Voyage avec ma nièce : épilogue

Julia a raison. Sous la peau asphaltée de Tokyo courent une énergie et une tension qui ne se relâchent jamais. Tokyo, une ville aux aguets… Ainsi s’achève l’aventure, dans le bourdonnement des magasins où, au milieu d’invites à la criée, surnagent des arigato gozaimasu lancés à la cantonade …

Sayonara

さようなら。

 

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Voyage avec sa tante épisode 6 : moments tokyoïtes

P1070124La vie à Tokyo ne laisse guère de place aux flâneries si ce n’est dans les parcs …assez nombreux, ma foi. Nos premiers pas nous ont conduites dans le quartier d’Asakusa, historique, religieux et fréquenté, par les touristes occidentaux, cela va sans dire, mais aussi par nombre de japonais qui vont déposer leurs voeux sur le seuil du temple Senso-ji après avoir sacrifié quelques yens dans les boutiques de la Nakamise. Le jeu n’est pas loin de la ferveur : des pachinkos bruyants et clinquants animent les petites rues adjacentes. Nous tournons autour de cela avant de rejoindre le parc d’Ueno à l’heure où le soleil, ici, commence à infléchir sa course : il est 4 heures et le soir se profile. Petit tour décevant au musée d’art métropolitain qui, outre une exposition consacrée aux offices florentins donne une vision hachée et hétéroclite de l’art japonais contemporain. Rien à voir avec l’équilibre du musée d’art moderne de Kyoto.

Le lendemain nous arpentons Shibuya, temple de la jeune mode branchée : bonnets de laine en plein soleil, chapeaux mous, look gothiques, cheveux aux teintures variées. La rue Takeshita près de la station Harajuku est un modèle du genre.  Pas de costumes cravates ni de kimonos à l’horizon. Volants, serre-têtes diaboliques, platform-shoes à clous, ou sans, maquillages épais sans distinction de sexe. Un dernier pied de nez avant l’entrée dans la vie active avec, pour beaucoup, l’adoption d’une autre apparence, obligée celle-là. P1070212

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Avec sa petite jupe corole, Julia se fond dans cet univers là. Le bonnet arboré le lendemain matin, à notre départ pour Ginza, témoignera de cette adoption des codes de la jeunesse nippone. P1070244

Après ce bain de jouvence tendance, j’impose une petite conclusion culturelle sous forme d’un petit tour dans le parc abritant le  temple du Meiji-Jingu. Parfois, le week-end, on peut y voir des mariages traditionnels … mais voilà nous sommes mardi et l’endroit dans la fraicheur du soir a quelque chose d’austère et raide.

De Ginza peu de choses à dire : Vuitton, Gucci, Chanel, Bulgari, Tiffany’s et j’en passe, se partagent la rue. Des femmes, qui se sont données rendez-vous dans l’entrée du grand magasin Mitsukochi, sorte de Galeries Lafayettes locales, forment un bouchon dissuasif. Selon les guides  Ginza serait un quartier splendide attirant les adultes sophistiqués. Il faut croire que notre petit attelage ne rentre pas dans le moule. Cette fortune étalée nous lasse vite. Je me souviens, pourtant, d’un samedi après-midi ensoleillé il y a sept ans où j’avais traîné dans l’artère principale fermée à la circulation. Dans les rues adjacentes des cérémonies du thé étaient organisées. J’avais apprécié alors….ce silence qui rendait le luxe moins pesant.

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Le quartier de Shinjuku n’inspirera pas plus Julia à qui je donne quartier libre. Je vagabonderai donc en solitaire, dans la « tour cocoon » d’abord, qui semble abriter des écoles d’art et design, puis en haut du siège de gouvernement métropolitain de la ville de Tokyo d’où je ne verrai pas plus le Fuji-yama que les deux fois précédentes.P1070310P1070312

Petit retour personnel à Shibuya pour prendre en photo, pour une collègue fondue de chiens, la statue de Hachiko, chien de race Akita Inu, célèbre pour avoir quotidiennement attendu pendant près de dix ans son maître à la gare de Shibuya, après la mort de ce dernier.

