chef et couvre-chef

Elle arborait ce soir là un chapeau qui lui allait bien. Le trench, le chapeau, j’ai d’abord  pensé  à ça

casablanca

…  puis, malicieusement, à ça panthere-roseEnsuite, les idées dérivant comme elle savent dériver je me suis demandée, en cette période électorale :  est-il plus facile d’élire un couvre-chef qu’un chef ? Ou : de l’importance du couvre-chef dans l’élection … d’un chef.

La politique aime bien les chapeaux. Ceux que l’on porte

220px-georges_clemenceau15_02_1915-caillaux-photo-1911

et ceux que l’on fait porter (pas de photos car trop d’éligibles).

Certains deviennent emblématiques comme celui-ci : blum

qui peut revendiquer quelques imitateurs  :

le-chapeau-de-mitterrand-3846773melenchon

fabius-chapeausegolene

Mais force est de constater, de nos jours, un recul du galurin sur le front politique même si le melon se porte encore bien quoique de manière moins ostensible  (mais non sans une certaine ostentation).Unknown

Ces réminiscences chapelières me font penser à cette bonne vieille série des Shadoks et leurs « adversaires » : les gibis.gibis_ballons

La particularité de l’intelligence des Gibis est  d’être collective et de provenir de leurs chapeaux melons. Ces chapeaux sont « comme des téléphones, mais si perfectionnés qu’il n’y a même pas besoin de parler dedans» . Quand un Gibi réfléchissait à un problème difficile, la question transitait automatiquement dans tous les autres chapeaux, tous les Gibis se mettaient à réfléchir ensemble, et la solution était vite trouvée.

Nous sommes bien loin de ce degré de sophistication démocratique et arpenter les champs de l’intelligence collective contemporaine déborde largement le propos de ce modeste blog.

Pour l’heure, une sorte de malice collective s’ingénie plutôt à brouiller les cartes, déjouer les pronostics, dévoilant ainsi un monde proprement Shadokien.

planete_shadok2En témoignent quelques maximes de ces malheureux volatiles pas si éloignées des discours et réalités ambiants :

  • « Pour qu’il y ait le moins de mécontents possibles il faut toujours taper sur les mêmes. »
  • « Si la solution n’est pas adaptée à la situation, adaptez la situation à la solution »
  • « Quand on ne sait pas où l’on va, il faut y aller … et le plus vite possible »
  • « En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. »

Quant au sourcilleux et surprenant vainqueur du premier tour des primaires de la droite (et du centre) et le non moins surprenant vainqueur au casque blond d’outre-Atlantique, ils me semblent incarner à eux seuls cet aphorisme :

« Le passé ne sera jamais pire que l’avenir »

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, d’un coup, cela ne m’amuse plus du tout.

ctout-2-2-227x175

 

 

la marche il n’y a que ça de vrai

Alstom, Lannion, Ecopla, les occasions ne manquent pas de faire le bilan ministériel d’ E. Macron et d’égratigner son image au passage. Le Macron bashing est lancé en même temps que sa campagne …et à cet égard ses anciens « camarades » au gouvernement ne se retiennent guère de s’essuyer les pieds.

La chanson raconte autre chose (une jeune fille refusant les avances d’un homme plus âgé paraît-il) mais il n’est pas interdit de transposer … comme on voudra, selon sa sensibilité.

Spéciale dédicace à un jeune randonneur politique.

Ces bottes sont faites pour marcher (theses boots are made for walkin : Traduction sur le site Paroles -musique.com) :

Tu dis sans cesse que tu ressens quelque chose pour moi
Quelque chose que tu appelles de l’amour mais avoues
Que tu as gâché ce que tu n’aurais jamais dû gâcher
Et maintenant une autre prend ce qu’il y a de meilleur en
toi
Eh bien, ces bottes sont faites pour marcher et c’est
exactement ce qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Tu mens sans cesse alors que tu devrais être honnête
Tu perds sans cesse alors que tu ne devrais pas parier
Tu restes le même alors que tu devrais changer
Ce qui est juste est juste mais toi tu n’as  jamais
été correct
Ces bottes sont faites pour marcher et c’est exactement ce
qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Tu joues sans cesse alors que tu ne devrais pas jouer
Et tu penses constamment que tu ne te brûleras jamais
Eh bien je me suis trouvé une boîte d’allumettes toute
neuve
Et ce qu’il sait tu n’as pas eu le temps de l’apprendre
Ces bottes sont faites pour marcher et c’est exactement ce
qu’elles vont faire
Un de ces jours ces bottes vont te piétiner

Êtes vous prêtes bottes ?
En route !

