« Quand l’histoire fait dates » est une émission que j’aime bien sur Arte. A vrai dire, l’une des rares dont je regarde les reprises sur youtube. Je suis tombée sur l’épisode « 1848, le printemps des peuples » un peu au hasard. En le regardant à nouveau, il me semble curieusement résonner aujourd’hui : les idéaux, y compris sociaux, les nationalismes, la répression, qui ouvrit la voie, chez nous, au second empire mais surtout la question finale suggérée : qu’est-ce qui fait peuple ? Qu’est-ce qu’un peuple ? Le conflit au Moyen Orient la réitère de manière effroyable.
L’historien Patrick Boucheron, qui supervisait cette émission, en eut une autre sur l’antenne de France Inter : « Histoire de », supprimée au bout de deux saisons pour « raisons budgétaires », alors qu’elle avait trouvé son public. Dans le même temps, on a fait passer celle de Charline Vanhoenacker, qui rassemblait plus d’un million de fidèles, de quotidienne à hebdomadaire. Cette dernière version, qui continue à être insolemment populaire, verra son budget raboté d’un tiers à la saison prochaine. L’un de ses chroniqueurs, Guillaume Meurice, vient d’être convoqué à un entretien préalable à l’issue duquel on lui signifiera probablement qu’il n’est plus le bienvenu à l’antenne. Le motif ? Une vanne que je n’ai pas trouvée spécialement drôle (Nétanyahou qualifié de « sorte de nazi mais sans prépuce ») ni la justice répréhensible.
Seront également supprimés à la rentrée prochaine, plusieurs rendez-vous incontournables de la station publique, notamment « C’est bientôt demain », un créneau hebdomadaire consacré à l’actualité des luttes et mobilisations environnementales et sociales en cours ou » La terre au carré » également axée sur l’écologie et l’environnement. Trop d’écologie tue l’écologie sans doute. Et le cocktail écologie – social, c’est anxiogène.
« Les formats doivent évoluer » se défend la direction : un marronnier confortable pour qui veut se défaire d’un peu de polémique.
Une journaliste d’ Arrêt sur images, harcelée par l’extrême droite pour un tweet dans lequel elle dénonçait le racisme en France, ayant ponctuellement collaboré à 2 séries sur France Inter, ne sera finalement soutenue que du bout des lèvres, par la direction de l’antenne après 2 communiqués d’une veulerie consternante. Voici la version 1 (le dessin est de Fred Sochard)

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https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/y-a-t-il-quelquun-a-la-barre-de-france-inter
Pendant ce temps là, Léa Salamé, évoque son métier (journaliste paraît-il) en ces termes : « Peu importe la question, peu importe la réponse, il faut qu’il y ait un moment. » Rien ne vaut le buzz, en somme.
Voilà. Dormez, braves gens et surtout n’allez pas chercher à vous informer. C’est très surfait.
On vit une époque formidable.



















