Une fin d’année frontale

La nasse : une allégorie sociale

La nasse est un panier conique doté d’une entrée en goulot et se terminant en pointe dans lequel le poisson, une fois entré, ne peut plus sortir.

Sa déclinaison policière est à peine différente : des cordons formés de policiers se déplacent de façon à obliger les manifestants à se diriger vers un endroit déterminé. Une fois fixés dans un « enclos », ceux-ci n’ont que deux choix : s’éloigner dans une direction prédéterminée ou demeurer sur place.

La version politique  du mot se déploie ces dernières semaines : prisonnier d’une surdité chronique depuis 18 mois, du sentiment d’avoir pris le bon cap et du souci de jouer les bons élèves budgétaires, la position de premier de cordée étant largement prise par l’Allemagne aux yeux des critères bruxellois, le Gouvernement n’a pas pris la mesure du mouvement des gilets jaunes. Malgré des « effectifs » finalement modestes par rapport à certaines manifestations anciennes (sans pour autant remonter à 1936, se souvenir par exemple de 1995), sans organisation « lisible » ou devrais-je dire « classique » avec représentants officiels et tout et tout  (peut-être est-ce, d’ailleurs, là leur « force » : qui convaincre ?), les gilets jaunes ont obtenu davantage que ce à quoi tendait leur revendication première. Et peut-être, au premier chef, le fait d’être considérés. L’atomisation des solidarités salariales via un management « responsabilisant » ne date pas de ces dernières semaines.  Longtemps, la solitude économique a été plus ou moins compensée par le mouvement associatif. Mais le paravent semble avoir sauté.

Il est intéressant de remarquer que le rassemblement des G J, s’est fait autour d’une mesure fiscale. Où l’on voit, d’abord, que les réformes sociales de l’an dernier ont été presque intériorisées. Personne parmi les « visibles » de GJ  sur nos étranges sinon étrangères lucarnes n’a réclamé, par exemple, ou cela m’a échappé, leur abrogation. Où l’on peut aussi constater, ensuite, la perte de sens de la parole syndicale et politique (pour preuve le taux d’abstention lors dernières élections, qu’elles soient présidentielles, législatives, législatives partielles ou  dernièrement professionnelles : https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/11/la-cfdt-devient-le-premier-syndicat-francais-la-cgt-toujours-en-tete-dans-la-fonction-publique_5395707_3224.html?xtmc=cfdt&xtcr=) .

Le discours économique est lui aussi nassé (pour l’essentiel de la corporation) :  fors TINA quelle perspectives ? Payer plus d’impôts et taxes, quand on n’a pas les moyens de l’optimisation fiscale, pour de moins en moins de services publics est-il indéfiniment soutenable ? Sans parler de ce ressenti (pour reprendre une expression à la mode) de privatisation goulue des gains et de mutualisation obligée des pertes…

Alors, les annonces jupitériennes, diversement comprises, suffiront-elles à sonner la fin du mouvement ? Rien ne le disait jusqu’à l’attentat de Strasbourg.

Et voilà les GJ, en quelque sorte nassés à leur tour.  Maintenir l’acte V de la lutte demain (15/12)  » manquer de respect aux victimes de Strasbourg ». Y renoncer serait manquer  … à sa parole.

« Le mouvement doit cesser » a asséné Nicole Belloubet, ministre de la Justice. D’autres furent plus subtils dans la récupération du drame alsacien. Mais la question reste pendante : trêve ou reprise après les fêtes ? Tout dépendra semble-t-il à ce jour, de ce qui sortira, au final, du chapeau législatif.

Des toges en colère

Pour qui n’est pas juriste, cela pourrait apparaître anecdotique mais cela n’a rien d’anodin : comme le rapporte la revue Dalloz Actualités, peu suspecte de bolivarisme juridique, le projet de loi de réforme de la justice ulcère les avocats, rejoints, mercredi dernier par l’Union syndicale des magistrats et le Syndicat de la magistrature. Tous demandent son retrait : dévitalisation des petits tribunaux, atteintes au droit de la défense en matière pénale, via, par exemple, la banalisation des techniques spéciales d’enquête (écoutes téléphoniques, géolocalisation, etc.), l’ extension des prérogatives des procureurs, lesquels ne sont pas indépendants. On ne parle pas des blocages des tribunaux, on devrait. Les films d’Hitchcock où des lambdas se trouvent pris dans un engrenage juridique hasardeux et presque irrésistible n’ont rien d’une fiction.

Intermède citron

Quoique.

Je m’étais dit que je n’aborderais pas ce sujet  ici : les gilets jaunes. Parce que beaucoup de choses ont été déjà écrites et dites sur le sujet, sur lesquelles je ne vois pas quoi ajouter.