Arrosages

hollande-514x344

Petite chronique à la manière de (et en modeste hommage à) Patrick Rambaud

Pluie depuis des jours à l’image de ce quinquennat deliquescent. Notre Président a toujours manifesté une certaine endurance aquatique mais les temps sont aussi très « chauds » :  Nuit Debout, manifs, grèves, sur fond d’images peu rassurantes sur le sang-froid policier…(Loi travail : violente charge policière à Rennes. Le Monde avec AFP. 2-2-2016)

Du pays du soleil levant, notre Sublime Insubmersible a tranché sur la loi travail : « Pas question de céder en rase campagne à la CGT ! Si on cède on est morts » (source Canard Enchaîné du 1-6-2016).

Rien de tel pour conjurer ce destin funeste que de doubler la fermeté d’un bon arrosage pour faire repartir un jardin (électoral) délaissé. Routiers, chercheurs, intermittents du spectacle, enseignants (en attendant la suite)… les sucreries sont dispensées là où le sans- dents crie et l’on compte sur le mollet footballistique (et ses rentrées supposées) pour tuer dans l’oeuf toute tentative de jouer des prolongations grévistes.

Et l’oeil de Bruxelles et sa vision à 3 % dans tout ça ? Il est toujours là, posé sur nous comme une limace sur une feuille de salade(s), comptable et toxique, mais brouillé quand même : la faute à la loi Peeters qui, outre-quiévrain, flirte avec la loi El Khomri. On manifeste aussi sous les fenêtres de la commission européenne.

Flexisécurité n’est pas un gros mot à partir du moment où l’on ne brade pas sa deuxième composante.

Mais notre Grandeur Brumisée ne semble en avoir cure, n’ayant pour préoccupation que son avenir présidentiel fortement douché par les sondages.

Ayant bien dépensé, notre Armateur de pédalos Suprême est allé se rincer les amygdales chez son meilleur ennemi (sondagier) : je veux dire qu’il est allé à l’inauguration de la cité du vin chez le Duc de Bordeaux.

Dans l’écrin vinicole, il a échangé crus, enduré les piques du Duc (1), indifférent aux bruits qui venaient de l’extérieur. On avait pris soin, il est vrai, de cantonner la plèbe manifestante à environ 500 mètres du bâtiment, derrière des barrières et un cordon de gendarmes mobiles.

La violence ce peut être cela aussi.

PS : A  propos de nectars, j’ai découvert en lisant le Journal Officiel qu’il existait des « vins tranquilles », qui sont, en très gros, des vins qui ne pétillent pas – comme la pensée politique actuelle, d’une redoutable ternitude, coincée entre les hautement inventifs « hé, ho la gauche » et « Oz ta droite ». L’originalité politique du millésime reste à inventer. On devrait prévenir sa Petite Altesse « On ne tutoie pas un ministre, on ne l’invective pas » : on n’emballe pas non plus forcément en faisant du porte à porte intéressé. Les témoins de Jehovah en savent quelque chose. D’ailleurs, si j’avais des idées, il serait sot de ma part de les déclamer sur le seuil de mon logis. Ce n’est pas en partageant qu’on devient milliardaire. Et, cela, notre petit baron amiénois le sait mieux que personne. Allez, santé !

 

  1. « Les hommes sont comme les vins, avec le temps, les bons s’améliorent et les mauvais s’aigrissent », a lâché le Duc, citant Cicéron avec un peu d’à peu près (la citation exacte serait « Il en est des hommes comme des vins, l’âge n’aigrit jamais les bons « ). Notre Rondeur Acqua-boniste (à court de citation ?) ne semble pas avoir répondu, alors qu’il aurait pu, goguenard, demander au Duc s’il parlait pour lui-même.

