Quoi qu’il en coûte disaient-ils ?

Reprenons, on a eu ça

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puis ça

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Le plus effarant au fond (mais je me répète) c’est que toutes ces décisions ne sont jamais discutées et qu’en réalité le « quoiqu’il en coûte » ne s’adresse pas à la vie mais à l’économie. La sauver au prix d’une dette dont on nous présentera la facture à rembourser, partant du principe que l’Etat se gère comme une économie familiale … ce qui n’ a pas de sens. Ecouter ici même si c’est un peu long (on peut commencer vers 29 minutes).

Ajoutez à cela la résurgence d’une réforme des régimes de retraite, l’abandon des étudiants, le couvre feu la semaine et le confinement le WE – et j’oublie sans doute nombre de mesures socialement nuisibles – vous vous dites que votre seule utilité est économique. L’équivalent d’une roue.

Et puis vous tombez sur ça …

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J’a,i là encore, récupéré ça sur twitter : les Echos ou le Figaro ? Toujours est-il que la compagnie d’assurance vient de se prendre un revers (à suivre tout de même). Le jeudi 25 février, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé un jugement du tribunal de commerce de Marseille qui datait du 15 octobre. L’assureur devra bien indemniser le propriétaire d’un restaurant marseillais, à qui il devra verser 23 000 euros pour la période de fermeture du 15 mars au 2 juin 2020, comme l’avait décidé le tribunal de commerce. La cour d’appel a ajouté 27 000 euros d’indemnisation pour compenser les pertes d’exploitation subies pour les fermetures allant du 28 septembre au 4 octobre (où seuls les restaurants marseillais avaient été fermés), puis du 30 octobre au 31 décembre. Ces indemnisations ne sont que provisoires, le montant exact des pertes d’exploitation sera évalué par une expertise qu’Axa devra mettre en œuvre dans les deux mois (Médiapart 26 février 2021).

On imagine sans peine que la compagnie va « travailler » sur le dossier

Abstention et confusion

trouvé sur tweeter via @Mr Propagande

Ce pastiche de Tintin singe LREM mais pourrait aussi bien s’appliquer au parti socialiste. Qu’en reste-t-il donc sinon un discours élimé dans un vieux décor programmatique ?

Ainsi donc, les députés PS ont décidé de s’abstenir (à une exception près) sur projet de loi confortant le respect des principes de la République (ex projet de loi contre les séparatismes). J’avoue que cela m’a laissée un peu interdite.

« Vivrons-nous mieux demain grâce à cette loi ? Nous permettra-t-elle de surmonter les fractures, le repli des uns, l’entre-soi des autres, de ramener à la République, par la République, celles et ceux qui s’en défient ou la défient ? Permettra-t-elle de tenir l’équilibre exigeant de « la République jusqu’au bout », comme disait Jaurès, avec d’un côté l’ordre républicain et de l’autre la promesse républicaine ? Il est permis d’en douter » déclare le député Boris Vallaud.

Alors pourquoi ne pas s’y opposer ?

La réponse finale de Boris Vallaud pour le groupe socialiste est celle-ci : « Notre philosophie, depuis un siècle, consiste à ne jamais dissocier le combat laïc et le combat social. En les envisageant séparément, vous prenez le risque de ne remporter aucune de ces batailles. Sur tous ces sujets, monsieur le ministre de l’intérieur, vous avez, ainsi que le Gouvernement, choisi l’abstention. Nous sommes en première lecture. Le débat parlementaire va se poursuivre. Sur bien des points qui suscitent de l’inquiétude, ce texte doit impérativement être rééquilibré et réécrit. À ce stade, l’abstention sera la réponse à vos impasses ». Pour l’intégralité de son intervention, voir ici :

https://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210172.asp#P2416485

La raison ne me convainc guère. Il est vrai que dans la configuration actuelle du Parlement,en général, et de l’Assemblée Nationale, en particulier, les marges de manœuvre sont d’autant plus étroites que les amendements des oppositions sont en général balayés d’un revers de main. Il n’y a par conséquent que peu de choses à attendre de la suite de la discussion mais, face à ces réserves, un vote contre le projet aurait eu plus de panache.