Les raisons de la colère sont, par exemple, résumées ici :

https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/05/niveau-de-vie-les-10-graphiques-de-la-colere_5392911_3224.html

Ce en quoi le mouvement se différencie d’autres mouvements insurrectionnels connus par le passé est évoqué là :

https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/05/les-problematiques-portees-par-les-gilets-jaunes-sont-le-propre-des-revoltes-depuis-le-moyen-age_5392990_3224.html?xtmc=larrere&xtcr=1

Et puis, j’habite hors du territoire où il se répand. L’espace Levalloisien aujourd’hui boboïsé (surtout là où je réside) a gardé quelques poches ouvrières et l’on aurait pu imaginer des manifestants sur la place de la mairie. Mais voilà : le maire, Patrick Balkany, qui chouchoute ses administrés (dont moi, de fait) à coup de déficit budgétaire (la ville serait une des plus sinon la plus endettée de France) – ce qui lui vaut d’être réélu  (sans moi) avec des scores presque soviétiques – aurait déclaré soutenir les gilets jaunes. Il est vrai qu’il n’est pas enclin, pour ce qui le concerne, au paiement de l’impôt. Un « résistant », en  quelque sorte, ce qui lui vaudrait une médaille fluorescente.

Donc, tout est calme sous mes fenêtres.

Pourquoi alors en parler ? Parce que les évènements m’ont rattrapée au temple où je chante. Ce dernier est situé sur l’avenue de la Grande Armée, non loin de la place de l’Etoile, et  certains choristes ont vu se « se déchaîner la violence en bas de chez eux ». « Ces gens nous haïssent », « ils n’ont que haine à la bouche ». Quand je leur ai fait  remarquer que les manifestants étaient, pour nombre d’entre eux, à la peine au quotidien et que leurs difficultés allaient croissant, ils n’en ont pas disconvenu, mais certaines images semblaient inscrites dans leurs pupilles. Des images que je n’ai vues que par vidéos interposées.

Réaliser tout d’un coup le privilège que constitue le lieu de son domicile ( même si vous n’êtes pas spécialement plein aux as …) : la discrimination géographique se retournait, en quelque sorte.

Depuis longtemps, je me disais que « cela  » ne pouvait pas continuer ainsi, que, par exemple, le détricotage des protections et solidarités sociales, la mise à mal des services publics  (transports, santé …) justifiées par une nécessité financière irréductible, tout « cela » finirait, un jour, par conduire à une explosion.

Mais j’ai été surprise par la mèche.

La limitation de vitesse à 80 kilomètres heures, la hausse de la CSG – ce tac-au- tac fiscal, puisqu’elle n’est déductible des impôts, pour les salariés, qu’en partie (autrement dit, ils paient, pour partie, de l’impôt sur quelque chose qui vient en réduction de  leur salaire) – la suppression de l’ISF, les ordonnances travail de l’an dernier (sans parler des régressions sociales du quinquennat précédent et l’on pourrait remonter plus loin)…  tout ce que ces mesures n’avaient pas réussi à entraîner, la  dernière hausse de la taxe sur les carburants l’a fait.

Comme le remarque Mathilde Larrère, se référant aux révoltes anciennes, « avant c’était le prix du pain, maintenant, c’est le prix de l’essence ». Où l’on voit que la gamme des produits de première nécessité s’est élargie avec, notamment, le quasi sacrifice des services de transports publics sur l’autel d’une « saine » gestion budgétaire.

Depuis, la fracture sociale, le ressentiment profond,  ce que l’on s’évertuait à ne pas vouloir considérer s’étend : après les gilets, les lycéens, les routiers … Les paroles se superposent, se brouillent.  Tout ce qui aurait pu canaliser l’ire des invisibilisés de la société a disparu : les  partis politiques sont liquéfiés et les syndicats ont été marginalisés à coup de concertations clivantes (vous remarquerez que la notion de négociation a pratiquement disparu de la novlangue politique),

Quand la réponse aux préoccupations est toujours TINA (there is no alternative) que reste -t-il ? Demain, les gilets, les lycéens peut-être, et les manifestants pour le climat se rejoindront-ils ou se confronteront-ils ?

Là est la question.

Tout est devenu « gazeux » et donc éruptif.

Et ce que je lis, ici, ne me porte pas à l’optimisme.

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/12/06/gilets-jaunes-appels-au-calme-et-moyens-exceptionnels-le-point-sur-le-dispositif-de-securite-de-samedi_5393697_1653578.html

PS ce matin : quand je regarde ces vidéos et photos de ces 148 lycéens à  Mantes-la-jolie, agenouillés dans une espèce de cour les mains derrière le dos ou sur la nuque, sous l’oeil de policiers équipés jusqu’aux dents, entends ce commentaire : « voilà une classe qui se tient sage » et en lis d’autres qui applaudissent, je me dis que l’inquiétude à ce stade est un mot faible.