Fragment hebdomadaires en d : où il est question de déverrouillage et de digressions

1403584231Ah ! les  « valeurs », elles sont à la politique ce qu’elles sont au quotidien économique et financier : un sujet de je (jeux) et de rivalités. Philippique, cours, repli, polémique, indice…et la morale dans tout ça ? Moins cotée que la « valeur ». C’est indéniable.

Les arcanes de la novlangue sont intéressants à suivre. Pour ce qui est de la politique, certains  s’y sont attelés comme Eric Hazan dans LQR  (Lingua Quintae Republicae, allusion à l’analyse linguistique menée par Victor Klemperer pendant la montée en puissance du Troisième Reich et de sa langue qu’il avait baptisée Lingua Tertii Imperii: la propagande du quotidien.

Tenez, par exemple, l’essor irrésistible du mot « déverrouillage » de nos jours, tellement plus signifiant pour le commun des mortels que l’expression « briser des tabous ». Au-delà de ses acceptions informatiques, il s’agirait de nous « libérer » de nous – mêmes (à l’insu de notre plein gré), en quelque sorte. Mais à déverrouiller au pied de biche, on n’est pas loin de se prendre la porte sur le nez. Ainsi en est-il pour le travail. Et, à l’usage, on constate aussi que verrouiller pour mieux déverrouller se porte bien aussi :

https://www.mediapart.fr/journal/france/030316/loi-sur-le-travail-crainte-de-verrouillage-au-sein-du-groupe-ps

Pour l’heure, dans ce pastis de clés perdues, chacun cherche son chas pour ne pas porter un chapeau aux contours indéfinis.

« On ne peut pas tout brutaliser » glisse notre jeune ministre de l’économie. Tout est dans le « tout. » Faut-il comprendre qu’il y aurait un(e) plage, frange, niveau, domaine de « brutalité » acceptable ?  Ou bien : il vaut mieux distiller puisqu’on ne peut pas tout faire d’un coup (encore que l’état de choc ou la sidération sont parfois d’inespérés anesthésiants intellectuels) ? On suppute, tout en devinant que les manières affables (à fables ?) de l’homme nous préserveront sans doute d’un lâcher de noms d’oiseaux ou d’une tentation autoritaire mais pas d’une entourloupe enrubannée (voire plusieurs).

Chacun prend aussi ses marques pour 2017 ou pour plus tard  (la pente est forte et l’échéance est courte)… tandis que les futurs « ubérisés »  que nous sommes comptent les points et les trimestres … de retraite qui leur manqueront pour vivre une vieillesse heureuse de moins en moins garantie.

Pendant ce temps là, la ministre du travail est victime d’un « accident domestique » qui l’immobilise très temporairement et dont on n’hésite pas à donner la teneur (on n’est jamais assez méfiant vis à vis des baignoires). Le délicat M. Le Guen se serait esquinté en glissant sur un tapis de bain (ce qui vaut bien une glissade dans une baignoire), le côté domestique de l’accident eût été passé sous silence. Au contraire, on aurait loué l’ endurance de l’homme (c’est beau, un essoré qui assiste à un conseil des ministres), insisté sur sa ténacité (à défaut de gloser sur sa lucidité tapissière), son imperméabilité et sa dignité face aux attaques politico-politiciennes d’une sournoise lilloise publiées en Une d’un quotidien du soir.

Ainsi vont les jours qui sous certains aspects …ne changent pas. Tiens, quand j’y pense on dit aussi de nos jours que la France est l’homme malade de l’Europe … pas la femme donc … malgré sa définitive et féminine incarnation. Soit, quoique de mauvaise grâce.

« Il y a 4 types idéals : le crétin, l’imbécile, le stupide et le fou. Le normal, c’est le mélange équilibré des quatre. » disait Umberto Eco.

