Rien

rando dominicale avril 2013A l’instar d’un certain Louis, je pourrais écrire : aujourd’hui ? rien. J’ai laissé la lumière ciseler ma solitude, mon intérieur, mon temps. J’ai regardé les ombres, mes ombres onduler au fil des heures. Le jour a doucement coulé entre mes doigts. Un luxe au goût de fleurs perdues.

 

Texte et photo S. Lagabrielle : tous droits réservés

Chine : Yuanyang

 

Chine Yuanyang mai 2011Une ancienne maîtresse d’école. Un œil à vous épingler au mur et de l’ironie dans le sourire. Combien d’élèves a – t- elle tenu sous son joug vaguement sarcastique ?  A moins que cela nous fût seulement destiné, à nous, touristes mal dégrossis.

Curieux visage masculin-féminin, lisse, aux courbes presque douces, et dur pourtant ; singulière personne laissant fugitivement échapper, brouillé par la fumée de sa pipe, un soupçon de désarroi tapi au fond de son regard.Chine Yuanyang mai 2011Texte et photos : S. Lagabrielle tous droits réservés.

Miniatures : Zongdian

 

Zhongdian, maison tibétaine chine 2011Jour de grisaille et soudain ce sourire lumineux et rose en pleine fenêtre. Elle nous a fait signe de rentrer : une maison nette comme les traits de son visage, le linge soigneusement plié sur un banc.

Dans la cour en contrebas un vieux chien somnolait et des enfants à la peau cramoisie reniflaient dans le vent.Zhongdian, petite tibétaine Zhongdian, petite tibétaine

 

 

 

 

 

Texte et photos S. Lagabrielle ; tous droits réservés.

Zongdian

Zhongdian chine 2011Zongdian, ou peut-être devrais-je écrire Shangri-La puisque c’est ainsi qu’elle a été rebaptisée, est une ville chinoise qui avale, avec une gourmandise bétonnée, le fragile espace qui la sépare des villages tibétains.

Je me souviens de mon premier séjour en 2003 et de ce dîner dans une maison tibétaine traditionnelle. Passée une petite entrée, où une photo de Mao voisinait avec celle du Potala, une pièce centrale spacieuse, fonctionnelle et sombre.  Deux tables basses avaient été dressées, l’une pour nous, l’autre pour nos accompagnateurs tibétains et chinois. Autour de nous, nos hôtes, silencieux, attentifs, anticipaient nos moindres désirs. Je n’échangeais avec eux qu’un vague bonsoir, quelques mercis et des sourires embarrassés tandis que d’autres sacrifiaient à  « la photo de  famille », avec le grand père, le jeune oncle moine, la mère, la grand-mère, les enfants.

Me restent encore en bouche le goût du beurre rance, de l’alcool d’orge et de la viande de yack et, en mémoire, un moment un peu frustrant qui ne ressembla à rien, entravé qu’il fut par la barrière d’une langue dont nous ne savions rien.

"Pot au feu tibétain avec viande de Yack"    chine 2003

Je revins sur les lieux en 2011. Les rues de la vieille ville, où je refis mes gammes vagabondes, abondaient désormais en commerces, cafés  et boutiques de toutes sortes, certains tenus par des occidentaux en mal de sérénité.

Ganden sumtseling gompa en 2003Les abords du monastère Ganden Sumtseling, encore en travaux, avaient été aménagés et un bâtiment supplémentaire lui avait été adjoint. Zhongdian, Ganden Sumtseling Gompa chine 2011

 

Plus de moines visibles dans les cours mais on pouvait toujours, moyennant finance, se faire bénir par un lama tibétain.

 

 

 

Je regrettais fugitivement la boue d’autrefois, cette légère impression d’oubli qui m’était restée et se dissolvait maintenant dans le flot des touristes. Ainsi vont les choses, semblables et différentes, me disais-je, et tu fais partie de la vitrine.

Zhongdian chine 2011Texte et photos S. Lagabrielle : tous droits réservés

 

Chine : Tuanshan

Chine: Tuanshan mai 2011

Elles étaient deux dans le village à témoigner de cette violence oubliée : les pieds bandés. Simplement assise dans la rue, celle-ci fut la première que je rencontrais.  J’ai hésité longtemps avant de prendre la photo : le temps d’oublier ses pieds, de la trouver belle et tenter de retenir un regard, fragile et perdu, qui passait à travers moi.Chine : Tuanshan mai 2011

Texte et photo S. Lagabrielle : tous droits réservés

 

 

Thalassothérapie et modelage zen

Roscoff mars 2014Combien de corps enveloppés de coton blanc soudain dévoilés  ces jeunes femmes ont- elles eu sous les mains ?

Dans cette  noria  quotidienne, les  voient-elles encore ces cicatrices, ces corps fatigués, ces peaux lézardées avides de leurs soins ?

« Je m’appelle Andrea, Carole, Delphine ou  Chloé et je suis là pour vous. Peut- être me faut-il regarder au-delà de vous pour continuer, masser vos épaules, vos bras, vos  jambes, sans pensée, pour être tout à vous » .

Ce professionnalisme souriant et un peu distant me va bien. Je me découvre avec ces lourdeurs qui sont venues avec les années. Les mains qui courent sur moi ne s’y arrêtent pas. Elles s’y enfoncent simples et énergiques pour dénouer tout ce qui peut l’être.  Ou essayer du moins. Car il y a du travail. Combien de rires, de chagrins,  de caresses, de colères et de frustrations, de souvenirs et d’errances, de pleins, de vides et de flous, d’espoirs et de désillusions sont-ils venus se déposer dans ces plis disgracieux ?

Ainsi, sirène en surpoids, je me laisse aller sous leurs doigts et m’endors en rêvant de choses douces que j’aurai oubliées au réveil.

Roscoff mars 2014

Inde, Tamil-Nadu, fin : Trichy et Tanjore

Inde Tamil Nadu -Trichy - octobre 2012Trichy et Tanjore, comme Madurai avant elles, offrent sans fard  leur visage tavelé. La pluie qui rogne les peintures y est  pour beaucoup. On aime les couleurs vives autant que les tons pastel mais, à l’arrivée, une curieuse impression d’inachevé et de guingois se dégage, le sentiment que les bâtiments ont poussé là, un peu au hasard, comme les herbes folles d’un jardin de curé,  serrés les uns contre les autres pour ne pas tomber.

Inde-Tamil Nadu - Trichy- octobre 2012

 

 

 

 

Inde-Tamil Nadu- Tanjore - octobre 2012

 

 

 

 

 

 

Texte et photos : S. Lagabrielle. Tous droits réservés

Inde : Tamil-Nadu, Marché de Theni

 

 

Inde - Tamil Nadu -Theni -octobre 2012Inde - Tamil Nadu -Theni -octobre 2012

Nous sinuons entre les étals dans une chaleur pesante où se fondent les parfums, les visages et les voix.

Inde- Kérala- Theni - octobre 2012

Poissons, fruits,  légumes, épices, ustensiles de cuisine voisinent selon un « plan de table » dont la logique m’échappe. Qu’importe au fond : c’est un endroit à respirer.

 

Inde - Tamil Nadu -Theni -octobre 2012Texte et photos S. Lagabrielle : tous droits réservés