Pass et muscade

Je tombe par hasard sur la discussion à l’Assemblée nationale du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire (déposé le 20 juillet et adopté le 23 au petit matin en première lecture).

Les votes des amendements qu’ils soient à main levée ou électroniques se suivent et se ressemblent :

-Qui est pour ?

-Qui est contre ?

80 voix pour, 128 voix contre. Rejeté.

Il faut croire qu’à l’heure où je me branche (que je n’ai pas notée mais on discute déjà depuis un certain temps) il n’y a que 200 députés environ dans l’hémicycle dont 128 votent systématiquement contre les amendements proposés. Le remplaçant de Richard Ferrand au perchoir, le député LR Marc Le Fur, s’impatiente et coupe au moindre dépassement du temps de parole. On sent chez lui une certaine lassitude. Il en viendra même à dire : « Monsieur le rapporteur, Monsieur le ministre, vous êtes défavorables à tous les amendements… sauf les vôtres. »

Médiapart relate : « Censé se clore en une petite journée mercredi, l’examen a couru jusqu’au creux de la nuit, vendredi. L’essentiel du débat a porté sur l’article premier, qui instaure un passe sanitaire à l’entrée des bars, restaurants, activités de loisirs, foires et salons professionnels, transports de longue distance, grands magasins et centres commerciaux en dehors de ceux vendant des « biens de première nécessité ». Les articles suivants ont été expédiés à toute vitesse.

La lassitude et l’exaspération au perchoir se retrouvent sur les bancs.

« Sur les amendements, c’est non, c’est non, c’est non, s’est ému un député républicain (LR). Sur ce sujet, il faut de la concorde. Vous brutalisez nos concitoyens. » « Jamais le gouvernement ne se remet en cause », a renchéri Éric Coquerel de La France insoumise. »

Le 22 juillet à l'Assemblée, vue du banc des ministres. © Photo Xose Bouzas / Hans Lucas via AFP

Sur le banc des ministres, plutôt déserté, on est imperméable à ce qui se dit (comme disait Coluche, la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours). Vive le portable qui donne l’impression de faire quelque chose de ses doigts à défaut de faire travailler sa cervelle.

Côté parlementaires, sauf peut-être les députés LREM qui peuvent organiser des roulements vu leur nombre, on est proche du burn-out.

L’adoption, à l’occasion, de certaines dispositions semble de peu de poids. S’opposant à l’avis du gouvernement, les députés ont ainsi voté contre le recours au passe sanitaire dans les établissements de santé ou les maisons de retraite, que ce soit pour les patients non urgents (le passe sanitaire n’était pas prévu pour les admissions en urgence) ou les visiteurs.

Qu’à cela ne tienne, le ministre de la santé Olivier Véran a réintroduit la disposition, en faisant adopter à la toute dernière minute, à 5 heures du matin, un amendement du gouvernement. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire…

Dans ce fatras de mesures, cette autre.

Cette juriste spécialisée en droit social note :

Un autre twittos s’interroge en passant :

Tout cela me fait penser aux élus d’un comité social et économique qui n’auraient pas compris que leur rôle est de représenter les salariés et non de relayer les discours de la hiérarchie. Les députés LREM ont fait du psittacisme élyséen leur marque de fabrique quitte, en l’occurrence, à se renier au nom de la contagiosité du variant Delta pourtant avérée depuis plusieurs mois, notamment outre-manche. La vigilance était d’ailleurs telle ces derniers temps que le Secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, qui se rendait à Bonn en avion, avait cru bon d’avertir Jupiter de l’absence de tout contrôle sanitaire avant embarquement (Canard enchaîné du 7 juillet). L’histoire ne dit pas ce qu’il en était pour les entrants sur le territoire … mais on peut supposer que les affichettes apposées dans les aéroports l’an dernier ont été traduites pour que le variant delta soit informé de notre valeureuse anticipation sanitaire. J’exagère, je sais. Mais à l’heure de la mondialisation, imaginer que ce qui se passe outre-manche ou Pyrénées ne finira pas par vous atteindre ….

