Une stratégie en accordéon serré

Accordéon Banque D'Images Et Photos Libres De Droits - 123RF

Nous voilà revenus au point mars. On sentait assez dans les interstices des allocutions gouvernementales cette même ambiguïté : je la joue immunité collective ou pas ?

Un poker sur la santé sur fond de chantage économique.

Que privilégier ?

La situation hospitalière plus que tendue a eu raison de la procrastination. Ne pas croire qu’on a augmenté les lits en réanimation, ce sont des lits pris ailleurs. Souvenez-vous, les bed managers dont se glorifiait Agnès Buzyn.

Pour le reste, rien ne change. Ce sera l’économie first. Le social, démerdez-vous, mais travaillez, surtout chez vous, en attendant que l’Allemagne et les pays dits frugaux s’inquiètent suffisamment à leur tour pour envisager d’autres options économiques que l’offre, l’offre et la consommation à perte de vue, le fric balancé à l’aveugle, sans considérer véritablement la pauvreté qui gonfle et sans voir qu’on fait n’importe quoi écologiquement.

Pourquoi cette impression que rien ne bouge et n’est vraiment réfléchi parce que l’opportunité financière est devenue une affaire de seconde ici, de quelques jours là ?

Les librairies indépendantes ferment mais les services amazon et fnac restent ouverts.

L’argent toujours.

Cette deuxième séquence ouvrira-t-elle les yeux sur la faillite de ce modèle qui nous conduit, virus aidant (sic), à une absence de vie sociale ? de vie tout court ?

« Antoinette  » est un délicieux restaurant levalloisien à tous points de vue, qu’il s’agisse de la cuisine, de l’environnement ou du personnel. Depuis son ouverture en septembre, nous sommes nombreux dans l’entreprise à y avoir pris nos habitudes. Et c’est bien le souci : récent, l’estaminet n’a pas eu le temps de « draguer » l’autochtone levalloisien et ne peut pas se rabattre, comme son compère La Maiella, institution presque Balkanyque, tant l’ancien maire y faisait escale, sur la vente à emporter et survivre.

Même dilemme pour « The daily », un petit japonais en bas de chez moi.

Le télétravail en vidant les locaux professionnels les réduisent à quia.

Il n’est pas évident de construire un réseau à partir d’un service de livraison à domicile que l’on a pas et faire appel aux plateformes connues (Deliveroo ou Uber eats, par exemple) ne doit pas être gratuit (sic encore).

Alors de ma fenêtre, devenue lugubre avec le raccourcissement de la durée du jour, je songe à ces gens-là qui ont pris des risques que je n’aurais jamais osé prendre même en période plus faste.

Pour ne rien arranger, sur le front de la laïcité et de la religion, le bordel est total et meurtrier et, sous cet angle, le retour médiatique hexagonal de Manuel Valls n’a rien d’une bonne nouvelle. On devrait suggérer à Ada Colau de l’occuper sur Barcelone … mais à quoi ? Parce que, pour paraphraser Pagnol, ce n’est pas que cet homme n’est bon à rien, c’est qu’il est mauvais en tout. Et d’ailleurs, pourquoi lui faire toute cette place alors qu’il a quitté son mandat parlementaire sans état d’âme pour se rapprocher de ses « racines » catalanes ? Ceux qui n’ont vraiment honte de rien me sidèrent. Et lui, à mes yeux, est une sorte de cador dans le genre.

Selon AssuranceCastex  » le meilleur moyen de soulager l’hôpital c’est de ne pas tomber malade ». Mais qui l’a mis dans cet état de tension et de dépression cet hôpital avec sa T.2A misérablement comptable ? Le même. Comme quoi détruire ou échouer n’est pas un obstacle à la promotion.

Pour revenir à l’accordéon, nous sommes, sur le plan des libertés et de l’espérance, en période de compression sévère.

Je ne vois pas dans l’immédiat ce qui pourrait desserrer le nœud même si ce qui se passe au Chili ou en Bolivie m’allège l’humeur.

Shopping patrimonial, électif et ruissellement

Ainsi donc le Château vient d’ouvrir sa boutique : https://boutique.elysee.fr

Selon un communiqué de presse signalant cette ouverture, elle ne comporte que des produits Made in France et l’intégralité de ses bénéfices a vocation à  permettre au Palais de l’Élysée de vivre une seconde jeunesse.  En achetant un ou plusieurs objets de cette boutique, soulignent ses promoteurs, vous faites d’une pierre trois coups :

  • Vous participez très concrètement à l’entretien et à la rénovation du patrimoine de tous les Français (il vous semblait tout de même, vaguement, déjà le faire au travers du budget, mais passons)
  • Vous encouragez les incroyables savoir-faire français (admettons)
  • Vous vous faites plaisir  (Ahhhhhh) !

