Covidée !

Après deux ans et demi, si ce n’est plus, de jeu de cache cache, la bestiole fini par me rattraper.

Avertie sur mon téléphone, il y a une semaine, que j’avais croisé une « personne à risques » vraisemblablement deux jours auparavant, je me fais tester le jour même (test antigénique ). Bingo : test positif (si j’étais complotiste, le test étant de fabrication chinoise comme l’indique le résultat que j’ai reçu, je prétendrais que le virus était déjà dans le test )….

Je m’isole donc. Madame l’assurance maladie m’enjoignant de refaire un test cinq jours après le premier, je m’y colle (re même test antigénique). Résultat toujours positif et pourtant pas de symptôme – ni fièvre, ni toux, ni mal de tête, ni perte de goût ou d’odorat, ni problèmes respiratoires, pas d’éternuements récurrents. Rien jusqu’à hier (soit au bout de huit jours) où j’ai commencé à me sentir un peu fatiguée mais pas au point de rester sous la couette. J’ai même fait un peu de ménage ce matin.

Je suppose que je dois cette relative « asymptomatie », au fait d’être vaccinée 3 doses. Mais l’isolement est lourd. Heureusement, j’ai un balcon donnant sur un parc où je peux m’installer pour bouquiner et prendre l’air. Depuis ce matin, on le bichonne à la tondeuse et autres appareils, ce qui masque le bruit des oiseaux et rend le séjour « balconique » un peu pénible.

L’embêtant dans cette absence de symptôme net (la fatigue pourrait aussi bien résulter de mon allergie à tout ce qui est en suspension dans l’air en ce moment) c’est qu’au vrai, je ne sais pas trop, à l’heure qu’il est, quand je vais pouvoir considérer que je ne suis plus contaminante et pouvoir aller me balader et voir du monde.

Finalement j’ai pris rendez-vous pour me faire faire un test PCR, réputé plus fiable, dix jours après le premier (et donc après dix jours d’isolement). Je croise les doigts.

Je me suis longtemps demandé, surtout depuis l’apparition d’Omicron, comment on pouvait recenser autant de nouveaux cas par jour. Je mettais cela sur le compte d’un abaissement de la vigilance liée à la lassitude et une actualité mortifère. Et agonissais en silence les porteurs de masque sous le nez ou le menton.

Pour moi, je ne sais pas où j’ai « flanché » car ma vie sociale bordelaise n’a rien de frénétique. Certes, on a bien recensé quelques cas dans mon entourage mais il y a un bon mois. Alors ….que penser ?

Le jour de ma contamination probable correspondrait, selon l’alerte que j’ai reçue, à une sortie en ville pour quelques achats. Adepte du masque FFP2 bien ajusté dans les transports (où le masque est obligatoire), en milieu fermé (y compris dans les ascenseurs) et dès qu’il y a un peu de monde autour de moi, je ne comprends pas bien comment j’ai pu « me faire choper ». A moins que mon masque ait été « poreux ».

Tant que le mal en reste là, je dois me considérer comme chanceuse. Autre petit bénéfice, m’éviter, dans l’immédiat, une revaccination que je ne souhaitais pas.

Pour l’heure, je maudis la technique qui fait que de bons vieux râteaux « jardiniers » et silencieux aient été remplacés par de bruyants appareils « soufflants ». A bien y regarder d’ailleurs, le résultat final n’est pas terrible : il reste encore pas mal de feuilles au sol un peu partout. Cinq heures de pétarade (hé oui, le parc est grand), sans compter les motos tondeuses, comme dirait l’autre, ça commence à bien faire. D’autant que, cerise sur le gâteau, ma voisine du dessous fait faire des travaux chez elle.

Entre la (le) Covid et le bruit, je me demande ce qui me pèse le plus.

Il va falloir être patiente.

Dans tous les sens du terme.

