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Vue aérienne de la ville du Cap

Voilà ce qui m’attend du moins en première semaine…

Trois jours pour penser à mon baluchon. A la veille de partir, je n’aurai, comme d’habitude, plus envie de bouger : les aéroports, les formalités, les contrôles, le voyage recroquevillé en classe économique …

Pourtant je ne suis pas fâchée de quitter le bruit et la fureur médiatique de ces derniers jours. Dans les commentaires sur le site du Monde, ou de Mediapart, on s’invective, on s’insulte, parfois ouvertement, lorsque le webmaster est peu regardant. Plus de 3000 commentaires sous un article de Médiapart, plus insinuant qu’étayé, ont poussé la rédaction plénelienne à sortir du bois pour « expliquer » son traitement de la geste mélenchonienne. Tentative qui, en l’absence de tout contradicteur extérieur, n’a pas convaincu nombre de spectateurs et un lectorat comportant, et c’est assez amusant, nombre de sympathisants, très actifs dans les commentaires, de la France Insoumise.

Quelle trace restera-t-il de cette effervescence à mon retour ? Sans doute pas grand chose à la Une, mais les fractures seront restées dans les têtes et, autre bizarrerie, c’est une élection qui n’intéresse plus grand monde depuis un certain temps qui risque de remettre un jeton dans le bazar : les élections européennes.

Mais revenons chez nous. Pour E. Todd, les élections françaises sont devenues une vaste blague depuis que la France est dans l’Euro. A partir du moment où l’on se trouve dans un système monétaire unique et qu’on n’est pas la puissance dominante, dit-il, l’Etat perd sa réalité. Le pouvoir du Président français, en matière de politique économique, en particulier, est réduit, à ses yeux à des actions très à la marge (ce que je ne suis pas loin de penser). Ce que P. Mendès-France pressentait déjà dès 1957, sur un mode moins provocateur :

« Mes chers collègues, il m’est arrivé souvent de recommander plus de rigueur dans notre gestion économique. Mais je ne suis pas résigné, je vous l’avoue, à en faire juge un aréopage européen dans lequel règne un esprit qui est loin d’être le nôtre.

Sur ce point, je mets le gouvernement en garde : nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des matières qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique.

Prenons-y bien garde aussi : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter. »

La commission européenne vient de rejeter le budget italien. Le Gouvernement transalpin choisira-t-il le bras de fer ou le bras d’honneur ? Vous me direz, c’est plus difficile que de mettre le nez de  l’Union (sic) européenne dans ses lâchetés migratoires en fermant ses ports. Mais tout de même …

Sur cette question, je vous laisse. Ce blog prend ses quartiers … d’été tardif.

Fillon, élections, médias : l’instant Epiménide

Vérités mensongères, restrictions mentales, aveux brouillés, chiffres floutés, fauxcultisme élevé au rang des beaux arts : demêler les fils de l' »Infaux » et de la « post-vérité », n’est pas une sinécure. Ainsi a-t-on vu naître à côté du journalisme d’investigation (plutôt sur le temps long), le fact-checking en temps réel.

Tout rapide qu’il soit, pourtant, ce fact-checking accuse toujours un petit temps de retard sur l’enfumage, un temps à la fois insignifiant et précieux en cette ère d’immédiateté car le « fact-checkeur » a rarement la visibilité de l’enfumeur. Sa fiabilité mériterait peut-être d’ailleurs, elle aussi, d’être vérifiée, par un vérificateur dont la fiabilité mériterait, …etc (principe bien connu de l’étiquette de la « Vache qui rit » ou des matriochkas). Quant à  l’image, on sait que, même fugitive, elle laisse toujours des traces.

Aussi un petit retour historico-philosophique ne paraît pas de trop dans cette confusion pré-électorale.

Soyons honnête, l’homme m’agace : brillant et assez content de lui. Cela s’entend et se voit. MAIS, il engage souvent ce qui me sert de pensée hors des sentiers balisés… et j’aime bien ça. Essayons d’oublier le chroniqueur et saluons Epiménide (un bon gars) que je n’avais pas dans mon carnet d’adresse.

Ce quelque chose qu’il évoque fut  (provisoirement) la victoire de B. Hamon aux primaires de gauche (celle de F. Fillon était acquise au moment de l’émission). What’s next ?

« Si tous ceux qui croient avoir raison n’avaient pas tort, la vérité ne serait pas loin », disait P. Dac. Ce qui me semble assez épiménidique dans son genre.

En ce qui me concerne, j’ai, pour l’heure, tout d’une gallinacée devant un couteau sans lame auquel manque le manche. C’est vous dire à quel point j’ai idée de ce que je vais faire….

Mais je le ferai à l’arrache, à l’impulsion, de cela je suis à peu près sûre. Epicetou.

PS : Par curiosité j’ai voulu voir les sous-titres « générés automatiquement », cela vaut son pesant de cacahuètes… quand on pense que certains fact-checking sont aussi semi-automatisés … on peut ici mesurer, en temps réel aussi, le degré de circonspection qu’il faut garder …