Surpause et surplace

C’est un fait, j’ai de plus en plus de mal à remplir ce blog. Un peu comme si la sidération dans laquelle me plonge l’actualité avait asséché mon stylo. Les lectures, de polars essentiellement, n’y changent rien. Ou plutôt les relectures. J’ai récemment retrouvé quelques opus de Tony Hillermann dans lesquels la partie ethnologique -l’évocation des us et coutumes des navajos, en particulier- m’intéresse autant que l’intrigue policière. Ils m’ont ramenée à ces quelques semaines en septembre 1998 où je suis allée traîner mes pataugas dans les paysages qu’il décrit. L’un de mes plus beaux souvenirs reste le lever de soleil sur le parc de Dead Horse Point à bord d’un petit coucou. Chargée de traduire les commentaires du pilote de l’avion pour mes petits camarades d’escapade, je n’ai pas pris de photos et tout est demeuré dans mes yeux. C’est peut-être mieux car la mémoire contribue à faire évoluer un instant singulier qui serait resté figé sur la pellicule. Je ne sais plus où j’ai rangé les photos de ce voyage. J’ai déménagé trois fois depuis lors et eu la flemme de rouvrir certains cartons.

J’aurais peut-être dû choisir autre chose car tout cela me ramène aux Etats-Unis et son quotidien inquiétant qui semble infuser chez nos politiques. Les mesures annoncées par François Bayrou, en particulier sociales, font presque écho à celles de la Big Beautiful Bill (la grande et belle loi) Trumpienne. La dimension de la casse est certes moindre mais la ligne de fond est assez identique : la redistribution, quel ennui ruineux.

Je ne sais pas pourquoi mais me vient tout à coup l’image d’un patineur novice certain de pouvoir réaliser un triple axel. Je suppose que Donald Trump n’en douterait pas une minute….s’il s’intéressait au patinage. Pour l’heure, il gère son pays comme un mafieux. Chantage, menaces, extorsions de fonds, tout lui est bon. Ainsi, par exemple, sa politique douanière devient un instrument d’ingérence dans la justice d’un pays voisin, le Brésil en l’occurrence, afin qu’il abandonne les poursuites contre Jair Bolsonaro dont la trajectoire, tentative de coup d’État compris, ressemble à la sienne. Ses menaces de procès à l’encontre d’une chaîne de télévision ayant besoin d’un aval fédéral pour réaliser une fusion avec une société de production sont l’occasion de conclure un deal -lui qui aime tant ça- à 16 millions de dollars. Un humoriste, hébergé par la chaîne, ayant qualifié l’opération de gigantesque pot-de-vin, vient d’apprendre l’arrêt de son émission en mai prochain. A chaque jour sa vilaine pochette surprise.

Donald se fait balader par Poutine et Netanyahou ? Peu importe. Un fait chasse l’autre ….encore que la sordide affaire Epstein qui lui colle à la peau comme le sparadrap du Capitaine Haddock fracture une base électorale déjà fragilisée par les purges financières d’Elon Musk (je résume grossièrement).

« Comment les américains ont-ils pu voter pour ça ? » me demande ma mère. Bonne question que l’on pourra se poser à notre tour en 2027.

En attendant, ça bouge (un peu) chez les démocrates américains. Obama, lui-même, se fait chahuter.

“Moins d’introspection nombriliste. Moins de pleurnicheries. Moins de position fœtale.” ; “C’est le moment de se retrousser les manches. Pas de s’apitoyer. Pas de se cacher. Ce qu’il faut maintenant, c’est du courage.” aurait tonné l’ancien Président. sans que l’on sente une quelconque stratégie derrière.

Le journaliste P. Corbé raconte sur son site Zeitgeist : la mise en garde de l’ancien président a notamment vivement agacé Whoopi Goldberg, coanimatrice de The View, un talk show très populaire sur ABC (et très anti Trump…). Elle a eu peu goûté ses leçons.

