Jusqu’où n’iront-il pas ?

« 

Fouquet : Quand la vanité mène tout droit au cachot

Quo non ascendum? », littéralement: « Jusqu’où ne monterai-je pas? » . Telle était la devise de la famille de Nicolas Fouquet dont le blason représentait un écureuil (amusant symbole de nos jours …si on peut dire).

Je ne sais pas si le Gouvernement actuel se pose la question mais il fait comme si …la seule notion de limite était devenue aussi floue que le floutage des visages de nos pandores réclamé par certains syndicats de policiers.

Et après tout, tout l’y invite, le confinement et cette violence qui n’existerait pas mais conduit un Jean-Luc Mélenchon à tweeter ceci. C’est dire.

Manifester paisiblement…un luxe de ma génération. Car la plupart des acquis sociaux, soigneusement détricotés depuis des années (notamment « socialistes »), l’ont été dans la confrontation sévère.

Ignorants de la réalité des chiffres – car plus on teste plus on trouve, mais qu’en conclure ? Les tests PCR ne valent que pour le jour où vous vous y êtes soumis et on ne sait pas grand chose de la durée de l’immunité quand vous avez contracté le Covid ou été en contact avec, donc un test sérologique subi au printemps ne veut peut-être plus rien dire – nous voilà définitivement infantilisés et emmurés.

D’ailleurs notre ministre de la santé avertit : « Le danger serait que vingt personnes (…) qui ont prévu de partager un repas pour Noël, décident de se faire tester et en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrières, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer, alors qu’en réalité, le virus est là et que le risque de transmission est réel ». En d’autres termes, la prévention ne reposerait pas sur un test négatif, mais plutôt sur le respect des gestes barrières. Devra-t-on manger, par exemple, dans des pièces séparées, soigneusement aérées, définies en fonction de notre vulnérabilité supposée, et, à quelques mètres les uns des autres, se souhaiter un bon Noël via nos smartphones. A quoi bon ? Autant organiser des festivités sur Teams ou Zoom !

De manière plus générale, qu’est-ce qui empêche un débat national sur la politique à tenir ? Voire même une réelle coordination des Etats de l’UE – à part le fonctionnement de l’UE elle-même mais on pourrait déroger, non ?

Noël en distanciel … Jean Castex ne s’y est pas risqué et je pourrais rendre visite aux miens. Mais, à y bien songer, on peut s’interroger sur cette sanctuarisation de ce jour dans un pays qui entend se proclamer définitivement laïc (quoi que dans l’Est, on fête davantage Saint Nicolas).

On me transmet, pour voir si certains articles peuvent concerner ma discipline professionnelle (droit social), le projet de loi confortant le respect des principes de la République,. Et je lis ceci dans ce que l’on appelle l’exposé des motifs :

« Tout au long de son histoire, notre République a su être à la fois intransigeante sur les principes et généreuse dans son action. Au fil des ans, patiemment, elle a rassemblé tout un peuple et, parmi ce peuple, mêmes ceux qui au départ lui étaient hostiles.

Notre République s’est construite sur des fondations solides, des fondements intangibles pour l’ensemble des Français : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation, la laïcité.

Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnée. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division.

Ce travail de sape concerne de multiples sphères : les quartiers, les services publics et notamment l’école, le tissu associatif, les structures d’exercice du culte. Il s’invite dans le débat public en détournant le sens des mots, des choses, des valeurs et de la mesure.

L’idéologie séparatiste a fait le terreau des principaux drames qui ont endeuillé notre communauté nationale ces dernières années. »

Bien, bien, le séparatisme visé est assez clair – côté, égalité et laïcité, on passe large sur les années Pétain dans l’historique, car nous n’étions plus « en République », n’est-ce pas ? Mais la rhétorique ne semble pas si lointaine.

Les associations cultuelles sont dans l’œil du cyclone du projet, en particulier fiscal, dans lequel on retrouve cet article, retiré (??) d’un autre projet de loi, et reformulé en bonne place qui dit ceci :

Après l’article 223‑1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. 22311. – Le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser, dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique, ou aux biens, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »

Voilà. Tout cela sera examiné mais pas franchement discuté ou l’inverse. On peut s’attendre, selon le schéma qui prévaut depuis les dernières élections législatives à ce qu’à l’ Assemblée nationale notre représentation lyophilisée vote favorablement en faveur de l’ensemble du texte sans trop d’état d’âme (à supposer qu’elle en ait jamais eu). Au sénat, peu de chose à craindre non plus.

Même chose sur la réforme des retraites qu’on pensait suspendue sinon enterrée …

La « stratégie du choc » Covid marche à plein.