C’est l’option choisie par Charles de Courson, député centriste (voir ici les résultats du scrutin public : https://www2.assemblee-nationale.fr/scrutins/detail/(legislature)/15/(num)/3421) qui se montre bien plus inquiet pour les libertés.

« Quand un gouvernement veut modifier certains textes aussi fondateurs de la IIIe République que la loi de 1881 sur la liberté de la presse, que celle de 1882 sur l’enseignement, dite loi Ferry, que la loi de 1901 relative au contrat d’association ou que les lois de 1905 et 1907 respectivement relatives à la séparation des Églises de l’État et à l’exercice public du culte, il faut y consacrer beaucoup de temps et de dialogue avec toutes les forces politiques et sociales pour trouver les bons équilibres. Hélas, ce n’est pas ce que vous avez fait, car le but de ce texte est simple : il s’agit de faire croire à nos concitoyens que ces mesures vont résoudre le problème posé par le séparatisme en général, et le fondamentalisme islamique en particulier ». Lire ici : https://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210172.asp#P2417969

L’abstention comme forme d’opposition me ramène aux députés dits « frondeurs » du précédent quinquennat dont ce fut souvent la position de repli, à défaut de pouvoir désavouer un Gouvernement issu de leurs rangs. Lire ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frondeurs_(Parti_socialiste).

Contrairement à notre Jupiter qui aurait pris quelques kilos (ce qui doit combler d’aise les files d’étudiants devant les sites de distribution alimentaire) … je veux dire de la consistance, le PS continue de ramer en signifiance molle. Et pourtant j’aime bien Boris Vallaud souvent pertinent en d’autres domaines que je suis un peu mieux.

Ah, l’islamo-gauchisme !!! Interrogée par Jean-Pierre Elkabbach (sa tête au moment de l’annonce des résultats de la présidentielle en 1981 reste un de mes meilleurs moments télévisuels … de courte durée malheureusement car il n’a jamais fini de sévir depuis) sur la récente une du Figaro titrée « Comment l’islamo-gauchisme gangrène l’université », la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a commencé par acquiescer à ce « constat ». Puis a annoncé plus tard son intention de « demander, notamment au CNRS, de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche, sur ces sujets, dans l’université, de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève du militantisme, de l’opinion ».

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via le compte tweeter « Stupidités libertariennes »

CNRS, conférence des présidents d’université, alliance thématique nationale des sciences humaines et sociales (Athéna) à laquelle elle voulait confier son enquête, la ministre se prend râteau sur râteau.

Et d’abord c’est quoi l’islamo-gauchisme ?

Pour Manuel Valls grand philosophe républicain (qui n’en finit pas de hanter les médias hexagonaux dans l’espoir de revenir en politique chez nous …à croire qu’il s’emmerde à Barcelone) :

à quoi certains ne se sont pas privés de lui rappeler ça :

Pour d’autres, il est à notre époque ce que le judéo-bochevisme ou judéo-maçonnisme fut avant et pendant la deuxième guerre mondiale.

Commentaire de jean marc B sur Mediapart sous l’article : «Séparatisme»: jouer sur le terrain de l’extrême droite est voué à l’échec »

Une vieille blague du temps de l’URSS disait (à peu près) ceci « comment détourner l’attention des consommateurs sur le manque de viande dans les boucheries ? … En insistant sur le manque de pain dans les boulangeries » (ou l’inverse).

Pour moi, l’islamo-gauchisme c’est ça, un leurre pour détourner l’attention sur notre réduction à quia pour cause de Covid et d’état d’urgence et la gestion brouillonne (pour rester gentille) mais dispendieuse (contrats avec des cabinets conseil obligent) de la pandémie depuis un an.