Le « normal » 2012, qui se rêve reconduit, est-il vraiment celui-là ? Joker.

Pour sortir de toute cette samba politique indigeste (pour rester polie), un retour élégant aux sources s’impose  :

 

fragments hebdomadaires en a

Scola5656657-una-giornata-particolare-ettore-scola1

Décidément le monde artistique paie un lourd tribut à la mort en ce début d’année. Parmi ses victimes,  Ettore Scola. Je suis loin de connaître sa filmographie mais, en ces temps de repli identitaire, de rétrécissement moral et social et de tentation autoritaire (toujours se méfier des mentons « à fesses » propulsés en avant), il me paraît sain de revoir « une journée particulière » : cette rencontre improbable de deux exclus (Antonnieta et Gabriele), de deux condamnés, l’une à la maternité et l’usure ménagère, l’autre pour ses préférences sexuelles. Tout est beau, élégant, jusqu’aux bas filés et aux yeux cernés de Sofia Loren.

« Ce n’est pas le locataire du 6e étage qui est anti-fasciste. C’est plutôt le fascisme qui est anti-locataire du 6e étage » disait Gabriele (Mastroianni).

Taubira

French Justice Minister Christiane Taubira attends the questions to the government session at the National Assembly in Paris June 25, 2013.   REUTERS/Charles Platiau    (FRANCE - Tags: POLITICS HEADSHOT) - RTX110KK
French Justice Minister Christiane Taubira attends the questions to the government session at the National Assembly in Paris June 25, 2013. REUTERS/Charles Platiau (FRANCE – Tags: POLITICS HEADSHOT) – RTX110KK

Je me demande si cette phrase, moyennant quelques adaptations, n’a pas, dans ce nouvel ordre libéral – sécuritaire aux exquises « perquises » matinales, une belle renaissance devant elle. Christiane Taubira a jeté l’éponge et le nouveau Gouvernement ressemble aux chaussons du petit Manuel (se méfier  des gamins qui se relèvent, au soir, pour mettre leurs pantoufles bien parallèles au pied de leur lit) (1) : aligné, le doigt sur la couture du pantalon … plus de « rebellitude » à redouter (à quelques royalismes et macronismes près). La caution de gauche que Christiane représentait était, il est vrai, condamnée (elle aussi) depuis de longs mois aux utilités mutiques. Aurait-elle dû partir avant ? Sans doute. Sans la déchéance nationale, aurait-elle tenu jusqu’au bout ? Peut-être. Ecrira-t-elle, comme Cécile Duflot, un livre sur son expérience ? Pour ce qui me concerne, j’en ai bien envie tant, exception parmi les politiques, la dame a une écriture (même si son lyrisme n’est pas sans une certaine emphase). On verra bien. En attendant, elle s’accorde une petite revanche sur le palmipède du mercredi qui, raillant ses états d’âme, ne tablait pas, dans son édition du 27 janvier, sur son départ. De l’inconvénient de boucler un mardi soir …

Dalida2hj8y

Je tombe, par hasard, lundi, à la télé, sur un documentaire consacré à Yolanda Cristina Gigliotti et je revois Ariane déboulant furibarde dans l’enclos de cet atelier d’écriture. Rarement vu quelqu’un investir à ce point l’espace. Soudain, je me suis sentie réduite à une petite insignifiance sur fond de mur blanc. Elle n’avait pas pu se garer, ou avait dû affronter des bouchons, je ne sais plus. Passée cette entrée en matière énervée, et la petite présentation personnelle de rigueur, elle avait pris connaissance de l’exercice du jour et s’était jetée dessus comme une gosse affamée.

Je la regardais noircir des pages avec désespérance, moi qui n’avais réussi à produire que quelques lignes.

Quel rapport avec Dalida ? Elle faisait partie de ses fans. De ceux capables de se mettre en danger sur la route pour assister à l’un de ses concerts. Elle avait appartenu à un cercle proche de la chanteuse et ne se remettait pas de sa mort. Elle en avait fait un livre, un peu brouillon, mais sincère.