Alors, je me dis que le quinquennat précédent qui a permis, en partie, l’avènement de tout ça, comptait une voix d’une dissonance souvent jubilatoire. Entendre Christiane Taubira moucher ce pauvre Ciotti … dont je me suis toujours demandée comment on pouvait voter pour lui … un plaisir. Macron s’en amusait aussi, alors, maintenant il braconne sur des idées « ciottistes brunisantes ».

Ainsi vont nos jours évidés.

Mauvaise presse

Douce France

Qui aurait cru que l’on serait vus comme ça ?

Jupiter a beau défendre sa politique notamment en matière de libertés publiques, dans les médias anglo-saxons en particulier, son image internationale est assez salement écornée par la presse étrangère.

La patrie des Droits de l’homme ne reconnait plus ses droits fondamentaux. La proposition de loi française controversée sur la sécurité globale semble incompatible avec le droit international des droits de l’homme et devrait être révisée en profondeur, ont déclaré jeudi des experts indépendants des droits de l’homme des Nations Unies.

https://news.un.org/fr/story/2020/12/1083642

Avant, en interne, la défenseure de droits, la ligue des droits de l’homme s’en étaient émus.

https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2020/11/proposition-de-loi-securite-globale-lalerte-de-la-defenseure-des-droits

https://www.ldh-france.org/loi-securite-globale-interpellez-vos-deputes/

Rien n’y fait, le pouvoir s’accroche à la rédaction d’un article en particulier, essayant de court-circuiter le Parlement au passage, quand tout le texte serait à revoir.

Je revois, toujours sidérée après 2 ans, toutes ces images de violences sur les réseaux sociaux.

L’article 12 de la déclaration des droit de l’homme de 1789 dit ceci : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée ».

Avantage de tous.

Alors, pour se justifier on nous ressort le vieil argument de la violence légitime …L’action des forces de l’ordre n’est pas légitime par essence. Elle l’est à mon sens lorsqu’elle est reconnue comme telle par le corps social. Où puise-t-elle sa légitimité de nos jours ?

Vaste question aurait peut-être répondu Mongénéral.

Des gens plongent dans la pauvreté, le chômage va fleurir (sic) comme jamais, Depuis des années le Gouvernement, pour stimuler l’investissement et l’emploi injecte, en pure perte, des milliards captés, en majeure partie, par les grandes entreprises (ce n’est pas moi qui le dit mais nombre de « petits »patrons eux-mêmes) qui les redistribuent à leurs actionnaires. Et licencient quand même. Violence encore.

Il me semble que l’on a été très loin dans l’acceptation du détricotage démocratique et social, à commencer par un Parlement qui, depuis des années, renonce à jouer pleinement son rôle, notamment, en habilitant de plus en plus souvent le Gouvernement à gouverner par ordonnance …(Pour en savoir plus et une préoccupante évolution de la doctrine du Conseil constitutionnel, cet article un peu technique ici : https://actu.dalloz-etudiant.fr/a-la-une/article/quelle-est-la-valeur-juridique-dune-ordonnance-non-ratifiee-apres-le-delai-dhabilitation/h/6ca42e09eefe5ea2c06b0bfbe8289323.html).

De ce point de vue ces derniers mois on été un festival « ordonnancier ». L’urgence est bonne fille et la Covid 19 a rouvert nombre d’inquiétantes boîtes …à Pandore (sic).

Pour sourire un peu. Elle fait partie de l’émission « Par Jupiter » sur France inter. Sa spécialité : faire parler les morts, via des montages d’extraits d’archives radiophoniques. Au menu d’hier « Quand VGE retrouve Chichi et Tonton » …dans l’au-delà s’entend.

https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-de-christine-gonzalez/la-chronique-de-christine-gonzalez-04-decembre-2020

Jean Castex n’existe pas

C’est la conclusion à laquelle je suis arrivée tant ce Gouvernement me paraît en roue libre. B. Le Maire joue sa partition financière, G. Darmanin continue ses provocations et J.M Blanquer de détruire l’enseignement public. Je dis cela parce que beaucoup d’enseignants autour de moi, loin d’être novices, jettent l’éponge. Basta Blanquer

Au fond, c’est assez fascinant ce quinquennat qui savonne à tout va. Si, si.

Cerise sur le gâteau, la proposition de J. Castex – qui entend faire réécrire l’article 24 de cette fichue proposition de loi sur la sécurité globale par une commission idoine – déclenche l’ire de Gérard Larcher. C’est dire.

Ce n’est pas le seul article 24 de ce texte, tout bien examiné, qui a besoin d’être gommé … mais tout le texte.