“Laissez-moi vous rappeler qui est en première ligne quand il y a eu ces grandes marches : c’était le peuple. C’est le peuple qui est sorti dans la rue. Ce n’étaient pas des gens en pleine introspection nombriliste, c’étaient des personnes âgées qui disaient : “Pourquoi vous touchez à ma Sécurité sociale ?” Ce n’étaient pas des plaintes. C’étaient des gens qui disaient : “Pourquoi vous retirez des droits à mon enfant alors qu’il est né ici ?”

« Peut-on gagner en incarnant la retenue quand le pouvoir se joue dans la rage ? Peut-on fédérer avec du pragmatisme quand le populisme dicte les émotions ? » s’interroge le journaliste.

Ce sont de bonnes questions aussi à se poser à l’horizon 2027..

Droit et obligation

Dessin de Voutch

Les ministres démissionnaires avaient-ils le droit de participer à l’élection du Président de l’Assemblée Nationale ? Le débat fait rage d’autant plus que le Gouvernement a joué un rôle clé dans l’affaire. Selon l’article 23 de la Constitution, « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire ». Clair, non ? Oui, mais non. Car, argue Matignon, il faut composer aussi avec l’article LO153 du Code électoral qui dit ceci « l’incompatibilité établie par l’article 23 entre le mandat de député et les fonctions de membre du Gouvernement prend effet à l’expiration d’un délai de un mois à compter de la nomination comme membre du Gouvernement. Pendant ce délai, le député membre du Gouvernement ne peut prendre part à aucun scrutin et ne peut percevoir aucune indemnité en tant que parlementaire. L’incompatibilité ne prend pas effet si le Gouvernement est démissionnaire avant l’expiration dudit délai ».

N’étant pas constitutionnaliste et lisant ce dernier texte au premier degré, il me semble avoir été rédigé en pensant aux député·es nommé·es au gouvernement et non à des membres d’un Gouvernement déjà en place depuis plusieurs mois et ayant opportunément démissionné – autrement dit aux membres d’un Gouvernement qui, chargé de gérer les affaires courantes, n’est plus de plein exercice comme on dit, soit à des ministres plus vraiment ministres.

Et le Conseil constitutionnel, me direz-vous ? Saisi en 1986, celui-ci s’est déclaré incompétent pour statuer sur la régularité de l’élection du Président de l’Assemblée nationale (Décision n° 86-3 ELEC du 16 avril 1986).

Je ne sais quels recours l’opposition entend exercer. En attendant la situation est baroque avec des ministres la fois au four et au moulin, véritables « Fregolis » politiques.

La session ouverte le 18 juillet devrait se terminer le 2 août.

Le Président de la République, lui, n’est pas pressé et il se murmure que l’équipe en place pourrait être chargée des affaires courantes jusqu’à mi-septembre soit après les jeux olympiques et paralympiques.

Autre chose.

Il est des expressions qui finissent par agacer. Après le « j’assume » qui est une façon polie de dire « je fais ce que je veux » voire « je vous emmerde » voici le  » (telle ou telle chose) m’oblige » ou « nous obligent ». L’expression est ancienne et contractuelle mais elle me semble faire florès chez nos politiques. Ma mémoire a surtout retenu ce 5 mai 2002 où elle fut employée par Jacques Chirac réélu Président de la République avec un score presque soviétique face à Jean Marie Le Pen.

Souvenons-nous

« Ce soir, je veux vous dire aussi mon émotion et le sentiment que j’ai de la responsabilité qui m’incombe.
Votre choix d’aujourd’hui est un choix fondateur, un choix qui renouvelle notre pacte républicain. Ce choix m’oblige comme il oblige chaque responsable de notre pays. Chacun mesure bien, à l’aune de notre histoire, la force de ce moment exceptionnel. Votre décision, vous l’avez prise en conscience, en dépassant les clivages traditionnels, et, pour certains d’entre vous, en allant au-delà même de vos préférences personnelles ou politiques. La confiance que vous venez de me témoigner, je veux y répondre en m’engageant dans l’action avec détermination. »

Le discours d’E. Macron lors de sa réélection le 24 avril 2022 est presque le décalque de celui de J. Chirac : « Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. J’ai conscience que ce vote m’oblige pour les années à venir  ».

