Ce blog n’est pas prémédité. Je ne planifie rien. Parfois les horizons me fatiguent, alors j’écris au plus près : sur des personnes qui m’ont marquée, sur du présent, du banal, et, quand ils me viennent, sur des imaginaires …qui n’en sont pas tout à fait, car on ne se défait jamais complètement de soi. Tout cela manque peut- être un peu d’unité, n’est pas d’airain. Cela zigzague, hésite, revient, repart. C’est comme ça. Le plus délicat est la distance car, si je ne rechigne pas à partager des émotions, l’intime reste une autre chose dont je n’ai pas envie de parler ici. Alors baladez-vous sur ce flou, si l’écriture vous en dit !
Au bout d’une semaine mouvementée me voilà en vacances. Et pour longtemps. Pour la première fois depuis que je travaille, je vais prendre 4 semaines pleines d’affilée. Jusqu’ici je prenais juste un petit acompte en juillet et m’accordais une pause plus substantielle hors périodes de vacances scolaires. Mais notre service des ressources humaines – ce côté ressource n’est qu’une des faces de notre condition salariale, l’autre étant de constituer une charge – notre service des ressources humaines, donc, nous oblige depuis cette année de caser 4 semaines de congés entre juin et fin septembre …. ce qui ne cadre pas du tout, mais alors, du tout avec notre charge de travail estivale. Il a fallu caler bien plus tôt les détails de certaines tâches et le mois d’août est complètement sinistré : nous serons au mieux 6 sur 22. Quand on sait que les textes vicelards en matière sociale surgissent souvent pendant cette période… (je me souviens de certain décret Baladurien allongeant la durée d’activité pour prétendre à une retraite à plein taux sorti à la mi…aou)
Enfin, carpe diem.
Mais je suis une vieille grincheuse. J’aime m’installer dans mon statut vacancier. Surtout quand le voyage s’annonce lointain et c’est le cas : direction Irkoutsk et le lac Baïkal pour 2 semaines pour commencer.
Points forts du voyage résume la fiche technique :
• Irkoutsk, capitale de la Sibérie orientale • Découverte en bateau du lac Baïkal depuis Listvianka • L’île d’Olkhon : Koujir et le rocher du Chamane • Oulan-Oudé, capitale de la Bouriatie et visite du datsan d’Ivolguinsk
Après quelques inquiétudes sur le maintien du voyage, liées à l’annonce de graves inondations dans la région, j’ai appris que le sinistre se situait à 400 kms de mes lieux de vadrouille collective. Nous, européens, n’avons aucune idée de l’espace.
Voilà des lieux qui devraient favoriser un intense désintérêt pour les basses affaires courantes chez nous. L’inconscience alliée au cynisme chez certains de nos représentants et gouvernants m’étonnera toujours…
Quand je serai de retour, l’amateur de homard et de grand crus Rugy, du temps où il était à l’hôtel de Lassay, ne sera peut-être plus à son poste. Les journalistes sont méchants. qui distillent leurs informations au compte-goutte. Un vrai supplice. Chaque jour devient un peu plus lourd et pesant car le moins que l’on puisse dire est que notre ministre épinglé ne semble pas bénéficier du même paratonnerre que M. Benalla (au fait que devient-il ? Toujours en tractations africaines ?).
Pas fâchée de partir donc, pour oublier tout ça et ce qui risque de nous tomber sur le nez en août (je parle des textes qu’on tente de faire passer en loucedé). Mais comme d’ habitude demain je n’aurai plus envie de bouger – la perspective d’un voyage long avec escale … ce que je crains toujours dès lors que l’avion de départ prend du retard….
Une vieille grinche, vous dis-je.
PS : je ne sais pas trop quel seront mes possibilités informatiques aussi ce blog prend quelques quartiers …d’été.
« TeachAdvisor est un nouveau site qui permet de donner son avis sur les enseignants, les comparer et ainsi mieux choisir la future école de son enfant ».
Trouvé sur un site qui se pique « de raconter l’actualité de l’école à travers des articles parodiques, des photos envoyées par la communauté et des interviews de personnalités », nul doute que c’est un faux.
Passage en revue de quelques commentaires, inventés de toutes pièces, même s’ils ne sont pas complètement improbables.
Tout cela sent assez la plaisanterie (grinçante). Quoique. En pleine discussion de la loi Blanquer pour « une école de la confiance » où s’exprime la nette manie évaluatrice et classifiante dès la maternelle du ministre, la parodie, qui charrie en creux, quelques solides préjugés (un bon prof est un prof qui ne s’absente pas, même pour maladie, et qui suit scrupuleusement les programmes), et quelques travers parentaux, n’en est peut être pas tant une finalement. Version enseignante du site tripadvisor, elle traduit une vision devenue presque consumériste de l’enseignant. Parmi les commentaires sur le site figurant sous les avis frelatés ci-dessus, j’apprends que ce type de plateforme a déjà existé chez nous de manière éphémère (https://www.note2be.com où les élèves pouvaient noter leurs professeurs) et est une réalité ailleurs (https://ratemyteachers.com).
Nous sommes tous évalués mais pas de manière publique ou plus exactement publique et individualisée.
Je me souviens, durant mes années de collège et de lycée avoir comme les autres « noté » mes professeurs mais cela restait artisanal et surtout oral. Là nous rentrons dans l’industriel.