Je ne sais si certains de ces objets deviendront un jour des pièces de collection mais voyons plutôt. Vous pouvez vous offrir, par exemple (par ordre de prix croissant):

  • une carte portrait d’Emmanuel Macron pour 2 euros
  • Un livret « Elysée, le palais des français » pour 5 euros
  • Un grand sac Cabas Président pour 19 euros
  • Un coffret  de 7 macarons Pierre Hermé  (bleu, blanc, rouge) pour 19, 50 euros
  • Un lot de 3 verres gigognes tricolores « Palais de l’Elysée »(de la maison Duralex) pour 19, 50 euros
  • Un porte-clés en cuir bleu et rouge Léon Flam estampillé Présidence de la République pour 29 euros
  • Un porte passeport en cuir bleu Léon Flam  pour 35 euros
  • Un tee-shirt (bleu ou rouge)  brodé Présidence de la République, un tee-shirt Croquignolesque ou Poudre de perlimpinpin ou encore un tee-shirt brodé Première Dame pour 55 euros
  • Un sweat-shirt brodé « Français »  pour 115 euros
  • un bracelet « Égalité » en fil gold-filled 14 carats sur un cordon de fil de soie pailleté, fait main par l’Atelier Paulin (il existe aussi des modèles Liberté et Egalité) pour 115 euros.
  • Une montre LIP Dauphine – Présidence de la République pour169 euros.

ou encore pour 24, 90 euros un mug Présidence de la République  (fabriqué par Mug in France) initialement, semble-t-il, vendu comme étant de la véritable porcelaine de Limoges alors qu’il est fabriqué à Toulouse d’où cette facétieuse proposition d’un twittos de les présenter comme étant de la vraie porcelaine de Limouges. Suggestion non retenue par les gestionnaires de la boutique qui ont opté pour l’expression « véritable porcelaine française ».

Je ne sais si ces happenings commerciaux seront présentés (éventuellement, pour certains, portés par la première Dame)  à la fashion week  qui a commencé cette semaine, mais avouez que ce consumérisme patriotique n’est pas à la portée de tous les porte-monnaie (hormis les deux premiers objets cités).

Je ne sais pas non plus si circulent déjà des contrefaçons dont le produit ne finira pas dans les lambris fatigués du Palais,  mais un site presque homophone n’a pas tardé à surgir sur la toile : https://enlysée.fr ( la boutique officielle du ruissellement).

Pourquoi cette boutique ? Le site répond : « Dans notre équipe, nous sommes pour certains originaires de Calais. Afin d’aider les exilé.e.s, il nous semblait logique d’offrir les bénéfices de la boutique à une association sur place.
Après nous être entretenus avec eux, nous avons le plaisir de vous annoncer que la totalité de nos bénéfices sera reversée aux associations SALAM Nord/Pas-de-Calais, L’Auberge des Migrants (qui aident les éxilé.e.s sur Calais et Grande Synthe depuis près de 20 ans) ainsi qu’à la Fondation L’Abbé Pierre. »

Les produits y sont plus abordables mais moins variés à cette heure. Ainsi, par solidarité vous pouvez acheter, par exemple encore :

  • un mug « traverser la rue » ou « travaille pour te payer un costard » à 10 euros
  • un tee-shirt « je coûte un pognon de dingue »  ou « Gaulois réfractaire » à 20 euros
  • un tote bag (???) Président de la start-up France pour 15 euros

On remarquera par-là que via les deux boutiques c’est le produit Macron sous ses facettes complexes qui est proposé. A ce stade, il devrait déposer son nom, ou plutôt ses saillies,  à l’institut national de la propriété industrielle.

Et Manuel Valls ?

Pour lui traverser la rue n’ a pas suffi.

Délaissant la circonscription essonnienne où il s’est fait mal élire l’an dernier, il s’est lancé dans un autre  type de shopping : celui de soutiens à sa candidature à la mairie de Barcelone. Dans sa musette, déjà, une nouvelle conquête qui n’a pas besoin de ruissellement pour exister car elle est fort riche … et ne se voit pas du tout vivre à Evry à en croire cette parodique chronique.

 

 

Picrocholisme franchouillard ?

Et l’affaire Ramadan détrôna, dans nos colonnes hexagonales, l’affaire Weinstein. Sur fond d’accusation de viol et de harcèlement ressurgirent des querelles rances. E. Plenel a-t-il, par ses propos, véritablement condamné à mort une deuxième fois Charlie Hebdo ? A-t-il été d’une indulgence coupable envers ledit Ramadan, voire complice de ses manipulations intellectuelles ? Et Médiapart, dans son ensemble, s’est -il aussi montré complaisant en ne sortant une enquête sur le sujet des violences ramadiennes qu’au bout de presque 3 semaines ? Riss et Fabrice Nicolino ne vont-ils pas trop loin dans l’accusation ? N’y-a-t-il pas quelque risque pour Charlie de « surfer » sur le 7 janvier 2015  (aïe, aïe, je vais me faire insulter là) ?