Qu’un premier ministre ait pensé faire modifier une proposition de loi, d’origine parlementaire, donc, par une commission « commissionnée » pour cela sous le nez des parlementaires fait douter de sa perspicacité constitutionnelle (au point que je me demande ce que l’on apprend vraiment à l’ENA à part l’arrogance). A quoi servent nos députés et sénateurs ? Réponse jupitérienne : à ce qui nous plait.

Et voilà notre Jeannot, qui paraît toujours aussi décalé, essayer de faire entendre une voix dont les ministres précités (liste non exhaustive), se balancent ouvertement.

Un autoritarisme est en place qui nous réduit à quia.

What else ? L’après-Covid n’aura pas le sourire charmeur de Georges Clooney et le présent nous vaut déjà une jolie réputation d’illibéralisme pas usurpée pour être franche.

2022, réfléchissez. plutôt 2 fois qu’une.

Virus en tous genres

Commençons par la santé …

Qui gagnera la course au vaccin ? La question est devenue essentielle tant la déontologie des laboratoires est plus tournée vers leur santé financière que celle des individus. A preuve, le bond de la valeur des actions des Pfizer et autres Moderna … sans oublier Sanofi, alors que ne filtrent finalement qu’assez peu de données ou du moins pas assez pour convaincre tout un chacun. Sûr à 90 %, 94 % , 94,5, 95 % qui dit mieux ? On n’a rien vu mais c’est déjà (presque) vendu en haut-lieu (voir les déclaration d’ O.Véran sur l’acquisition de super- congélateurs : https://www.huffingtonpost.fr/entry/covid-19-vaccin-olivier-veran-commande-des-super-congelateurs_fr_5fae700dc5b6b363336982b3), voire peut-être sur-vendu (lire cet article assez édifiant, pour ceux qui y sont abonnés, du Canard enchaîné : https://abonnement.lecanardenchaine.fr/site/lce/default/fr/compte/liseuse.html?pucId=6988&number=5219#3). Condamnés à surenchérir les labos? Nous voici spectateurs sans jumelles d’un vrai turf vaccinal (et pendant ce temps du côté des traitements ? ). Croyez-vous que nous les intéressons? Peut-être, à condition d’avoir quelques moyens.

Cette vidéo a plus de dix ans et n’a pas pris une ride.

Et côté sécurité ?

Sécurité globale prétend-t-elle. Cette proposition de loi, que le ministre de l’intérieur reprend à son compte, et dont le flou des termes n’a d’égal que le floutage réclamé des visages des policiers, penche plutôt vers la muselière. C. Castaner n’avait pas la parole aussi performative que celle de son successeur (question de phrasé sans doute), et, soyons indulgente, peut-être lui restait-il de ses années kéké un vague fond de conscience limbique. Rien de tout ça chez Gerald Darmanin qui me donne l’impression d’être un pas drôle du tout dans une sorte de toute puissance (d’autant que ni Jupiter, ni Castex ne semblent le recadrer véritablement) découvrant son jouet. Pas d’état d’âme, pas de conviction (perte de temps), sa parole ne vaut que le temps d’être exprimée. Son seul intérêt ? Sa minuscule et toxique personne ; pour le reste l’opportunisme comme seule règle et le mensonge détendu comme vecteur.

Pourquoi certaines personnes suscitent -t-elles chez moi un dégoût aussi viscéral ? Parce que. C’est peut-être Christiane Taubira qui l’exprime le mieux.

Le ministère de l’intérieur est un poste éminemment stratégique qui permet, outre de surveiller beaucoup, y compris l’Elysée, de se constituer un épais carnet d’adresse et de réseaux jouables, aujourd’hui comme demain, comme des jetons, sur un tapis … qui n’a rien de vert. La liste des ministres Beauvidiques de la Ve République n’est pas réjouissante et, n’en déplaise à son actuel occupant (qui s’en tamponne), vire au brun assez soutenu.

G. Darmanin « vie de jeune homme » a le culot d’acier d’une petite frappe – ce qui est assez compatible avec le fait d’évoluer maintenant au milieu des cognes. Nous glissons sournoisement dans un « droit gazeux » enguirlandé de numéros verts, où les questions-réponses ministériels censés vous orienter changent périodiquement sans que vous sachiez où se niche la modification – à moins d’avoir une bonne imprimante, de l’encre, beaucoup de papier ou une mémoire visuelle performante – , où les circulaires annoncent les textes à venir, et où les forces de l’ordre, par exemple, se croient légitimes à appliquer d’ores et déjà, les principes d’une proposition de loi contestable, et contestée, pas seulement dans l’hexagone, en cours d’examen au Parlement.