Je ne sais pas pourquoi j’ai tiqué sur ça alors qu’il y a plus problématique en ce moment. L’injonction à la notation est partout à propos de tout et il n’est pas dit du tout que teach advisor ne voie pas effectivement le jour et ne devienne le défouloir que son prototype annonce si on ne lui accole pas une charte des commentaires comme pour les journaux.
Du côté des professeurset du ministère
La lutte contre les projets de J.M. Blanquer, qui semble avoir une vision très soliloque de l’éducation et des enseignants, prend parfois des tours inattendus. M’interrogeant sur les raisons de ce bras de fer à propos des notes du baccalauréat 2019, j’apprends que le conflit trouve son origine dans la méthode contestataire inédite adoptée par certains professeurs plus que rétifs au projet de loi cité plus haut, à savoir la rétention de note et le refus de participation aux jurys de délibération qui réunissent des professeurs de différentes disciplines qui ont corrigé les copies afin de statuer sur les notes des élèves.
Comment statuer sur le cas d’un élève qui n’a pas de notes ou pas toutes ?
Branle-bas de combat au ministère pour délivrer les résultats comme promis le 5 juillet. S’en est suivi un bricolage lui aussi inédit.
Selon un protocole de publication des résultats, que Mediapart a pu consulter, si des notes s’avèrent manquantes, deux solutions sont proposées. « Tout dépend de la possession ou non des livrets scolaires des candidats qui recensent entre autres leurs moyennes de l’année de terminale.
Dans le premier cas , « les élèves se voient attribuer provisoirement la note moyenne de leur bulletin scolaire pour la discipline concernée ». Dans le second, les malheureux écoperont d’« une note provisoire » qui « leur est attribuée en cohérence avec les autres notes déjà obtenues (moyenne des notes attribuées) ». Les listes des candidats concernés par ce bricolage seront « soigneusement établies » et leur situation rectifiée dès lors que leur « vraie » note sera transmise. Reste à voir les différences entre les deux notes. Lorsque celle qui manquait sera restituée, elle sera conservée si elle est meilleure. Sinon, la note de contrôle continu sera attribuée au candidat. »
Ajoutez à cela quelques sanctions sur la feuille de paie des résistants …
Pour ce que je sais, une caisse de grève s’est créée. Ce qui est une riposte pour le coup plus classique.
Au bout du compte une pétaudière dantesque que le ministre minimise. Reste au milieu de tout ça les parents et les jeunes. L’ont-il eu ou pas ? Et que vaudra-t-il dans ces conditions ? Vous me direz que le bac n’a plus l’aura qu’il avait mais sur un CV, plus tard, cela peut se relever.
L’ironie de l’histoire, comme le relève encore Médiapart, est que le bac basé sur le contrôle continu (pourquoi pas ?) prévu par Jean-Michel Blanquer pourrait s’appliquer, pour certains élèves, avec deux ans d’avance.
Mais l’épisode risque de compliquer la tâche d’un ministre qui ne s’embarrasse pas de négociation ou même de concertation puisque le premier mot semble être passé sous les radars depuis un certain temps déjà.
Et tout ça pour faire meilleure figure au classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) où nous ne brillons pas assez à ses yeux ?
Où l’on se dit que l’intelligence artificielle, qui ne se cantonne pas aux robots, a de beaux jours devant elle.
C’est une vidéo qui surprend : Angela Merkel prise de tremblements qu’elle n’arrive pas à contrôler. La chose s’est produite deux fois à quelques jours d’intervalle. La chancelière a mis la première crise sur le compte de la déshydratation car la cérémonie se passait en plein air, mais la deuxième s’étant produite dans une salle climatisée certains s’inquiètent.
Pour moi, cela m’a fait penser à un livre acheté il y a longtemps « La femme qui tremble – histoire de mes nerfs » de Siri Hustvedt. La postface du livre raconte ceci :
« En 2005, alors qu’elle vient à peine de commencer à prononcer le discours préparé en l’honneur de son père disparu deux ans auparavant, Siri Hustvedt voit soudain tout son corps secoué par d’irrépressibles tremblements. Aussi effrayée que stupéfaite, elle constate que cette crise n’affecte cependant ni son raisonnement ni sa faculté de s’exprimer. »
« La femme saisie de tremblements me donnait l’impression, en même temps, d’être et de ne pas être moi. Du menton au sommet du crâne, j’étais moi, telle que je me connaissais. De mon cou à mes pieds, j’étais une inconnue grelottante. […] Je décidais de partir à la recherche de la femme qui tremble.»
Pour mener à bien cette tâche, l’écrivaine revient sur les perturbations nerveuses qui ont jalonné son existence : migraines sévères et récurrentes, hallucinations visuelles et auditives, moments d’inexplicable euphorie qu’elle compare à des états mystiques… Ces handicaps réels quoique vécus comme mineurs, sans causes identifiées, finissent par être considérés comme des symptômes – mais de quoi ? D’une pathologie réelle, imaginaire, mentale ? Où l’origine d’une telle affection se loge-t-elle ?
Psychiatrie, psychanalyse, neuropsychologie, philosophie sont convoquées au cours de cette intro-enquête où foisonnent hypothèses et intuitions. Au terme d’un travail long et minutieux, Siri Hustvedt aboutit à la seule conclusion acceptable : « cette épave grelottante », c’est moi.
J’en conseillerais bien la lecture à Angela même si je gage que ce type d’introspection ne soit pas son genre. Trop scientifique la dame, et puis son temps est compté.