Qu’importe, demain est toujours un autre jour et les paroles engagent plus que jamais ceux qui y croient. A l’instar du Président, on se renie donc sans fard comme Yaël Braun Pivet, députée des Yvelines et présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, farouche défenseure du pass sanitaire élargi, qui se montrait pourtant mitigée en avril concernant son utilisation sur le territoire français. « Il faut être attentif et ne pas limiter les allées et venues quotidienne à la possession d’un tel passeport. Il y a un risque pour les libertés individuelles. Un pass sanitaire pour accéder à de grands événements, oui pourquoi pas. Pour agir dans la vie quotidienne, prendre une bière en terrasse ou se faire une toile, je ne crois pas, je crois que cela serait aller trop loin. »

Ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent. D’où ce sentiment que les députés LREM sont en représentation mais ne représentent pas et ce constat que je partage,

comme cet autre d’ailleurs :

https://blogs.mediapart.fr/jadran-svrdlin/blog/180721/la-defausse-du-passe-sanitaire-et-ce-quelle-ne-dit-pas

Autre chose.

Notre ministre de l’intérieur salue l’initiative

« Ah ben, on va se sentir à l’aise dans la file orange », observe la journaliste Ellen Salvi.

Celui-là a opté pour une formule synthétique :

En vrac pour finir.

Ouverture de JO de Tokyo. Même sans Covid, la saison n’était pas la plus appropriée.

https://www.blast-info.fr/articles/2021/tokyo-2021-le-fric-les-variants-et-langoisse-au-coeur-des-jo-WiHY99AXQrqzq2W4G6wGqA

Ainsi va le monde sur la tête, pendant que des billionaires, ne sachant que faire de leur argent, s’envoient en l’air.

« Quand on mettra les cons sur orbite, t’auras pas fini de tourner » dit Jean Gabin dans Le Pacha, je crois.

Richard Branson, Jeff Bezos et Elon Musk ne voient pas les choses de manière aussi terre à terre. Richard Branson entend rester dans le transport aérien et développer le tourisme spatial. Le fondateur d’Amazon veut installer les industries polluantes dans l’espace pour que la Terre reste une zone de résidence et de loisirs (ça dépend pour qui). Le patron de SpaceX veut notamment coloniser Mars, car il est persuadé que c’est la solution pour que l’humanité ne coure pas à sa perte.

Cette « philosophie » à je ne sais combien de tonnes de CO2 sent la marchandisation de ce qui restait encore à « marchandiser » : l’espace. Lire ici :

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/environnement-et-climat-ce-que-coute-le-tourisme-spatial-a-la-planete_4708117.html

Qui sait si, au siècle prochain, on n’en viendra pas à vendre des concessions spatiales (un petit chez soi au milieu de satellites de tous poils) à ceux qui en auront les moyens (après tout certains ont déjà essayé la vente de parcelles lunaires). En attendant, nos petits croisiéristes d’un nouveau genre dans leurs suppositoires s’amusent.

Vous me direz, le siècle dernier a été celui de l’aviation mais au risque de paraître bégueule, il y avait du panache dans les pionniers de celle-là quand nos nouveaux aventuriers suintent plutôt un cynisme qui laisse pantois (sidéral ?). Témoin ces remerciements de Jeff Bezos à ses salariés et ses clients (dont je ne suis pas) qui ont rendu sa petite virée d’une utilité discutable possible.

Monseigneur est trop bon…

Vagabondages

Birmanie

La Birmanie fut mon dernier voyage lointain avant que la Covid ne nous cloue à demeure. M. était notre jeune guide. Je ne sais pas dans quel quartier de Yangon (Rangoon) elle habite. Sur facebook elle livre son quotidien précaire, en birman malheureusement, que la médiocrité des traductions proposées par le réseau social ne permet que d’effleurer. Ainsi par exemple :

J’y apprends cependant incidemment l’existence de ce courant #WeNeedR2PInMyanmar (“Nous avons besoin de R2P en Birmanie”) qu’elle soutient. Une blogueuse sur Médiapart m’éclaire.

« Selon le quotidien singapourien The Straits times, “R2P”, fait référence à la “responsabilité de protéger”, “un principe adopté au lendemain du génocide de 1994 au Rwanda qui oblige la communauté internationale à intervenir si un État manque à protéger sa population contre des crimes de guerre ou un nettoyage ethnique”. Il peut s’agir, ajoute le journal, d’aide humanitaire, diplomatique, ou d’un recours à la force.