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A l’entrée de la gare une petite bande de jeunes propose des câlins gratuits. Certains ne se font pas prier, car les filles sont jolies, …. et repartent avec les effluves de ce petit instantané affectueux en plus de la photo souvenir.P1070308

Le quartier d’Ikebukuro, où se trouve le petit appartement que j’ai loué, est à échelle plus humaine (moins d’immeubles imposants), jeune et vivant, à en croire le nombre d’étudiants que l’on voit travailler dans les cafés et petits restaurants alentours. L’effervescence n’arrive pas cependant jusqu’à notre cinquième étage, où nous secouons notre fatigue dans l’entrée avant de paresser jusqu’à la nuit.

Julia : Tokyo est une ville vivante mais fatigante. Les gens ne sont pas stressés ou désagréables, mais il y a cette impression de perpétuel mouvement, jamais la ville ne se repose. On peut apprécier ça quelques jours mais on finit rapidement saoulées par cette ambiance de mouvement en continu. Cela ne nous empêche pas de visiter différents quartiers cités au-dessus : religion, luxe, habillage, bureaucratie, chaque quartier a son rôle, sa réputation, ses commerces propres, sa population.

On finit par maîtriser les nombreux métros tokyoïtes et on parvient plutôt facilement, je trouve, là où on a décidé qu’on irait (le matin-même en général).

Voyage avec sa tante épisode 5 : Kinkakuji-et fin Kyoto

P1070015Finalement on aura sacrifié à tous les temples touristiques. Après le Ginkaku-Ji, donc, son jumeau plus âgé et doré le Kinkaku-Ji. Mais avant nous goûtons aux délices des transports en commun. En matière de compression les français, parisiens compris, sont de sombres amateurs. Rien à craindre des virages (d’ailleurs il y en a peu), chacun tient l’autre. la seule difficulté…descendre, car au Japon, il est impératif de descendre par la porte avant après s’être délesté du prix de la course dans le réceptacle prévu à cet effet à côté du chauffeur. Bien que ce dernier marque des temps d’arrêts assez longs, la progression vers la sortie tiendrait presque de la naissance. On se faufile en se tortillant, en poussant des bras, des épaules ..de tout ce qui peut donner un peu d’espace dans ce compact utérus voyageur.

On arrive au Kinkaku-ji, un peu fripées. Là encore, la foule est assez dense et sinue sagement le long d’un sentier bien tracé mais, bien que l’ayant vu deux fois déjà, je suis heureuse de me retrouver là, dans ces paysages au naturel travaillé. On sort ayant bouclé notre boucle, et, moyennant quelques assomantes longueurs de bitume nous arrivons au temple Ryoan-Ji. Le site est assez vaste pour se perdre un peu. On s’arrête au jardin zen, si tracé que ç’en est presque envoûtant. Il y a trop de monde pour la contemplation mais pas assez pour détourner Julia de quelques essais photo(très)graphiques. Sur quoi nous rentrons.P1070007


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Si l’on me demandait ce qui m’a finalement le plus frappée cette fois-ci à Kyoto, je dirai, les vélos. Il y en a partout qui roulent tantôt dans la rue, tantôt (souvent) sur les trottoirs sans préférence de côté. Ils me gâchent un peu la promenade en s’imposant là où je ne les attends pas. Je devrais faire comme les japonais, les laisser louvoyer à leurs risques et à nos périls.