Au-delà de la personne de la chancelière, on pourrait aussi y voir une allégorie d’un pays qui ne se sent plus aussi sûr de lui, de sa puissance, de son hégémonie européenne, en proie à des difficultés de gouvernance (le vilain mot). Ou celle des conséquences d’un pouvoir exercé peut-être trop longtemps …
Pour l’heure, Outre-Rhin, les supputations vont bon train et certains n’hésitent pas à évoquer une possible démission pourtant jugée inopportune. Car, derrière Angela, qui présente la même « surface » politique ?
Rien de tel chez nous. Si la stupeur est du côté des citoyens et des corps intermédiaires délaissés, les tremblements ne sont pas de mise du côté de l’exécutif. Pourquoi Jupiter s’en ferait-il ? La Constitution française le rend presque intouchable. Pas de GroKO (grosse coalition) chez nous, le suffrage se charge de l’écarter.
Ah ! le bonheur (de courte durée) des lapsus …Muriel Pénicaud d’abord ici.
Comme si cela ne suffisait pas Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, en a rajouté une petite louche, en déclarant que cette réforme serait « l’illusion la plus marquante de la volonté de notre majorité de refonder notre protection sociale sur une base beaucoup plus solidaire ». Il voulait dire illustration bien sûr !
Pour être honnête, je n’ai pas eu le temps de regarder cette réforme de près mais pour qu’elle ait amené Laurent Berger de la CFDT à déclarer qu’il est « extrêmement en colère, abasourdi par cette réforme profondément injuste », je finis par me demander si ces lapsus en étaient vraiment.
Depuis octobre dernier, le financement de l’assurance-chômage a changé de nature. Jusque-là, chaque salarié versait une partie de son salaire pour s’assurer contre la perte de son emploi et les indemnités chômage versées dépendaient de la durée d’emploi et de la rémunération perçue avant la perte d’emploi. Cette cotisation a été supprimée (mais les cotisations patronales demeurent). Désormais, le transfert de la cotisation salariale s’étant effectué sur la CSG, c’est en partie l’État qui décide quelle part de son budget doit être affectée au financement du système de chômage. Peut-on, alors, encore parler d’assurance ?
Réforme du Code du travail, de l’assurance chômage, mise en place d’un revenu universel d’activité, fusion des minima sociaux mais qui intègrerait aussi, semble-t-il, les aides personnalisées au logement et l’ allocation aux adultes handicapés, qui n’étaient pas considérées jusqu’ici comme des minima sociaux, …en attendant la retraite complémentaire « new-look », c’est tout un système solidaire et assurantiel qui part à la casse en à peine plus de 2 ans.
Les résultats d’expériences tentées ailleurs n’instillent aucun doute. Lire ici à propos de l’Angleterre.
Majorité parlementaire acquise, doutes inexistants, rien ne semble pouvoir entraver ce que je considère comme une régression sociale. Uber über alles. A se demander si les mots société, social, soins, humanité(s), commun, citoyen auront encore un sens dans un avenir pas si lointain.
Et le service national universel, c’est pas créer du lien social ça ? Je ne sais pas pourquoi mais les quelques images que j’en ai vu notamment celle-là (je sais je suis de très mauvaise foi) :
et le fait que cela me fasse penser à des gamins chantant ça :
Référendum d’initiative partagée ou RIP comme rest in peace…doit-on y voir l’expression de l’inconscient du législateur ? Au vu des conditions auxquelles est subordonné son aboutissement, cette très modeste concession à la démocratie participative avait toutes les chances de rester dormante.
Jugez plutôt.
Le processus pouvant conduire à l’organisation d’un référendum d’initiative partagée est le suivant :
Une proposition de loi référendaire doit être déposée par au moins un cinquième des membres du Parlement (soit au moins 185 députés et/ou sénateurs sur un total de 925).
Le Conseil constitutionnel vérifie, dans le délai d’un mois à compter de la transmission d’une telle proposition :
que la proposition de loi est présentée par au moins un cinquième des membres du Parlement ;que l’objet de la proposition de loi :
porte « sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions » ;n’a pas pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an ;ne porte pas sur le même sujet qu’une proposition de loi rejetée par référendum il y a moins de deux ans.qu’aucune disposition de la proposition de loi n’est contraire à la Constitution .
Si ces conditions sont remplies, le Conseil constitutionnel précise dans sa décision le nombre de soutiens d’électeurs à atteindre (correspondant à un dixième des électeurs inscrits : soit 4 717 396 signatures ).
Le ministre de l’intérieur met ensuite en œuvre, sous le contrôle du Conseil constitutionnel, le recueil des soutiens.
À l’issue de la période de recueil des soutiens (effectué sous forme électronique), d’une durée de neuf mois, le Conseil constitutionnel vérifie si la proposition de loi a obtenu le soutien d’au moins un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales.
Si la proposition de loi n’a pas été examinée au moins une fois par chacune des deux assemblées (Assemblée nationale et Sénat) dans un délai de six mois à compter de la publication au Journal Officiel de la décision du Conseil constitutionnel déclarant que le seuil des 10% d’électeurs est atteint, le président de la République la soumet au référendum.
Ironiquement c’est dans le contexte d’un Parlement pourtant assez verrouillé droite libérale (surtout à l’Assemblée nationale) que le premier d’entre eux a été enclenché. Des élus de droite et de gauche confondus se sont alliés en urgence – avant le vote général de la loi Pacte, qui aurait bloqué l’initiative – pour s’opposer à la privatisation des Aéroports de Paris, jugée contraire aux intérêts publics.