Ce sentiment, dans un cas comme dans l’autre, ne prospéra guère au-delà de la soirée électorale. C’est tout l’art de la parole verbale (expression chère à mon père). Plus récemment, après plus de 10 jours d’un vaudeville assez consternant, c’est le parti socialiste qui s’y colle dans un communiqué proposant que le choix de la candidate ou du candidat du Nouveau Front Populaire au poste de Premier ministre se fasse démocratiquement par un vote solennel des député·e·s des quatre groupes. « Le temps presse. L’impatience citoyenne légitimement monte. L’urgence sociale nous oblige. Le Parti socialiste demande donc que ce vote des députés intervienne au plus tard mardi 23 juillet. » Encore quelques jours de patience et l’on pourra juger de l’intensité de ce sentiment d’obligation.

Un seule chose est sûre : nous ne sommes pas obligés de croire tout ce beau monde sur parole.

Sévigné 2.0 ou les épistoliers numériques

On se gausse, on rigole mais au fond un duel (improbable) au second tour 2027 entre ces deux là me déprimerait moins que celui que l’on nous distille : extrême droite (Marine) c/ extrême droitisé (Attal) … si celui-ci survit à l’usure de Matignon ce qui n’est pas gagné.

Lu sur le site Elucid un article qui se conclut ainsi : « Si Gabriel Attal parvenait à transformer ses années de Premier ministre en prime au sortant, il y aurait là un événement inédit dans l’histoire récente de la République. Cette possibilité n’est pas à exclure : après sept ans de macronisme et cinq ans de hollandisme, le pays est exaspéré par l’indécision et par le caractère brouillon de l’action publique, dont la seule constante réside dans une politique de régression sociale – inavouée sous Hollande, parfaitement assumée sous Macron ». .

« Si Attal parvient à restaurer l’autorité de l’État et à mettre en œuvre une politique empreinte de clarté et de redressement dans des domaines tels que la santé ou l’éducation, il y a fort à parier qu’il en tirera le plus grand profit : les Français seront, dans leur grande majorité, tellement soulagés d’être à nouveau dirigés qu’ils lui en seront reconnaissants. Toute la question est de savoir si le nouveau Premier ministre en est conscient et s’il en est capable, ou s’il n’est rien d’autre qu’un énième clone néolibéral du genre dont les élites accouchent avec méthode depuis quarante ans… ».

Si, si…. Les débuts de ce Gouvernement sur les questions précitées ne suscitent pas un optimisme débridé, pas plus que la rumeur de nommer François Bayrou à un ministère (Éducation Nationale) qu’il occupa jadis et où, à en croire les professionnels de la profession, ces enseignants gaulois réfractaires, il ne fit que ce qu’il sait magnifiquement faire : RIEN.

On devrait inventer le « rien » en discipline olympique. Cela nous vaudrait sûrement des compétitions un peu longuettes mais handicapantes pour nos athlètes hexagonaux, obligés de prouver leur inaction en un temps décidément record (songez donc 15 jours tout au plus).

Revenons à nos épistoliers. Espérons qu’écrire, avec courtoisie, c’est à dire prendre un peu de temps, les engage à plus de réflexion. Mais ce qui m’amuse c’est cette course soudaine à un certain « jeunisme » politique chez nous à l’heure où les américains risquent de se retrouver coincés à choisir entre un cinglé et un qui devrait profiter de sa vieillesse.

Attal c/Bardella, Ruffin c/ Gluksmann, Gluksmann c/ Bardella … faites vos jeux et appariements : on nous les vend déjà comme des lessives alternatives au macronisme nécrosé de ce second quinquennat.

Jeunisme sur le vieux continent, « cacochymisme » sur le nouveau, une sorte de monde renversé : l’année électorale 2024, à peine entamée, ferait rire si elle ne semblait pas signer un enlisement prévisible.

Impasses

Cet ami me dira sûrement que mes lignes poussent à se pendre avec un élastique ou sauter du balcon … mais bon.

On avait déjà le verbe « Merkeln », qui signifie être indécis ou ne pas avoir d’opinion sur quelque chose – un comportement que les Allemands attribuaient souvent à Angela Merkel. Nous voilà donc avec « macroner », guère plus flatteur.

https://www.watson.ch/fr/international/guerre/594269799-arrete-de-macroner-comment-les-ukrainiens-se-moquent-des-francais

Ce sentiment vaut ici pour cet entre deux tours aux allures renouvelées d’impasse.

