Il pose à côté d’un petit cheval blanc. Déjà inscrit dans l’espace qu’il a choisi d’arpenter. J’envie sa curiosité, son audace. Partir ainsi « into the wild »…. Pas de révolte dans cette aventure mais une forme de grâce. Il sourit. Rien d’affecté dans son attitude. Heureux, je le crois, à cet instant là.
Pour une fois, ce ne sont pas les mots de Nicolas Bouvier qui me viennent mais les images de Jeroen Toirkens, photographe de la vie nomade. Attachée à mon confort, je n’ai jamais osé mes envies d’ailleurs plus sauvages. Alors, je le fais par procuration. Accompagner, même de loin, cette histoire là, savoir que dans ce monde connecté il y a encore place pour une errance choisie, loin de la rumeur du monde, des accrocs dans la toile, c’est bon.
Pour le suivre : https://www.facebook.com/eliottschonfeldaventurier?fref=ts

J’aime me réjouir quand, à l’aube, blatère un jeune chameau blanc et bavard.
J’aime briller quand, au milieu des nuages, surgit l’éclat éphémère de la lune.
J’aime m’embraser, quand naît un enfant tardif, dans la rougeur du vent d’automne.
J’aime frissonner en écoutant des strophes harmonieuses de Maître Yavuukhulan.
J’aime m’enflammer en écoutant les douces mélodies d’une cithare ou d’un violon.
J’aime me lever quand le soleil se lève derrière ma steppe bleu-anémone.
J’aime galoper tel un drapeau au vent, ma cravache en cotonéaster à la main.
J’aime escalader les pics couverts de neige en regardant y bondir les chamois.
J’aime me servir de bois d’argousier et de santal pour produire des mélodies suaves.
J’aime envisager de distinguer l’étoffe indienne du brocart.
J’aime allumer des étoiles dans la douceur du ciel nocturne.
J’aime m’enflammer à mon sommet en l’escaladant pas à pas.
J’aime chanter sur les cordes de la cithare du Saint Yanjinglhama.
J’aime m’illuminer à l’infini dans le Temple de Cristal de la Poésie.
par Mende-Oyo (poète mongol)
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