Ouverte à compter du 13 juin 2019 à zéro heure (une discrétion de violette), la quatrième phase, à peine entamée, suscite déjà indignation et commentaires. Le site d’abord : moche, rétrograde (mais ça, on peut passer), bugs à répétition, impossibilité d’aller au bout de la démarche… Les retours d’incidents sont légion au point que le sujet du référendum est devenu l’un des plus commentés sur Twitter : il y a, par exemple, ceux que le site n’a pas réussi à retrouver sur les listes électorales (alors qu’ils ont voté pour les européennes), ceux qui, intrigués par le code de leur commune (le site a retenu le code Insee et pas le code postal), s’obstinent à modifier ce qu’ils considèrent comme une erreur ou encore ceux qui, plus banalement (ce fut mon cas ), se sont heurtés à un « Le service de vérification est actuellement indisponible, veuillez réessayer plus tard ». Ce que j’ai fait : à 23h57 ce jeudi soir 13/6 le service était souffrant, à 0h21 le vendredi suivant mon soutien était enregistré.
En l’absence de véritable tutoriel institutionnel, des comptes Twitter ont vu le jour qui listent les erreurs à éviter et guident les internautes à l’heure de la saisie. C’est le cas de @aideReferendum ou encore @ReferendumADP.
A lire l’article, on comprend que personne n’avait envisagé sérieusement que cette procédure puisse être déclenchée, voire même franchisse autant de paliers. Et voilà que l’incontinence législative met à mal l’expression même de ce qu’elle prétend souhaiter…
Le foetus référendaire partagé se développera-t-il dans cette matrice hostile ? Réponse dans 9 mois.
C’est un livre intitulé « La civilisation du poisson rouge : petit traité sur le marché de l’attention ». Son auteur, Bruno Patino, cumule d’ éminentes fonctions dont celle de directeur éditorial d’Arte.
Je ne l’ai pas lu mais je devrais peut-être.
L’idée de base, pour ce que son auteur en dit lui-même est (si je traduis correctement), que notre capacité de concentration est mise à mal par les réseaux sociaux, notamment Facebook, dont le modèle économique est calqué sur le modèle publicitaire et dont le but est de retenir le plus possible dans ses rets ce fameux « temps de cerveau disponible » cher à l’ancien PDG de TF1. La différence par rapport au temps des déclarations de ce dernier est que les nouveaux outils numériques captent notre attention tout le temps et sont en mesure de recouper un grand nombre de nos données personnelles (goûts, comportements …etc) via nos pérégrinations sur la toile.
Sommes -nous entrés dans un capitalisme de surveillance ou un capitalisme de traçabilité ? B. Patino pencherait pour la seconde option. La différence est subtile, la seconde me paraissant assez « naturellement » conduire à la première.
Chaque fois que nous utilisons, réagissons sur les réseaux nous ajoutons une touche, ineffaçable pour des blaireaux comme moi, à notre portrait numérique.
Mais revenons à l’attention. Celle-ci serait devenue un marché concurrentiel. Je dirais qu’il s’agit du premier stade de l’attention, celui qui consiste à attirer l’oeil, à susciter une forme de curiosité. Pour ce qui est des autres acceptions du terme, la concentration donc, la prudence, la réflexion, par contre …
Comment retenir un individu sur une plateforme ?
B. Patino raconte : la recette permettant de vous retenir sur une plateforme trouverait ses racines dans les expériences menées par un certain Burrhus Frederic Skinner. »Ce spécialiste en psychologie avait observé le comportement d’une souris dans une boîte transparente. Il avait disposé un distributeur de nourriture et délivrait toujours la même portion de nourriture lorsque la souris appuyait sur une touche. Skinner avait remarqué qu’elle devenait progressivement maîtresse du mécanisme. Elle n’appuyait que quand elle avait faim. En revanche quand Skinner a fait varier les quantités de nourriture délivrées de manière aléatoire, il s’est rendu compte que le mécanisme devenait maître de la souris. Cette dernière appuyait de manière compulsive sur le bouton qu’elle ait faim ou non. Les casinos se sont inspirés de cette expérience pour régler leur machines à sous. A un moment donné, ce n’est plus le gain ou l’espérance de gain qui vous fait jouer mais juste l’envie compulsive d’actionner le manche de la machine. Sur un très grand nombre d’applications numériques vous avez ce même rapport là. Les algorithmes vous fournissent de temps en temps des choses qui vous correspondent mais aussi des éléments qui ne vous correspondant absolument pas. Cette incertitude vous rend addict… »
Hum … ! Dois-je me considérer comme une addict dans la mesure où je regarde brièvement matin et soir ce qui a bien pu se raconter sur facebook ou twitter ? Peut-être bien, encore que mes horizons sur l’un ou sur l’autre ne s’élargissent guère et que je m’y exprime assez peu. Je snobe, en particulier, les groupes dont l’algorithme me dit que cela devrait m’intéresser. Alors ? Mauvaise tête ?
Il y a dans tout ce discours là quelque chose qui me chiffonne dans la mesure où il tend à réduire l’activité intellectuelle à une connexion compulsive sur les réseaux. J’aimerais croire qu’il n’en est rien et que même les plus soudés à leur téléphone portable ont des idées vagabondes. Mais je constate parfois que le pavlovisme numérique a de très beaux jours devant lui. Le réflexe y précède de loin la réflexion.