« Je suis Charlie » contre « je suis Médiapart », chacun se compte et, pour ajouter à la confusion, notre matador national ex-premier, avec la finesse qu’on lui connait, appuyant le premier contre le second, d’éructer « « Je veux qu’ils reculent, je veux qu’ils rendent gorge, je veux qu’ils soient écartés du débat public ! Qu’ils perdent cette bataille d’idées ! Nous la menons pour la République et je la mène pour les musulmans de France. Parce que c’est nous qui les protégeons. C’est pas Edwy Plenel et ses sbires ».

Abus sexuels, islamisme, islamophobie, islamo-facisme, laïcité de combat, valeurs républicaines …on ne débat plus, on s’invective sans fond ni fin.

Je n’ai rien lu ni entendu de Tariq Ramadan, je suis donc mal placée pour en dire quoi que ce soit (ne jamais m’être intéressée au personnage est sans doute le signe d’une grande légèreté de ma part). Mais cette guéguerre qui surprend quand elle ne consterne pas nos voisins  européens a de quoi énerver.

Quand le sage désigne la Lune, l’idiot regarde le doigt

Pendant que certains décortiquent méthodiquement le détricotage social sans précédent qui s’effectue dans les silences dorés des ministères, les Unes ciblent cette vaine rivalité politico-médiatique. Ce qui nous vaut, dans les commentaires, des rapprochements parfois drôles. Ainsi, notre ex-premier ministre est-il qualifié de nouveau Clémenceau ou comparé à Mendès (les pauvres).  Et pourquoi pas mère Téresa ? Son « zénitihisme » de la pensée étroit et désespérément binaire me ferait plutôt pencher pour Ceaucescu …mais je suis mal lunée à son égard.

Et quoi d’autre pendant ce temps là ?

On recule sur à peu près tout, le climat, le nucléaire, le glyphosate, la santé, le Proche -Orient, que sais-je encore … La Russie a-t-elle faussé nos élections ? Où en est la démocratie ? Faut-il « penser printemps » ? Rabelais était-il de gauche ou de lui-même ? Faut-il  dormir avec la barbe sur ou sous le drap  ?  porter la moustache en brosse ou en guidon de vélo ? Les dahus ont-il quatre ou cinq pattes ? Raquel Garrido a-t-elle eu raison de choisir C8 ? Est-il vrai qu’au minstère de l’intérieur on appelle G. Colomb « son altesse sénilissime » ?

Le futile – comme si pour chasser le spleen, on avait besoin de se gausser ou se fritter – gagne souvent la partie en Une. Journalisme ou buzz ? En est-on vraiment dans cette équation là ?

Et toi que fais-tu d’autre avec ce billet ?

Bonne question à laquelle je ne répondrai pas. Je vous laisse  construire votre réponse  tous seuls. Puisque nous sommes aussi à l’heure des kits en tous genres.

 

 

Où il sera question de chute

Pour une fois, mon sujet de la semaine est, si j’ose écrire, tombé tout cuit. Mon actualité personnelle et celle de la presse se sont rejointes autour d’un mot : chute.

Entre mes exploits balnéaires intérieurs – un tapis de bain qui se dérobe et me voilà décrivant je ne sais quel mouvement peu gracieux se terminant en choc – et ceux de personnages plus connus, un point commun : la soudaineté (pourquoi justement à ce moment là ?).

La comparaison s’arrête là. Si je ne sais toujours pas comment j’ai fait mon compte, les individus plus considérables que ma petite personne, encore en phase de dégringolade  (on est plus dans le ralenti en ce qui les concerne),…sont plus au fait de ce qui leur arrive. A vrai dire, dans leur cas, la question serait plutôt : qu’est-ce qui a contribué à fracturer un ascendant, une omerta qui (moyennant chez certain forte intimidation) fonctionnait depuis des lustres ? Mais le résultat est le même : vous voilà à terre …ou à peu près.

Pour moi, sentant une douleur au pied, je me suis rendue aux urgences en clopinant avec deux béquilles un peu particulières, souvenir d’un accident (sérieux)  survenu dans les paysages grandioses de la Norvège, il y a presque 30 ans.  Le norvégien étant susceptible de devoir se déplacer dans un contexte neigeux-glacé, elles sont pourvues de deux petits appendices amovibles, l’une d’un petit pic et l’autre d’un petit crampon, qui viennent se placer sous leur base. Elles ont l’avantage d’intimider et, ce faisant, de me protéger (surtout des imbéciles qui sur les quais du métro se mettent pile en face de l’ouverture des portes de la rame et ne veulent pas en bouger. Mon petit pic en devanture a tôt fait de les faire s’écarter).

