«

Quo non ascendum? », littéralement: « Jusqu’où ne monterai-je pas? » . Telle était la devise de la famille de Nicolas Fouquet dont le blason représentait un écureuil (amusant symbole de nos jours …si on peut dire).
Je ne sais pas si le Gouvernement actuel se pose la question mais il fait comme si …la seule notion de limite était devenue aussi floue que le floutage des visages de nos pandores réclamé par certains syndicats de policiers.
Et après tout, tout l’y invite, le confinement et cette violence qui n’existerait pas mais conduit un Jean-Luc Mélenchon à tweeter ceci. C’est dire.

Manifester paisiblement…un luxe de ma génération. Car la plupart des acquis sociaux, soigneusement détricotés depuis des années (notamment « socialistes »), l’ont été dans la confrontation sévère.
Ignorants de la réalité des chiffres – car plus on teste plus on trouve, mais qu’en conclure ? Les tests PCR ne valent que pour le jour où vous vous y êtes soumis et on ne sait pas grand chose de la durée de l’immunité quand vous avez contracté le Covid ou été en contact avec, donc un test sérologique subi au printemps ne veut peut-être plus rien dire – nous voilà définitivement infantilisés et emmurés.
D’ailleurs notre ministre de la santé avertit : « Le danger serait que vingt personnes (…) qui ont prévu de partager un repas pour Noël, décident de se faire tester et en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrières, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer, alors qu’en réalité, le virus est là et que le risque de transmission est réel ». En d’autres termes, la prévention ne reposerait pas sur un test négatif, mais plutôt sur le respect des gestes barrières. Devra-t-on manger, par exemple, dans des pièces séparées, soigneusement aérées, définies en fonction de notre vulnérabilité supposée, et, à quelques mètres les uns des autres, se souhaiter un bon Noël via nos smartphones. A quoi bon ? Autant organiser des festivités sur Teams ou Zoom !
De manière plus générale, qu’est-ce qui empêche un débat national sur la politique à tenir ? Voire même une réelle coordination des Etats de l’UE – à part le fonctionnement de l’UE elle-même mais on pourrait déroger, non ?
Noël en distanciel … Jean Castex ne s’y est pas risqué et je pourrais rendre visite aux miens. Mais, à y bien songer, on peut s’interroger sur cette sanctuarisation de ce jour dans un pays qui entend se proclamer définitivement laïc (quoi que dans l’Est, on fête davantage Saint Nicolas).
On me transmet, pour voir si certains articles peuvent concerner ma discipline professionnelle (droit social), le projet de loi confortant le respect des principes de la République,. Et je lis ceci dans ce que l’on appelle l’exposé des motifs :
« Tout au long de son histoire, notre République a su être à la fois intransigeante sur les principes et généreuse dans son action. Au fil des ans, patiemment, elle a rassemblé tout un peuple et, parmi ce peuple, mêmes ceux qui au départ lui étaient hostiles.
Notre République s’est construite sur des fondations solides, des fondements intangibles pour l’ensemble des Français : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation, la laïcité.
Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnée. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division.
Ce travail de sape concerne de multiples sphères : les quartiers, les services publics et notamment l’école, le tissu associatif, les structures d’exercice du culte. Il s’invite dans le débat public en détournant le sens des mots, des choses, des valeurs et de la mesure.
L’idéologie séparatiste a fait le terreau des principaux drames qui ont endeuillé notre communauté nationale ces dernières années. »
Bien, bien, le séparatisme visé est assez clair – côté, égalité et laïcité, on passe large sur les années Pétain dans l’historique, car nous n’étions plus « en République », n’est-ce pas ? Mais la rhétorique ne semble pas si lointaine.
Les associations cultuelles sont dans l’œil du cyclone du projet, en particulier fiscal, dans lequel on retrouve cet article, retiré (??) d’un autre projet de loi, et reformulé en bonne place qui dit ceci :
Après l’article 223‑1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1‑1 ainsi rédigé :
« Art. 223‑1‑1. – Le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser, dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique, ou aux biens, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
« Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »
Voilà. Tout cela sera examiné mais pas franchement discuté ou l’inverse. On peut s’attendre, selon le schéma qui prévaut depuis les dernières élections législatives à ce qu’à l’ Assemblée nationale notre représentation lyophilisée vote favorablement en faveur de l’ensemble du texte sans trop d’état d’âme (à supposer qu’elle en ait jamais eu). Au sénat, peu de chose à craindre non plus.
Même chose sur la réforme des retraites qu’on pensait suspendue sinon enterrée …
La « stratégie du choc » Covid marche à plein.
Alors, je me dis que le quinquennat précédent qui a permis, en partie, l’avènement de tout ça, comptait une voix d’une dissonance souvent jubilatoire. Entendre Christiane Taubira moucher ce pauvre Ciotti … dont je me suis toujours demandée comment on pouvait voter pour lui … un plaisir. Macron s’en amusait aussi, alors, maintenant il braconne sur des idées « ciottistes brunisantes ».
Ainsi vont nos jours évidés.