Si en 2017 on pouvait donner du « crédit » (sic) au barrage républicain macroniste, on a, depuis, eu le temps de se rendre compte que Jupiter ne reconnait rien (notamment le barrage républicain en 2017), ne se sent redevable de rien.

« Après avoir méprisé les corps intermédiaires, les contre-pouvoirs et les oppositions tout au long du quinquennat, Emmanuel Macron assure aujourd’hui vouloir adopter une « nouvelle méthode ». «  (Médiapart). Comment souscrire une seule seconde à cette supercherie ? Alors qu’il fait mine de tendre la main à Strasbourg, il envoie sa police à Paris contre des étudiants , des jeunes qui ne veulent pas de lui.

Oui, mais Marine, mais Mariiiine quand même !!!!

Oui, il y a péril. La potion est quand même imbuvable : un Président sortant, dont à peu près 75 % du corps électoral (si on s’en tient aux seuls votes exprimés) ne veut pas – et qui, soit dit en passant, a largement damé le boulevard qu’il a ouvert à son adversaire via les lois séparatisme ou sécurité globale – pourra continuer à pratiquer son travail de casse sociale.

Et c’est sans doute là le problème : un scrutin considéré comme essentiel mais qui s’avère particulièrement vicié dans un contexte d’abstention croissante. La désertion serait-elle moindre si le vote blanc, moyen d’exprimer son opposition à un choix réducteur, était reconnu ? Je me suis souvent posé la question.

Depuis 40 ans « le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, c’est dangereux » (Albert Jacquard).

Restent, pour ne pas désespérer, les élections législatives.

Pour moi, la catastrophe serait d’hériter d’une Assemblée Nationale aussi caricaturale que celle que nous avons eu ces 5 dernières années. Une parole soufflée du château, des débats verrouillés, dans des conditions temporelles inacceptables. Au final une chambre d’enregistrement aveugle et sourde comme jamais.

Je ne suis pas assez douée pour vérifier l’authenticité de cette vidéo où l’on entend des habitants de Shanghai confrontés à la pénurie de nourriture, crier sur leurs balcons leur mécontentement et leur désarroi. Mais elle signe, pour moi, l’impasse politique, économique, sanitaire et écologique où nous sommes. Tous.

PS pour sourire un peu. Je ne sais pas non plus qui a imprimé cela (j’imagine qu’il y a pas mal de pages blanches après) mais cela ressemble assez au programme de certains candidats recalés au premier tour de l’élection présidentielle dont on ne sait non plus si le parti survivra…

PPS : S’il avaient un peu de dignité professionnelle, les journalistes Léa Salamé et Gilles Bouleau devraient décliner d’animer (sic) ce débat où ils auront, au mieux, un rôle décoratif comme nous l’ont prouvé les joutes de ce genre depuis des lustres. Ce n’est pas aux politiques de choisir les journalistes qui les interrogent. Ou de définir qui est journaliste. Personnellement, je ne regarderai pas plus ce simulacre de débat que je n’ai regardé les précédents.

Une allégorie de la cohérence politique

C’est un humoriste suisse, décédé aujourd’hui, dont j’ai entendu parler via une chroniqueuse, également suisse, de l’émission Par Jupiter sur France inter, spécialisée dans les interviews avec les morts (merci l’INA qui lui permet de faire des montages assez drôles souvent). Lorsque je suis tombée sur ce sketch, j’ai immédiatement pensé à nos politiques actuelles – sanitaire, éducative mais aussi économique – où, après dégraissage des effectifs publics, il a été fait appel à de dispendieux cabinets de conseil privés dont la compétence prête pour le moins à discussion. Empêtrés dans leurs zigzags les ministres, notamment celui de la santé, font feu de tout bois pour justifier les millions accordés à ces structures notamment au cabinet Mac Kinsey.