« C’est pas cassé » m’a-t-on dit aux urgences. « Glacez votre pied et surélevez-le. Vous en avez pour une dizaine de jours ». Mouais. Peu convaincue du sérieux des radios, j’ai consulté ailleurs, comme dit. Résultats des clopinages : c’est cassé mais il aura fallu un IRM et un scanner pour en être sûr. Ce soir, j’en saurai plus grâce à un chirurgien-orthopédiste mais, au moins, la chose est entendue. L’histoire n’ira pas au-delà de mon pied que j’aurais pu, ces derniers jours, louer (avec profit) comme nuancier…

Pas d’excuses, pas de contrition, on est est dans le (presque) dur.

Rien de tel pour nos éminents. On s’excuse, ou on nie … on gagne du temps en se disant que la presse est aussi fragile et versatile qu’un …petit os, par exemple. Les titres reculent (sic) des unes, pour éventuellement y revenir. L’accumulation de révélations lasse, les règlements de comptes rassis entre éditorialistes et intellectuels médiatiques, aussi.

Le temps réparera mon pied, mais il n’effacera pas (ou du moins, j’espère, peut-être pas complètement) les turpitudes, comme aiment à dire les juristes, les errements, les trahisons de ceux-ci…dont l’inconséquence nous vaut parfois des come back dont le timing laisse un peu rêveur : en particulier celui de DSK (dont les appétits sofitéliens contribuèrent à l’écarter de la course à la présidence de la République) venant gloser sur la fin du parti socialiste en plein « sexualgate » lié à l’affaire Weinstein qui diffuse comme un mauvais hématome. D’autres s’y prennent avec leur habileté coutumière, tel notre ex-premier ministre, tombé en quelques mois du tout à (presque) rien, espérant « se refaire » sur l’évènement, en avançant des banalités brutes de décoffrage avec ce port de tête un peu altier et provocateur agrémenté, aujourd’hui, d’un petit bouc grisonnant.

On devrait lui dire : Manuel, le génie n’est pas dans le poil … même si l’on a pu connaître quelques extraordinaires spécimen échevelés.

Telle sera  …ma chute.

En attendant d’autres clichés plus glamour …une photo (provisoire) de mon pied.

Pot pourri sur des jours contrastés

Catalogne

Difficile de s’y retrouver dans cette histoire. Décolonisation ou dénationalisation ? s’interroge un professeur d’histoire sur Libération. « La probable déclaration d’indépendance de la Catalogne, si elle n’a pas grand-chose à voir avec les «autodéterminations» du mitan du XXe siècle, illustre peut-être en revanche l’avènement d’une nouvelle ère postnationale. L’Etat-nation n’aurait été qu’une courte parenthèse dans l’histoire politique de l’humanité, dominée pendant des siècles par les cités-Etats, les royaumes composites et des empires multiculturels.

La forme stato-nationale ne s’est imposée en Europe et en Amérique qu’à partir du XIXe siècle, et dans le reste du monde après la Seconde Guerre mondiale. Il faut même attendre 1962 et la perte de l’Algérie pour que la France devienne véritablement un Etat-nation, comme nous le rappelle malicieusement l’historien Frederick Cooper.

Au lendemain des décolonisations, des années 60 au milieu des années 80, les élites politiques européennes ont cru à l’avènement de la fin de l’histoire sous la forme inédite d’un face-à-face plus ou moins négocié entre les Etats-nations et le marché… Mais l’intensification de la mondialisation économique et culturelle, avec son lot de dérégulation, ainsi que la faillite de l’Europe politique ont bouleversé cet équilibre précaire en suscitant un nouveau besoin d’identité collective, de proximité, et de démocratie, réponse aux échecs de l’Etat-nation face au marché global. »

Pour Le Monde :  » L’allocution du roi Felipe VI, autant que la réaction disproportionnée du gouvernement Rajoy, montrent que les nations européennes peinent à proposer une perspective politique à leurs citoyens (….) La question catalane interpelle aujourd’hui tous les Etats-nations européens, qui naguère entendaient imposer leur modèle dans leurs colonies et désormais ont de grandes difficultés à le faire vivre sur leur propre territoire. Trouveront-ils des solutions concrètes pour répondre à l’aspiration massive résumée par la formule forgée en 1972 par le biologiste René Dubos «penser global, agir local» ? »

L’heure est au bras de fer après une journée de violences poilicières qui ont peut-être poussé des indécis dans les bras des séparatistes. Rajoy a – t-il -eu peur du résultat ? Le discours, très fermé, du Roi d’Espagne ne rend pas optimiste. Au fond tout se passe comme si, engoncés dans un réel coupé de celui de  leurs citoyens, les pouvoirs en place ne trouvaient d’autre issue que la tentation autoritaire. Qu’on ne se leurre pas, gouverner par ordonnances participe aussi de cela, puisqu’elles conduisent à museler pour un temps le contrôle de la représentation nationale sur des sujets déteminés par une loi d’hablitation.