Heureusement il y a des sites où l’on prend son temps. Celui-ci s’appelle Thinkerview où l’on peut profiter (ou s’agacer) de longues interviews (plus d’une heure souvent). Il ne s’agit plus de rester là parce que cela pourrait vous plaire mais de rester là parce que vous le voulez … ce qui diffère aussi d’une « envie de » parfois noyée dans la procrastination.
« Laisser du temps au temps » disait -il. Une chose presque incompatible avec l’ère du tweet…sauf si l’on s’appelle Bernard Pivot.
Manuel Valls, premier ministre, Emmanuel Macron, ministre de l’economie
Je me souviens de cette photo et d’un post déjà lointain où je me gaussait un peu de leur identité de pose et de vêture. Manuel était le Premier des ministres et Emmanuel à Bercy. Leur antagonisme se jouait alors, publiquement s’entend, sur les bancs de l’Assemblée Nationale, dans les petites humiliations que le premier faisait subir au second. Le PS ne se savait pas moribond. On était encore dans les jeux de pouvoirs balisés : François Hollande candidat « naturel » en 2017. Manuel échafaudait pour 2022 … Emmanuel aussi … voire pour 2017, mais cela ne se savait que dans les cercles autorisés comme on dit.
Un an plus tard, Hollande démonétisé, Manuel, pensant son tour arrivé, sa légitimité indiscutable, se lança et se ramassa une nouvelle fois aux primaires socialistes.
L’hidalgo ombrageux accusa le coup.
L’égo conduit parfois à de drôles de choix : Manuel se rendit à Emmanuel (autant dire alla à Canossa, tant le second l’ignora), redevint, mal élu mais élu quand même, député – un député au coin, il faut bien le dire – puis choisit d’opérer une remontada chez lui en Espagne et plus précisément dans sa ville natale. Homme sans passé politique local, j’entends qu’il n’y avait jamais été élu, peut-être pensa-t-il fugitivement réaliser un hold-up électoral digne de celui réussi par son benjamin.
On devrait se méfier quand l’histoire ne vous aime pas. Et l’histoire n’avait guère montré d’inclination pour Manuel jusque-là, même si son accession au poste de Premier ministre après une gifle à 5,63 % lors des primaires présidentielles remportées par F. Hollande pouvait laisser penser que les sentiments de Clio s’étaient peut-être adoucis à son égard.
Le 26 mai 2019 réunit, à nouveau, si l’on peut dire, les deux hommes sous les microscopes journalistiques. L’un manqua son pari aux élections européennes (faire un meilleur score que le Rassemblement National … son indispensable ennemi) – mais de si peu, à ses yeux, qu’il se refuse à considérer cela comme un échec. L’autre, en revanche, ne put que prendre acte que sa greffe sur le tissu politique catalan n’avait pas pris. Premier ministre un jour, le voilà simple conseiller municipal, d’une grande ville soit, mais simple conseiller désormais.
Où il se vérifie qu’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne (encore que le destin de Manuel ne soit pas si funeste, et l’on connait les usages irritants qu’il sut faire de sa « minorité ». Touchez-en deux mots à Martine Aubry…On souhaitera donc bon courage au conseil municipal barcelonais.)
Emmanuel devrait y songer même si son horizon semble encore bien dégagé. Sa pratique autoritaire du pouvoir fait parfois songer aux coups de mentons de son devancier.
En attendant, on a perdu dans l’affaire la distrayante incarnation de Susana Gallardo par Charline Vanhoenacker (signe de l’indéniable « popularité » de Manuel chez nous : on aime bien le moquer jusque dans ses compagnes). Pas sûr que Brigitte suscite un jour ce genre de vocation, de ce côté ci des Pyrénées du moins.
Le titre a été depuis corrigé mais, dans sa version initiale, il comportait une belle fôte, que l’on peut voir ci-dessus, car s’il y a des fautes, il n’y a qu’une seule orthographe. Ce n’est pas, pourtant, la faute qui retient mon attention mais le choix de ce titre alors même que l’article souligne que cela ne représenterait statistiquement qu’une faute toutes les cinq à six phrases, soit 1,8% de mots comportant une erreur : une valeur « relativement » faible (relativement ? 1,8 % franchement ….par contre une seule et assez considérable faute sur un titre qui focalise sur ce point…il y avait de quoi se gausser, et les twittos ne s’en privèrent pas, raison de la correction postérieure). L’article commence d’ailleurs ainsi « Les Français sont-ils fâchés avec l’orthographe comme ils le sont avec les maths? Pas si l’on en croit les cahiers de doléances du Grand débat national. Orthodidacte, un site internet qui propose des formations pour s’améliorer en orthographe, a passé au crible l’intégralité du corpus mis en ligne par l’État grâce à un outil de sa fabrication et en a tiré quelques conclusions« . On y apprend incidemment que les français sont en délicatesse avec les accents mais ne maltraitent pas tant que ça le participe passé (pour les accents ou encore la ponctuation, en passant, ne pourrait-on pas y voir une conséquence de la culture du sms où l’on s’en affranchit souvent ? Je pose la question). Et alors ?
Pourquoi avoir « anglé » l’article là-dessus ? Je sais bien que la restitution faite du Grand débat conclut à une parfaite correspondance entre les aspirations qui s’exprimeraient dans ces fameux cahiers et les choix politiques de notre Gouvernement. Mais j’aurais bien aimé, par curiosité, en savoir un peu plus sur leur contenu réel et non tamisé par algorithmes, et me soucie peu de leur rigueur lexicale et orthographique. Par exemple, pourquoi ne pas avoir essayé de croiser les priorités avancées ici ou là avec les territoires, leur démographie, leur histoire et leur sociologie ? Dresser une cartographie des doléances, en somme ? Trop long, trop complexe, pour ne pas dire autre chose, un sujet pour E. Todd ça, pas pour des « actualiers ».