Bilan,

Sécurité renforcée ici, flou partout et confinement opportun, sans compter un hôpital public qu’on continue à lessiver comptablement.

La Covid 19 nous met sous le nez à quel point l’on ne sait plus vivre en ce monde et marche sur la tête.

Prochain épisode : le projet de loi « confortant les principes républicains » censé permettre de lutter contre le séparatisme (enfin surtout un), lire ici ce qu’il contient … en attendant les amendements parlementaires macronistes ou Les Républicains qui ne devraient pas décevoir tant la surenchère paraît être leur « must » en ces matières.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/19/laicite-ce-que-contient-le-projet-de-loi-sur-les-principes-republicains_6060354_3224.html

Misère. Misère.

C’est agaçant

J’ai 63 piges et devinez ce qui revient le plus souvent sous l’onglet « promotion » de ma boîte mail :

« Et si vous pensiez à préparer votre retraite ? » (j’y pense, j’y pense très sérieusement)

« Investissez dans un Ehpad  » (franchement non : pas envie de me faire des sous sur la maltraitance des résidents et du personnel).

Souvenirs, souvenirs

Une amie par WhatsApp attire mon attention sur une actualité assez peu relayée chez nous …ou alors je ne lis pas les bons journaux ou ne fréquente pas les bons sites : la grève de la faim du député européen Pierre Larrouturou pour la création d’« une vraie taxe sur les transactions financières (TTF), qui rapporterait 57 milliards d’euros par an et permettrait de rembourser le plan de relance européen [de 750 milliards d’euros], tout en finançant la santé et le climat » ».

Deux articles cependant lui sont consacré dans le journal Le Monde dont un publié hier (12/11). A Bruxelles l’initiative « agace, voire exaspère, y compris dans son camp », raconte Le Monde, « Il faut dire que ce n’est pas vraiment la culture maison : au Parlement européen, il s’agit de forger des majorités par le compromis et, il faut le rappeler, les sociaux démocrates n’ont pas gagné les élections européennes ; quant aux sociaux démocrates français, ils n’ont remporté que six sièges… Qui plus est, Pierre Larrouturou a commencé sa grève de la faim alors qu’une équipe d’eurodéputés négociait avec le Conseil qui représente les Etats membres, sur le prochain budget communautaire (2021-2027), et notamment sur la question de l’introduction d’une TTF. Une équipe au sein de laquelle son groupe politique est représenté et dont il ne fait pas partie, contrairement à ce qu’il laisse entendre. » Personnellement, je ne sais qu’en penser : l’homme m’est plutôt sympathique mais semble-t-il pas toujours facile à côtoyer. Sincérité ? Pour mettre la pression sur les négociateurs ? Ou opportunisme pour rattraper une lumière qui le fuit ?

L’introduction d’une TTF …le sujet n’est pas nouveau et me rappelle cette journée à Lille en juin 1998 où se formalisa la création de l’ Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (Attac).

Peu de temps auparavant dans le Journal Le Monde Diplomatique, l’éditorialiste Ignacio Ramonet, constatant que la mondialisation financière avait créé son propre État (sic), complètement hors de toute société, avec une tendance à désorganiser les économies nationales, avait relancé l’idée d’établir une taxe sur toutes les transactions financières, la taxe Tobin du nom de celui qui l’avait suggéré …en 1972. Il s’agissait alors, dixit Madame Wikipédia, avant tout de limiter les effets néfastes des spéculations à court terme dans le cadre du système des changes flottants afin de prévenir une crise économique grave. Dans l’idée d’Ignacio Ramonet le produit de cette taxe devait financer des projets de développement écologique et social.

Pour cela, il proposa de mettre en place une organisation non gouvernementale, l’« Association pour une taxe Tobin d’aide aux citoyens (Attac) », qui ferait dans tous les pays la promotion de l’idée de cette taxe. Ainsi fut fait. Depuis, l’acronyme Attac a été un peu modifié et l’organisation s’est développée hors de nos frontières et de ses objets premiers et s’intéresse aujourd’hui à tous les aspects des conséquences du néolibéralisme voire de sa branche rigide : l’ordolibéralisme cher, notamment, au sein de l’Union, à W. Schaüble.

Mais sur la taxe, il me semble que nous n’avons pas tellement avancé alors même que des milliards se baladent chaque jours au – dessus de nos têtes. La situation économique, sociale et climatique à laquelle l’actualité ajoute le sanitaire mériterait qu’on s’y arrête sérieusement. Mais je doute de voir un jour son avènement…ou alors sous une forme light.