C’est notre dernier jour à Kyoto, signe de l’amorce du deuxième versant de ce voyage. Le shinkansen nous conduit souplement jusqu’à Tokyo. Là, d’évidence, nous changeons d’échelle.P1070093_2

Julia : Et re-des carpes, des toits et des pins, des bambous, des ruisseaux, des petits ponts et de l’encens, des japonais et des touristes, des distributeurs pleins de boissons inconnues aux étranges étiquettes, des graviers ratissés, des kimonos et des cloches, des autels… Les temples se ressemblent tous un peu, mais sont toujours différents, comme les gens en fait. Serrées dans le bus, on finit tant bien que mal par y arriver, et moi et ma non-connaissance du lieu, on est pas déçues ! 

Demain le Shinkansen nous amènera harmonieusement à Tokyo, nous découvrirons notre petit appartement, parfaitement placé à Ikebukuro, un quartier jeune, ni trop près ni trop loin de la gare…

Texte : Sylvie et Julia Lagabrielle, Photos : Sylvie et Julia Lagabrielle – Tous droits réservés.

Voyage avec sa tante épisode 4 : Ginkaku-Ji

P1060994Ce matin nous nous sommes accordé le luxe de nous faire « monter » en taxi jusqu’au Gingaku-Ji ou Pavillon d’Argent, qui n’a d’argent que le nom. Une guerre ruineuse eut raison de l’intention première du shogun qui souhaitait faire recouvrir « son » temple d’argent, en hommage à son grand-père qui avait fait décorer « le sien » à la feuille d’or  : un pavillon de même facture, quoique doté d’un étage supplémentaire, à l’autre bout de la ville. Temps radieux, foule encore supportable, nous entrons dans les jardins qui font tout le charme de l’endroit. La petite promenade qui serpente autour du bâtiment est dûment fléchée. Les écoliers, en uniforme ou non, s’y pressent unanimement derrière leurs profs ou des guides spécialement « appointés ». A la sortie, nous nous engageons sur le chemin de la philosophie, ou des philosophes, cela dépend des guides, qui longe un joli petit canal où s’ébattent, ici et là, des carpes de tailles diverses. La lumière filtre doucement au travers des feuillages, tout est tranquille, presque silencieux. Le petit artisan au visage fin à l’entrée du chemin est toujours là, aussi impassible que dans mon souvenir. Restaurateurs et touristes s’égrènent au fil du chemin pavé. Tout est bien.  Temple de Heian-Jingu ensuite, tout orangé, à l’orée duquel Julia se fait alpaguer par un petit groupe de collégiens et photographier avec eux comme il se doit. Musée d’art moderne enfin où nous sacrifierons une petite heure à la collection permanente et une autre à un déjeuner en terrasse. Après déjeuner, je suggère une autre petite balade le long d’un canal plus large jusqu’au parc loupé à notre arrivée. Peut-être celle de trop. Cette jeunesse a besoin de son moment privé. Le Starbuck café qui jouxte l’hôtel a infiniment plus de charme que les larges allées de gravier du parc impérial. La tante accepte donc son congé momentané en maugréant et s’en va  faire un petit shopping solitaire. Résultat des courses : deux pulls et un adaptateur.

Julia : Après la visite du Temple d’Argent (où un mioche insupportable nous a tenu compagnie), le chemin de la Philosophie, serpentant le long d’un cours d’eau plutôt sympathique, longé de petites boutiques artisanales… On retrouve tant bien que mal une sorte de temple, derrière une énorme « porte » (un tori, je crois) et un parterre immense de gravier. On fait le tour, on se rince les mains avec de l’eau pure avant de rentrer dedans, on prend des photos (enfin, je, surtout), et puis on s’aperçoit, en jetant un oeil à la carte, que nous ne sommes qu’à un pas du Musée National d’Art Moderne de Kyoto, alors on tente le coup, et on atterrit dans une petite exposition d’artistes et de genres très variés, de Monet à Tomoto, assez apaisante. On profite du resto du musée pour manger un bout et on décide de nous aventurer au Parc Impérial. Je dirai seulement qu’on aurait mieux fait de faire une sieste… Mais bon, au moins on a trouvé des fruits (qui nous manquaient un peu) ; et puis, un dernier croquis à mon Starbuck préféré, en solitaire, et la journée se           .                                                                           finit doucettement.