Digressions 1

20 ans après, se laissera-t-elle convaincre ? Je découvre par hasard l’existence d’un appel citoyen à la candidature de Christiane Taubira pour l’élection présidentielle de 2022

A ce jour environ un peu plus 30000 signataires. C’est ici.

https://taubirapour2022.fr/

On se souvient du procès qu’il lui fut fait en 2002. Selon certains socialistes, sa candidature aurait contribué à l’éparpillement des voix de gauche et constitué l’une des causes de l’échec de Lionel Jospin à accéder au second tour de l’élection présidentielle. Pourquoi elle et pas les autres petits candidats d’alors ? La dame a du panache mais irrite fortement aussi.

Pour l’heure elle ne dit ni oui, ni non. Interrogée sur le sujet sur France Inter, en septembre 2019, elle dit ne pas rêver (à une candidature) puis ajoute «S’il se dégage que c’est à moi de tenir le gouvernail, de prendre les rênes, de me bander les muscles intellectuels et affectifs, de me bander tout ça et de tenir pour qu’on avance ensemble…» avant de laisser sa phrase en suspens. Relancée par les journalistes, elle finit finalement par lâcher: «S’il faut le faire ensemble, oui, je serai là».

L’ombre de 2002 plane-t-elle encore dans ces contorsions qui semblent aussi suggérer d’essayer de trouver une dynamique collective plutôt que de chercher l’homme ou la femme providentielle ?

Personnellement je ne crois pas à sa candidature. Il est tard pour monter un programme et trouver des financements. N’empêche, une Présidente noire, qui ne mâche pas ses mots et lettrée…cela aurait de la gueule.

Je ne me lasse pas cette remise en place d’Eric Ciotti

Vous avez dit romain ?

C’est une histoire idiote qui aboutit à un projet de résolution assez ridicule comme si les parlementaires n’avaient pas autre chose à faire.

Tout est parti de l’intention prêtée au musée Carnavalet de supprimer une partie des chiffres romains sur ses panneaux explicatifs. Louis XIV devient donc Louis 14. Même chose pour les siècles, comme c’est d’ailleurs déjà le cas depuis des années au Louvre ou au British Museum..

« Catastrophe culturelle », « stupidité », « fléau du politiquement correct », la presse italienne est scandalisée.

France culture résume :

« Alors que Courrier international relaie l’indignation moqueuse du Corriere della Serra – qui souligne qu’au moment où les chiffres romains disparaissent des musées français, ils apparaissent pour désigner l’événement monstrueusement populaire du Super Bowl qui a choisi la numérotation romaine au début des années 1970-, sur Twitter c’est une litanie de la désolation face à une preuve criante supplémentaire du déclin de notre beau pays qui ne saurait se remettre d’une telle perte. Mais tout ce bruit est surtout une belle supercherie montée en épingle jusqu’à l’absurde. Quand on pose courtoisement la question à l’équipe du musée Carnavalet, on nous explique que les chiffres romains n’ont jamais été bannis, ils seront bien présents à sa réouverture au printemps sur les cartels et les documents d’accompagnement. Les deux systèmes de numérotation se côtoient et se répondent dans une tentative de ne plus séparer les publics, avec l’ambition que la visite au musée soit partagée par chacun, quels que soient sa génération, son âge, son niveau de connaissance historique, sa culture nationale ou sa situation de handicap. Un projet d’accessibilité à l’histoire plus généreux que la mesquinerie des commentaires haineux qui s’abattent en pluie sur une rumeur ridicule si elle n’était pas aussi violente. Ouvrez donc les musées que l’on puisse enfin tous aller constater cette cohabitation militante des chiffres romains et des chiffres arabes par nous-mêmes à Carnavalet ! « 

Qu’importe certains ont cru utile de déposer ce texte sur le bureau de l’Assemblée…

https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b4068_proposition-resolution

Nouvelles du confinement : c’est une maman qui doit en avoir marre d’être dérangée par ses ados, alors elle a punaisé ça sur sa porte :