L’époque a des pudeurs de violette face à la richesse.

Rien à voir.

Le Bataclan, les terrasses, le carnage de ce 13 novembre 2015 que je n’ai appris que le lendemain… Je me souviens de cette amie photographe qui préparait une exposition dans une petite galerie du quartier et qui me raconta qu’en entendant les coups de feu, le galeriste avait baissé son rideau et qu’elle et les personnes qui l’aidaient dans sa mise en place avaient passé la nuit tétanisés dans le local. Certains trouveront peut-être cet hommage visuel un peu convenu mais tant pis. L’histoire récente nous apprend que la cote de ce signe (qui rassemble ici les noms des victimes) symbole d’années plus insouciantes est au plus bas.

Rien à voir encore.

Je ne peux pas m’empêcher de trouver Jean Castex caricatural (cela na rien à voir avec sa diction ou son accent, c’est juste une impression générale que cet homme relève d’un style complètement décalé par rapport aux urgences de ces derniers mois). Il faut dire que, au-delà d’un déconfinement contestable, la photo de presse le dessert souvent, telle celle-ci qui me fait penser au sketch de Raymond Devos sur le type qui n’a rien à dire mais qui veut que cela se sache.

En illustration, d’un article du journal le Monde titré « Être fonctionnaire, un métier qui n’attire plus la jeunesse », on peut voir ceci :

Je ne sais pas vous mais je trouve une certaine ressemblance entre le protagoniste de la photo et celui du dessin…

Un quotidien attesté, une raison perdue

Les choses ont encore évolué depuis. Mais ce jour-là, c’était mon sentiment. J’en peux plus.

Me voilà en congés confinés à nouveau. Je me signe des autorisations de sortie pour l’essentiel alimentaire et ma santé.

L’avantage du premier confinement était le silence -les chantiers étaient à l’arrêt et les voitures furtives- et le bruit des oiseaux. Depuis le déconfinement en mai, c’est un festival de décibels en face et en dessous de chez moi. On bâtit ici un centre culturel et l’on refait sous mes fenêtres des trous que l’on avait fait et rebouchés il y a deux mois. Plus loin dans les rues c’est une orgie d’échafaudages de ravalement d’immeubles. Il y a des palissades partout au point que l’on ne sait plus où marcher. Magnifique cette conjonction de limitation d’horizon. Le confinement combiné aux bâches. La nuit presque tout le temps.

Me voilà donc reconfinée dans le bruit incessant. Comme si l’enfermement seul, les pétages de plomb du ministre de la santé à l’Assemblée nationale et les inconséquences du ministre de l’éducation sans compter un premier ministre caricatural pour rester sobre ne suffisaient pas à rendre marteau (piqueur), voilà que s’invitent aussi les élections américaines.

Depuis des jours D. Trump trompetait sur la fraude au votes par correspondance, sur une victoire par avance volée. La toxicité du personnage étant élevée, pas difficile d’envisager qu’il mette les US en plein chaos d’ici l’investiture de Biden en janvier si ce dernier l’emporte à la Pyrrhus ( ce qui n’est pas garanti à l’heure de ce billet).

Pour se donner une idée de la dinguerie dans laquelle ce pays vit (le seul truc qui m’amuse est ce type qui passe derrière elle « marxisant » façon Groucho la vidéo) :

On est mal, on est mal. Il est peut-être temps, européens, de songer plus spécifiquement à nous. On en fait quoi de cette construction brinquebalante ?

J’imagine qu’ailleurs, à Pékin surtout, on s’amuse de ce grand guignol occidental suicidaire. Il paraitrait même que cette covid qui nous vaut ce deuxième confinement ne serait pas exactement celle de ce printemps …

Et pourtant les rayons cosmétiques sont fermés.

Une stratégie en accordéon serré

Accordéon Banque D'Images Et Photos Libres De Droits - 123RF

Nous voilà revenus au point mars. On sentait assez dans les interstices des allocutions gouvernementales cette même ambiguïté : je la joue immunité collective ou pas ?

Un poker sur la santé sur fond de chantage économique.

Que privilégier ?

La situation hospitalière plus que tendue a eu raison de la procrastination. Ne pas croire qu’on a augmenté les lits en réanimation, ce sont des lits pris ailleurs. Souvenez-vous, les bed managers dont se glorifiait Agnès Buzyn.

