêmes sources, il peut être considéré comme ayant lui-même exécuté la mesure d’éloignement. Sous le coup d’un arrêté d’expulsion signé du ministre, l’imam pouvait, en effet, quitter la France pour n’importe quel pays. Les modalités d’expulsion ne sont pas fixées dans un arrêté d’expulsion.

En schématisant, voilà un homme qui, s’il est resté en France, ne peut, pour l’instant, pas être effectivement expulsé vers le Maroc , et s’il est à l’étranger … hé, bien, il semblerait que le mandat d’arrêt et son motif ne se justifient plus. Pour reprendre les mots d’un avocat pénaliste, voilà un mandat qui ordonne aux autorités judiciaires des pays de l’UE d’arrêter et renvoyer en France une personne expulsée qui a spontanément quitté le territoire, afin de l’y incarcérer pour ne pas avoir voulu quitter le territoire.

Magnifique. Le ministre de l’intérieur ne recule devant rien pour se faire mousser. Même pas le ridicule.

François Bayrou

Félicitons l’homme pour son nouveau hochet : secrétaire général du Conseil national de la refondation, un machin pour l’heure largement boudé. Vu l’intense activité qu’il a déployée au haut commissariat chargé de la planification, la refondation sous sa houlette risque fort de rester …en plan. Le souci tout de même est que son inefficience, presque légendaire maintenant, est payée par nos impôts.

Anastasie : le retour ?

Le journal Le Monde publie, hier dans l’après-midi, ce communiqué : « Nous avons décidé de retirer de notre site la tribune du politiste Paul Max Morin sur le récent voyage d’Emmanuel Macron en Algérie, publiée jeudi 1er septembre. Ce texte reposait sur des extraits de citations qui ne correspondent pas au fond des déclarations du chef de l’Etat. Si elle peut être sujette à diverses interprétations, la phrase « une histoire d’amour qui a sa part de tragique » prononcée par M. Macron lors de la conférence de presse n’évoquait pas spécifiquement la colonisation, comme cela était écrit dans la tribune, mais les longues relations franco-algériennes. Le Monde présente ses excuses à ses lectrices et lecteurs, ainsi qu’au président de la République ».

La tribune n’engageait que son auteur, alors pourquoi ces excuses au Président ? Si, un journal, autrefois de référence, commence par s’auto-anastasier, on est mal. Effet Streisand ? Des tas de gens, comme moi, qui n’y avaient pas spécialement prêté attention cherchent à en récupérer le texte sur les réseaux sociaux. Je l’ai lue. Pas de quoi se flageller. Cette pusillanimité journalistique interroge.

Migration

Ce message, glissé sous l’onglet « promotions » de ma messagerie (on se demande bien pourquoi), a failli passer sèchement à la trappe. Ce qui aurait été dommage, pour moi, s’entend. Jugez plutôt:

« Chère abonnée, cher abonné,

Vous avez récemment reçu un e-mail vous annonçant la fermeture de votre blog abonné du Monde le 5 juin 2019.

L’arrêt de ce service implique une suppression de vos contenus, y compris les photos et textes, que nous vous invitons à sauvegarder le plus rapidement possible. »

Je suppose que le journal a décidé de faire le tri dans ses « hébergés » pour ne garder que les blogs les plus actifs, ce qui n’est pas le cas de celui-ci qui vivote depuis … 6 ans déjà.

N’étant pas une flèche en informatique, je m’en suis remise à la procédure d’exportation/importation de contenu obligeamment fournie par le journal et me voici donc ici, en terre pas tout à fait inconnue (puisqu’il s’agit toujours d’un site « propulsé par WordPress ») mais pas encore assimilée (le journal Le Monde avait un peu simplifié la gestion des blogs) .

Visuellement il y a des choses à revoir, à nettoyer, à compléter. Mais, pour ce que j’ai pu constater, tous mes « petits » sont là.

Dans cette migration forcée mais pas insurmontable, j’ai eu quelques surprises : jusqu’ici mon blog suivait son petit bonhomme de chemin sur des autoroutes gratuites. Pour WordPress, il était important que je mette mon nouveau site « à niveau » ce qui sous-entendait de passer en mode payant. En témoigne cette invite assortie d’une dizaine de bonnes raisons (que je ne reproduirai pas ici).

« Votre nom de domaine est la première chose que les visiteurs voient et associent à votre marque. Actuellement, l’adresse de votre site Web est revages.home.blog et convient parfaitement si, à vos yeux, le développement de votre site est un loisir.

Cependant, si vous créez un site pour autre chose que les loisirs, la mise à niveau en vue d’obtenir un nom de domaine personnalisé est simple, notamment étant donné que des plans sont déjà disponibles pour seulement 31,00 Dkr (couronnes danoises, je crois, soit un peu plus de 4 euros par mois ) ».

« Pensez-y : pour moins cher que le prix d’un simple Pumpkin Spiced Latte de chez Starbucks, vous aurez accès au logiciel, à l’équipe d’ingénieurs et à l’infrastructure technique utilisés par les sites les plus populaires sur Internet. » Je ne me perçois pas porteuse d’une « marque » et, chance, mon site est un loisir. Par ailleurs, j’ignore tout à fait si j’aurais dépensé plus de 4 euros pour un Pumpkin Spiced Latte chez de chez Starbucks. A priori, pas sûr du tout. Pour ce que j’ai plu lire, il s’agit d’un café, avec du lait et de la purée de courge sucrée et épicée (d’où le « pumpkin spice »).

J’ai donc décliné, l’offre, le lait, le café et les 31 Dkr par mois.

J’ai songé un moment que c’était le moment de me poser quelque temps et réfléchir : continuer ou pas ? Migrer, c’était l’occasion de revoir certaines règles, certaines habitudes, certains choix. Par paresse, après avoir peiné sur mon sentier migratoire, j’ai opté pour la continuité ….

Et si je n’avais rien fait ?

Mes archives auraient été sauvegardées par la Bibliothèque Nationale de France et seraient demeurées consultables dans un délai de 3 mois dans les salles de recherche de la BNF, ainsi que dans les bibliothèques partenaires en région.

Vu sa confidentialité, je me demande combien de temps aurait pris la recherche pour retrouver mon blog …perdu.

Ce petit épisode m’ a donné à penser que la crise du logement est partout … y compris sur la toile. Me voilà donc dans un petit chez moi, un petit hébergement social. En attendant d’être expulsée à nouveau pour manque de rendement ?

PS : Dans ses temps managériaux tous puissants, celui-ci surfait de manière privative sur celui (le rendement) des entreprises de son groupe. 634 000 euros pour ses 60 ans, claqués le temps d’une soirée Grand siècle à Versailles. Où il se vérifie que l’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières (W. Allen). Aujourd’hui il éprouve pour cela et d’autres choses le confort spartiate (sic) et la diététique minimale des prisons japonaises…

Seule (et bien maigre) consolation, des intermittents du spectacle auront pu gagner quelques sous ce soir là…bien comptés sans doute….

Rêve de plumitive

Je laisse ici des lignes qui n’intéressent que quelques « happy fews ». Mais, hélas, mon anglais est bien trop rudimentaire pour un New-Yorker, seul journal patient et amant d’écriture de nos jours. Et mes graffitis se perdent dans la multitude des blogs « griffés » lemonde.fr.

Mais je rêve quand même….

Le journaliste qui mettait plusieurs années à écrire ses articles

 

Pourquoi pas moi ?