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/061218/lyceens-davant-nous-navons-jamais-connu-la-repression-actuelle

Le Cap et environs

Le cap vu de Table mountain

Bizarre impression en arrivant au Cap que l’on aborde via les bidonvilles qui s’enchaînent entre l’aéroport et le centre ville. Certains de ces townships sont de taille non-négligeable : Khayelitsha (« nouvelle maison » en langue Xhosa), près de 400 000 habitants, Gugulethu (contraction de igugu lethu qui signifie Notre fierté également en Xhosa), 100 000 habitants, Nyanga (« lune » toujours en Xhosa), 58 000, Langa  (« Soleil »), 52 000. Cet enchevêtrement tôles, de plastique, de récupération sous la pluie matinale donne une tonalité un peu lugubre à cette entrée en matière africaine. A la faveur de la coupe du monde de football de 2010, certaines de ces constructions précaires qui durent ont été remplacées par de petites maisons accessibles sous conditions de ressources dont les occupants, qui disposent de l’eau courante et de l’électricité, paient un petit loyer. Il paraît que ces lieux se visitent mais ce n’était pas à notre programme. Si la ville du Cap, au demeurant assez belle et colorée, nous distraira les jours suivants de ce premier aperçu, il restera toutefois au fond de mes yeux : le personnel de service dans les cafés, les hôtels, les restaurants étant essentiellement noir ou plus généralement « non blanc » pour reprendre une terminologie pas si éloignée de nous, je me suis souvent demandée s’ils ne venaient pas « de là ». De cette misère.

La visite des artères principales de la ville nous fait parcourir son histoire esclavagiste de manière disons …presque « urbaine » à côté de ce que nous réservera Johannesburg. Le guide du routard, que je lis ce soir là, en dit ceci : « Voilà une ville au bout du monde  qui cherche à développer l’idée d’un cosmopolitisme bon teint, un mélange des genres, des styles et des couleurs presque paisible. On ne sait pas si l’on est en Europe, en Amérique, ou pourquoi pas en Afrique ». Une Afrique longtemps « blanche »,  ai-je songé.

Le Cap : la quartier Malais

Ce mélange de familiarité et de décalage se renforça un peu plus tard, lors de la visite d’un élevage d’autruches puis de la région des vignobles : Stellenbosch, Franschhoek (le coin des français), avec son enfilade de propriétés aux noms bien de chez nous : « Chamonix », « l’Ormarins », « l’Abri », « Cabrière », ou « Marianne » où j’ai effectué quelques achats.  Rues nettes, maisons anciennes si proches des nôtres….

Elevage d’autruches

Aujourd’hui, cette femme métisse, fait visiter la maison d’un notable du XIX ème siècle de Stellenbosch en habit d’époque. Lorsqu’elle s’est placée dans la ligne d’un tableau représentant la femme dudit notable, je lui ai demandé si je pouvais la prendre en photo. Elle a dit oui. Il m’a semblé que le rapprochement des deux visages avait quelque chose de symbolique : elle est là, presque semblable et pourtant si différente, passeuse d’une histoire qui n’est pas la sienne.

Stellenbosch Ackerman house

Histoires singulières d’Afrique su Sud

Freddie, notre guide, était très disert non seulement sur l’histoire de l’Afrique du Sud mais encore sur la sienne propre.

« Pour nous autres » », nous disait-il, « il est primordial de savoir d’où l’on vient et ce lieu c’est notre village et plus précisément celui du père. Il se rappelle toujours à ceux qui sont partis ailleurs. Un jour on me dit, « cela fait longtemps que tu n’es pas venu et que tu ne nous as donné aucun signe » ou bien on dépêche un oncle ou un cousin chez moi qui racontera ensuite où et dans quelles conditions je vis et ce que je serais en mesure de faire pour la communauté. Pour ne pas encourir de reproche, je leur fais parvenir tous les ans de quoi les rassurer sur ma fidélité » (en gros de l’argent, des vivres … etc. ).

« Chez nous on enterre le placenta juste après la naissance. Là où il est est, tu reviendras ». Freddie ne saurait dire  exactement où « le sien » se trouve mais il sait que c’est au village. Parfois l’endroit est tenu secret. C’est pourquoi, d’après lui, faute de savoir où « son placenta » avait été enterré, Nelson Mandela n’aurait pas été inhumé où il aurait dû l’être.

« Mon père est chef de village, a 32 épouses et 74 enfants. Il s’inquiète de ce que je reste monogame et n’aie pas envie d’agrandir ma famille » (Freddie a 2 enfants : une fille et un garçon). « Il insiste, mais s’il me désigne comme son successeur, il faudra que je m’occupe de toutes ses femmes, de tous ses enfants et du village. Il me faudra quitter la ville, mon travail. J’ai un ami, médecin en Allemagne et ayant épousé une consœur allemande, qui a été désigné par son père, chef de village aussi, comme son successeur. Il n’a pas voulu abandonner sa vie allemande. A partir de sa désignation officielle tout a mal été, il est tombé malade, a perdu son emploi et sa femme a perdu le sien aussi. Alors il est rentré au village avec elle et tout est redevenu normal. Il est mort au bout de quelques années et elle est repartie chez elle. » On sent, dans sa voix, qu’il ne faut pas plaisanter avec ces choses là. Il pense que ses attentions annuelles le mettent à l’abri d’une éventuelle désignation, mais il n’en est pas sûr et se répète comme une sorte de mantra que sa monogamie farouche le rend inapte à tout rôle de chef polygame.