Il reste que prendre le large n’est pas chose aisée. Après l’euphorie, le « sérieux » reprend ses droits. Et ce « serieux » s’appelle l’argent. Quel avenir pour la dette espagnole si la Catalogne faisait sécession ? « Au lendemain des violences qui ont émaillé la journée du 1er octobre en Catalogne et de la grève générale du 3 octobre, les marchés ont placé immédiatement la dette espagnole sous pression. » écrit Romaric Godin sur Mediapart.  Compte tenu du poid de la Catalogne dans la richesse du royaume (20,1 % du PIB) cette question n’a rien d’anodin. Et puis, quel effet tâche d’huile (d’olive) sur d’autres régions aux démangeaisons séparatistes  avérées (pays basque). C’est un peu comme si l’on retrouvait au niveau d’un Etat, ce que l’on constate au niveau européen. En phase  dynamique, mutualiser n’est pas un gros mot, en phase molle chacun cherche son chas. l

Les banque catalanes, elles, devant leur pertes boursières, n’ont pas attendu pour tranférer leurs sièges sous d’autres soleils espagnols. D’autres entreprises l’envisagent. L’argent n’aime pas l’incertitude.

Mais écoutons notre ennemi des factieux, i.e Manuel Valls, qui abandonna sa catalognitude pour la nationalité française en 1982. « L’Espagne est l’un des Etats-nations les plus importants d’Europe, comme la France et l’Angleterre. Qu’une région d’Espagne et surtout la Catalogne puisse être indépendante, cela suppose… d’une certaine manière la fin de ce qu’est l’Europe parce que l’Europe est l’union d’Etats-nations ». Rien que de très prévisible (au passage il a tout de même oublié l’Allemagne). Il ne suffit pas de se laisser pousser une barbe vaguement jaurrèssienne pour avoir un discours emballant. En ce qui le concerne, à force de cliver dans tous les coins, il s’est retrouvé si j’ose dire « secessionné ». Ce qui n’empêche pas cependant le maire de Perpignan, Jean-Marc Pujol, d’appeler à une médiation française menée par l’ancien Premier ministre, car, dit- il,  « il a une crédibilité et des racines à la fois espagnoles et catalanes ».

Il lui manque juste une chose : le sens de la négociation. Un détail.

On pourra bientôt toutefois juger sur pièces puisqu’il vient d’être nommé président de la mission parlementaire d’information sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Caledonie où un rérérendum d’autodétermination est prévu en 2018.

S’est-il lancé dans cette aventure  parce qu’il vient d’essuyer un nouveau revers électoral  ? comme le prétend  le Gorafi, journal parodique, jamais à l’abri d’un scoop totalement farfelu et ironique (il faut bien egayer ce blog de temps en temps)

 

Faute de soutien, Manuel Valls retire sa candidature pour la présidence du conseil syndical de son immeuble

Jeux olympiques

Selon Médiapart : « Cocorico ! La victoire – face à personne – de Paris pour l’organisation des JO en 2024 valait bien une petite fête. Un Boeing spécialement affrété jusqu’à Lima. Une soirée pour 300 personnes dans l’un des plus prestigieux restaurants du monde. Et tout le confort du Swissôtel, un établissement 5 étoiles au cœur de la ville. Les images de la délégation française en délire ont fait le bonheur des chaînes d’info en continu. Mais la facture, jusqu’ici restée secrète, risque de casser l’ambiance. Selon nos informations, la sauterie de Lima et ses préparatifs ont atteint un montant… olympique : 1,5 million d’euros. Ramenée à 320 personnes – la taille maximale de la pléthorique délégation française –, la douloureuse n’est pas moins impressionnante : 4 687 euros par tête, à la charge du GIP Paris 2024 (financé à 50 % par le public), pour une présentation sans enjeu et quelques jours de visites seulement. »

Le ruissellement serait plutôt donc du côté des charges que de la richesse.

Novlangue

Le Canard enchaîné de cette semaine, dans un petit article intitulé « une certaine flatitude » donne quelques exemples, d’où il ressort que c’est l’idée de virer les gens qui a suscité la plus grande inventivité langagière. Petit forilège :

  • il faut retrouver des degrés de liberté
  • il faut se mettre en capacité managériale
  • le maître mot de cette année, apaiser notre structure.