Cet historien des cultures visuelles et enseignant-chercheur à l’EHESS propose une grille de recueil des opinions citoyennes sur l’université et le milieu de la recherche qui vaut bien celle de la ministre :

Via un tweet d’André Gunthert

Née fin août, je suis une Shinto-royaliste. Aucun risque que cela diffuse ici, sauf invasion japonaise inopinée.

Congé laborieux

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c’est assez nul comme illustration mais je n’en ai pas de personnelle

« Quand on ne travaillera plus le lendemain des jours de repos la fatigue sera vaincue » est-ce d’Alphonse Allais ou de Pierre Dac ? Qu’importe les deux origines me plaisent.

Ainsi donc j’ai envoyé ma lettre de départ en retraite et compte tenu des jours de congés payés acquis et ceux accumulés sur mon compte épargne-temps, je vais pouvoir respirer à partir de fin mai. Prise dans les injonctions contradictoires de ma cheffe, en gros « prends tous tes congés mais ne pars pas trop tôt », je ne savais comment godiller. Et puis, j’ai fini par avoir du service ressources humaines une proposition de sortie (pas des effectifs puisque je vais y rester jusqu’au 30 septembre 2021, date à laquelle j’aurai épuisé mes congés et veille de l’entrée en vigueur de mon statut de retraitée) mais plutôt d’arrêt d’activité qui correspond à mes calculs (à cause des congés accumulés). La cheffe a noté sur son cahier, m’a dit des choses aimables : genre que j’étais un pilier du service et que je manquerai cruellement ….la bonne blague, les cimetières sont pleins de gens indispensables. Et voilà.

Je me sens mieux depuis, de savoir que les grandes manœuvres managériales seront après moi, et d’imaginer faire autre chose. Basta le droit, marre. Ou plus exactement ce droit social là que les hasards du recrutement ont choisi pour moi et que je vois détruire au fil des ans.

Commencer en 1982 avec les lois Auroux et terminer sur les casses macronistes préparées par le quinquennat Hollande : il était temps de partir avant de vomir son métier ce qui m’arrivait physiquement dernièrement certains matins.

La vie sera plus fragile et matériellement plus serrée mais prendre son temps …est un luxe que ma carrière professionnelle me permet, je ne sais jusqu’à quand.

Perplexité vaccinale

Après la réaction jupitérienne face à deux journalistes soulignant le faible taux de chargement de l’application StopCovid – « je ne prendrais pas ces chiffres pour dire que c’est un échec (…) ça n’a pas marché » – nous voilà donc avec ceci :

Et le bon moment ce sera quand ? En gros, je gage, quand on se sera sortis d’une cacophonie « communicationnelle » qui dure depuis presque un an : masques (oui ou non ?), tests, vaccins, ouvertures, fermetures. Je concède que la « séquence », qui se prolonge et menace de perdurer est lancinante, mais la multiplication de « machins » comme les aurait qualifiés Mongénéral (Ars, Haute autorité de santé, Conseil scientifique, Conseil de défense sanitaire, Santé publique France …et j’en oublie sûrement) et une propension centralisatrice constitutionnalisée par le même, la dispersion consécutive des compétences (et des moyens) fait que la logistique ne suit pas. Pour les vaccins, l’honnêteté impose, tout de même, de mettre un bémol. L’idée de gérer l’approvisionnement au niveau européen n’était pas mauvaise mais il semble que les négociateurs de la commission européenne aient encore des progrès à faire en lecture des contrats. Ce qui n’augure rien de bon sur d’autres terrains (Mercosur) mais passons.