Il nous raconte aussi son mariage, les tractations, les entremetteurs, les 18 vaches, les cérémonies qu’il lui a fallu assumer financièrement à une époque où il n’était pas aussi en fonds qu’aujourd’hui. « Certains demandent des prêts à la banque pour tout payer ».  Qu’en a -t-il été finalement pour lui ? On ne l’a pas su.

Au fond, il voudrait faire évoluer les traditions sans brusquer car il redoute ce que le sort peut lui réserver. Il est là oscillant entre sa vie citadine relativement confortable et une culture à laquelle il tient. Produits d’une société où la solidarité se perd, nous écoutions tout cela un peu incrédules.  Mais aucun d’entre nous ne s’est risqué à se lancer dans un discours sur la méthode.

Au fait, pourquoi l’hippopotame baille-t-il ?

Dieu, après avoir créé l’hippopotame lui donna un lac richement pourvu en végétaux. L’ hippopotame tout heureux ne fit qu’une bouchée de ce qu’il y avait et se retrouva bientôt sans rien. Dieu, fâché, le laissa dépérir quelque temps puis, ému par les pleurs de la bête, regarnit le lac. Depuis lors, l’hippopotame, quand l’eau est trop instable, se dit que Dieu le regarde et il ouvre sa gueule pour montrer qu’elle est vide et qu’il n’est plus le goinfre qu’il fut.

Je vous livre cela tout brut, sans recul, car dériver sur les récits fait aussi partie du voyage.

Out of South Africa (encore que pas tout à fait)

Difficile ce retour d’Afrique du Sud. Au fond je me sens comme ces otaries non loin du Cap de Bonne espérance … affalée sur mes vacances …

ou comme ce guépard tout à sa sieste.

Je rechigne à revenir dans ce quotidien hexagonal dont je me suis si bien passée malgré quelques conversations animées et néanmoins courtoises avec mes compagnons de voyage qui, eux, gardaient un oeil sur nos frontières, ne serait-ce qu’en scrutant la météo chez eux. Drôle d’idée qui ne leur serait pas venue sans les smartphones. Pour moi, je me suis contentée de quelques SMS et d’utiliser le mien comme réveil car le programme, copieux, nous valait des départs à la fraîche.

Ces quelques jours passés, depuis mon retour, à trier mes clichés, à songer à ce que je pourrai en dire une fois les mots trouvés, n’ont guère aidé, il faut le dire. Et moins encore le vin local que je me suis fait livrer ici et qui participe à donner à mon périple une longueur en bouche assez charpentée, ma foi.

Cet sorte de détachement un peu flottant, à peine entamé par un retour au bureau, n’est pas désagréable. Cela ne durera pas mais, pour l’heure, j’en profite. Il sera bien temps de m’agacer sur des textes mal écrits ou sur les pannes informatiques …

Alors pour faire patienter quelques petites images pour vous donner une idée de la distance à reparcourir pour revenir ici.

La ville du Cap vue de Robben Island où Nelson Mandela passa 17 ans de sa vie avant d’être transféré dans une autre prison

Il y avait du vent sur le plateau et en attendant le téléphérique nous n’étions pas loin de ressembler à ce pingouin stoïque

Cet  hippopotamme  semblait avoir ses habitudes à l’hôtel … de là en faire un résident … Au fait savez-vous pourquoi ces animaux ouvrent parfois bruyamment leur énorme gueule ? Notre guide avait une petite légende là-dessus …

Hotel à Sainte Lucie

Chez les tisserins c’est Monsieur qui confectionne le nid et s’il ne plait pas à Madame, il est bon pour tout recommencer.

Cet animal s’appelle un Caracal … à fréquenter protégé par de hautes grilles uniquement

Ceux là sont beaucoup plus gracieux : les impalas. Au début on se précipite pour les prendre en photo et puis on découvre que les réserves en regorgent …

Les noms des épices sont parfois mystérieux : me demande ce que c’est que ce masala de belle-mère. Je n’en ai pas acheté, n’étant pas concernée.Et pour finir les three Rondavels dans le Blyde river Canyon situé au Mpumalanga au nord est du pays. Belles même sous la pluie.

Texte et photo S. Lagabrielle. Tous droits réservés

J-2

Vue aérienne de la ville du Cap

Voilà ce qui m’attend du moins en première semaine…

Trois jours pour penser à mon baluchon. A la veille de partir, je n’aurai, comme d’habitude, plus envie de bouger : les aéroports, les formalités, les contrôles, le voyage recroquevillé en classe économique …

Pourtant je ne suis pas fâchée de quitter le bruit et la fureur médiatique de ces derniers jours. Dans les commentaires sur le site du Monde, ou de Mediapart, on s’invective, on s’insulte, parfois ouvertement, lorsque le webmaster est peu regardant. Plus de 3000 commentaires sous un article de Médiapart, plus insinuant qu’étayé, ont poussé la rédaction plénelienne à sortir du bois pour « expliquer » son traitement de la geste mélenchonienne. Tentative qui, en l’absence de tout contradicteur extérieur, n’a pas convaincu nombre de spectateurs et un lectorat comportant, et c’est assez amusant, nombre de sympathisants, très actifs dans les commentaires, de la France Insoumise.

