Pas trop envie d’écrire, mais pas non plus envie de rester le stylo ballant. Je n’étais pas une lectrice régulière de Charlie Hebdo, mais peu importe. Je n’ai eu aucune sympathie pour le Charlie de Philippe Val, mais il est parti sous d’autres cieux journalistiques. Mais, il y avait eu, avant lui, Cavanna, Siné, Reiser, Choron et d’autres que j’oublie, puis les morts de ce matin, plus fidèles au journal : à la geste, au culot, une irrévérence, à un mauvais goût tonique même si je ne l’ai pas toujours partagé. Tout cela : des images de Une prégnantes, inimaginables aujourd’hui, mais qui furent et restent comme des tatouages chamaniques contre une pensée unique insidieuse.
Le dernier dessin de Charb me laisse sans voix, ni mots. Juste un malaise profond devant ma propre sidération, cette envie de prendre du recul quand on se précipite ici et là.
Notre époque privilégie le réflexe sur la réflexion.
Alors, j’en suis venue à me méfier de mes propres émotions, à me méfier de ma propre empathie, à me méfier d’être ensemble par peur de cet emballement volatile qui m’agace souvent. Et, en cela, je donne peut-être prise à tout. Aux idées d’égouts qui remontent sans cesse à la surface. Je repense à la stratégie du choc de Naomi Klein. Les dérives sont toutes là. Etalées sous nos yeux unanimes.
Être libre est une éducation et un courage, c’est la pauvre pensée qui me vient.
Plus envie d’écrire, pour l’heure. La justesse et la justice sont difficiles à réunir. Car si je ne je ne suis plus juste, alors, la barbarie aura eu raison de moi. Et, de cela, surtout, j’ai peur.












