Compte rendu de l’allocution sanitaire de Jean Castex par « Les belles tapisseries autogérées@Belletapisserie »



Le résumé me semble assez clair et, pour ce que j’ai pu lire, complet.
Comme le fait remarquer Bernard Pivot sur twitter : « Plus les autorités politiques et médicales disent et répètent qu’il ne faut pas inquiéter, plus nous nous inquiétons de ce qu’elles savent et qui est sûrement inquiétant. »
Pendant ce temps là notre garde chiourme national Gérald Darmanin annonce que chaque tir de LBD lors de manifestations sera désormais soumis à l’accord d’un « superviseur » (on est prié de le croire) et qu’une nouvelle grenade à main de désencerclement (GMD), censée être moins dangereuse, sera utilisée dès samedi 12/9, jour où les Gilets jaunes ont promis de « se manifester » (source AFP 11/9/2020- 17 heures).
Parallèlement, selon le Huffington Post la préfecture du Pas-de-Calais a annoncé interdire aux associations non mandatées par l’Etat de distribuer des repas aux migrants à Calais, à partir de vendredi (11/9) et jusqu’à la fin du mois de septembre.
“Il est interdit toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires [dans une vingtaine de rues, quais, places du centre-ville] pour mettre fin aux troubles à l’ordre public et limiter les risques sanitaires liés à des rassemblements non déclarés”, peut-on lire dans un arrêté publié jeudi soir et que l’AFP s’est procuré.
La préfecture estime notamment que les repas que distribuent des associations non mandatées par l’Etat sont “caractérisées par le non-respect des mesures de distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, qu’elles créent des nuisances et que des déchets sont laissés sur place”. https://www.huffingtonpost.fr/entry/migrants-darmanin-interdit-la-distribution-de-nourriture-par-certaines-associations_fr_5f5b460fc5b6b48507ff0012
Où l' »ensauvagement » martelé à longueur d’ondes semble aussi, parfois, le fait des institutions. Et où la Covid se montre une opportune « alliée ».
« Demain dépend de vous, de nous » dit Jean Castex. « Débrouillez-vous, nous nous chargeons du reste en somme » serait -t-on tenté de traduire. L’économie avant la santé, la sécurité avant les libertés, l’infantilisation sous la responsabilisation …voilà où nous persistons d’être.
Pour revenir au sujet initial, il en est des épidémiologistes comme des économistes. Il y a les orthodoxes au Conseil scientifique et les hétérodoxes. Catherine Hill fait partie de ces derniers. Pour elle, « La France a perdu beaucoup de temps et d’énergie sur la question des masques. Les propos contradictoires du Gouvernement au printemps, essentiellement pour dissimuler la pénurie la pénurie en dépit du bon sens scientifique, ont brouillé le discours qu’il fallait tenir dès le départ : oui, le port du masque dans l’espace public est nécessaire (….). Mais il ne faut pas se leurrer, les masques ne sont qu’un pis-aller (….). Pour elle, la stratégie de tests développée en France n’est pas la bonne. « Cet été en France environ 4 cas identifiés sur 5 n’étaient pas contacts d’un cas connu : cela signifie qu’au lieu de se concentrer comme on le fait sur des clusters,, en famille ou en entreprise, il faut tester la population de façon plus large, y compris grâce à des tests groupés pour tester plus vite et en plus grand nombre des échantillons tests de la population. Ou alors en testant régulièrement les eaux usées des villes pour repérer rapidement la présence de cas positifs (…). Dire que la responsabilité de la situation revient aux citoyens est une erreur majeure. L’avenir de l’épidémie est avant tout entre les mains des autorités » (Le 1, numéro 311 du 26 août 2020).
La politique du test groupé est celle adoptée par la ville de Wuhan : : 9,9 millions de ses 11 millions d’habitants ont dû se soumettre à un test. Pour y parvenir, la capacité quotidienne de tests a été augmentée de 300 000 à 1 million, en partie grâce à l’utilisation de tests par lots (ou « pooling ») : des échantillons provenant de plusieurs personnes étaient regroupés et testés ensemble dans un seul tube. Si l’un des échantillons s’avérait positif, il suffisait ensuite de tester les échantillons individuels des personnes du groupe concerné pour trouver celle qui était positive.
Oui mais voilà : est-il séant de s’inspirer de solutions chinoises (question oiseuse) ? Et, en l’admettant, est-t-on seulement logistiquement (personnel, matériel, produits etc.) en mesure de le faire ?
Reste encore une autre question : l’immunité pour ceux ayant contracté la maladie, combien de temps ?
Pour l’heure, si le stade de l’épidemie augmente, l’étiage de la réflexion des autorités ne semble guère avancer. Reprise oblige.