Quelle trace restera-t-il de cette effervescence à mon retour ? Sans doute pas grand chose à la Une, mais les fractures seront restées dans les têtes et, autre bizarrerie, c’est une élection qui n’intéresse plus grand monde depuis un certain temps qui risque de remettre un jeton dans le bazar : les élections européennes.

Mais revenons chez nous. Pour E. Todd, les élections françaises sont devenues une vaste blague depuis que la France est dans l’Euro. A partir du moment où l’on se trouve dans un système monétaire unique et qu’on n’est pas la puissance dominante, dit-il, l’Etat perd sa réalité. Le pouvoir du Président français, en matière de politique économique, en particulier, est réduit, à ses yeux à des actions très à la marge (ce que je ne suis pas loin de penser). Ce que P. Mendès-France pressentait déjà dès 1957, sur un mode moins provocateur :

« Mes chers collègues, il m’est arrivé souvent de recommander plus de rigueur dans notre gestion économique. Mais je ne suis pas résigné, je vous l’avoue, à en faire juge un aréopage européen dans lequel règne un esprit qui est loin d’être le nôtre.

Sur ce point, je mets le gouvernement en garde : nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des matières qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique.

Prenons-y bien garde aussi : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter. »

La commission européenne vient de rejeter le budget italien. Le Gouvernement transalpin choisira-t-il le bras de fer ou le bras d’honneur ? Vous me direz, c’est plus difficile que de mettre le nez de  l’Union (sic) européenne dans ses lâchetés migratoires en fermant ses ports. Mais tout de même …

Sur cette question, je vous laisse. Ce blog prend ses quartiers … d’été tardif.

Indignez-vous, disait-il

Dessin de Nawak

Je me souviens de ce petit opus de Stéphane Hessel paru en 2010. « Indignez-vous », nous engageait-il, partant de l’idée selon laquelle l’indignation est le ferment de l’« esprit de résistance ».

« Les raisons de s’indigner peuvent paraître aujourd’hui moins nettes ou le monde trop complexe. (…) Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes: cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est l’indifférence, dire ‘Je n’y peux rien, je me débrouille’. » , écrivait-il. Le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms, la « dictature internationale des marchés financiers » mettant en péril les démocraties, les écarts de richesse,  représentaient, entre autres choses,  à ses yeux, des motifs suffisants pour sortir d’une asthénie sociale qu’on peut encore observer aujourd’hui … sauf dans certains rangs.

L’actualité récente nous a, en effet, donné deux beaux exemples d’indignation  : celle de François Ruffin devant le refus du groupe LREM de débattre d’une proposition de loi (émanant du groupe les Républicains) visant à améliorer le statut des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et des assistants de vie scolaire (AVS), puis celle de Jean-Luc Mélenchon face aux perquisitions dont lui et son groupe ont fait l’objet dans le cadre de deux enquêtes préliminaires : l’une concernant l’emploi d’attachés parlementaires, l’autre les comptes de la campagne présidentielle.

Leur point commun : un happening tonitruant propagé à grande vitesse par l’utilisation des réseaux sociaux. Mais avec des résultats contrastés.

Si la colère Ruffinienne dont toute la stratégie consiste, selon ses propres mots, à amener le  réel dans l’Assemblée, peut se rapprocher de l’injonction Hesselienne, celle de JL Mélenchon et de ses proches ne relève pas, à mon sens, de ce registre.

S’agissant de François Ruffin, certains députés En marche, devant une stigmatisation twittérienne pressante, ont fini par concéder qu’il aurait été plus intelligent de débattre au lieu de tenir pour vérité que la proposition de loi était inutile (ce que contestent un certain nombre d’associations s’occupant de ces questions, bien que critiques sur le texte proposé). Il y aura-t-il  une suite effective pour ces personnes mal reconnues et peu rémunérées ? A vérifier.

Pour Jean-Luc Mélenchon, il n’est pas sûr qu’il ne se soit pas tiré une balle dans le pied en politisant l’affaire comme il l’a fait, alimentant, au passage, la saga renouvelée de « ce type a tendance à perdre ses nerfs ». Sous-entendu  : mauvais point pour qui prétend à la magistrature suprême. Parce qu’au fond, l' »anomalie » est moins dans la perquisition elle-même (prévisible même si on ne pouvait en connaître la date et apparemment effectuée dans des conditions régulières) que dans le statut particulier de l’instance judiciaire ayant déclenché la mesure, à savoir le Parquet de Paris.

Les procureurs français sont-ils vraiment des magistrats ? Non, selon la Cour européenne des droits de l’homme. « Force est de constater que le procureur de la République n’est pas une autorité judiciaire, au sens que la jurisprudence de la Cour donne à cette notion… Il lui manque en particulier l’indépendance à l’égard du pouvoir exécutif pour pouvoir être ainsi qualifié. » Lire ce point de vue ici : https://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2009/05/21/les-procureurs-francais-sont-ils-vraiment-des-magistrats_1196324_3232.html?

