Prénom
Curieux article dans « Le Monde » faisant état d’une étude d’une équipe de chercheurs franco-israélienne avec ce sous-titre : improbabilité.
« D’après les chercheurs, tout comme la laideur de l’âme de Dorian Gray transparaît sur son portrait, les stéréotypes attribués à un prénom finissent par déteindre sur le visage de celui qui le porte. Même s’il n’est pas évident de repérer les indices physiques qui permettent l’identification (coupe de cheveux, expression ?), force est de constater que le prénom se comporte comme une prophétie autoréalisatrice. L’étude conclut ainsi : « Nous sommes soumis à la structuration sociale à la minute où nous naissons, pas seulement en raison de notre sexe, de notre origine ethnique et de notre statut socio-économique, mais aussi à cause du simple choix que d’autres ont fait en nous donnant notre prénom. »
Essayons avec François.
Or donc.
Pioché au hasard.
« François est secret, réservé, introverti, observateur et possède une nature assez méfiante et prudente. Cela peut aisément passer pour de la froideur, de la fierté, ou un certain sentiment de supériorité, alors qu’il s’agit en réalité de pudeur et de timidité, son flegme apparent dissimulant une réelle nervosité. Patient, lent, il est pourvu d’une détermination à toute épreuve et lorsqu’un but lui tient à cœur, il peut se montrer obstiné et opiniâtre. Ennemi du superficiel, il ne donne pas son amitié à n’importe qui, mais, lorsqu’il s’engage et donne sa confiance, il perd son côté « ours » et se révèle agréable, fidèle, ses qualités morales apparaissant au grand jour. Enfant, il est souvent sage, calme, tranquille, avec parfois quelques accès de colère. François est profondément attaché à sa famille au point de devenir assez casanier. Souvent intellectuel, il peut être attiré par les études longues, et il restera des heures à lire en oubliant tout ce qui l’entoure. Les parents devront stimuler sa sociabilité, favoriser son autonomie et l’habituer à communiquer, lui qui tend plutôt à être solitaire, sinon sauvage. Il est assez responsable et les parents peuvent être tranquilles : il sera honnête et agréable avec ses frères et sœurs. »
Si l’on se réfère à certain François en lice pour l’ « investiture suprême », le portrait n’est pas complètement hors sujet : obstination, opiniâtreté, pudeur (extrême pour ce qui est du « matériel »)…il n’est pas fait mention de générosité, ce qui tombe bien car il se la réserve, ni d’honnêteté hormis envers ses frères et sœurs …ce qui tombe bien aussi. Pour le reste chacun appréciera … Pour moi, ce François là est trop métissé pour ce prénom là : combiner l’ADN d’Harpagon et de Tartuffe n’incite pas à la confiance et ne rend pas aimable. Et le mélange se voit de plus en plus. Alors quel autre prénom ? Hartuffe ?