Pour le reste, rien ne change. Ce sera l’économie first. Le social, démerdez-vous, mais travaillez, surtout chez vous, en attendant que l’Allemagne et les pays dits frugaux s’inquiètent suffisamment à leur tour pour envisager d’autres options économiques que l’offre, l’offre et la consommation à perte de vue, le fric balancé à l’aveugle, sans considérer véritablement la pauvreté qui gonfle et sans voir qu’on fait n’importe quoi écologiquement.

Pourquoi cette impression que rien ne bouge et n’est vraiment réfléchi parce que l’opportunité financière est devenue une affaire de seconde ici, de quelques jours là ?

Les librairies indépendantes ferment mais les services amazon et fnac restent ouverts.

L’argent toujours.

Cette deuxième séquence ouvrira-t-elle les yeux sur la faillite de ce modèle qui nous conduit, virus aidant (sic), à une absence de vie sociale ? de vie tout court ?

« Antoinette  » est un délicieux restaurant levalloisien à tous points de vue, qu’il s’agisse de la cuisine, de l’environnement ou du personnel. Depuis son ouverture en septembre, nous sommes nombreux dans l’entreprise à y avoir pris nos habitudes. Et c’est bien le souci : récent, l’estaminet n’a pas eu le temps de « draguer » l’autochtone levalloisien et ne peut pas se rabattre, comme son compère La Maiella, institution presque Balkanyque, tant l’ancien maire y faisait escale, sur la vente à emporter et survivre.

Même dilemme pour « The daily », un petit japonais en bas de chez moi.

Le télétravail en vidant les locaux professionnels les réduisent à quia.

Il n’est pas évident de construire un réseau à partir d’un service de livraison à domicile que l’on a pas et faire appel aux plateformes connues (Deliveroo ou Uber eats, par exemple) ne doit pas être gratuit (sic encore).

Alors de ma fenêtre, devenue lugubre avec le raccourcissement de la durée du jour, je songe à ces gens-là qui ont pris des risques que je n’aurais jamais osé prendre même en période plus faste.

Pour ne rien arranger, sur le front de la laïcité et de la religion, le bordel est total et meurtrier et, sous cet angle, le retour médiatique hexagonal de Manuel Valls n’a rien d’une bonne nouvelle. On devrait suggérer à Ada Colau de l’occuper sur Barcelone … mais à quoi ? Parce que, pour paraphraser Pagnol, ce n’est pas que cet homme n’est bon à rien, c’est qu’il est mauvais en tout. Et d’ailleurs, pourquoi lui faire toute cette place alors qu’il a quitté son mandat parlementaire sans état d’âme pour se rapprocher de ses « racines » catalanes ? Ceux qui n’ont vraiment honte de rien me sidèrent. Et lui, à mes yeux, est une sorte de cador dans le genre.

Selon AssuranceCastex  » le meilleur moyen de soulager l’hôpital c’est de ne pas tomber malade ». Mais qui l’a mis dans cet état de tension et de dépression cet hôpital avec sa T.2A misérablement comptable ? Le même. Comme quoi détruire ou échouer n’est pas un obstacle à la promotion.

Pour revenir à l’accordéon, nous sommes, sur le plan des libertés et de l’espérance, en période de compression sévère.

Je ne vois pas dans l’immédiat ce qui pourrait desserrer le nœud même si ce qui se passe au Chili ou en Bolivie m’allège l’humeur.

Est-ce ainsi que les hommes composent et leurs baisers proscrits… suivent-ils ?

J’ai choisi ça parce que je l’espère …

Pour le reste…

On pourra me taxer de paresse, mais sur les caricatures et l’assassinat de Samuel Paty, j’ai envie de partager ce texte de Delphine Horvilleur qui dit mieux que je ne saurait dire.

Penser contre soi

« Le jour où j’ai appris la mort de Samuel Paty, l’assassinat d’un enseignant parce qu’il avait « osé » pour enseigner la liberté d’expression, montrer à ses élèves des caricatures de Mahomet, j’ai posté sur les réseaux sociaux une caricature. J’ai choisi parmi tant d’autres une vieille couverture de Charlie. On y voit trois rouleaux de papier toilette, qui déroulent l’enseignement des trois monothéismes, avec pour titre grossier « Aux chiottes toutes les religions ! ». Si la plupart des gens ont compris ce que je cherchais à exprimer par la reproduction de ce dessin de Cabu, la réaction de certains m’a invitée à réfléchir. Entre les messages d’athées militants qui me congratulaient : « Bravo ! Quel courage pour un rabbin d’admettre enfin la vérité ! » et ceux de croyants offusqués qui me disaient : « Eh ben bravo ! Quel honte pour un rabbin de cracher ainsi sur toutes les religions ! », la confusion était finalement la même : les uns et les autres pensaient que « j’étais ce que je postais… ». Ravis ou choqués, tous avaient lu ce post au premier degré. Aucun d’eux, cinq ans après janvier 2015, ne percevait apparemment la différence entre le message littéral d’une caricature, (auquel on peut individuellement adhérer ou pas) et le devoir collectif de lutter pour son absolue légitimité dans l’espace public, quelle que soit notre croyance. Alors voilà comment, en 2020, nous devons encore le dire : une société libre garantit à chacun la possibilité de penser, de rire, et de « poster » contre soi. Cela implique d’accepter pour réfléchir de s’offusquer et de se faire violence. Tout débat qui nous élève fait violence à nos idées, précisément pour ne pas faire violence à des hommes. La différence est assez simple. Elle passe par la distance critique et par l’auto-dérision. Et peu importe en quoi on croit, elle dit toujours en substance : « Aux chiottes le premier degré ! ».