Ainsi, interrogé sur le recours important à cette pratique au sein du ministère de la Santé – dévoilé dans le livre enquête de Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, « Les infiltrés » – Olivier Véran s’est justifié en rappelant la nécessité, face à l’urgence de la pandémie, de faire appel aux “experts” d’où qu’ils viennent afin d’être le plus efficace possible (donc, éventuellement, piocher dans le secteur privé supposé plus réactif qu’une banale administration). Et le ministre de donner des exemples : la logistique des vaccins (hum…), des masques (hum,hum,hum…) ou encore la médicalisation en avril 2020 de TGV pour désengorger les hôpitaux des régions les plus touchées par le Covid-19 . “Quand vous devez équiper un TGV en 48 heures pour transporter 30 malades en coma, intubés, ventilés, du Grand Est au sud-est de la France, vous êtes contents de trouver des gens qui ont la compétence pour le faire”.

Manque de pot, ces “TGV sanitaires” avaient déjà été expérimentés par le passé. “Il existe des TGV en partie médicalisés pour transporter des pèlerins malades à Lourdes, a indiqué  Wilfried Demaret, conducteur-sauveteur à la SNCF au HuffPost. “Un kit de transformation d’un TGV a aussi été développé en partenariat avec le Samu de Paris après les attentats du 13 novembre 2015 et une expérimentation a eu lieu en 2019”, rappelle-t-il.

Olivier Véran a-t-il voulu dire que la mise en place de ce type de TGV lors de la première vague, si compliquée, a nécessité la participation de cabinets de conseils privés ? Là encore, il s’avère que ces cabinets n’y furent pour rien. Le ministre a offert ses plates excuses, nous donnant, en passant, une nouvelle illustration de son rapport pour le moins décomplexé avec la réalité pour ne pas dire avec l’honnêteté.

« Tu peux pas te tromper » répète Madame Pahud en emberlificotant ses explications jusqu’à l’indemmerdable (me faisant également penser en cela à Jean Castex). On comprend que son interlocuteur, qui doit la rejoindre dans un lieu proche de la gare, juge plus simple, finalement, de prendre …le train !

Dans une cinquantaine de jours, il nous incombera de choisir à notre tour notre itinéraire. Persistera-t-on dans le mode de conduite actuel ou en changera-t-on ? Résultat le 24 avril. Et rebelote en juin avec les législatives.

L’injonction comme principe démocratique

C’est un titre paradoxal mais, délivrée des contraintes laborieuses, c’est un peu ce que je finis par ressentir au fil de mes lectures et de mes pérégrinations sur la toile. Pour résumer cela ressemble à ça :

Et celle-ci, plus indirecte – qui risque de disparaître rapidement si le variant delta continue sa progression – y participe.

ARS Paca (@ARSPaca) | Twitter

Ajoutez au paysage l’entrée en vigueur au 1-7-2021 du passeport vaccinal.

Je pourrais considérer ce dernier comme anecdotique : autrefois, avant de partir pour des destinations lointaines, je consultais systématiquement la rubrique « santé » du site France Diplomatie et trimballais sur moi un petit carnet énumérant tous les vaccins auxquels je m’étais soumise. Mais nous n’étions pas, alors, dans l’obligation : il était plus prudent de … ce à quoi je me conformais.

Le passeport vaccinal – également nommé certificat Covid-19 uniformisé, certificat vert numérique ou pass sanitaire européen – érigé au rang de nouveau sésame pour espérer voyager librement, lui, est obligatoire lors des contrôles aux frontières des pays européens. Sans compter les tests PCR attenants.

Censé, donc, permettre aux citoyens européens une liberté de circulation entre les Etats membres, le passeport de vaccination fait l’objet de nombreux débats légaux entre les pays. « C’est un instrument gratuit et temporaire, qui n’a pas vocation à durer dans le temps une fois la crise sanitaire terminée », aurait toutefois précisé la Commission européenne ( lire ici : https://www.geo.fr/voyage/passeport-de-vaccination-ces-pays-qui-envisagent-de-ladopter-203703 ).