Il y a longtemps que les laboratoires pharmaceutiques se préoccupent plus de leur santé financière que des hommes. La gestion à flux tendu des produits, et leurs pénuries afférentes et récurrentes dans les pharmacies, n’est pas une nouveauté. La recherche et le développement sont le fait d’entreprises nettement plus petites dont on rachète les brevets ( c’est semble-t-il moins cher que de payer des chercheurs : cf. les licenciements programmés dans ce domaine chez Sanofi). On pourrait aussi citer, par exemple, le cas de ce médicament « peu » coûteux dont on a découvert des vertus hors de son domaine de prescription d’origine et dont les labos ont essayé de bloquer ladite prescription par les médecins au profit de traitements nettement plus chers (non, il ne s’agit pas de l’hydroxychloroquine) : https://www.autoritedelaconcurrence.fr/fr/communiques-de-presse/traitement-de-la-dmla-lautorite-sanctionne-3-laboratoires-pour-des-pratiques

(je ne sais pas pourquoi le lien se refuse à englober le mot « abusives  » et je ne sais pas où en est cette affaire à ce jour. Je n’ai pas d’opinion tranchée sur l’hydroxychloroquine associée à de l’azithromycine. Mais il semble avéré que les vertus plus prisées du Remdesivir, nettement plus cher, soient très contestables … pour rester gentille).

Comme le font remarquer les initiateurs de la pétition ci-dessous : « L’élément essentiel de tous les vaccins, c’est la séquence du virus SARS-Cov-2.  Cette séquence sans laquelle il n’y a pas de vaccin possible, est devenue une ressource commune mondiale, accessible à tou(te)s . Rien ne justifie que les vaccins qui en sont issus ne le soient pas, d’autant plus que la recherche et les financements publics ont largement contribué à leur fabrication. » Lire ici : https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/02/04/les-vaccins-anti-covid-biens-publics/

Après, à chacun son choix pour la suite … du moins pour le moment.

Nos habitus vaccinaux ne nous ont sans doute que peu préparés à cette rapidité et ce type de réponse vaccinale. Curieux vaccin d’ailleurs qui vous protégerait mais n’empêcherait pas la transmission de la maladie. Qui, en somme, vous détend sur votre risque d’infection mais ne vous délivre finalement d’aucune contrainte (masques, tests PCR et autres certificats si vous voulez vous évader un peu). Et puis il y a les variants et puis ce qu’on ne sait pas encore. Par exemple, atteinte d’une maladie auto-immune (thyroïdite de Hashimoto) depuis longtemps, je l’ai toujours spécifié chaque fois que j’ai dû me faire vacciner. Mais ce vaccin-là est d’un genre nouveau. Sait-on ce qu’il peut provoquer sur un équilibre hormonal fragile ?

Il est probable qu’il en sera de celui-ci, quand on aura un peu plus de compréhension, comme du vaccin anti-grippal. A chaque année son antidote et chacun ses solutions alternatives. En attendant le prochain virus qui ne manquera pas d’émerger si l’on continue à se conduire comme des canards sans tête.

Ces temps-là n’étaient pas moins difficiles mais à propos de métro … suis tombée sur ceci :

Aujourd’hui c’est banal comme une contagion que de s’y entasser, y compris en ce moment, tous les emplois n’étant pas « télétravaillables » et le télétravail lui-même n’étant pas toujours souhaité.

Mais il reste indispensable de fermer les lieux de culture …

De l’hybridation du confinement

Hybride : qui provient du croisement de variétés ou d’espèces différentes. Il y a peu les gazettes nous annonçaient que l’exécutif hésitait entre un confinement serré et un confinement hybride. Allez savoir pourquoi cela m’a fait penser aux voitures hybrides combinant un moteur à combustion interne (on dit aussi moteur à explosion ou moteur thermique) et un moteur électrique avec comme chef d’orchestre un ordinateur de bord. Il sait d’où vient l’énergie (thermique et électrique), en quelles quantités respectives et où elle doit être distribuée à tout moment. Plusieurs milliers de fois par seconde, il analyse ce que le conducteur demande et ce qui est disponible comme énergie. Il optimise l’utilisation du moteur thermique, ce qui permet de réduire sa consommation en carburant.

En filant l’analogie, comment un confinement hybride pourrait-il se traduire? Une sorte de système combinant souplesse et restrictions avec dans le rôle de l’ordinateur une instance qui s’appellerait « conseil de défense sanitaire » ? Plus concrètement selon le journal « la charente libre », ce confinement « hybridé » ce serait :

  • d’abord ne pas fermer les écoles tout en rallongeant la durée des vacances scolaires de février
  • limiter les brassages de population dans les commerces qualifiés de non-essentiels sans les fermer, mais avec des jauges restreintes, des créneaux d’ouverture et des prises de rendez-vous
  • imposer une limitation des déplacements.