Réfléchir, être curieux …

Je me souviens avoir écrit, il y a quelques billets, tout l’ espace de curiosité dont un enfant peut rêver que m’ont donné mes parents.  Les voyages à l’étranger d’abord. Très tôt. Et puis cette école primaire où ils m’inscrivirent, fruit d’un projet mûri par deux sœurs qui voulaient ouvrir au monde tous les gamins que nous étions  : les différences religieuses (nous avions des conversations autour de ce thème : il n’y avait pas d’imams encore mais, pour les avoir côtoyées longtemps, bien après avoir quitté l’école, je pense que les fondatrices les auraient inclus à côté des prêtres, pasteurs et rabbins que nous rencontrions), le handicap, la nature (l’école se trouvait à quelques kilomètres de Bordeaux en plein bois) : tout était là à portée d’yeux et d’oreilles. Une sorte de phalanstère écolier, que je sublime sans doute, mais pas tant que ça quand je regarde l’état de l’école aujourd’hui.

J’y appris le partage et la mort aussi.

Celle d’un petit camarade victime d’une leucémie puis celle de notre maitresse sur une piste de ski. J’ai un souvenir aigu des deux, le petit garçon discret et un peu rond et celui d’une femme sèche qui me faisait peur au point que j’ai commencé à me ronger les ongles.

Une mort, tenue au loin, n’a pas d’emblée vraiment d’existence (sic), du moins à l’âge que j’avais. Le manque, lui, oui, s’impose. A des degrés divers, on n’y échappe pas. Alors, on compose, on « résilience ». Je ne sais pas comment j’ai fait : en niant qu’on puisse mourir à 8 ans ? En me disant que la remplaçante de ma maîtresse avait plus d’affection pour nous ?

Assommé, on sent parfois coupable de ne pas être triste ou de ne l’être pas assez. Ou d’être jugé comme indifférent …je me souviens aussi du film de Luigi Comencini : L’incompris.

L’assassinat de Samuel Paty me ramène à ces sentiments et moments là …

La télé et l’info spectacle sur l’évènement ont fait buzzer une vidéo et livré un gamin à découvert sans se poser de questions.

Où est la réflexion ?

Où va-t-on là ?

Que nous reste – t-il de vie sociale ?

Peu, voire pratiquement rien d’humain et de chair, à moins de vivre hors couvre-feu et zone écarlate. Et encore.

La mondialisation s’accommode sans scrupules de l’aliénation intégrale de ses sujets.

Travaillez, travaillez, travaillez bonnes gens, il n’y a que ça qui vaille.

Je poste aussi la photo de cette sculpture là dont je n’ai pas noté l’auteur, parce qu’elle me semble crier aujourd’hui

Doigt d’honneur

Le jour de la fête de la musique Patrick Balkany, libéré de prison pour raisons de santé, fort amaigri il est vrai, se déhanchait sur un tube de Bosh « Djomb » (???) sous le regard des Levalloisiens et de son épouse Isabelle.

La chorégraphie post-Covid Trumpienne est plus statique et son choix musical, assez daté (ce tube des Village people date de 1978), est un peu curieux.

La mise du groupe à l’époque (il n’existe plus aujourd’hui) – un chef indien, un agent de police, un soldat, un cow-boy, un ouvrier du bâtiment et un motard tout cuir – constituaient à l’époque, si j’en crois cet article du journal Le Monde, « une référence directe aux clubs new-yorkais gay sadomasochistes. »

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/08/07/village-people-un-boys-band-aux-origines-francaises_6048332_4500055.html

Que viennent-ils faire dans les meeting d’un individu pas franchement porté sur les différences ?

Pourquoi faire le lien entre Balkany et Trump ?