Texte : Sylvie et Julia Lagabrielle, Photos : Sylvie et Julia Lagabrielle – Tous droits réservés.

Voyage avec sa tante épisode 3 : Gion

P1060804Beau temps ce matin. Je propose un vagabondage dans le quartier de Gion via une galerie commerçante couverte, entrevue le soir précédent. Aliments et condiments baissent pavillon là où commencent les colifichets, les souvenirs, les petits objets manufacturés, les écharpes et les encens. Petite balade le long de la rivière Kamo sous un soleil bienveillant avant d’effleurer le coeur de ce quartier silencieux d’architecture plus « classique ». Je raconte un peu les maisons de thé et les Geishas, fugitivement entrevues lors d’un autre voyage, à Julia dont l’écoute flotte au gré de ce que son oeil capte : un héron, un pont gracile, des perruques électriques sur ciel bleu… Nos pas erratiques nous mènent progressivement près du temple Kiyomizu Dera : somptueux, massif, assiégé. Les rues qu’il écrase de sa masse sont engorgées de touristes et de lycéens frénétiques. J’ai laissé Julia à ses esquisses à l’entrée d’une rue calme. Pendant une heure elle suscitera l’intérêt des passants pendant que je m’agace à éviter la foule. Nulle part ailleurs cette partition momentanée n’aurait été possible mais, ici, rien à craindre. Finalement nous ne verrons pas Kuyomizu. Nous filerons le long de la  rue Sannenzaka puis la Ninenzaka avant de tomber sur un petit temple  plus discret mais plus aimable pour qui aime se poser : le Kodai-Ji. Cerise sur le gâteau, une découverte pour nous deux. Ainsi vont les voyages quand on compose son humeur avec celle d’un(e) autre : l’inattendu y a toujours sa place.

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Julia : Entre boutiques à touristes et marchands de poissons, on se partage l’appareil photo dès le matin : on rate quelques occasions avant de tomber sur des trucs inédits. On tente des photos discrètes de femmes en kimono ;  en résultent des prises de vue plus qu’improbables, mais au moins c’est innovant. On finit par se retrouver dans de petites rues calmes, à l’abri de la foule, et puis, après la visite d’un petit jardin (où sont présents carpes koï et héron), petite séance croquis, et descente d’une allée plus que touristique, mais où nous trouvons à manger. Puis la visite du temple et un dernier croquis au Starbuck du coin avant de rentrer.

Texte : Sylvie et Julia Lagabrielle, Photos : Julia et Sylvie Lagabrielle-Tous droits réservés.

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Voyage avec sa tante épisode 2 : Bar à Sushis

 

J’aime bien les bars à sushis.  Ils tiennent du manège et du restaurant. Au piano, dirait-on chez nous, les sushis men aux doigts de fée rugueuse ; autour, les consommateurs, rangés en fer à cheval le long d’un tapis roulant charriant de petites assiettes aux couleurs changeantes (assorties au prix). On regarde la noria, jetant son dévolu sur l’une d’entre elles, espérant que son contenu ne tentera pas un concurrent sis, lui aussi, autour du ruban magique. Cela me fait penser au Mickey des carrousels de mon enfance, ce bout de chiffon diabolique qu’il fallait saisir au vol, de son avion, son éléphant, sa décapotable, son pur sang définitivement fixé au sol. Nous criions d’excitation, alors. Au sushi bar, les exclamations émanent du c(h)oeur du piano qui s’active. Son efficience n’a d’égale que notre placidité, sauf lorsque l’objet de notre convoitise passe à notre portée. A ce moment là,  notre geste d’appréhension a la vivacité de la langue du tamanoir tombant sur une fourmilière.