Quant à la flatitude, vous aurez compris de vous mêmes : on ne fait pas assez de thunes.

Allez : bonne journée !

 

Article mis à jour le 7/10/21017.

Manu a Manu : une (brève) aventure electauromachique

Selon Madame Wikipedia, « dans le monde de la tauromachie un mano a mano est une compétition entre deux toreros qui affrontent en alternance les six taureaux d’une corrida.

Les mano a mano permettent de mettre en concurrence directe les deux protagonistes, souvent des vedettes, afin de créer des conditions propices à l’émulation et au surpassement de soi dans un contexte de rivalité. Ils supposent l’opposition de deux manières de toréer. »

Le dernier quinquennat puis la campagne présidentielle viennent de nous offrir deux versions d’une sorte d’avatar : le Manu a Manu.  Pour la clarté de l’exposé on leur donnera les apodos (1) suivants : Manu I (pour Emmanuel Macron) et Manu II (pour Manuel Valls).

Un caractère  rapproche les deux hommes : tous deux doivent leur ascension à un troisième contraint (surtout par Manu II) de couper sa coleta (2). Pour le reste, tout diffère : l’un est suave quand l’autre est rogue.

Le Manu a Manu date de la presque plus haute antiquité de ce dernier quinquennat. Sous sa forme originelle, c’est à dire gouvernementale, le Manu a Manu était proche du mano a mano : une concurrence directe et acerbe, Manu I venant clairement concurrencer Manu II sur ses terres de trublion, Manu II faisant manger sa  montera (3) à Manu I dès qu’il en avait l’occasion.

Le premier quitta la cuadrilla présidentielle avant le second, lequel dès son départ s’engagea dans la féria des primaires présidentielles à gauche persuadé que la lumière rémanente de son habit d’ex-alguazil (4) lui éviterait d’avoir à véritablement combattre. Las, un jeune novillero, Benito I, qui l’avait déjà défié dans d’autres arènes, remporta le combat avec les deux oreilles.

Manu II, humillié, ayant enfin réalisé que Manu I avait entretemps passé son alternative de matador de dogmatismes haut la main grâce à un habile muletazo (5) nommé « ni-ni » s’est résolu, mettant fin à un suspense qui n’en était pas un, à jouer la présidentielle « alimón » (6).

Le but ? :

– avoir un accès privilégié à la loge présidentielle (les deux)

–  éparpiller la camarilla « socialiste » façon puzzle ( Manu II) ;

– asseoir durablement un groupe à leur main, si possible à l’écart de la zone sol y sombra (7) de l’enceinte des combats (Manu I dans l’immédiat, Manu II à plus ou moyen terme sur les décombres d’une certaine « gauche », pas mal à droite il faut bien le dire) ;

–  déboussoler définitivement le public des arènes, le contraindre à penser que la lidia  (8) est à un seul tercio avec la complicité « démédiasmainstremetdessondeurs », minimisant l’hypothèse que celui-ci soit plus avisado (9) qu’on croit .

Où l’on voit que le Manu a Manu nouvelle formule est plus ambitieux et pervers que son presque homophone même si pour l’heure il ne convainc pas, les gradins à quelques jours des clarines (10) restant assez diversement garnis.

Qui aura, en définitive, le plus d’aguante (11) ?

Ah ….ça.

Pour l’heure, Manu I  répète le tour de l’arène sous les regards énamourés d’afficionados de la marche, tandis que Manu II, qui n’a montré jusqu’ici qu’une certaine appétence pour la pose de banderilles sournoises, essaie, dans son sillage, de faire revenir un peu d’éclairage sur sa sombre mine.

Manu I a-t-il raison de s’accommoder d’un ralliement qui déclasse l’inventive (sic) et délicieusement floue (resic) macronellita  au rang d’une vulgaire chicuelina hollandesa qui ne leurre plus personne ? Quant à Benito I, qui sait s’il ne profitera pas des pitoyables défections de banderilleros défraîchis pour renouveler son équipe ?

On en saura peut-être plus après la lidia présidentielle du 7 mai, en attendant la féria des législatives.

Et le Chicuelo élyséen ?  La bronca qui accompagne sa fin de prestation ne lui laisse guère de solution de repli. Reconstituer autour de lui une nouvelle génération miuras (12) libéro (très)-sociaux(pour la touche de couleur) ? Pas sûr que ça lui dise ou qu’il en soit capable.

 

(1)  pseudonyme ou surnom d’un matador

(2) prendre sa retraite

(3) coiffe en astrakan du matador. La montera est ainsi nommée en hommage à Francisco Montes, dit « Paquiro», matador qui en a imposé l’usage

(4) policier de l’arène, chargé de faire appliquer le règlement taurin, sous l’autorité du président

(5) Mouvement de muleta sans définition précise.