On peut se demander s’il n’aurait pas été plus avisé de remettre sur le métier, avec plus de recul, la question de la nature de cette institution plutôt que de stigmatiser, à chaud, un de ses membres en particulier. La fureur et le bruit (illustrées, de plus, par des photos peu flatteuses) n’ont pas eu l’effet escompté, y compris dans le milieu judiciaire.

« Il faut répondre à Jean-Luc Mélenchon en disant que la classe politique n’est pas hors du jeu démocratique. On ne peut pas accepter que la classe politique crie systématiquement au complot politique, au cabinet noir lorsqu’elle est visée par une enquête, estime la secrétaire générale du syndicat de la magistrature  Laurence Blisson, sur France Info, peu soupçonnable d’être anti -FI. Mais il faut aussi répondre au gouvernement qui dit “indépendance de la justice” et qui par ailleurs refuse de faire une véritable réforme constitutionnelle, qui permettrait de couper le lien entre le ministère de la justice et les parquets, en prévoyant des modes de nomination des procureurs qui seraient absolument indépendants. ». Parce que le ver dans le fruit qui permet les raccourcis est là : le soupçon irréductible de soumission carriériste à l’endroit de personnes dans une subordination problématique.

Dans ce jeu de rôles politico-judiciaire, la vérité n’est jamais gagnante. Pour y voir plus véritablement clair, mieux vaut être pénaliste … ce que je ne suis pas. Par exemple est-il pertinent de comparer l’exquise perquise benallesque (dont le déroulé laisse pantois) à celle des bureaux de la France insoumise ? Information judiciaire d’un côté, enquête préliminaire de l’autre.  Qui diligente quoi ?  Et quels moyens offerts aux citoyens pour se défendre?  Là est la réponse. Vous me direz que j’ergote, mais je n’aime pas ce sentiment diffus et désagréable de théâtre électoral qui me suit depuis ces derniers jours venant de personnes dont je partage pourtant bon nombre d’idées.

D’où il résulte que l’indignation est un art au long cours, surtout à l’heure où l’émotion, l’humeur ou le réflexe souvent corporatistes l’emportent sur la réflexion et s’avèrent bien volatiles. Ce qui renforce l’actualité de l’adresse de S. Hessel.

PS : En attendant, la nomination du remplaçant de l’actuel Procureur de Paris, qui tarde par volonté jupitérienne, illustre à l’envie les propos de Laurence Blisson. On n’est loin d’être sortis de la confusion.

 

Banksy et Beauvau

Banksy

Intéressant article de Romaric Godin sur Médiapart à propos de ce mystérieux artiste qui sème son art sur les murs des villes et dont le dernier coup d’éclat est la destruction partielle de son œuvre, « La jeune fille au ballon », quelques minutes après son adjudication pour 860 000 livres sterling chez le célèbre groupe londonien Sotheby’s.

Banksy aurait revendiqué l’affaire dans une vidéo montrant qu’il avait intégré dans le cadre une broyeuse « au cas où l’œuvre soit vendue aux enchères ».

Selon le journaliste, la fonction de l’acte de Banksy était claire : montrer la supériorité de l’acte créateur sur l’acte marchand ; l’un peut détruire la marchandise par choix, le second ne peut se le permettre. Mais l’artiste aurait perdu son pari car selon des experts la toile à moitié démolie vaudrait plus cher aujourd’hui. La destruction aurait donné un supplément de valeur à l’oeuvre.

« Banksy a créé de la valeur malgré lui et même à son corps défendant. Son acte de destruction de valeur, celui qui voulait annihiler le bien vendu pour annihiler l’intérêt de la transaction, a échoué parce que le processus de création de valeur ne réside plus aujourd’hui dans le seul processus d’échange. Le capitalisme moderne est beaucoup plus nihiliste que sa critique : il a acquis cette capacité de faire des millions avec rien ou presque rien. La négation de la marchandise devient elle-même marchandise. On peut même estimer que si la broyeuse avait achevé son œuvre, le prix de l’œuvre n’aurait encore fait qu’augmenter et que les lamelles de la toile auraient chacune valu les 860 000 livres de l’œuvre entière. », poursuit le journaliste. Hum …

Reste que cette  valorisation de la destruction – que l’on peut retrouver dans d’autres domaines que l’art, comme par exemple dans le changement climatique  avec la spéculation sur le marché des quotas de pollution – fait froid dans le dos car elle sous entend une envolée des cours consubstantielle au fonctionnement du capitalisme …jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ni personne.

Beauvau

Ce qu’il y a de bien avec certains textes classiques c’est qu’il sont toujours actuels et peuvent se recycler facilement. Merci Samuel  Beckett !

G. Collomb. – Toi aussi, tu dois être contente, au fond, avoue-le.

Lyon. – Contente de quoi ?