Je ne sais pas pourquoi j’écris à l’imparfait parce que cette petite bonne femme vive, désespérée et drôle a une richesse qui résonne encore à mes oreilles : une voix et un rire énormes.

« Pleurer est une chose que l’on peut faire seul, mais rire, il faut être deux pour rire » disait encore Gabriele dans « une journée particulière ».

Au moins deux, mais pas seulement.

 

1. http://abonnes.lemonde.fr/televisions-radio/article/2015/04/11/manuel-valls-un-style-sans-rondeur_4614323_1655027.html

 

Une politique au poil

C’est presque la nouvelle de cette rentrée politique : la barbe de 3 jours d’Emmanuel Macron. Il était temps : on le croyait à jamais abonné aux images de premiers communiants médiatiques :  la joue rose et les dents du bonheur. Une lissitude propre sur elle, dissuasive.

Le poil comme stratégie politique. Fourni ici, absent là, il asseoit. Songeons plutôt.

Le verbe de celui-ci aurait – il autant porté sans cette barbe triomphante ?

Jean_Jaurès,_1904,_by_Nadar

Et, sans ces moustaches là, le petit père la victoire aurait-il eu de la gueule ?

clemenceau_old

Et les joues grises de celui-là, dans ce qu’elles disaient de travail et de nuits sans sommeil, ne participaient-elles pas à son aura singulière ?

30e-anniversaire-de-la-mort-de-pierre-mendes-france

Un politicien poli comme un oeuf a – t- il  l’ombre d’une chance ?

L’aspérité intéresse, l’alopécie ordinaire indiffère, même si l’on peut se demander si la calvitie de Laurent Fabius, jumelle de celle de Giscard d’Estaing, n’a pas aidé à en faire un premier ministre possible malgré son âge.

Il y aurait matière à thèse, je crois.

Et les femmes ?

Leur pilosité politique est plus localisée. On s’imagine mal voter pour une femme à barbe (et pourquoi pas? pourtant).

Mais le sujet les travaille.

Pour n’en choisir qu’une …. il y eu ça

images 3

 

et ça

images

 

puis ça

images 2

entre autres…

Dans cet univers poilitique, un homme pourrait rebondir avantageusement : le roi de l’implant fiscalement optimisé, Jérôme Cahuzac.

 

 

Phase molle

La revoilà cette morosité post fêtes. Ponctuelle as usual. Comme dit, assez joliment, une amie, je suis en phase molle. Ce sont des moments que je sens venir comme un mauvais rhume. Un ciel voilé,  des rues en pluie, un caillou dans ma chaussure, plus rien ne répond : je suis à l’arrêt avec une furieuse tentation d’hibernation. Rendez-vous aux beaux jours et bon vent.

Point de secours à trouver dans l’actualité commémorative quand cette image là, réconfortante,648x415_place-republique-quelques-heures-avant-debut-manifestation-deja-pleine-620x397

déjà ternie par celle-ci,marche-republicaine-chefs-detats_0l’est encore davantage par les errements politiques de ces derniers jours. Tandis que le discours s’égare sur les chemins de la déchéance, que le zadiste écolo et le djihadiste armé sont fichés à la même enseigne, que notre flamboyant colibri (ainsi se définit-elle elle-même cf. le naufrage politique de Christiane Taubira sur Médiapart) ne fait plus sa part en avalisant sans avaliser tout en avalisant (cela dépend des jours et des lunes peut-être) ce qu’elle contestait hier, montrant là une singulière aptitude à avaler des boas, tandis ressurgissent les émotions d’ il y a un an perverties par cette logorrhée sinistre, me reviennent ces mots de l’oncle Bernard  :

« Autrefois, plus l’homme plaçait d’espoir en Dieu, moins il croyait en lui-même. Aujourd’hui, plus l’homme croit aux objets, moins il espère en lui-même. Demain, moins il croira aux objets, plus il espèrera dans autrui » (Marx Ô Marx pourquoi m’as-tu abandonné. Bernard Maris. Editions Champs Actuel).

