
« Un président sans permis de conduire peut-il conduire le pays ? » demande Léa Salamé à Jean-Luc Mélenchon.
On se pince.
A quoi on pourrait répondre : une journaliste à la déontologie discutée peut-elle « conduire » une émission politique sur le service public ? Lire ici (allez à la conclusion c’est plus économique)
Tout cela est assez nul et dans le contexte actuel on aurait aimé plus sérieux. Mais voilà, pour le consistant il faut lire et voir ailleurs.
Mais revenons à nos moutons. Voter utile. La cartographie est telle que la maxime « au premier tour on choisit, au deuxième on élimine » ne semble pas pouvoir fonctionner cette fois ci …à moins d’un gros coefficient de masochisme.
Curieuse « campagne » en vérité où l’on passe plus de temps à s’écharper dans chaque camp à l’heure où la pandémie, les soubresauts climatiques, la guerre enfin devraient au minimum nous amener (candidats compris) à nous interroger sur notre choix sociétal à venir. Au risque de la ringardise « citationnelle » absolue, je me référerai à ce propos attribué à Geronimo : » Quand le dernier arbre aura été abattu, le dernier poisson pêché et la dernière rivière polluée ; quand respirer l’air sera écœurant, vous vous rendrez compte, trop tard, que la richesse n’est pas dans les comptes bancaires et que l’argent ne se mange pas ». Mais voilà, tandis que l’argent circule au-dessus de nos têtes, les idées se momifient sur des thématiques détestables.
Pour l’heure, Jupiter évite la confrontation, pioche plus ou moins dans les propositions des uns et des autres, son « en même temps » retrouvé : amusant notamment de le voir parler de planification écologique, lui qui a méticuleusement torpillé la convention citoyenne sur le climat qu’il avait contribué à mettre en place, consternant de le voir reprendre cette idée de subordonner le versement de RSA à 20 heures de travail hebdomadaire … soit l’équivalent d’un poste à temps partiel qui serait, dès lors, payé largement au-dessous du Smic alors que parallèlement on accorde des milliards sans contrepartie aux entreprises dans l’espoir de les voir investir …ce qui reste largement à vérifier. L’oiseau semble avoir pris conscience du signe « et de droite et de droite » et un rétropédalage style « ma pensée est plus complexe que cela » est en route. Mais un certain mal s’est déjà imprimé.
Jupiter, donc, évite les débats, les vrais, ceux où l’on se frotte et se confronte, mais les « affaires » le rattrapent, Mac Kinsey bien sûr ou plus exactement le recours dispendieux à des cabinets de conseil privé pour définir la politique hexagonale au motif, entre autres, que ces officines disposeraient d’une expertise et d’une réactivité dont l’administration française serait dépourvue (a-t-on audité la chose ? et qui 🙂 ?), recours qu’il justifie, non sans fébrilité, ou encore ce petit caillou-ci, peu relayé encore mais qui sait ce que les 10 jours qui nous attendent nous réservent :
« L’introuvable campagne » titre Médiapart. « Introuvable » est-il le bon adjectif ? Ou plutôt l’introuvable ne s’appliquerait-il pas plutôt à l’électeur ?
On se focalise sur les présidentielles (effet désastreux de l’inversion du calendrier des élections sous Jospin). On a tort. Pour moi, les législatives à suivre sont peut-être plus importantes. La dernière législature, en particulier à l’Assemblée nationale où l’on a vu un groupe de godillots voter tout et n’importe quoi dans des conditions de timing invraisemblables, a été lamentable, une caricature de représentation à l’exception de quelques députés -dont je garderai les noms pour moi- d’opposition, de gauche (pas seulement Insoumis) comme de droite ou centre droit et même, à l’occasion, certains égarés LREM.
Rempiler avec ça – des débats souvent médiocres réduits à l’os avec la complicité d’un arrogant perchoir ferrandien- serait désastreux. De quoi faire déserter plus encore le citoyen des urnes.
A Léa Salamé, Jean Luc Mélenchon a répondu que la France n’était pas une voiture. Ce n’est pas non plus une start-up, ni une entreprise pas plus que l’hôpital ou l’éducation. Cette conception privatiste et communicationnelle de ce qui devrait être des « Communs » est mortifère. La survenance du ou de la Covid, devant la(le)quel(le) nous nous sommes retrouvés complètement à poil, a suscité de brefs espoirs aujourd’hui oubliés. Ah ! ce beau « quoi qu’il en coûte »… en définitive pas mutualisé pour deux sous.
Au seuil du premier tour, le 10 avril qui écrira à l’instar de Louis le seizième « Aujourd’hui, rien » ?
PS : pour ceux qui ont accès à Courrier international, je conseille vivement la rubrique « sacrés français ».