“Pour de nombreux manifestants birmans transportant les corps ensanglantés de leurs pairs à travers les rues, cela ne signifie qu’une chose : une intervention militaire.”

“Jusqu’à il y a deux jours, je ne voulais pas d’intervention militaire”, explique au journal une jeune femme ayant véhiculé dans sa voiture des manifestants pour les mettre à l’abri.

Mais, maintenant, la situation a changé. Le peuple birman attend impatiemment une intervention des Nations unies.”

En témoigne par exemple cet appel relayé par M.

En attendant les images donnent une idée de la violence que M. endure tous les jours.

Japon

Marché aux poissons de Tsukiji à Tokyo. C’était une curiosité à ne pas manquer.

Selon Madame Wikipédia, le marché pouvait être schématiquement présenté en trois secteurs distincts :

  • le premier était consacré spécifiquement au marché du thon ;
  • le second était le marché couvert, dédié aux poissons en tous genres, dont la vente était réservée aux professionnels ;
  • le troisième était la partie extérieure, consacrée aux condiments, aux accessoires et aux restaurants.

Lors de mon premier voyage en 2007, il était encore possible aux touristes d’assister à la criée mais cette possibilité fut retirée puis limitée à un certain contingent de personnes car leur présence perturbaient les enchères. A défaut de criée, on pouvait toujours zigzaguer entre les étals en se gardant des voitures motorisées déambulant dans ce dédale de petites échoppes familiales.

Transformation du site en base de transport principale pour les véhicules transportant les athlètes et le personnel participant aux jeux olympiques qui devaient se dérouler en 2020, présence de rats d’égouts en période de moindre activité du marché, il fut décidé de le transférer plus loin à Toyosu (3 kilomètres plus au sud). Un documentaire sur la chaîne Arte raconte ce déménagement qui s’effectua, après moult péripéties liées à des questions de sécurité, de coût, de manque de transparence financière et de carences dans l’information du public, entre le 6 et le 11 octobre 2018. On sent peu d’inclination des protagonistes pour ce nouveau lieu froid et plus éloigné de leur clientèle (restaurants principalement). Le documentaire se clôt sur la fermeture de petits commerces qui vivaient autour du marché (petits cafés, marchands de fripes estampillées tsukiji etc.., ) et sur un emménagement résigné dans des lieux où tous ne retrouvèrent pas leurs mètres carrés d’antan.

Je ne sais pas si j’aurai l’occasion de revenir au pays du soleil levant, et, si oui, si j’aurais envie de revoir ce marché si particulier. Car pour moi, il demeure cela. On peut trouver bizarre d’avoir une affection pour un endroit clos, sombre et désuet mais j’aimais bien ce lieu si vivant qui ne semblait pas coupé du monde. A regarder ces clichés d’il y a 10 ans, à l’heure où la fermeture du marché était déjà programmée, je me demande à quoi ils pensent tous.

Marché Tsukiji
Marché Tsukiji
Marché Tsukiji
Marché Tsukiji
Marché Tsukiji
Fabricant de couteaux à proximité du marché Tsukiji

Texte et Photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Jardins et élections 2

p1100581Je ne sais pas si je saurais un jour parler des jardins japonais, de l’étrange paix qui y règne, de cette invitation au silence et à la méditation qu’ils distillent – alors même qu’ils sont cernés par la fébrilité de la ville – , de cette impression d’évidence et de naturel – alors qu’ils ont été pensés jusqu’au moindre brin – , de leur absence d’odeur hormis celle de la terre gorgée de pluie ces matins là. Chacun à sa manière raconte un parcours intérieur à découvrir sur les chemins autour desquels ils s’ordonnent.p1100802

 

Mystérieuse initiation dont la subtilité échappe à ma sensibilité occidentale.