Temporaire vraiment ? Ailleurs, où des mesures semblables sont adoptées, on en doute :

https://www.journaldemontreal.com/2021/04/30/passeport-vaccinal-non-a-legoisme?fbclid=IwAR348ulG-Dt-rSs-p-cx0dTQS4VvZ8f7wt9bqvFMcEYS8JxQtkbx8Y0REqY

Qu’en penser ? Quelques éléments de réponse ici, également piochés outre-atlantique :

Je me souviens de cet article du journal Le Monde de l’an dernier :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/16/le-credit-social-les-devoirs-avant-les-droits_6026047_3232.html

De quoi faire rêver certains…

Vous me direz qu’il existe déjà chez nous des mécanismes (notamment bancaires) conduisant à une marginalisation sociale mais nous n’en sommes pas encore à la notation à ce degré. Une amie me faisait remarquer, qu’autant que faire se peut, elle refusait de recourir à l’informatique – ce qui lui vaut de perdre un temps non négligeable pour accomplir certaines démarches (et de solliciter aussi ceux qui s’y sont résolus). Dans un système à la chinoise, elle n’existerait tout simplement pas.

Je vous épargnerai cette citation de Benjamin Franklin, semble-t-il détournée de son sens premier.

https://www.telerama.fr/medias/etats-d-urgence-liberte-et-securite-arretons-de-citer-benjamin-franklin,135221.php

Peut-on déjà parler de démocratie sans ses citoyens après ces élections régiono-départementales désertées ? Ce serait exagéré. On pourrait, en revanche, s’interroger sur la légitimité d’élus sur un si faible socle. Passée l’inquiétude du premier tour, où l’on s’est vaguement interrogé sur le bras d’honneur des électeurs, la victoire au second a remis nos aiguilles représentatives au niveau d’indifférence où elles étaient.

La Covid, un formidable accélérateur de servitude volontaire ?

Manuel et Emmanuel

Manuel Valls, premier ministre, Emmanuel Macron, ministre de l’economie

Je me souviens de cette photo et d’un post déjà lointain où je me gaussait un peu de leur identité de pose et de vêture. Manuel était le Premier des ministres et Emmanuel à Bercy. Leur antagonisme se jouait alors, publiquement s’entend, sur les bancs de l’Assemblée Nationale, dans les petites humiliations que le premier faisait subir au second. Le PS ne se savait pas moribond. On était encore dans les jeux de pouvoirs balisés : François Hollande candidat « naturel » en 2017. Manuel échafaudait pour 2022 … Emmanuel aussi … voire pour 2017, mais cela ne se savait que dans les cercles autorisés comme on dit.

Un an plus tard, Hollande démonétisé, Manuel, pensant son tour arrivé, sa légitimité indiscutable, se lança et se ramassa une nouvelle fois aux primaires socialistes.

L’hidalgo ombrageux accusa le coup.

L’égo conduit parfois à de drôles de choix : Manuel se rendit à Emmanuel (autant dire alla à Canossa, tant le second l’ignora), redevint, mal élu mais élu quand même, député – un député au coin, il faut bien le dire – puis choisit d’opérer une remontada chez lui en Espagne et plus précisément dans sa ville natale. Homme sans passé politique local, j’entends qu’il n’y avait jamais été élu, peut-être pensa-t-il fugitivement réaliser un hold-up électoral digne de celui réussi par son benjamin.

On devrait se méfier quand l’histoire ne vous aime pas. Et l’histoire n’avait guère montré d’inclination pour Manuel jusque-là, même si son accession au poste de Premier ministre après une gifle à 5,63 % lors des primaires présidentielles remportées par F. Hollande pouvait laisser penser que les sentiments de Clio s’étaient peut-être adoucis à son égard.

Le 26 mai 2019 réunit, à nouveau, si l’on peut dire, les deux hommes sous les microscopes journalistiques. L’un manqua son pari aux élections européennes (faire un meilleur score que le Rassemblement National … son indispensable ennemi) – mais de si peu, à ses yeux, qu’il se refuse à considérer cela comme un échec. L’autre, en revanche, ne put que prendre acte que sa greffe sur le tissu politique catalan n’avait pas pris. Premier ministre un jour, le voilà simple conseiller municipal, d’une grande ville soit, mais simple conseiller désormais.