Voyage en absurdistan

J’ai collecté ces tweet et autre parodies journalistiques en parfaite mauvaise foi et pourtant il me semble qu’ils tracent un portrait assez fidèle de la bordélisation dans laquelle nous vivons. Jupiter décide seul, semble-t-il , mais se tient en retrait quand la température monte, laissant ses laquais annoncer les nouvelles …qui ne sont pas bonnes. Castex magister (et incidemment responsable de la détresse totale des hôpitaux avec cette ânerie consistant à les gérer comme des entreprises : T2A mon amour) a prévu de se faire administrer une dose de vaccin AstraZeneca devant les caméras, à l’instar de son collègue Olivier Véran. Notre PM a-t-il prévu des manches de chemises suffisamment large pour remonter au point de vaccin ou sera-t-il contraint à une comparaison pectorale pas forcément avantageuse ?

Résumons nous, avant le 18 mars c’était à peu près ça :

Et le site parodique le Gorafi sortait ça :

http://www.legorafi.fr/2021/03/16/jean-castex-lapparition-de-variants-regionaux-du-coronavirus-est-une-chance-pour-les-territoires/

On en était là (référence à un film des années 1990):

Puis vinrent des suspicions sur le vaccin Astra Zeneca que la haute autorité de santé recommande maintenant au plus de 55 ans …mais où se faire vacciner ?

Et après ?

Ce 18 mars advinrent ces injonctions paradoxales « reconfinatoires  » : restez chez vous, mais sortez !! Le virus est moins létal dehors…. Bref on se gratte les neurones à défaut de rire.

Pendant ce temps là, les français en savent plus sur la Covid et ses variants que ce qui se vote de liberticide dans leur dos.

http://www.davduf.net/et-la-loi-securite-totale-fut

Anniversaire

Je n’ai jamais cru que 2021 marquerait le retour à une « vie normale ». D’ailleurs comment la définir?

A l’heure de cet anniversaire (sic) d’un an de confinement physique et des libertés, quoi penser ? Rien, sinon ruminer une colère encore sourde.

Celui-ci revient sur l’absurdistan français.

D’autre se battent pour exercer encore leur activité

Sans parler d’une génération laissée à elle-même.

Alors, je me demande, pourquoi écrire encore ?

Quoi qu’il en coûte disaient-ils ?

Reprenons, on a eu ça

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puis ça

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Le plus effarant au fond (mais je me répète) c’est que toutes ces décisions ne sont jamais discutées et qu’en réalité le « quoiqu’il en coûte » ne s’adresse pas à la vie mais à l’économie. La sauver au prix d’une dette dont on nous présentera la facture à rembourser, partant du principe que l’Etat se gère comme une économie familiale … ce qui n’ a pas de sens. Ecouter ici même si c’est un peu long (on peut commencer vers 29 minutes).

Ajoutez à cela la résurgence d’une réforme des régimes de retraite, l’abandon des étudiants, le couvre feu la semaine et le confinement le WE – et j’oublie sans doute nombre de mesures socialement nuisibles – vous vous dites que votre seule utilité est économique. L’équivalent d’une roue.

Et puis vous tombez sur ça …

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J’a,i là encore, récupéré ça sur twitter : les Echos ou le Figaro ? Toujours est-il que la compagnie d’assurance vient de se prendre un revers (à suivre tout de même). Le jeudi 25 février, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé un jugement du tribunal de commerce de Marseille qui datait du 15 octobre. L’assureur devra bien indemniser le propriétaire d’un restaurant marseillais, à qui il devra verser 23 000 euros pour la période de fermeture du 15 mars au 2 juin 2020, comme l’avait décidé le tribunal de commerce. La cour d’appel a ajouté 27 000 euros d’indemnisation pour compenser les pertes d’exploitation subies pour les fermetures allant du 28 septembre au 4 octobre (où seuls les restaurants marseillais avaient été fermés), puis du 30 octobre au 31 décembre. Ces indemnisations ne sont que provisoires, le montant exact des pertes d’exploitation sera évalué par une expertise qu’Axa devra mettre en œuvre dans les deux mois (Médiapart 26 février 2021).