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Il faudrait pour parler de tout cela, me délivrer du bruit où nous sommes, de ce brouet d’altercations et d’invectives, de prises à partie surjouées, de ce théatre politique déprimant où les rois proclamés ne sont pas ce(ux) que l’on a cru et de ce fatras de paroles essentiellement verbales. Il faudrait pour cela, faire tomber tous ces copeaux de langue de bois. Il faudrait pour cela, s’affranchir des discours et questions vains. Pouvoir, en quelque sorte, se reconstituer. Rassembler ses pensées. Réfléchir loin de la rumeur du monde.p1100728

Selon une amie, l’année 2017 inaugurerait un nouveau cycle. A en croire les signes avant coureurs de cette fin d’année, celui -ci s’annonce comme celui de l’imprévu tant la méprise sondagière couplée à l’inconstance électorale ruinent des scenarii patiemment tricotés.p1100553

Rien n’est moins sûr que l’incertain disait P. Dac. Tomberons-nous sous la coupe de la droite patrimoniale filloniste ? Cela ne semble plus, à ce jour, faire un pli tant la presse dite « mainstream » tresse à celui-là une couronne déjà présidentielle.

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Ces supputations empilées ne constituent-elles pas l’ultime provisoire de nos errements?

Alors, je regarde ces jardins immobiles sur mon écran, tentant dans le raffut des gazettes, de rebroder un calme perdu.p1100807Texte et photos S.Lagabrielle : tous droits réservés. Pour visualiser les photos correctement, cliquer dessus

 

PS : François Hollande vient d’annoncer sa non-candidature. Si cela élimine une hypothèse, pas sûr que la pétaudière y gagne en égalité d’humeur ….et nous, en clarté.

Confettis Tokyioïtes

La nuit tombe comme un couperet. Dans l’obscurité le coeur de la ville bat le long de sineuses artères éclairées, traînées sanguines sous le ciel de charbon. Du haut de la tour Mori se détachent une réduction vermillon de la tour Eiffel et la Galerie Nationale d’art de  l’architecte Kisho Kurosawa, imposant bâtiment en arrêtes et en courbes, lumineux et léger pourtant, construit sur le terrain d’une ancienne caserne. C’est en partie cela qui me fascine dans cette ville : ce mélange d’urbanisation brouillonne et de rigueur routière que les lumières donnent à voir à mes yeux occidentaux. Au loin, le Fujiyama laisse paresseusement deviner sa masse dans la brume. De quoi satisfaire un voyageur encore un peu hagard.

Ceux qui ne se retrouvent pas au restaurant pour diner, un peu, boire, un peu plus, rire beaucoup, en évoquant, peut-être, une journée harassante avec son lot de petites mesquineries bureaucratiques, s’endorment dans le métro en rentrant chez eux.

A la sortie du temple Senso-Ji dans le quartier d’Asakusa, de jeunes hommes aux jambes galbées et aux chaussures à deux doigts (Tabis) essaient de vendre aux étrangers un petit tour en  pousse-pousse. L’invite est aimable, le mollet attractif et le client pourtant difficile à séduire.

En chemin, on s’arrête, on explique, ce qui permet de souffler un peu.

Quelle longévité dans cette profession ? C’est ce qui me vient en regardant leurs visages jeunes et crispés à la barre de ce singulier attelage humain.

Texte et photos S. Lagabrielle. Tous droits réservés.

Voyage avec ma nièce : épilogue

Julia a raison. Sous la peau asphaltée de Tokyo courent une énergie et une tension qui ne se relâchent jamais. Tokyo, une ville aux aguets… Ainsi s’achève l’aventure, dans le bourdonnement des magasins où, au milieu d’invites à la criée, surnagent des arigato gozaimasu lancés à la cantonade …

Sayonara

さようなら。

 

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Voyage avec sa tante épisode 6 : moments tokyoïtes

P1070124La vie à Tokyo ne laisse guère de place aux flâneries si ce n’est dans les parcs …assez nombreux, ma foi. Nos premiers pas nous ont conduites dans le quartier d’Asakusa, historique, religieux et fréquenté, par les touristes occidentaux, cela va sans dire, mais aussi par nombre de japonais qui vont déposer leurs voeux sur le seuil du temple Senso-ji après avoir sacrifié quelques yens dans les boutiques de la Nakamise. Le jeu n’est pas loin de la ferveur : des pachinkos bruyants et clinquants animent les petites rues adjacentes. Nous tournons autour de cela avant de rejoindre le parc d’Ueno à l’heure où le soleil, ici, commence à infléchir sa course : il est 4 heures et le soir se profile. Petit tour décevant au musée d’art métropolitain qui, outre une exposition consacrée aux offices florentins donne une vision hachée et hétéroclite de l’art japonais contemporain. Rien à voir avec l’équilibre du musée d’art moderne de Kyoto.