J’observe que la focale des titres induit de plus en plus souvent en erreur sur le fond des articles : une conséquence de l’ « effet clic » (plus il y en a, plus l’article reste en exergue dans les référencements sur la toile). Et à l’heure de la lecture rapide, il est à craindre que le titre seul finisse par être mémorisé, intériorisé. Il suffit de lire les fils des commentaires de certains journaux pour s’en rendre compte ou les réactions à chaud sur Twitter ou Facebook. Sans compter que tout le monde n’est pas perméable aux jeux de mots ou contrepèteries et autres jeux de langage.
Le lien est ténu mais, j’assume, comme ils disent : lutter contre la manipulation de l’information (effet des « macronleaks ») était une doléance présidentielle. Ainsi fut votée en décembre dernier une loi en ce sens (LOI n° 2018-1202 du 22 décembre 2018 : JO 23) laquelle permet notamment au juge des référés, pendant les trois mois qui précèdentun scrutin, d’ ordonner de « faire cesser » la diffusion « des allégations ou imputations inexactes ou trompeuses d’un fait », lorsque ces allégations sont « de nature à altérer la sincérité du scrutin à venir » et « diffusées de manière délibérée, artificielle ou automatisée et massive »
Deux élus communistes ont fait subir à ce texte son premier « crash test ». La mèche : le tweet posté le 1er mai par Christophe Castaner après l’entrée de manifestants dans un hôpital parisien.
« Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République ».
Cette infaux ne tarda pas à être largement démentie, par un certain nombre de vidéos, en particulier. Aussi nos deux représentants ont-ils assigné en référé Twitter devant le tribunal de grande instance de Paris, enjoignant au réseau social de supprimer le Tweet de Christophe Castaner, et ce, afin de « faire cesser la diffusion d’allégations ou d’imputations présentées comme inexactes et trompeuses ».
« Il est acquis », reconnaît le jugement « que le service de réanimation n’a pas fait l’objet d’une attaque par les manifestants qui sont restés à l’extérieur du bâtiment et que le personnel soignant n’a pas été blessé » mais si « le message de Christophe Castaner apparaît exagéré (…), cette exagération porte sur des faits qui, eux, sont réels. (…) La condition selon laquelle l’allégation doit être manifestement inexacte ou trompeuse n’est pas remplie ».
Les juges n’ont pas non plus considéré les autres conditions -influence sur le scrutin des européennes et diffusion artificielle ou automatisée et massive – comme réunies, ce qui, pour la première en tous cas, n’est guère surprenant. En définitive, grâce aux différentes versions de l’événement relatées ici et là, « chaque électeur [a pu] se faire une opinion éclairée, sans risque de manipulation ». Et nos deux facétieux ont été déboutés.
Ainsi, en creux, il apparaît que ce texte (ou du moins cette disposition particulière) ne sert pas à grand chose dès lors qu’on peut se faire une « opinion éclairée » par divers canaux. Et puis comment prouver qu’une fausse nouvelle puisse avoir de l’influence sur un scrutin qui ne s’est pas encore déroulé(je rappelle que le juge est censé agir avant le scrutin) ? « Notre objectif était de démontrer par l’absurde que la loi ne sert à rien », explique l’un des protagonistes. Objectif atteint, du moins sur ce point là.
Pour en rester sur le registre de la manipulation de l’info on pourrait aussi évoquer cette autre « affaire ». Selon Médiapart, « Emmanuel Macron voulait organiser une rencontre avec l’ensemble de la presse quotidienne régionale pour leur imposer le même entretien, revu et corrigé par le service de communication de l’Élysée. Sauf que pour une fois, l’opération de communication a dérapé : deux journaux, La Voix du Nord et Le Télégramme, ont refusé de prendre sous la dictée le message qu’on voulait leur imposer ».
Sur le principe de la relecture, «si certains des interviewés jouent le jeu en corrigeant à la marge des aspects techniques, la relecture est devenue un exercice de réécriture pour la plupart » alors, « à quoi bon publier des propos polis, lissés, rabotés, aseptisés, par des communicants ? Cette relecture avant parution nous paraît encore plus inadmissible dans une époque où le citoyen entend pouvoir faire le tri entre fausse et vraie nouvelle mais aussi entre information et communication. » , argue le quotidien La voix du Nord.
L’autre délinquant, directeur du Télégramme, avance une autre justification l’interview collective représente « une négation de l’identité des titres de la presse régionale et des territoires qu’ils représentent ».
Comme le fait encore remarquer Médiapart, « avec la presse européenne, Emmanuel Macron n’a pas pris le risque de ce type d’entretien , sachant que beaucoup de correspondants de la presse étrangère n’auraient pas accepté d’être traités de la sorte, en simples porte-micros. Le chef de l’État a donc choisi la solution du point de vue, publié simultanément par plusieurs grands quotidiens européens ».
On pourrait aussi parler, de façon plus générale, des formats réducteurs des journaux télévisés, de la parole confisquée par certains éditorialistes, de l’espionnage de certain journal par des domestiques d’une grande entreprise, et j’oublie encore beaucoup de choses préoccupantes – par exemple le fait que le fact-checking finisse par supplanter, à l’insu de son plein gré, l’analyse alors qu’ils devraient se compléter, ou l’intérêt comminatoire de la DGSI manifesté, ces derniers temps, à l’endroit de la communauté journalistique.