Où il se vérifie qu’il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne (encore que le destin de Manuel ne soit pas si funeste, et l’on connait les usages irritants qu’il sut faire de sa « minorité ». Touchez-en deux mots à Martine Aubry…On souhaitera donc bon courage au conseil municipal barcelonais.)

Emmanuel devrait y songer même si son horizon semble encore bien dégagé. Sa pratique autoritaire du pouvoir fait parfois songer aux coups de mentons de son devancier.

En attendant, on a perdu dans l’affaire la distrayante incarnation de Susana Gallardo par Charline Vanhoenacker (signe de l’indéniable « popularité » de Manuel chez nous : on aime bien le moquer jusque dans ses compagnes). Pas sûr que Brigitte suscite un jour ce genre de vocation, de ce côté ci des Pyrénées du moins.

Et si on parlait d’élections ?

 

 

 

Abonnée à la version numérique du journal Courrier international, je n’y vais pas aussi souvent que je devrais. Outre les regards internationaux croisés sur le phénomène des gilets jaunes, on est parfois surpris par certains titres. Ainsi à propos de l’Europe, celui-ci :  « Pourquoi les clowns ont tant de succès en politique en Europe ? ». Bien sûr j’ai immédiatement pensé à Beppe Grillo et au mouvement cinq étoiles en Italie.

J’apprends donc, dans cet article, qu’après l’Italie, en Ukraine et en Slovénie, d’autres humoristes se lancent ou se sont lancés sur la scène politique.

« Dans Serviteur du peuple, série télévisée ukrainienne très populaire, l’acteur Volodymyr Zelensky devient président de l’Ukraine par un concours de circonstances. Après une série de présidents hypocrites, les Ukrainiens, le 31 mars prochain, ont enfin l’occasion d’élire un chef d’État qui a au moins joué ce rôle sur le petit écran. Car Zelensky est non seulement candidat, mais favori pour emporter le premier tour ». Concours de circonstances … voilà qui est assez évocateur.

Marjan Sarec, lui, devenu Premier ministre Slovène, était un acteur comique, qui s’est illustré en imitant les présidents et les Premiers ministres de ce pays.

La Croatie attend le sien : « grande abstention électorale, colère contre les politiques, frustration d’une partie de l’opinion publique en raison de l’invalidation du référendum sur la Convention d’Istanbul [Traité international du Conseil de l’Europe visant à protéger les femmes et les enfants de la violence conjugale]. La candidature sérieuse (sic) d’un comique pourrait être perçue comme une sorte de catharsis et donner un ton différent à la campagne, entre sérieux et parodie. »

Tout cela me laisse un sentiment mitigé : qui gagnera, au final, de l’humour ou de la politique ? Si Beppe Grillo fait peut-être encore rire chez lui, sur la scène européenne et internationale son mouvement ne déchaîne pas chez moi une hilarité débridée. Ce serait plutôt le contraire. Et la trajectoire du ministre Slovène (l’article laisse à penser que l’artiste est devenu « sérieux ») n’engage pas non plus à la franche rigolade.

Mais au fait, je me suis laissée distraire : pourquoi les acteurs comiques ont-ils tant de succès en politique ? se demande le journal. Même si le « tant de succès » me paraît un tantinet exagéré, continuons  donc notre lecture.

« La première raison réside sans doute dans l’aliénation de la classe politique elle-même. Cela apparaît de manière évidente dans le langage qu’elle utilise. Le discours des comiques est celui de monsieur Tout-le-Monde. Bons communicants, ils anticipent les attentes du public. Ils commencent avec un certain type d’humour pour tâter le terrain, puis observent les réactions afin d’élever ou d’abaisser, si besoin, la charge.

(…)

Aujourd’hui ce sont les juristes qui dominent la vie politique. Certes, ils disposent de grandes connaissances indispensables pour comprendre les rouages de la politique, mais ils restent piégés par l’autre facette de leur métier : un certain formalisme, et la froideur d’un discours dépourvu d’émotions, de métaphores fortes ou d’expressions frappantes. Les acteurs comiques, tels des médecins qui interviennent pour soigner une maladie grave, apparaissent au moment où la situation devient critique. Car l’humour est une chose sérieuse qui permet aborder des sujets qui font peur ou qui font mal ».

