
Nous voilà revenus au point mars. On sentait assez dans les interstices des allocutions gouvernementales cette même ambiguïté : je la joue immunité collective ou pas ?
Un poker sur la santé sur fond de chantage économique.
Que privilégier ?
La situation hospitalière plus que tendue a eu raison de la procrastination. Ne pas croire qu’on a augmenté les lits en réanimation, ce sont des lits pris ailleurs. Souvenez-vous, les bed managers dont se glorifiait Agnès Buzyn.
Pour le reste, rien ne change. Ce sera l’économie first. Le social, démerdez-vous, mais travaillez, surtout chez vous, en attendant que l’Allemagne et les pays dits frugaux s’inquiètent suffisamment à leur tour pour envisager d’autres options économiques que l’offre, l’offre et la consommation à perte de vue, le fric balancé à l’aveugle, sans considérer véritablement la pauvreté qui gonfle et sans voir qu’on fait n’importe quoi écologiquement.
Pourquoi cette impression que rien ne bouge et n’est vraiment réfléchi parce que l’opportunité financière est devenue une affaire de seconde ici, de quelques jours là ?
Les librairies indépendantes ferment mais les services amazon et fnac restent ouverts.
L’argent toujours.
Cette deuxième séquence ouvrira-t-elle les yeux sur la faillite de ce modèle qui nous conduit, virus aidant (sic), à une absence de vie sociale ? de vie tout court ?
« Antoinette » est un délicieux restaurant levalloisien à tous points de vue, qu’il s’agisse de la cuisine, de l’environnement ou du personnel. Depuis son ouverture en septembre, nous sommes nombreux dans l’entreprise à y avoir pris nos habitudes. Et c’est bien le souci : récent, l’estaminet n’a pas eu le temps de « draguer » l’autochtone levalloisien et ne peut pas se rabattre, comme son compère La Maiella, institution presque Balkanyque, tant l’ancien maire y faisait escale, sur la vente à emporter et survivre.
Même dilemme pour « The daily », un petit japonais en bas de chez moi.
Le télétravail en vidant les locaux professionnels les réduisent à quia.
Il n’est pas évident de construire un réseau à partir d’un service de livraison à domicile que l’on a pas et faire appel aux plateformes connues (Deliveroo ou Uber eats, par exemple) ne doit pas être gratuit (sic encore).
Alors de ma fenêtre, devenue lugubre avec le raccourcissement de la durée du jour, je songe à ces gens-là qui ont pris des risques que je n’aurais jamais osé prendre même en période plus faste.
Pour ne rien arranger, sur le front de la laïcité et de la religion, le bordel est total et meurtrier et, sous cet angle, le retour médiatique hexagonal de Manuel Valls n’a rien d’une bonne nouvelle. On devrait suggérer à Ada Colau de l’occuper sur Barcelone … mais à quoi ? Parce que, pour paraphraser Pagnol, ce n’est pas que cet homme n’est bon à rien, c’est qu’il est mauvais en tout. Et d’ailleurs, pourquoi lui faire toute cette place alors qu’il a quitté son mandat parlementaire sans état d’âme pour se rapprocher de ses « racines » catalanes ? Ceux qui n’ont vraiment honte de rien me sidèrent. Et lui, à mes yeux, est une sorte de cador dans le genre.
Selon AssuranceCastex » le meilleur moyen de soulager l’hôpital c’est de ne pas tomber malade ». Mais qui l’a mis dans cet état de tension et de dépression cet hôpital avec sa T.2A misérablement comptable ? Le même. Comme quoi détruire ou échouer n’est pas un obstacle à la promotion.
Pour revenir à l’accordéon, nous sommes, sur le plan des libertés et de l’espérance, en période de compression sévère.
Je ne vois pas dans l’immédiat ce qui pourrait desserrer le nœud même si ce qui se passe au Chili ou en Bolivie m’allège l’humeur.