Réflexion pas si loin de celle d’un lointain et nostalgique cousin de l’Est : » Les hommes ont toujours envie de croire en quelque chose. En Dieu ou dans le progrès technique (….) Aujourd’hui c’est dans le marché. Bon, admettons, on va se remplir le ventre, et après ? (…..) Les magasins sont remplis de saucissons mais il n’y a pas de gens heureux. Je ne vois personne avec une flamme dans les yeux » (Svetlana Alexievitch : La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement. Editions Actes Sud).

Curieux comme la morosité vous pousse vers des choses qui la confortent.

Alors, je traque dans le fatras des nouvelles de quoi sourire un peu.

Récolte de la semaine.

ça

Le radicalisme barbu se serait-il infiltré à Bercy ?

ou ça (désolée pour la pub préliminaire)

http://dai.ly/x3knmxi

Ou encore cette histoire de plaque écorchant le nom de George Wolinski affublé d’un y. Correction pour correction, je crois que celui-ci aurait goûté celle-là …

12507614_10205336477997557_6835017016902207413_n

Very George,  n’est-il pas ?

 

 

 

Manus tensions

4781279_6_6922_manuel-valls-premier-ministre-et-emmanuel_e2b54d78322692ffe441a8e6d61b719a

A ma gauche Manuel Valls. Banderillero du temps où Martine  Aubry était secrétaire du parti socialiste, il s’est distingué en prenant des positions en rupture avec la  » ligne » du parti.  En ce temps là, la lippe était ironique, le cheveu pas encore discipliné, les assemblages chemises-cravate hasardeux. Prié de quitter cet antre (mais oui avec un a) nous dont les valeurs ne semblaient pas être les siennes, il a néanmoins continué à faire entendre sa petite musique radicale droitière pour se prendre au final une gifle à 5,63 % lors des primaires présidentielles remportées par F. Hollande. Aimablement mais non sans arrière-pensées, celui-ci  intégra Manuel dans son staff de campagne où l’intéressé sut faire valoir son sens de la faena politicienne en gérant, entre autres ennuis, l’ombrageuse compagne du candidat.  La récompense ne tarda pas : le ministère de l’intérieur puis Matignon. Installé aux affaires, il devint plus martial (peut – être sa véritable nature) : visage fermé, regard noir, mâchoire crispée, doigt accusateur, discours assorti au costume : ajusté sinon étriqué, blanc et noir. La nuance n’est pas le fort de Manuel. Conduisant une politique qui lui ressemble, son aura provocatrice se dilue malgré quelques déclarations d’amour tonitruantes au monde de l’entreprise qui n’en attendait pas tant, ni moins. Accéder au (presque) sommet a tôt fait de  transformer le rebelle propre sur lui en rentier patibulaire.

A ma droite Emmanuel Macron, né un 21 décembre, jour du solstice d’hiver, ce qui ne semble pas spécialement prédisposer à la clairvoyance tant les jours sont courts. Scolarité et trajectoire convenues hormis deux petites originalités : un assistanat chez Paul Ricoeur (dont on ne sait trop en quoi il consista réellement) et un mariage avec son ancienne prof de français. Sa visibilité politique, du moins pour les happy fews qui nagent dans le marigot, est à mettre au crédit d’un « penseur » infatué de lui-même mis à la tête d’un comité Théodule chargé de trouver les voies de la libération de la croissance française. Notre brillant Manu y fit impression ce qui lui ouvrit les portes du château d’où sa parole ne transpira guère dans un premier temps. Le coming-out advint un peu plus tard avec l’allocation d’un portefeuille ministériel. Une logorrhée qui ne surprit véritablement personne, en exaspéra beaucoup, et nous vaut depuis quelque temps une sorte de vaudeville éculé avec Emmanuel dans le rôle de l’effronté, Manuel dans celui de l’ancien arroseur désormais arrosé et François dans celui du marionnettiste, recadrant le premier quand il y trouve (ou pense y trouver) avantage.