G. Collomb. – De m’avoir retrouvé.

Lyon – Tu crois ?

G. Collomb – Dis-le, même si ce n’est pas vrai.

Lyon. – Qu’est-ce que je dois dire ?

G. Collomb. – Dis, Je suis contente.

Lyon. – Je suis contente.

G. Collomb. – Moi aussi.

Lyon. – Moi aussi.

G. Collomb. – Nous sommes contents.

Lyon.  – Nous sommes contents. (Silence) Qu’est-ce qu’on fait, maintenant qu’on est content ?

G. Collomb – On attend Beauvau … enfin le nouveau.

Lyon. – C’est vrai. Mais il n’a pas l’air facile à trouver.

G. Collomb – On dirait.

(Il sourit)

 

et pendant ce temps là le ciel se ferme au Brésil…

 

 

Présidence, Pétillon et Prokofiev

Eloquente passation de pouvoir entre G. Collomb et E. Philippe

Présidence

Qui croire ? Le Canard enchaîné qui en page 2 laisse entendre que Gérard Collomb n’avait aucunement l’intention de quitter ses fonctions et que la démission présentée par le ministre n’était en fait qu’un numéro imaginé par l’intéressé et E. Macron pour, selon ce dernier « remettre le ministère de l’intérieur en selle »  ( autrement dit  relégitimer celui que ses propres services appellaient « son altesse senillissime ») ? Ou bien Le Monde  et Médiapart qui ont une vision moins vaudevillesque de la chose ? Quand le supposé stratagème s’est-il mué en inéluctable ? On ne saura probablement jamais le fond de l’affaire parce qu’on en aura des versions multiples mais tout cela donne une impression de fébrilité d’un pouvoir qui, il y a un an encore, paraissait inébranlable.

La verticalité gite.

Dans le même temps, les internautes et twittos se déchaînent sur quelques clichés tactiles pris lors d’un déplacement du Président dans l’île de Saint Martin et censés illustrer (entre autres) son humanisation. Certains pour s’en offusquer : poser avec un braqueur, quelle faute de goût  (d’autant que , sur l’un des clichés, le jeune fait un immanquable doigt d’honneur mais E. Macron l’ a-t-il seulement vu sur le moment ?) ! D’autres pour s’en moquer  par vidéo et dessins interposés, engageant les jeunes noirs ayant des pectoraux avantageux, et quelque requête à soumettre, à se présenter à l’Elysée torse nu….pour obtenir satisfaction.

French president Emmanuel Macron (C) meets inhabitants of Quartier Orleans, on September 29, 2018 on the French Caribbean island of Saint-Martin, during a trip in the French West Indies, one year after Hurricanes Irma and Maria damaged the Island. / AFP PHOTO / POOL AND AFP PHOTO / Eliot BLONDET

Tout cela vole bas mais illustre aussi à nouveau le fait que « quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ».

Ce tangage illustré par une communication brouillonne ne changera rien à la politique jupitérienne même si certains optimistes à gauche y voient l’occasion de pousser le Président vers la sortie. Les institutions étant ce qu’elles sont – qui permettent à un candidat n’ayant au fond qu’un petit socle électoral réel, et je ne parle pas seulement d’E. Macron, d’accéder à la Présidence – et le climat politique étant ce qu’il est, c’est à dire à la fois délétère et atone …je ne vois pas bien comment y parvenir. Même si je continue bêtement de rêver d’alternative depuis … les années 1990 où j’ai (tardivement) ouvert les yeux sur la mondialisation.

Petillon

Et lui, comment aurait-il croqué l’épisode ? On ne le saura pas non plus  puisqu’il a tiré sa révérence dimanche dernier. Ses dessins dans le Canard enchaîné étaient les premières choses que je regardais. Un jour, je me suis inquiétée de ne plus les voir. L’homme disait vouloir revenir à la bande dessinée. Je ne l’ai cru qu’à moitié et sa mort me donne à moitié raison. Pour l’heure, j’ai relu « l’enquête Corse », sujet explosif s’il en est dont il a su se sortir haut la main. et j’ai ri comme la première fois. Je ne devrais pas employer l’imparfait car ses dessins lui survivront. mais sa chronique ironique et élégante de l’actualité, comme le souligne justement le Palmipède, me manque déjà.

 

Perdu de vue

Pétillon est parti avant un autre grand : Charles Aznavour, dont l’ombre portée de la disparition a, pour un temps fugitif mais sensible, rendu l’actualité anecdotique et occulté, sinon celle de Pétillon, du moins celle de personnes moins connues du public comme Antoine Sfeir, journaliste et spécialiste du monde arabe et musulman, fondateur des Cahiers de l’Orient dont le visage cassé, si j’en crois madame Wikipédia, racontait son expérience de la torture en 1976, lorsqu’il fut séquestré pendant sept jours par des membres du Front populaire de libération de la Palestine.

(Je sais ce n’est pas très gentil pour Charles)

Alors j’ai repensé à Prokofiev, mort le même jour que Staline et j’ai ré-écouté son concerto n° 1  pour piano joué par Michel Béroff. Une musique tonique et pleine d’un souffle propre à refouler au loin ma grognitude.