On imagine sans peine que la compagnie va « travailler » sur le dossier

De l’hybridation du confinement

Hybride : qui provient du croisement de variétés ou d’espèces différentes. Il y a peu les gazettes nous annonçaient que l’exécutif hésitait entre un confinement serré et un confinement hybride. Allez savoir pourquoi cela m’a fait penser aux voitures hybrides combinant un moteur à combustion interne (on dit aussi moteur à explosion ou moteur thermique) et un moteur électrique avec comme chef d’orchestre un ordinateur de bord. Il sait d’où vient l’énergie (thermique et électrique), en quelles quantités respectives et où elle doit être distribuée à tout moment. Plusieurs milliers de fois par seconde, il analyse ce que le conducteur demande et ce qui est disponible comme énergie. Il optimise l’utilisation du moteur thermique, ce qui permet de réduire sa consommation en carburant.

En filant l’analogie, comment un confinement hybride pourrait-il se traduire? Une sorte de système combinant souplesse et restrictions avec dans le rôle de l’ordinateur une instance qui s’appellerait « conseil de défense sanitaire » ? Plus concrètement selon le journal « la charente libre », ce confinement « hybridé » ce serait :

  • d’abord ne pas fermer les écoles tout en rallongeant la durée des vacances scolaires de février
  • limiter les brassages de population dans les commerces qualifiés de non-essentiels sans les fermer, mais avec des jauges restreintes, des créneaux d’ouverture et des prises de rendez-vous
  • imposer une limitation des déplacements.

Où l’on voit qu’effectivement cela tranche avec ce que nous vivons depuis des mois. J’ironise. Certains envisageaient un autre système combinant couvre feu la semaine et confinement le week-end avec ses conséquences sur le moral des troupes.

Finalement, on a laissé tomber « l’hybridation » (le mot) qui avait pour seul mérite d’intriguer. A partir de dimanche, les entrées et sorties du territoire français en provenance ou à destination d’un pays extérieur à l’Union européenne (UE) seront désormais interdites, « sauf motif impérieux ». Il en ira de même pour ceux souhaitant voyager entre la métropole et l’outre-mer. L’entrée en France depuis un pays de l’UE, elle, sera conditionnée à la présentation d’un test PCR, à l’exception des travailleurs transfrontaliers. Les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20 000 mètres carrés seront fermés à compter de lundi, et les jauges renforcées « dans toutes les grandes surfaces ». Le recours au télétravail devra être renforcé, tout comme la lutte contre les infractions au couvre-feu ou l’ouverture illégale de restaurants (Le Monde 30 janvier 2021).

A peu près comme jusqu’ici, juste un peu plus « serré ».

En attendant un hypothétique retour à la normale à court terme mis à mal par la pénurie de vaccins (lire ici : https://www.mediapart.fr/journal/france/290121/retards-de-vaccins-comment-les-etats-europeens-se-sont-fait-avoir-par-les-laboratoires ), on peut, comme durant les plus belles heures de la prohibition américaine, essayer de s’encanailler dans les restaurants clandestins …à condition d’être tuyauté.

Pour l’heure, il n’existe pas de variant néo-zélandais circulant du Covid 19…à ma connaissance. Le pays toutefois, vient d’enregistrer son premier cas local depuis 2 mois. Le ministre de la Santé Chris Hipkins a déclaré qu’il était encore trop tôt pour décider si un confinement total ou partiel devait à nouveau être mis en place. Mais l’origine et la souche de l’infection interroge … (Journal Sud-Ouest 24 janvier 2021).

Sourions quand même un peu :

Le citoyen, voilà l’ennemi

« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs », a déploré le chef de l’Etat, jeudi, en regrettant la « traque incessante de l’erreur » en France (journal Le monde du 22-1).

