
C’est une newsletter sur laquelle je suis tombée un peu par hasard et cela signifie l’ « esprit du temps » paraît-il. Il suffit de s’inscrire pour la recevoir.
Ancien directeur de la rédaction de BFMTV, ce qui n’avait que moyennement de quoi me séduire, le journaliste Philippe Corbé nous y parle de l’Amérique telle qu’elle soubresaute. Y décortique le vacarme trumpien (ou trumpiste) de manière assez factuelle (l’intéressé a également un podcast – mais il faut s’abonner, je crois- où il s’attaque aux sujets qui réclament plus de remise en perspective : l’obsession de Trump pour les barrières douanières depuis les années 1980 par exemple). Et puis, pour les non-anglophones, cela donne une petite idée, de ce qui s’écrit chez l’Oncle Sam, de l’ « esprit du temps » yankee en se référant à des publications qui ne sont pas toujours signalées en France.
J’y ai appris en passant l’existence de l’effet Dunning-Kruger, c’est à dire la surconfiance des incompétents. Nous y sommes absolument.
Au fond, le paradoxe chez Trump tient au fait qu’il est tellement caricatural que l’on a tout de même intérêt à prendre ses lubies en compte. Suivant les conseils de Steve Bannon (son mentor qui l’incitait dès sa première campagne en 2016 à « inonder la zone de merde »), il nous sert de quoi nous inquiéter tous les jours. Dernières facéties en date, une petite phrase laissant entendre qu’il était prêt à négocier pays par pays une baisse des taxes douanières (qui épargnent, ô surprise, la Russie, la Biélorussie et la Corée du Nord) en échange de contreparties (ce qui n’a fait qu’alimenter plus encore l’affolement des marchés) et la réitération de l’exercice d’un troisième mandat. Tout lui est bon, même notre politique hexagonale. Marine Le Pen (qu’il ne connait pas) est une martyre judiciaire. Sus au Gouvernement des juges…!! Et vive la liberté d’expression dès lors qu’elle s’accorde en tous points avec ce que je dis !
Décalage horaire oblige, je regarde certaines émissions américaines sur youtube et non à la télé en direct. Certaines plutôt humoristiques (The Daily show avec Jon Stewart ou The Late Show avec Steven Colbert), d’autre moins (The Rachel Maddow Show) mais qui aident à ne pas désespérer tout à fait car, pour l’heure, hormis Bernie Sanders et Alexandria Ocasio Cortez ou Cory Booker – un sénateur qui vient de sortit de l’ombre en battant le record du plus long discours de l’histoire ( 25 heures et 5 minutes exhortant ses camarades à se ressaisir)- on a l’impression de vivre ce que Naomi Klein nommait le capitalisme du désastre dans son livre « La stratégie du choc ». (mais peut-être pas exactement avec la connotation de ce qui nous arrive d’outre-atlantique).
Dans l’une des émissions caustiques que j’ai vues (je ne me souviens pas de laquelle) un intervenant disait que regarder Trump gouverner c’était comme observer un petit chef de gang de maternelle jouer dans une cour d’école avec un pistolet chargé. Sauf que sa bande de copains actuelle est au moins aussi chargée que lui.