Où l’on voit qu’effectivement cela tranche avec ce que nous vivons depuis des mois. J’ironise. Certains envisageaient un autre système combinant couvre feu la semaine et confinement le week-end avec ses conséquences sur le moral des troupes.

Finalement, on a laissé tomber « l’hybridation » (le mot) qui avait pour seul mérite d’intriguer. A partir de dimanche, les entrées et sorties du territoire français en provenance ou à destination d’un pays extérieur à l’Union européenne (UE) seront désormais interdites, « sauf motif impérieux ». Il en ira de même pour ceux souhaitant voyager entre la métropole et l’outre-mer. L’entrée en France depuis un pays de l’UE, elle, sera conditionnée à la présentation d’un test PCR, à l’exception des travailleurs transfrontaliers. Les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 mètres carrés seront fermés à compter de lundi, et les jauges renforcées « dans toutes les grandes surfaces ». Le recours au télétravail devra être renforcé, tout comme la lutte contre les infractions au couvre-feu ou l’ouverture illégale de restaurants (Le Monde 30 janvier 2021).

A peu près comme jusqu’ici, juste un peu plus « serré ».

En attendant un hypothétique retour à la normale à court terme mis à mal par la pénurie de vaccins (lire ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/290121/retards-de-vaccins-comment-les-etats-europeens-se-sont-fait-avoir-par-les-laboratoires ), on peut, comme durant les plus belles heures de la prohibition américaine, essayer de s’encanailler dans les restaurants clandestins …à condition d’être tuyauté.

Pour l’heure, il n’existe pas de variant néo-zélandais circulant du Covid 19…à ma connaissance. Le pays toutefois, vient d’enregistrer son premier cas local depuis 2 mois. Le ministre de la Santé Chris Hipkins a déclaré qu’il était encore trop tôt pour décider si un confinement total ou partiel devait à nouveau être mis en place. Mais l’origine et la souche de l’infection interroge … (Journal Sud-Ouest 24 janvier 2021).

Sourions quand même un peu :

Le citoyen, voilà l’ennemi

« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs », a déploré le chef de l’Etat, jeudi, en regrettant la « traque incessante de l’erreur » en France (journal Le monde du 22-1).

Comme le souligne François Ruffin

Le manque d’empathie de notre Président pour ce que nous sommes – ses concitoyens – me sidère (et la citation ci-dessus est à ajouter à la série d’âneries – pour rester soft – qu’il a pu proférer des « gens qui ne sont rien » à « traverser la rue », pour n’en citer que quelques unes. Lire le quai de Ouistreham de Florence Aubenas est instructif sur ce dernier point. Pour ne pas être stigmatisés « assistés », des gens acceptent des boulots qui leur coûtent plus cher en transport que ce qu’ils leur rapportent. A tout prendre, si j’ose dire, les entreprises sont bien plus assistées, de crédit impôt recherche en CICE, allègements de charges et autres contrats aidés qui budgétairement coûtent bonbon).

Dans ce que Jupiter prétend encore être une démocratie, mais qui vire à la démocrature, notre seul droit serait donc de nous taire ou d’acquiescer (choix que les playmobils de l’Assemblée Nationale pratiquent à chaque session parlementaire et au-delà dans leur circonscription). Jupiter (étonnant, non ?) ne supporte pas le jugement.

Quand on y songe, s’il n’avait pas, par sa pratique du pouvoir, pratiquement éliminé les corps intermédiaires, sans doute aurait-il eu dialogues plus châtiés à son goût…

Mais voilà, le citoyen basique qu’il ignore souffre et pense. Celui-ci pousse un peu son bouchon, mais ce « stop and go » confiné pourrait bien grossir les contingents à partager son avis.