Comme le souligne François Ruffin

Le manque d’empathie de notre Président pour ce que nous sommes – ses concitoyens – me sidère (et la citation ci-dessus est à ajouter à la série d’âneries – pour rester soft – qu’il a pu proférer des « gens qui ne sont rien » à « traverser la rue », pour n’en citer que quelques unes. Lire le quai de Ouistreham de Florence Aubenas est instructif sur ce dernier point. Pour ne pas être stigmatisés « assistés », des gens acceptent des boulots qui leur coûtent plus cher en transport que ce qu’ils leur rapportent. A tout prendre, si j’ose dire, les entreprises sont bien plus assistées, de crédit impôt recherche en CICE, allègements de charges et autres contrats aidés qui budgétairement coûtent bonbon).

Dans ce que Jupiter prétend encore être une démocratie, mais qui vire à la démocrature, notre seul droit serait donc de nous taire ou d’acquiescer (choix que les playmobils de l’Assemblée Nationale pratiquent à chaque session parlementaire et au-delà dans leur circonscription). Jupiter (étonnant, non ?) ne supporte pas le jugement.

Quand on y songe, s’il n’avait pas, par sa pratique du pouvoir, pratiquement éliminé les corps intermédiaires, sans doute aurait-il eu dialogues plus châtiés à son goût…

Mais voilà, le citoyen basique qu’il ignore souffre et pense. Celui-ci pousse un peu son bouchon, mais ce « stop and go » confiné pourrait bien grossir les contingents à partager son avis.

La « stratégie » erratique du Gouvernement – ou en tous cas souvent perçue comme telle puisque la « représentation nationale » n’est pas conviée à table – qui ferme ceci mais laisse cela ouvert, soutient l’entreprise mais sacrifie toute une génération et les liens sociaux, ne saurait être discutée.

Cette petite vidéo animée, qui date déjà un peu (2020 pensez !!!) me semble tracer un tableau assez pertinent de la « dinguerie » ambiante. Seule consolation, le Président orange (rapport notamment à sa couleur de cheveux inaugurale) des US a finalement laissé son bureau ouvert à plus posé que lui (ce qui n’est pas difficile). Joe, a beaucoup travaillé pour en arriver là. Ne pas trop en espérer cependant, je crois.

Jusqu’où n’iront-il pas ?

« 

Fouquet : Quand la vanité mène tout droit au cachot

Quo non ascendum? », littéralement: « Jusqu’où ne monterai-je pas? » . Telle était la devise de la famille de Nicolas Fouquet dont le blason représentait un écureuil (amusant symbole de nos jours …si on peut dire).

Je ne sais pas si le Gouvernement actuel se pose la question mais il fait comme si …la seule notion de limite était devenue aussi floue que le floutage des visages de nos pandores réclamé par certains syndicats de policiers.

Et après tout, tout l’y invite, le confinement et cette violence qui n’existerait pas mais conduit un Jean-Luc Mélenchon à tweeter ceci. C’est dire.

Manifester paisiblement…un luxe de ma génération. Car la plupart des acquis sociaux, soigneusement détricotés depuis des années (notamment « socialistes »), l’ont été dans la confrontation sévère.

Ignorants de la réalité des chiffres – car plus on teste plus on trouve, mais qu’en conclure ? Les tests PCR ne valent que pour le jour où vous vous y êtes soumis et on ne sait pas grand chose de la durée de l’immunité quand vous avez contracté le Covid ou été en contact avec, donc un test sérologique subi au printemps ne veut peut-être plus rien dire – nous voilà définitivement infantilisés et emmurés.

D’ailleurs notre ministre de la santé avertit : « Le danger serait que vingt personnes (…) qui ont prévu de partager un repas pour Noël, décident de se faire tester et en confiance, se retrouvent à table, arrêtent les gestes barrières, ne portent pas le masque, partagent le même foyer pendant plusieurs jours avec des personnes fragiles, pensant ne rien risquer, alors qu’en réalité, le virus est là et que le risque de transmission est réel ». En d’autres termes, la prévention ne reposerait pas sur un test négatif, mais plutôt sur le respect des gestes barrières. Devra-t-on manger, par exemple, dans des pièces séparées, soigneusement aérées, définies en fonction de notre vulnérabilité supposée, et, à quelques mètres les uns des autres, se souhaiter un bon Noël via nos smartphones. A quoi bon ? Autant organiser des festivités sur Teams ou Zoom !