Ce qui me frappe dans cette photo c’est le conformisme qui exsude de cette scénographie d’une rivalité supposée entre « briseurs de tabou » autoproclamés : mêmes couleurs, mêmes mains et jambes croisées, même indifférence affichée. Un conformisme « représentatif » qui n’a d’égal que la pauvreté du discours réduit à la seule communication et à un psittacisme économique assomant. Il faudra que l’on m’explique, un jour, l’intérêt de cette mise en exergue tant il me semble qu’ils sont tous deux à la politique ce qu’est, à l’audace, un lanceur de boules puantes dans une cantine scolaire. Quels tabous brise-t-on à se faire le porte voix d’une pensée unique qui n’échappe plus à personne et à laquelle de moins en moins peuvent se soustraire ? Tout bien considéré, ces tenues de valet de pied me semblent assez adéquates.

 

intermède

 

A l’heure où des photos d’un petit dormeur du sable, pour reprendre le beau titre du billet de blog de Mouloud Akkouche sur Mediapart, font la une des journaux, desillant une opinion publique engourdie.

A l’heure où, appuyant, avec un conformisme exténuant, un plan de com’ bien orchestré, la presse nous bassine sur l’illisibilité du Code du travail tandis que nul, hormis Pierre Joxe, ne s’avise que « la législation fiscale est infiniment plus lourde et plus complexe, plus compliquée, plus changeante et plus illisible encore que le Code du travail » ( illisibilité, d’ailleurs, qui n’a d’égale que celle de nombre d’accords collectifs : au fait, « le travail et la loi » : combien d’exemplaires vendus ?). A l’heure où la pensée « sociale » se réduit au macronisme énamouré et au vallsisme déshydraté.

A l’heure où les médias se bollorisent, se drahisent, se bergénielpigassesisent, où l’on se demande si l’impertinence n’est pas condamnée à se réfugier dans les coins du net (mais lesquels?) … à moins qu’elle ne revienne au fanzine.

A l’heure où l’on s’indigne de destructions orientales, oubliant au passage notre responsabilité dans la naissance voire l’entretien des conflits qui les ont générées.

A l’heure où l’on évite de s’interroger sur nos rétrécissements hexagonaux, notre identité usurpée de « patriedesdroitsdel’homme ».

A  l’heure de la pensée unanimiste, émotive et volatile.

A l’heure où l’on est en droit de se sentir atterré par ce déferlement de violence et d’eau tiède, par cette barbarie  en somme, il peut sembler futile de mettre en ligne cette petite vidéo d’un homme heureux …et libre. Libre au point de s’amuser malicieusement de son propre rôle. Ostensiblement ses mains se taisent et seul son visage s’exprime à l’abri du public. Mais la vidéo ne permet pas de savoir si les musiciens de l’orchestre se sont vraiment réglés sur ces sourcils levés, ces lèvres tour à tour gourmandes, impérieuses, moqueuses, sur ces sourires plissés. Peut-être fallait-il sa stature pour oser ce quasi effacement ? Peut-être. Les temps légers n’existent pas. Les moments si, parfois. Alors en cadeau, celui-ci.

Démocratie, dites-vous ?

4654583_3_fdb4_le-gouvernement-avait-deja-eu-recours-au-49-3_664f6de8562b31adde643faa17fb4319Il n’y a rien à négocier avec ces yeux- là, ce doigt pointé, ces machoires crispées, cette lippe agressive.

Argumenter, débattre avec ces ectoplasmes repus, qui se coucheront parce que la paille est bonne, a – t – il un sens ? Non. C’est tout ce que dit ce visage hargneux.

« Les Frondeurs ? Laissez- moi rire. J’ai les moyens de les  réduire.  » 49-3. Imparable.

Le débat est vain. Vive la com’. Et, il faut se rendre à l’évidence, la com’ du menton ne ment jamais : taisez -vous, dit la fossette.

« La gauche peut mourir » , prophétisait celui qui s’emploie si bien à l’enterrer.

Cynisme assumé.

Un peu au dessus de lui, le chat du cheschire de l’Elysée sourit.

 

 

PS : sur la photo Valls s’adresse aux députés de droite mais il n’est pas bien différent lorsqu’il se tourne vers son flanc gauche.