La « stratégie » erratique du Gouvernement – ou en tous cas souvent perçue comme telle puisque la « représentation nationale » n’est pas conviée à table – qui ferme ceci mais laisse cela ouvert, soutient l’entreprise mais sacrifie toute une génération et les liens sociaux, ne saurait être discutée.

Cette petite vidéo animée, qui date déjà un peu (2020 pensez !!!) me semble tracer un tableau assez pertinent de la « dinguerie » ambiante. Seule consolation, le Président orange (rapport notamment à sa couleur de cheveux inaugurale) des US a finalement laissé son bureau ouvert à plus posé que lui (ce qui n’est pas difficile). Joe, a beaucoup travaillé pour en arriver là. Ne pas trop en espérer cependant, je crois.

Digressions sur fond covidien

Je me déglingue : les yeux, le dos. Cataracte possible, canal lombaire rétréci qui freine mes envies marcheuses. Je me dis que je suis, très caricaturalement, à l’image d’une représentation nationale (surtout à l’AN) qui ne sait plus ce que Constitution veut dire et la malmène.

Aquoiboniste empêtrée. En voie de dissocialité comme beaucoup en raison des stop et go confinés et autres couvre feu. Cette situation me fait penser à mon père que j’ai jugé sévèrement autrefois. Il était professeur de philosophie. Après plusieurs années en lycée, il est devenu professeur par correspondance à une époque où n’existaient chez les particuliers ni ordinateurs personnels, ni zoom, ni teams et autres outils de « contact » à distance. S’y serait-il plié d’ailleurs ?

Comment a -t-il tenu si longtemps ? Seul, sans aucune réelle relation avec ses étudiants voire confrères. Je me pose la question à l’heure où cet isolement me fragilise.

Sans doute s’est glissé entre nos confinements respectifs deux données : les miens ne sont pas volontaires et il bénéficiait d’un temps qu’il pouvait gérer à sa guise ce qui ne m’est pas donné. Mais je comprends, 36 ans après sa mort, combien on est susceptible de perdre pied. Il ne me reste heureusement (c’est très égoïste, je sais) plus quelques mois avant de retrouver ma liberté temporelle et penser à des choses autres que la réglementation plus qu’ondoyante sur l’activité partielle ou le télétravail, ou courir après le temps pour livrer à l’heure, en apnée.

S’engager en pandémie, voilà un bon sujet pour l’avenir, moi qui suis trop saturée par les échéances pour y penser en ce moment

Barbara Stiegler ne semble pas adepte de la servitude volontaire et ses propos donnent à réfléchir, ce qui semble avoir disparu du paysage citoyen hormis sur les ronds-points (si, si) dont on ne parle plus guère et j’en veux, en cela, à cette saleté de Covid. Une petite silhouette rousse ne les a jamais abandonnés ces GJ : Esther Benbassa dont twitter me dit qu’elle « me suit ». J’ai lu, il y a quelques années, « La souffrance comme identité » et je me dis, en dehors du fait qu’il faudrait que je relise, à l’heure où tout un environnement social, culturel et environnemental se délite, que c’est un thème peut-être à revisiter en élargissant son périmètre. Comment les jeunes se reconnaitront-ils plus tard ?

D’ici quelques mois, donc, j’aurai quitté mon travail parce que la casse méticuleuse du droit du travail me déprime et plus encore la novlanque en vogue managériale – pleine d’anglicismes inutiles dont on est parfois obligé d’aller chercher la traduction via google – , creuse et toxique, qui sape ce qui pouvait exister de cohésion dans l’entreprise. Selon que vous vous y faites ou pas dépend un certain avenir …

Mon père (encore lui) avait une expression sur ce genre de propos : « des paroles verbales  » disait-il. Si la parole est devenue insignifiante (j’entends par là qu’elle ne semble plus « engager » celui ou celle qui la prononce) ce qu’elle draine socialement est lourd. Voilà au moins 30 ans, par exemple, que le « ruissellement » a fait ses « non-preuves » contrairement à la stratégie du choc chère à Naomi Klein. Ma séniorité me « protège » (sic) mais il y a derrière moi des petits franco-kurdes que j’aime. Je leur fait des pelotes pour plus tard mais survivront-elles au cynisme et à la goinfrerie ambiante.