De manière plus générale, qu’est-ce qui empêche un débat national sur la politique à tenir ? Voire même une réelle coordination des Etats de l’UE – à part le fonctionnement de l’UE elle-même mais on pourrait déroger, non ?

Noël en distanciel … Jean Castex ne s’y est pas risqué et je pourrais rendre visite aux miens. Mais, à y bien songer, on peut s’interroger sur cette sanctuarisation de ce jour dans un pays qui entend se proclamer définitivement laïc (quoi que dans l’Est, on fête davantage Saint Nicolas).

On me transmet, pour voir si certains articles peuvent concerner ma discipline professionnelle (droit social), le projet de loi confortant le respect des principes de la République,. Et je lis ceci dans ce que l’on appelle l’exposé des motifs :

« Tout au long de son histoire, notre République a su être à la fois intransigeante sur les principes et généreuse dans son action. Au fil des ans, patiemment, elle a rassemblé tout un peuple et, parmi ce peuple, mêmes ceux qui au départ lui étaient hostiles.

Notre République s’est construite sur des fondations solides, des fondements intangibles pour l’ensemble des Français : la liberté, l’égalité, la fraternité, l’éducation, la laïcité.

Un entrisme communautariste, insidieux mais puissant, gangrène lentement les fondements de notre société dans certains territoires. Cet entrisme est pour l’essentiel d’inspiration islamiste. Il est la manifestation d’un projet politique conscient, théorisé, politico‑religieux, dont l’ambition est de faire prévaloir des normes religieuses sur la loi commune que nous nous sommes librement donnée. Il enclenche une dynamique séparatiste qui vise à la division.

Ce travail de sape concerne de multiples sphères : les quartiers, les services publics et notamment l’école, le tissu associatif, les structures d’exercice du culte. Il s’invite dans le débat public en détournant le sens des mots, des choses, des valeurs et de la mesure.

L’idéologie séparatiste a fait le terreau des principaux drames qui ont endeuillé notre communauté nationale ces dernières années. »

Bien, bien, le séparatisme visé est assez clair – côté, égalité et laïcité, on passe large sur les années Pétain dans l’historique, car nous n’étions plus « en République », n’est-ce pas ? Mais la rhétorique ne semble pas si lointaine.

Les associations cultuelles sont dans l’œil du cyclone du projet, en particulier fiscal, dans lequel on retrouve cet article, retiré (??) d’un autre projet de loi, et reformulé en bonne place qui dit ceci :

Après l’article 223‑1 du code pénal, il est inséré un article 223‑1‑1 ainsi rédigé :

« Art. 22311. – Le fait de révéler, diffuser ou transmettre, par quelque moyen que ce soit, des informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle d’une personne permettant de l’identifier ou de la localiser, dans le but de l’exposer, elle ou les membres de sa famille, à un risque immédiat d’atteinte à la vie ou à l’intégrité physique ou psychique, ou aux biens, est puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

« Lorsque les faits sont commis au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. »

Voilà. Tout cela sera examiné mais pas franchement discuté ou l’inverse. On peut s’attendre, selon le schéma qui prévaut depuis les dernières élections législatives à ce qu’à l’ Assemblée nationale notre représentation lyophilisée vote favorablement en faveur de l’ensemble du texte sans trop d’état d’âme (à supposer qu’elle en ait jamais eu). Au sénat, peu de chose à craindre non plus.

Même chose sur la réforme des retraites qu’on pensait suspendue sinon enterrée …

La « stratégie du choc » Covid marche à plein.

Alors, je me dis que le quinquennat précédent qui a permis, en partie, l’avènement de tout ça, comptait une voix d’une dissonance souvent jubilatoire. Entendre Christiane Taubira moucher ce pauvre Ciotti … dont je me suis toujours demandée comment on pouvait voter pour lui … un plaisir. Macron s’en amusait aussi, alors, maintenant il braconne sur des idées « ciottistes brunisantes ».

Ainsi vont nos jours évidés.