(6) passe « al alimón », passe faite par deux matadors tenant le même capote, chacun à une extrémité

(7) Places qui sont au soleil au début de la corrida et qui, très rapidement, se trouvent à l’ombre.

(8) combat, ensemble de rencontres entre un taureau et les toreros. Elle se compose de trois tercios, c’est-à-dire trois actes.

(9) Avisado : Taureau qui cherche l’homme derrière le leurre. Apanage du taureau de caste, à qui rien n’échappe dans l’arène et qui cherche à déjouer tous les pièges. Toute faute ou erreur du matador éveille inévitablement son instinct défensif. Face à un tel taureau, le matador doit savoir terminer sa « faena » au moment opportun.

(10) Sonneries de clairons permettant de transmettre les ordres de la Présidence et de communiquer avec les toreros. Leurs interventions ponctuent le déroulement de la corrida (ouverture des portes du toril, changements de tercio, avis donnés par la Présidence à un matador qui a dépassé le temps qui lui est imparti).

(11) faculté de certains toreros d’attendre et de recevoir impassiblement la charge du taureau

(12) prestigieux taureaux de combat

Couleurs d’hiver

Le solstice d’hiver est derrière nous, les jours vont commencer à rallonger, autant dire que nous allons vers la lumière.

Pour ce qui est du ciel au dessus de nos têtes, la conclusion est acquise. Mais pour le reste en revanche ….

Né le jour du solstice d’hiver, Président de la République au solstice d’été ? Emmanuel Macron semble y croire, et d’autres ambitieux, qui ne le prenaient pas au sérieux,(ou si peu) commencent à le craindre. Si cela devait arriver, voilà qui ne manquerait pas d’affecter sérieusement la sombre mine de notre matador de 49-3 : je l’imagine déjà vert comme un sous-bois de la ZAD de Notre-Dame des Landes (je ne sais pas pourquoi il m’évoque ce personnage au visage vert de l’album des  aventures d’Astérix intitulé la Zizanie : Détritus. Manque pas d’air notre Ibère, après l’avoir tant semée de jouer au rassembleur, sans grande réussite semble-t-il à ce jour. Du coup, notre matou du cheshire élyséen fait grise mine et se prend à regretter : « j’aurai dû y aller quand même » se dit-il  » Ma rondeur avait plus de chances que ses harangues adjudantesques. La France n’aime pas le clairon aux aurores et les lits au carré »).

Qu’attendre de la conjonction des planètes Trump et Poutine ? Un monde rouge-orangé ?  dérangé ? explosif ?

L’année qui s’annonce sera-t-elle bleue ou saignante ? A marquer d’une pierre blanche ou noire ?

La palette politico-économique recèle des teintes insoupçonnées tant les mélanges tactiques sont instables.

Du passé simple au futur compliqué, les conjugaisons s’emmêlent,  les probabilités s’égarent et les incertitudes s’empilent.

De quoi, au grand dam de qui prône, d’une voix cassée par l’ivresse de soi, une révolution d’un rose hypocrite,  donner  aux particules élémentaires de corps électoral que nous sommes l’envie de revenir à la contemplation de celle des corps célestes. Une saine activité presque de saison pourrait-on dire. Qu’on soit berger ou pas.

Petit PS « révolutionnaire » :

 

 

 

 

 

 

Et maintenant … un petit intermède musical

Aux plus vieux cela rappellera peut-être le petit train à rébus qui travaersait l’écran pendant les pannes télévisuelles car il s’agit bien ici de masquer un petit coup de mou dans l’inspiration. Tout au plus me suis-je amusée ces derniers temps de cette curieuse coïncidence relevée par Médiapart : celle d’un candidat de droite voulant  rassembler avec un programme qui divise, et celle d’un candidat « de gauche » se posant en rassembleur après avoir tant divisé. Cherchez l’erreur.

A ce point de « mornitude »,  je me suis mise à surfer sans but et ai retrouvé cette distrayante petite vidéo de Cathy Berberian. Aux alentours de 20 minutes, une séquence qui n’est pas sans évoquer Florence Foster Jenkins dont la vie inspira le film Marguerite de Xavier Gianoli.

Parmi les cantatrices d’aujourd’hui je ne lui vois qu’une seule parente en aimable et musicale folie  : Patricia Petitbon.

Quand j’y pense, cela m’amuserait de voir ce que donnerait cette dernière sur cette pièce là. Amis amateurs de BD c’est pour vous !

PS : stripsody figure aussi à la fin de la première vidéo mais c’est plus court par ici !

 

Vive l’uniforme !