Pour ce qui est du vaccin anti-Covid, certains s’interrogent déjà. Alors, je repose la question : y-a-il encore une recherche sur un traitement possible ?

Rien à voir et pour s’aérer un peu.

Je me souviens de certain concert au temple de l’Etoile à Paris où, choristes amateurs, nous nous sommes donnés sur cet air ultra connu … et d’une tentative moins réussie de happening musical à la fin d’un office. La technique parfois si esclavagisante est parfois libératrice d’une morosité confinée (je me serais assez bien passée de la mention de la Banque mais bon ….).

Curieux comme Haendel, dont la biographie écrite par Jean François Labie nous apprend qu’il souffrit de passages dépressifs profonds, sut d’une certaine façon les sublimer.

https://www.alia-vox.com/fr/?s=

Sans doute cette ressource qui me et/ou nous manque.

Une année déjà très « prometteuse »

2021 n’ a pas tardé à faire savoir qu’elle était en compèt avec 2020. Variant Covid galopant, politique vaccinale gouvernementale aussi structurée que celle relative aux masques (pourquoi les agacements de J. Castex ne me convainquent-ils pas ? et vous ils vous font quoi ?), skieurs privés de remontées mécaniques (mettez vous aux raquettes, c’est sympa aussi), pour finir (provisoirement), et j’en passe, sur les « échauffés » (sic) trumpistes occupant et mettant à sac (enfin en partie) le capitole à Washington et certaine rave-party bretonne…qui a fortement mobilisé au ministère de l’intérieur.

Je me souviens, il y a presque 40 ans, de mes premières élections présidentielles – en tant qu’électrice s’entend. Je ne faisais qu’une confiance limitée à F. Mitterrand dont le parcours me semblait un peu « fluctuant ». J’étais bien plus mendésiste, bien que n’ayant pas connu Mendès aux affaires, faute d’être encore au monde, mais j’ai pu apprécier, plus tard, sa franchise sur d’autres questions notamment européennes (un discours prémonitoire en janvier 1957 trouvé sur le JO) ou moyen-orientales, sans me départir, sur ce dernier point, d’un certain pessimisme, sur ce qu’il y adviendrait, après avoir travaillé en kibboutz en Israël en 1980.

Or donc, notre Jupiter, qui ne manque décidément pas d’air et cherche des références présentables, va rendre ses hommages à Tonton. Qu’espère-t-il ? La reconnaissance d’une filiation posthume ? Qui sait, après-tout ? Sauf qu’il aura fait, en gros, le chemin inverse de celui de celui de son mentor d’un jour en partant d’une pseudo-gauche pour pencher vers une droite pas encore extrême mais pas loin.

Du coup, d’aucuns ressortent des citations du grand homme et surtout celle-ci dont je ne sais si elle est vraie … mais bon (se souvenir que le même Tonton à partir de 1983 nous a jeté dans cet engrenage du privatisable à tous crins qu’il dénonce) :

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Pendant ce temps là outre-atlantique Donald Trump, toujours élégant et toxique, indique à son fan club qu’il ne se rendra pas à l’intronisation de Joe Biden le 20 janvier prochain. Manière de dire, « j’ai épuisé toutes mes cartouches électorales …mais cet imposteur ne paie rien pour attendre, restez mobilisés à fond ». En même temps; quand on voit ça on se demande si on n’est pas dans un calamiteux épisode de Groland.

Je me souviens d’un voyage en 1986 à bord d’un bus greyhound entre la Nouvelle-Orléans et Miami. En gros un trajet assez « sudiste ». Je ne sais où en était Trump à l’époque mais sa rhétorique était déjà là. Tous ces noirs et ces hispanos …

Mood an neuf

C’était hier.