Jean Castex n’existe pas

C’est la conclusion à laquelle je suis arrivée tant ce Gouvernement me paraît en roue libre. B. Le Maire joue sa partition financière, G. Darmanin continue ses provocations et J.M Blanquer de détruire l’enseignement public. Je dis cela parce que beaucoup d’enseignants autour de moi, loin d’être novices, jettent l’éponge. Basta Blanquer

Au fond, c’est assez fascinant ce quinquennat qui savonne à tout va. Si, si.

Cerise sur le gâteau, la proposition de J. Castex – qui entend faire réécrire l’article 24 de cette fichue proposition de loi sur la sécurité globale par une commission idoine – déclenche l’ire de Gérard Larcher. C’est dire.

Ce n’est pas le seul article 24 de ce texte, tout bien examiné, qui a besoin d’être gommé … mais tout le texte.

Qu’un premier ministre ait pensé faire modifier une proposition de loi, d’origine parlementaire, donc, par une commission « commissionnée » pour cela sous le nez des parlementaires fait douter de sa perspicacité constitutionnelle (au point que je me demande ce que l’on apprend vraiment à l’ENA à part l’arrogance). A quoi servent nos députés et sénateurs ? Réponse jupitérienne : à ce qui nous plait.

Et voilà notre Jeannot, qui paraît toujours aussi décalé, essayer de faire entendre une voix dont les ministres précités (liste non exhaustive), se balancent ouvertement.

Un autoritarisme est en place qui nous réduit à quia.

What else ? L’après-Covid n’aura pas le sourire charmeur de Georges Clooney et le présent nous vaut déjà une jolie réputation d’illibéralisme pas usurpée pour être franche.

2022, réfléchissez. plutôt 2 fois qu’une.

Un quotidien attesté, une raison perdue

Les choses ont encore évolué depuis. Mais ce jour-là, c’était mon sentiment. J’en peux plus.

Me voilà en congés confinés à nouveau. Je me signe des autorisations de sortie pour l’essentiel alimentaire et ma santé.

L’avantage du premier confinement était le silence -les chantiers étaient à l’arrêt et les voitures furtives- et le bruit des oiseaux. Depuis le déconfinement en mai, c’est un festival de décibels en face et en dessous de chez moi. On bâtit ici un centre culturel et l’on refait sous mes fenêtres des trous que l’on avait fait et rebouchés il y a deux mois. Plus loin dans les rues c’est une orgie d’échafaudages de ravalement d’immeubles. Il y a des palissades partout au point que l’on ne sait plus où marcher. Magnifique cette conjonction de limitation d’horizon. Le confinement combiné aux bâches. La nuit presque tout le temps.

Me voilà donc reconfinée dans le bruit incessant. Comme si l’enfermement seul, les pétages de plomb du ministre de la santé à l’Assemblée nationale et les inconséquences du ministre de l’éducation sans compter un premier ministre caricatural pour rester sobre ne suffisaient pas à rendre marteau (piqueur), voilà que s’invitent aussi les élections américaines.

Depuis des jours D. Trump trompetait sur la fraude au votes par correspondance, sur une victoire par avance volée. La toxicité du personnage étant élevée, pas difficile d’envisager qu’il mette les US en plein chaos d’ici l’investiture de Biden en janvier si ce dernier l’emporte à la Pyrrhus ( ce qui n’est pas garanti à l’heure de ce billet).

Pour se donner une idée de la dinguerie dans laquelle ce pays vit (le seul truc qui m’amuse est ce type qui passe derrière elle « marxisant » façon Groucho la vidéo) :

On est mal, on est mal. Il est peut-être temps, européens, de songer plus spécifiquement à nous. On en fait quoi de cette construction brinquebalante ?

J’imagine qu’ailleurs, à Pékin surtout, on s’amuse de ce grand guignol occidental suicidaire. Il paraitrait même que cette covid qui nous vaut ce deuxième confinement ne serait pas exactement celle de ce printemps …

Et pourtant les rayons cosmétiques sont fermés.