Chutes

Image d’un trou noir qui me semble assez réunir les chutes de ce billet

Ce matin, la pluie, enfin, et une chute annoncée des températures de 15 ° environ par rapport à hier. Le mercredi 22 août nous avons tutoyé les 40-41 ° (44° dans certaines chambres non climatisées du service de pédiatrie du CHU de Bordeaux, autrefois réputé pour sa qualité), la nuit du mercredi au jeudi le mercure est péniblement descendu à 27 ° à 6 heures du matin pour remonter dès la mi-journée à son étiage de la veille. Aujourd’hui donc, minimales au réveil 21° -soit 5 degrés au dessus des normales saisonnières tout de même -, maximales en journée 23-25 ° – les prévisionnistes ne sont pas tous d’accord – soit 3 = 5 degrés en dessous des normales saisonnières ,

Cette chute brutale du mercure est un soulagement, les murs refroidissent, le corps se détend, mais ce yoyo climatique, appelé à se renouveler de plus en plus fréquemment, à en croire les spécialistes, inquiète autant qu’il use. Fataliste, le ministre de la santé nous assène que l’on « doit s’habituer à vivre avec » mais heureusement, rassurons-nous, il a pensé à activer un numéro vert dédié. Magique. A chaque difficulté son numéro, les mesures concrètes attendront. En ce domaine comme en d’autres, le Gouvernement se contente donc de brasser du vent. Les quelques mottes de green arrachées dans un golf poitevin – soit dit en passant situé en zone d’alerte renforcée sécheresse- par des manifestants estampillés Soulèvements de la Terre, semblent émouvoir davantage les ministres de l’agriculture et de la transition écologique que cette surchauffe tardive alors que le niveau des trois quarts des nappes phréatiques est sous la normale..

Autre chute, mortelle celle-là, celle d’Evgueni Prigojine à bord d’un avion privé qui s’est écrasé, mercredi 23 août, dans la région de Tver, à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Moscou. Les causes du crash soulèvent de nombreuses questions, la réalité de la présence de Prigojine dans l’avion semble également susciter, malgré tout, quelques doutes : le Journal Le Monde titrait encore hier sur sa mort « présumée ».

Si l’agence Rossaviatsia confirme qu’Evgueni Prigojine se trouvait à bord de l’avion, l’agence de presse russe Interfax sur Telegram, citant les services de secours, indique que les corps des dix personnes qui se trouvaient à bord de l’avion ont été retrouvés sans préciser si les victimes ont pu être identifiées.

Alors ? Ma première réaction a été de me dire que ce flou était un terreau fertile au complotisme. Après tout, figurer sur une liste de passagers ne prouve pas toujours que vous ayez effectivement embarqué. On a déjà connu le cas de personnes qui auraient dû se trouver dans un appareil s’étant abîmé en mer ou crashé sur terre mais l’ayant loupé pour une raison ou une autre. Et si Prigojine avait organisé sa propre disparition avant que l’impavide Poutine ou ses sbires n’agissent ? Hein ? Disparaître ne signifie pas nécessairement être mort. Et d’abord que faisait-il en Russie ? Connaissant son Vladimir par cœur, il devait bien se douter qu’il se jetait dans la gueule du loup. Donc ce n’était pas lui mais un sosie. Et puis, à supposer que son corps soit identifié, quel crédit accorder aux conclusions d’une unité médico-légale composée d’individus asservis au pouvoir et nécessairement corrompus ?

Je n’ai pas écumé les réseaux sociaux mais je suis à peu près sûre qu’on doit y trouver des choses de ce genre.

On pourrait se dire, c’est très simple au fond : il suffit de savoir à qui profite le crime.

Vlad ?

Pas si sûr. Selon le journaliste Antoine Perraud de Médiapart, si l’élimination de Prigojine était bien la basse œuvre du Kremlin, ou pour le moins de son bras armé le FSB, à en croire les services secrets britanniques, souvent bien informés, quel signe cela envoie-t-il au monde ?  Cette élimination s’avère-t-elle un signe de force ou de faiblesse du pouvoir et de son sommet ? Mes petite cellules grises affaiblies par une semaine de franche canicule n’ont pas de réponse à cette question. Je suis à peu près certaine, en revanche, que les claviers et les rotatives ne vont pas tarder à chauffer et nous servir sur cet évènement des opus tous aussi bien étayés les uns que les autres.