Parce que rescapés, le premier de la taule, le second du Covid, ils doivent leur « traitement » (dans tous les sens du terme) à leur statut et/ou leur position sociale (comme bien d’autres il est vrai) et nous adressent un doigt d’honneur sous nos applaudissements.

Dans un article assez récent sur Médiapart, le journaliste François Bonnet s’interrogeait sur le fait qu’il fallait désormais s’habituer à vivre avec une Amérique de «cinglés».

https://www.mediapart.fr/journal/international/131020/vivre-avec-une-amerique-de-cingles

Ce qui ressemble à l’injonction de « vivre avec le virus » de nos gouvernants hexagonaux.

Pour moi, je me demande si le problème n’est pas de vivre dans un monde de zinzins qui tendent à réduire l’individu à sa seule fonction productive et/ou consumériste. N’en déplaise à Jean Castex et Jupiter, les relations sociales, si nécessaires à notre équilibre et dont nous avons été privés pendant 7 semaines au printemps, ne se construisent pas seulement au travail et dans les supermarchés. Et produire, produire, produire, dans un monde dont les ressources diminuent, sous fouet covidique renouvelé au quotidien, un monde qui a peut-être réalisé qu’il n’avait peut-être pas besoin de tout ça mais de ça, ne semble plus avoir de sens

A moins que l’essentiel ne soit de redonner de l’appétit pour le superflu …pour ceux qui en ont les moyens et le bonheur des actionnaires (c’est sans doute ça).

Je n’ai jamais cru à l’aggiornamento économique vaguement esquissé pendant le confinement mais j’espérais quand même que quelques leçons seraient tirées. Que nenni, rien, nada, comme quoi un QI à 130 (ou plus) ne rime à rien sans empathie aucune.

De l’air !

Image

Série « 1999 » à la fin des années 70. Des équipages choisis parmi des gens très qualifiés, qui voyagent sans fin en jersey gradés (jaune, rouge, bleu …je ne me souviens plus qui étaient les plus « capés ») uniformes. On ne sait pas trop ce qu’il mangent ou boivent (du recyclé bio breveté ?), comment ils continuent de voguer dans l’espace ni pourquoi ils (l’humanité en réalité) en sont là.

Peut-être sommes nous en train de prendre un chemin également erratique sur le plancher des vaches. Prenez l’air …par exemple.

Il est dégueulasse à peu près partout et à ce seul titre les masques ont leur utilité au point de se demander si avec l’aérosolisation (je ne sais pas comment on dit) prouvée de la transmission du virus Covid … on ne va pas finir par trouver des vertus au voile sous toutes ses formes et (presque) des justifications (« séparatisme » inclus ?). Je plaisante bien sûr…

Parmi les préconisations médicales anti-Covid 19, il y a celle d’aérer. A tout prendre il me semble qu’il faudrait surtout préalablement aérer la pensée globale du Gouvernement, trop confinée pour être efficace.

Prenons la situation éducative.

L’encombrement des amphis n’était pas un mystère.

De ce point de vue, le Gouvernement n’a jamais été prêt été en quoi que ce soit. Quand le voisin italien embauche des professeurs pour faire face au problème … on réduit la « jauge » (joli mot pour désigner les étudiants … j’ironise bien entendu) sans moyens supplémentaires.

Au niveau ministériel, il semble que l’on aie perdu de vue la notion de mètres carrés, du niveau de nombre d’étudiants à cette aune, du niveau de ventilation des salles pour assurer un air à peu près sain.

Au corps enseignant de se débrouiller.

En somme on a tellement anticipé qu’on est en retard sur tout.

Pendant ce temps là on bricole industriellement et on brade aussi sur tout. Dernier avatar :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/061020/suez-veolia-la-journee-des-dupes

Le « capitalisme humaniste » soudainement révélé à Bruno Le Maire pendant le confinement – et aussi soigneusement « interprété », pendant tout ce temps, entre autres, par Alexis Kholer – a vécu avant d’exister.

Comment dire, je ne me suis jamais attendue à une quelconque réelle créativité de ce petit monde issu d’un creuset unique. Juste une servilité tantôt bonhomme tantôt passablement hypocrite. Mais pas à une telle nocivité.

En passant ….

Je ne sais pas combien d’argent public aura coûté la carrière de Pierre Moscovici au contribuable mais il est emblématique de ce pôle emploi endogamique qui fait que l’on voit recyclés presque à l’infini des élèves de grandes écoles formatés à des postes où ils ne feront rien d’utile pour la communauté mais pas sans profit pour certains.

Il paraît que la musique adoucit aussi l’humeur alors quelques notes légères pour conclure.