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DILA@DILA_officiel : En raison du volume du Journal officiel du 31 décembre (242 textes et 1366 pages), sa publication sera effectuée dans l’après-midi. Nous vous remercions pour votre patience et votre compréhension. #JORF

Rien d’extravagant au demeurant car le dernier Journal officiel de l’année est traditionnellement boursouflé. Il tient de la quincaillerie d’antan où l’on trouvait tout, de l’antimoine au seau en inox en passant par le couteau à beurre et la râpe à fromage…

On y croise, à la fois, des textes attendus depuis des mois et d’autres aussi vitaux que ceux-ci, par exemple, qui raviront sans doute ceux dont le lave-linge ou l’ordinateur a prématurément cessé de fonctionner (il y en a aussi des jumeaux pour les smartphones, les téléviseurs, les tondeuses à gazon et j’en passe) :

19 Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l’affichage de l’indice de réparabilité des lave-linges ménagers à chargement frontal
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042838115

        20 Arrêté du 29 décembre 2020 relatif aux critères, aux sous-critères et au système de notation pour le calcul et l’affichage de l’indice de réparabilité des ordinateurs portables
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042838127

Nous voilà donc en l’an 2021 sur lequel plane encore l’ombre de 2020 au point qu’on n’ose à peine se souhaiter une bonne année.

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Quand j’y pense, on a ri de ça il y a … des années, au siècle dernier peut-être. A tout prendre j’aimerais bien en rire à nouveau. Allez souhaitons-nous ça. Tousse ensemble, tousse ensemble…ouais, ouais…

Les années corona

YouGov | Fort impact de l'amalgame entre le Coronavirus et la bière Corona

Vous me trouvez pessimiste ? Antivax ou que sais-je ?

Non, rien de tout ça. Il faut du temps pour tout, y compris pour étouffer une épidémie avant qu’une autre ne survienne. Sauf renversement radical de nos politiques : l’humain et le commun d’abord, la finance et le profit après (je simplifie bien sûr), je ne vois pas comment nous en sortir.

L’éducation, la santé, la recherche, ne sont plus des priorités budgétaires depuis des lustres. D’ailleurs la seule crise financière et sanitaire « aidant » (sic), la DETTE va vite devenir insoutenable pour tout le monde. Allemagne comprise qui a, rappelons -le, bénéficié d’une indulgence budgétaire non négligeable en 1953 …

Or donc, je ne crois pas au miracle vaccinal de 2021. Pourquoi en parallèle au vaccin, qui, dans l’immédiat, a surtout fait du bien aux portefeuilles des labos et de leurs actionnaires, n’a-t’on-pas poursuivi dans le même temps des travaux sur les traitements ? Ou plutôt, parce que je crois, j’espère, qu’ils se poursuivent, on en est-où ?

Jupiter est positif … je n’irai pas jusqu’à relayer les sarcasmes de pas mal de twittos. Ursula Van der Leyen, qu’il a contribué à être là où elle est s’en émeut :

Main dans la main est-ce bien raisonnable…?

Je regarde ma rue enfin lavée de tout bruit et je me demande : voilà le deal Covid : le plus sûr pour survivre est de ne plus avoir de vie sociale, ou en avoir une si virtuelle qu’elle en perd toute essence.

Et puis il y a aussi cela, au Royaume -Uni, la pandémie a plongé près d’un million d’enfants dans l’insécurité alimentaire : l’Unicef vole à leur secours, du jamais vu dans l’histoire de l’agence de l’ONU. Quid chez nous où rien ne se dit vraiment ?

Pendant ce temps, certains syndicats policiers ont manifesté nuitamment sous les fenêtres de la maire de Rennes. Elle les a renvoyés , de manière circonstanciée, à leur petitesse.

Lire ici :

Pas sûr qu’ils comprennent, soutenus sans faille par un ministre douteux qui, à 38 ans, a déjà tous les oripeaux du politicard.

Il est de bon ton de souhaiter une bonne année alentours mais c’est difficile. Je préfère vous savoir vivants au-delà des jours.