Je m’étais dit que j’allais zapper tous ces articles sur le burkini et les fantasmes qu’il traîne dans son sillage. Le Conseil d’Etat m’avait rassurée sur notre santé mentale. Je pensais l’affaire close. Erreur !!! C’était méconnaître notre premier ministre. Laisser tomber la muleta,  jamais ! Et si les français en venaient à réfléchir ? Horreur et putréfaction. Donc, alimenter un débat mal posé, jouer du menton et tutti quanti. Minable. En quoi il devrait se pacser avec N. Sarkozy.

Le plus drôle (si on peut dire) c’est que le burkini n’a rien d’une toilette halal. Et que les islamistes les plus radicaux ne l’autorisaient jamais ! Légiférer (ah! toujours la grande idée pour appâter le chaland)? Mais sur quoi ? « Une loi contre le burkini, ou une loi contre les signes religieux dans l’espace public ? Dans ce cas, on empêcherait tout type de processions religieuses. Ce serait étrange que ceux qui revendiquent les racines chrétiennes de la France interdisent les fêtes en l’honneur des Saints-Patrons » fait justement remarquer Jean Léonetti.

J’observe, en passant, que l’on ne s’attache qu’à la mise des femmes et bien moins à celle des hommes. Pourtant, on pourrait considérer qu’une barbe, un calot, une kippa, un talith,  une longue  tunique sont aussi signifiants. Non ?

Ce que je crains c’est qu’au nom d’un laicisme radical on ne renvoie à une communauté, qui ne me paraît pas adhérer dans sa majorité à un islam redouté, l’image d’un pays qui la rejette au risque de la pousser vers ce que l’on craint.

A ce stade, je ne vois qu’une solution : l’uniforme ou le tablier pour tous, une laicisocratie  imbécile qui n’aura qu’ un mérite : mécontenter tout le monde. On a les majorités qu’on peut :-).

 

 

PS :

 

 

 

Post accablé mais pas totalement

Il y a la chaleur d’abord. Plus de 30 °  (36° hier et aujourd’hui) depuis plusieurs jours, sans un souffle d’air avec un mercure qui baisse péniblement en milieu de nuit.  Je ne tiens pas ces températures là. Elles me laissent écrasée, atone, sans envie, sans volonté sinon celle de m’en tenir à des mouvements minimaux pour ne pas me transformer en fontaine ambulante, me condamnent à une vie à bas bruit que j’exècre.

Il y a ensuite ces débats burkinisés, bien commodes pour détourner l’attention du chaland des sujets qui le concernent de près, de ce qui se prépare ou se fait en douce. Choc des mots, poids des photos et l’impression pénible que l’on avance pas : le coeur balance entre laïcité de combat, pour reprendre la formule de Marcel Gauchet, et République de combat pour s’en tenir celle de notre adjudant catalan. 25 ans que ça dure, 25 ans qu’on tourne en rond sous l’oeil consterné de certains, amusé d’autres. Pour moi, je finis par me demander si ce n’est pas la laïcité qui me pose problème. Non que je la récuse, au contraire, mais je ne sais plus comment la comprendre. Jusqu’ici cela me semblait assez simple.  J’en tenais pour Jean Baubérot pour qui « la laïcité c’est la liberté imposée aux religions et non la répression des religions. La neutralité et la séparation sont des moyens. Le but, c’est la liberté de conscience ». Pour résumer, laisser croire … ou ne pas croire. Mais quand la République s’en mêle sur fond d’attentats …je ne sais pas plus définir un islamiste que la laicité. Et des évènements corses récents médiatisés n’importe comment me donnent à craindre qu’on finisse à pousser certain(e)s vers ce que l’on cherche à combattre : le fondamentalisme (et là, je ne vise pas que le religieux).

Accablée encore par cette rentrée littéraire politique, où (à lire certaines « bonnes feuilles ») « Monsieur j’ai changé » reprend, en pire, ses vieilles antiennes, et « Monsieur petites blagues » se reproche d’avoir, entre autres cyniqueries, lié son sort à l’inversion de la courbe du chômage, jamais arrivée (quoiqu’en disent les résultats récents).  » J’ai eu tort, j’ai pas eu de bol » aurait-il confié. Comme certains l’ont déjà fait remarquer, les chômeurs apprécieront. Ce qui donne « en creux » le degré d’insensibilité sociale du personnage.

Heureusement pour se distraire de tout ça, il y a la musique (celle qui pourrait rassembler au passage). Joli documentaire hier sur Arte « Twenty feet from stardom », autour de choristes, noires, nourries au godspel, ferventes, fragiles et volontaires, ayant émergé sur fond de luttes pour les droits civiques. Leurs noms : Lisa Fisher, Darlene Love, Merry Clayton … entre autres. Petit échantillon