Shopping patrimonial, électif et ruissellement

Ainsi donc le Château vient d’ouvrir sa boutique : https://boutique.elysee.fr

Selon un communiqué de presse signalant cette ouverture, elle ne comporte que des produits Made in France et l’intégralité de ses bénéfices a vocation à  permettre au Palais de l’Élysée de vivre une seconde jeunesse.  En achetant un ou plusieurs objets de cette boutique, soulignent ses promoteurs, vous faites d’une pierre trois coups :

  • Vous participez très concrètement à l’entretien et à la rénovation du patrimoine de tous les Français (il vous semblait tout de même, vaguement, déjà le faire au travers du budget, mais passons)
  • Vous encouragez les incroyables savoir-faire français (admettons)
  • Vous vous faites plaisir  (Ahhhhhh) !

Je ne sais si certains de ces objets deviendront un jour des pièces de collection mais voyons plutôt. Vous pouvez vous offrir, par exemple (par ordre de prix croissant):

  • une carte portrait d’Emmanuel Macron pour 2 euros
  • Un livret « Elysée, le palais des français » pour 5 euros
  • Un grand sac Cabas Président pour 19 euros
  • Un coffret  de 7 macarons Pierre Hermé  (bleu, blanc, rouge) pour 19, 50 euros
  • Un lot de 3 verres gigognes tricolores « Palais de l’Elysée »(de la maison Duralex) pour 19, 50 euros
  • Un porte-clés en cuir bleu et rouge Léon Flam estampillé Présidence de la République pour 29 euros
  • Un porte passeport en cuir bleu Léon Flam  pour 35 euros
  • Un tee-shirt (bleu ou rouge)  brodé Présidence de la République, un tee-shirt Croquignolesque ou Poudre de perlimpinpin ou encore un tee-shirt brodé Première Dame pour 55 euros
  • Un sweat-shirt brodé « Français »  pour 115 euros
  • un bracelet « Égalité » en fil gold-filled 14 carats sur un cordon de fil de soie pailleté, fait main par l’Atelier Paulin (il existe aussi des modèles Liberté et Egalité) pour 115 euros.
  • Une montre LIP Dauphine – Présidence de la République pour169 euros.

ou encore pour 24, 90 euros un mug Présidence de la République  (fabriqué par Mug in France) initialement, semble-t-il, vendu comme étant de la véritable porcelaine de Limoges alors qu’il est fabriqué à Toulouse d’où cette facétieuse proposition d’un twittos de les présenter comme étant de la vraie porcelaine de Limouges. Suggestion non retenue par les gestionnaires de la boutique qui ont opté pour l’expression « véritable porcelaine française ».

Je ne sais si ces happenings commerciaux seront présentés (éventuellement, pour certains, portés par la première Dame)  à la fashion week  qui a commencé cette semaine, mais avouez que ce consumérisme patriotique n’est pas à la portée de tous les porte-monnaie (hormis les deux premiers objets cités).

Je ne sais pas non plus si circulent déjà des contrefaçons dont le produit ne finira pas dans les lambris fatigués du Palais,  mais un site presque homophone n’a pas tardé à surgir sur la toile : https://enlysée.fr ( la boutique officielle du ruissellement).

Pourquoi cette boutique ? Le site répond : « Dans notre équipe, nous sommes pour certains originaires de Calais. Afin d’aider les exilé.e.s, il nous semblait logique d’offrir les bénéfices de la boutique à une association sur place.
Après nous être entretenus avec eux, nous avons le plaisir de vous annoncer que la totalité de nos bénéfices sera reversée aux associations SALAM Nord/Pas-de-Calais, L’Auberge des Migrants (qui aident les éxilé.e.s sur Calais et Grande Synthe depuis près de 20 ans) ainsi qu’à la Fondation L’Abbé Pierre. »

Les produits y sont plus abordables mais moins variés à cette heure. Ainsi, par solidarité vous pouvez acheter, par exemple encore :

  • un mug « traverser la rue » ou « travaille pour te payer un costard » à 10 euros
  • un tee-shirt « je coûte un pognon de dingue »  ou « Gaulois réfractaire » à 20 euros
  • un tote bag (???) Président de la start-up France pour 15 euros

On remarquera par-là que via les deux boutiques c’est le produit Macron sous ses facettes complexes qui est proposé. A ce stade, il devrait déposer son nom, ou plutôt ses saillies,  à l’institut national de la propriété industrielle.

Et Manuel Valls ?

Pour lui traverser la rue n’ a pas suffi.

Délaissant la circonscription essonnienne où il s’est fait mal élire l’an dernier, il s’est lancé dans un autre  type de shopping : celui de soutiens à sa candidature à la mairie de Barcelone. Dans sa musette, déjà, une nouvelle conquête qui n’a pas besoin de ruissellement pour exister car elle est fort riche … et ne se voit pas du tout vivre à Evry à en croire cette parodique chronique.