Ambivalence de la technique qui permet de diversifier ses sources d’information et d’être semblablement baladé. Contrôle au maillot de la parole…
Décidément l’information est à la peine et la démocratie aussi.
Il s’agit d’un faux procès bien sûr, mis en scène par l’équipe du site « Là-bas si j’y suis », qui fait penser à cette vieille émission sur France Inter « le tribunal des flagrants délires » où s’illustra Pierre Desproges en faux procureur de la République. Pour mémoire ce réquisitoire contre Jean-Marie Le Pen :
N’ayant pas pu assister physiquement au procès Macron, qui s’est tenu à la bourse du travail à Paris le 7 mai, j’en vois la version différée sur le site, découpée en 2 parties. La première – celle où défilent les témoins : Gérard Filoche (ancien inspecteur du travail), Mathilde Larrère (historienne), la « gilet jaune » Franciella Paturot ainsi que Roselyne, factrice en grève depuis plus de 400 jours – a été mise en ligne le 15 mai. La suite est prévue pour le 17.
De la même façon que le sérieux n’était pas totalement absent des « flagrants délires », l’humour se faufile dans la version « là-bas si j’y suis » mais de manière plus discrète. Le procureur Frédéric Lordon (dont le réquisitoire n’est pas encore disponible sur le site) relèvera-t-il le gant desprogien ? Je gage que oui, mais, peut-être, avec un soupçon de vanité en plus.
L’intérêt de ce genre d’évènement me direz-vous ? Pour ce qui me concerne, simplement m’amuser, m’affranchir un moment de la nasse où je me sens prise comme juriste, assez désespérée de voir tout ce qui socialement se détricote au fil de lois dont on sait d’avance qu’elles seront votées sans surprise.
Levallois à la barre
Ce procès là, en revanche, est tout à fait vrai. Levalloisienne, je sais ce clientélisme qui a valu à Patrick des réélections successives avec des scores pas loin d’être soviétiques (expression qui le ferait sans doute hurler).
Pour l’heure il ne s’agit que du volet fraude fiscale du procès. Celui concernant les accusations de blanchiment d’argent débutera la semaine prochaine.
A en croire le journaliste du Monde, la mélodie de la sonnerie du portable de Patrick serait celle des Tontons flingueurs. Pour mémoire ici :
Le thème étant décliné sous diverses formes, je ne sais pas celle qui a été retenue par l’intéressé, mais je penche pour la deuxième, devenue culte grâce à Bernard Blier et les bourre-pifs que lui inflige Lino Ventura.
Quand au bureau, à la machine à café, on me demande ce que je pense de lui (Patoche), je réponds invariablement qu’il mérite la médaille d’or du magouillage artistique mais allez savoir pourquoi je ne le déteste pas tout à fait : son côté Audiard vintage peut-être….
Il a choisi pour avocat Eric Dupont-Moretti, dit « Acquitator » compte tenu du nombre d’acquittements qu’il a obtenu devant nos prétoires. Pas sûr qu’entre deux grandes gueules chatouilleuses sur leur prérogatives verbales (et autres : P. Balkany a 70 ans et pas 71 qu’on se le dise), la crème ne finisse pas par tourner.
L’édile étant, selon ses propres dires, ruiné et l’avocat ne devant pas travailler au Smic, je m’étonne qu’un appel aux dons sur un site de crowdfunding levalloisien ne se soit pas encore créé pour éponger ses déboires judiciaires. Je blague ? Pas tant que ça. L’homme est très apprécié d’une grande partie de ses administrés malgré ses frasques.
Et pendant ce temps la braderie continue
Le conseil constitutionnel a donc validé aujourd’hui la privatisation de l’aéroport de Paris. Pour rester fidèle à la prose des « sages », voici pourquoi :
« Le Conseil constitutionnel a tout d’abord écarté des griefs tirés de la méconnaissance du neuvième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, qui interdit de privatiser une entreprise ayant le caractère d’un monopole de fait ou d’un service public national.
Pour écarter cette qualification le Conseil a relevé que, si la société Aéroports de Paris est chargée, à titre exclusif, d’exploiter plusieurs aérodromes civils situés en Île-de-France, il existe sur le territoire français d’autres aérodromes d’intérêt national ou international. En outre, si elle domine largement le secteur aéroportuaire français, la société Aéroports de Paris est en situation de concurrence croissante avec les principaux aéroports régionaux (lesquels ???), y compris en matière de dessertes internationales, ainsi d’ailleurs qu’avec les grandes plateformes européennes de correspondance aéroportuaire. Enfin, le marché du transport sur lequel s’exerce l’activité d’Aéroports de Paris inclut des liaisons pour lesquelles plusieurs modes de transport sont substituables. Aéroports de Paris se trouve ainsi, sur certains trajets, en concurrence avec le transport par la route et le transport ferroviaire, en particulier pour ce dernier du fait du développement des lignes à grande vitesse.
