La caméra explore le temps

Magie des archives télévisuelles qui me font retrouver André (Castelot),  Alain (Decaux), semblablement érudits et un peu figés, et mes dimanches enfantins  rassemblés devant un petit écran aux noirs et blancs trop contrastés, trop tremblés et  brouillardeux pour nos yeux d’aujourd’hui. Cette introduction duelle un peu empesée a quelque chose de délicieusement désuet, comme les anis de Flavigny ou ces lots de pastilles spéciales menthe digeste du professeur Dépret de Bouchain recommandées « aux fumeurs, conférenciers, chanteurs, sportsmen, voyageurs, mineurs, ouvriers et cultivateurs » (Attention ! Pour éviter les contrefaçons ou imitations, exigez l’adresse complète sur chaque boîte).

La caméra rembobinait le temps avec des à peu près voulus qui nous le rendaient accessible et sensible. L’histoire se relisait dans la fragilité de la chair et non dans la rigoureuse impeccabilité  des reconstitutions en 3D.

Ces émissions exhumées ont tout des poupées russes : la caméra explore le temps, à travers elle, la télé repasse sa propre histoire et nous revisitons notre âge.

 

 

 

 

 

Texte S.Lagabrielle