Le lendemain nous arpentons Shibuya, temple de la jeune mode branchée : bonnets de laine en plein soleil, chapeaux mous, look gothiques, cheveux aux teintures variées. La rue Takeshita près de la station Harajuku est un modèle du genre.  Pas de costumes cravates ni de kimonos à l’horizon. Volants, serre-têtes diaboliques, platform-shoes à clous, ou sans, maquillages épais sans distinction de sexe. Un dernier pied de nez avant l’entrée dans la vie active avec, pour beaucoup, l’adoption d’une autre apparence, obligée celle-là. P1070212

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Avec sa petite jupe corole, Julia se fond dans cet univers là. Le bonnet arboré le lendemain matin, à notre départ pour Ginza, témoignera de cette adoption des codes de la jeunesse nippone. P1070244

Après ce bain de jouvence tendance, j’impose une petite conclusion culturelle sous forme d’un petit tour dans le parc abritant le  temple du Meiji-Jingu. Parfois, le week-end, on peut y voir des mariages traditionnels … mais voilà nous sommes mardi et l’endroit dans la fraicheur du soir a quelque chose d’austère et raide.

De Ginza peu de choses à dire : Vuitton, Gucci, Chanel, Bulgari, Tiffany’s et j’en passe, se partagent la rue. Des femmes, qui se sont données rendez-vous dans l’entrée du grand magasin Mitsukochi, sorte de Galeries Lafayettes locales, forment un bouchon dissuasif. Selon les guides  Ginza serait un quartier splendide attirant les adultes sophistiqués. Il faut croire que notre petit attelage ne rentre pas dans le moule. Cette fortune étalée nous lasse vite. Je me souviens, pourtant, d’un samedi après-midi ensoleillé il y a sept ans où j’avais traîné dans l’artère principale fermée à la circulation. Dans les rues adjacentes des cérémonies du thé étaient organisées. J’avais apprécié alors….ce silence qui rendait le luxe moins pesant.

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Le quartier de Shinjuku n’inspirera pas plus Julia à qui je donne quartier libre. Je vagabonderai donc en solitaire, dans la « tour cocoon » d’abord, qui semble abriter des écoles d’art et design, puis en haut du siège de gouvernement métropolitain de la ville de Tokyo d’où je ne verrai pas plus le Fuji-yama que les deux fois précédentes.P1070310P1070312

Petit retour personnel à Shibuya pour prendre en photo, pour une collègue fondue de chiens, la statue de Hachiko, chien de race Akita Inu, célèbre pour avoir quotidiennement attendu pendant près de dix ans son maître à la gare de Shibuya, après la mort de ce dernier.

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A l’entrée de la gare une petite bande de jeunes propose des câlins gratuits. Certains ne se font pas prier, car les filles sont jolies, …. et repartent avec les effluves de ce petit instantané affectueux en plus de la photo souvenir.P1070308

Le quartier d’Ikebukuro, où se trouve le petit appartement que j’ai loué, est à échelle plus humaine (moins d’immeubles imposants), jeune et vivant, à en croire le nombre d’étudiants que l’on voit travailler dans les cafés et petits restaurants alentours. L’effervescence n’arrive pas cependant jusqu’à notre cinquième étage, où nous secouons notre fatigue dans l’entrée avant de paresser jusqu’à la nuit.

Julia : Tokyo est une ville vivante mais fatigante. Les gens ne sont pas stressés ou désagréables, mais il y a cette impression de perpétuel mouvement, jamais la ville ne se repose. On peut apprécier ça quelques jours mais on finit rapidement saoulées par cette ambiance de mouvement en continu. Cela ne nous empêche pas de visiter différents quartiers cités au-dessus : religion, luxe, habillage, bureaucratie, chaque quartier a son rôle, sa réputation, ses commerces propres, sa population.

On finit par maîtriser les nombreux métros tokyoïtes et on parvient plutôt facilement, je trouve, là où on a décidé qu’on irait (le matin-même en général).