On débite au sushi bar, pas seulement le temps, les corps aussi : mains, épaules, mentons, demi-visages. Cela m’amuse de rendre cette fragmentation. Julia est plus dubitative. J’ai (un peu) marchandé ces deux photos là. L’une d’elle, l’autre de moi.

 

 

 

Texte Sylvie Lagabrielle. Photos Julia et Sylvie Lagabrielle : tous droits réservés.

Voyage avec sa tante épisode 1 : Nijo

C’est l’histoire d’un projet photographique habilement détourné par une ado rouée. A l’origine, l’idée était de décrire en images la découverte du Japon par la jeune demoiselle. A l’arrivée, partage d’appareil photo oblige, c’est son oeil en direct qui émerge. Alors, autant pousser l’exercice jusqu’au bout et lui ouvrir aussi, momentanément, le petit espace de ce blog. Je précise, la plupart des photos seront de Julia avec quelques incrustes de votre servante. 

Le premier jour ne nous a pas franchement souri. Panne d’oreiller inaugurale qui nous a valu un intéressant cache-cache ascensoriel. Nous avions des places pour un défilé à vocation historique. Raté. Qu’à cela ne tienne, l’histoire n’était pas loin, incarnée par le château de Nijo, petite merveille shogunale du XVIe siècle.

Julia : Là-bas, premières photos avec l’appareil (ô combien plus performant que le mien) de ladite tante. Et premières surprises : photos nettes, couleurs éclatantes, que de joie ! Du coup, j’en ai pris pas mal, parfois un peu hésitantes, mal cadrées ou floues, mais j’ai fini par choper le coup de main, et squatter à temps plein la précieuse machine. 

Premiers essais ici et là.

 

 

 

 

 

 

Texte Julia et Sylvie Lagabrielle; Photos : Julia Lagabrielle : tous droits réservés

Marseille 3

Marseille septembre 2014Bain de pieds dans le quartier Belsunce. Des tags partout. Des foulards et des barbes ici et là. Au milieu des volets déglingués et de ces langues d’ailleurs, le mémorial  de la marseillaise est à la fois adéquat et décalé. Adéquat parce que Marseille c’est aussi cela, des troquets exclusivement masculins, des femmes voilées à poussettes et cabas, des palettes qui circulent et des odeurs tabagiques vaguement prohibées. Décalé aussi : qui ici se reconnait encore dans les mots de cette guerre là ?

 

Marseille 2

Les calanques : de la dentelle minérale arpentée il y a longtemps. La pierre, sous le soleil, offre sa masse délicate et blanche. Je cherche les passages, les creux, les fragilités et m’imagine accrochée aux falaises comme ces arbres équilibristes. C’est cru et sans chair. Un paysage à l’os.P1060514_2

 

Marseille 1

Marseille- vieux port- septembre 2014Vieux Port. Le marché aux poissons matinal, sous parasols publicitaires, a depuis longtemps plié ses étals. Devant la monumentale cathédrale zèbre, en bord de mer, on danse la famille traditionnelle et la solidarité, en ignorant le mendiant au turban à l’orée des grilles.Cathédrale Major - Marseille- septembre 2014

Ensuquée, je dérive sur les conversations à la terrasse d’un café.

Mes voisins de table ont fait connaissance dans la journée. Elle lui dit qu’il lui inspire confiance. Qu’il en faut dans la vie parce que sans cela… Il acquiesce. Il est italien, elle, roumaine. Il est aussi question d’argent. Et je pense à une rencontre un peu tarifée. Je me trompe : sa carte de crédit à lui est restée bloquée dans un distributeur. Elle paye et j’en suis pour mes préjugés. Je les laisse partir et regarder avec une sorte d’envie la marina gavée d’esquifs prétentieux. Le pont transbordeur, les mauvais joueurs de cartes pagnolesques en espadrilles  se sont évanouis et la sardine, qui s’est aussi fait la malle, défie mon indolence limonadière.P1060338