Quant à l’existence d’un service public national, le Conseil constitutionnel a rappelé sa jurisprudence constante selon laquelle, si la nécessité de certains services publics nationaux découle de principes ou de règles de valeur constitutionnelle, en revanche la détermination des autres activités qui doivent être érigées en service public national est laissée à l’appréciation du législateur ou de l’autorité réglementaire selon les cas, en fixant leur organisation au niveau national. »
Bon, il n’appartient pas au Conseil de se prononcer sur la justification économique de ce transfert. C’est bien dommage car il y aurait de quoi discuter (voire, par exemple, ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/180219/aeroports-de-paris-la-privatisation-de-tous-les-soupcons) , d’où l’initiative lancée par certains parlementaires, validée par le Conseil lui-même, d’un référendum d’initiative partagée (RIP : rest in peace en anglais … de mauvaise augure). Comment tout cela se combinera-t-il ? J’ai bien peur qu’il en soit des aéroports comme des autoroutes (privatisées en leur temps déjà sous l’ « expertise » du même Bruno Le Maire) : on ne récupérera (si on récupère quelque chose) en fin de compte(s) que des actifs devenus sans valeur. Entretemps on aura pu voir filer dans d’autres poches ce qui aurait pu abonder les finances publiques sur le long terme et, pour ceux qui s’y intéressent, apprécier ce que le profit à tout coup fait courir à l’environnement. Mais raisonner sur le temps long n’est plus de ce monde.
Ce message, glissé sous l’onglet « promotions » de ma messagerie (on se demande bien pourquoi), a failli passer sèchement à la trappe. Ce qui aurait été dommage, pour moi, s’entend. Jugez plutôt:
« Chère abonnée, cher abonné,
Vous avez récemment reçu un e-mail vous annonçant la fermeture de votre blog abonné du Mondele 5 juin 2019.
L’arrêt de ce service implique une suppression de vos contenus, y compris les photos et textes, que nous vous invitons à sauvegarder le plus rapidement possible. »
Je suppose que le journal a décidé de faire le tri dans ses « hébergés » pour ne garder que les blogs les plus actifs, ce qui n’est pas le cas de celui-ci qui vivote depuis … 6 ans déjà.
N’étant pas une flèche en informatique, je m’en suis remise à la procédure d’exportation/importation de contenu obligeamment fournie par le journal et me voici donc ici, en terre pas tout à fait inconnue (puisqu’il s’agit toujours d’un site « propulsé par WordPress ») mais pas encore assimilée (le journal Le Monde avait un peu simplifié la gestion des blogs) .
Visuellement il y a des choses à revoir, à nettoyer, à compléter. Mais, pour ce que j’ai pu constater, tous mes « petits » sont là.
Dans cette migration forcée mais pas insurmontable, j’ai eu quelques surprises : jusqu’ici mon blog suivait son petit bonhomme de chemin sur des autoroutes gratuites. Pour WordPress, il était important que je mette mon nouveau site « à niveau » ce qui sous-entendait de passer en mode payant. En témoigne cette invite assortie d’une dizaine de bonnes raisons (que je ne reproduirai pas ici).
« Votre nom de domaine est la première chose que les visiteurs voient et associent à votre marque. Actuellement, l’adresse de votre site Web est revages.home.blog et convient parfaitement si, à vos yeux, le développement de votre site est un loisir.
Cependant, si vous créez un site pour autre chose que les loisirs, la mise à niveau en vue d’obtenir un nom de domaine personnalisé est simple, notamment étant donné que des plans sont déjà disponibles pour seulement 31,00 Dkr (couronnes danoises, je crois, soit un peu plus de 4 euros par mois ) ».
« Pensez-y : pour moins cher que le prix d’un simple Pumpkin Spiced Latte de chez Starbucks, vous aurez accès au logiciel, à l’équipe d’ingénieurs et à l’infrastructure technique utilisés par les sites les plus populaires sur Internet. » Je ne me perçois pas porteuse d’une « marque » et, chance, mon site est un loisir. Par ailleurs, j’ignore tout à fait si j’aurais dépensé plus de 4 euros pour un Pumpkin Spiced Latte chez de chez Starbucks. A priori, pas sûr du tout. Pour ce que j’ai plu lire, il s’agit d’un café, avec du lait et de la purée de courge sucrée et épicée (d’où le « pumpkin spice »).
J’ai donc décliné, l’offre, le lait, le café et les 31 Dkr par mois.
J’ai songé un moment que c’était le moment de me poser quelque temps et réfléchir : continuer ou pas ? Migrer, c’était l’occasion de revoir certaines règles, certaines habitudes, certains choix. Par paresse, après avoir peiné sur mon sentier migratoire, j’ai opté pour la continuité ….
Et si je n’avais rien fait ?
Mes archives auraient été sauvegardées par la Bibliothèque Nationale de France et seraient demeurées consultables dans un délai de 3 mois dans les salles de recherche de la BNF, ainsi que dans les bibliothèques partenaires en région.
Vu sa confidentialité, je me demande combien de temps aurait pris la recherche pour retrouver mon blog …perdu.
Ce petit épisode m’ a donné à penser que la crise du logement est partout … y compris sur la toile. Me voilà donc dans un petit chez moi, un petit hébergement social. En attendant d’être expulsée à nouveau pour manque de rendement ?
PS : Dans ses temps managériaux tous puissants, celui-ci surfait de manière privative sur celui (le rendement) des entreprises de son groupe. 634 000 euros pour ses 60 ans, claqués le temps d’une soirée Grand siècle à Versailles. Où il se vérifie que l’argent est préférable à la pauvreté, ne serait-ce que pour des raisons financières (W. Allen). Aujourd’hui il éprouve pour cela et d’autres choses le confort spartiate (sic) et la diététique minimale des prisons japonaises…
Seule (et bien maigre) consolation, des intermittents du spectacle auront pu gagner quelques sous ce soir là…bien comptés sans doute….