Peuvent – ils changer la donne ?

Et là, soudain, alors que je devrais avoir commencé par là, je me souviens d’un certain Coluche qui avait tenté sa chance en 1980, à l’heure où le septennat était encore en vigueur. En regardant cette vidéo, je me dis que d’aucuns ont bien changé.

https://www.ina.fr/video/3113762001008

Puis m’est revenu cet autre (faux puisque je n’étais pas née) souvenir :  celui de Ferdinand Lop. Madame wikipedia nous rappelle :

Journaliste, dessinateur de talent, auteur d’ouvrages sérieux sur les possessions coloniales de la France, il devint à partir de 1932, poussé par un tempérament fantaisiste, une figure pittoresque, bientôt légendaire, du quartier Latin, de la Sorbonne à l’Odéon. Pendant la IVe République, de 1946 à 1958, ce « licencié ès canulars », éternel candidat malchanceux à la présidence de la République (en même temps qu’à l’Académie française), avait bâti un programme électoral, baptisé « lopéothérapie », qui préconisait :

  • l’extinction du paupérisme à partir de dix heures du soir ;
  • la construction d’un pont de 300 m de large pour abriter les clochards ;
  • le prolongement de la rade de Brest jusqu’à Montmartre et l’extension du boulevard Saint-Michel jusqu’à la mer (dans les deux sens) ;
  • l’installation d’un toboggan place de la Sorbonne pour le délassement des troupes estudiantines ;
  • la nationalisation des maisons closes pour que les filles puissent avoir les avantages de la fonction publique ;
  • le raccourcissement de la grossesse des femmes de neuf à sept mois ;
  • l’aménagement de trottoirs roulants pour faciliter le labeur des péripatéticiennes ;
  • l’octroi d’une pension à la femme du soldat inconnu ;
  • l’installation de Paris à la campagne pour que les habitants profitent de l’air pur ;
  • la suppression du wagon de queue du métro.

Il expliquait le caractère vague de son programme par la crainte qu’on ne le lui vole. Il préférait « attendre d’être au gouvernement pour le révéler ». Suivant l’exemple des campagnes présidentielles américaines, il avait adopté un air de campagne (campaign air), en l’occurrence The Stars and Stripes Forever, l’hymne officiel américain, non sans y plaquer la répétition de son patronyme comme paroles : « Lop, Lop, Lop Lop Lop, Loop Lop Lop ! Lop Lop Lop, Lop Lop Lop, Lop Lop Lop Lop ! ».

Le quartier Latin se partageait en deux camps par rapport au candidat :

  • les partisans de Lop ou « Lopistes » (« Lopettes » étant un qualificatif employé par leurs ennemis) ;
  • les opposants étaient les « Anti-Lop » (ou « Antilopes »).

Quant aux tièdes, aux indécis, c’étaient des « Interlopes ».

Pour ne pas me faire injurier je tairai ici le nom de la salle de réunion des fervents de Ferdinand.

Il y eut aussi P. Dac et son MOU (mouvement ondulatoire unifié) candidat aux élections présidentielles de 1965.

Serions-nous prêts à franchir le pas si se présentait un comique, à supposer qu’il en  existe un prêt à relever le gant,  en 2022 ?   Sans doute pas.

Certains s’inquiètent déjà d’un renouvellement de la candidature E. Macron. Mais qu’est-ce que réussir aujourd’hui en politique ? Benjamin Griveaux livre un critère : ce quinquennat sera réussi si l’on peut dire que « nos enfants vivront mieux que nous ». Quelle population sera considérée pour le dire ?

TINA nous a cassé le sourire. Et l’humour politique grince un peu trop facilement de nos jours pour nous délivrer de la morosité.

J-2

Vue aérienne de la ville du Cap

Voilà ce qui m’attend du moins en première semaine…

Trois jours pour penser à mon baluchon. A la veille de partir, je n’aurai, comme d’habitude, plus envie de bouger : les aéroports, les formalités, les contrôles, le voyage recroquevillé en classe économique …

Pourtant je ne suis pas fâchée de quitter le bruit et la fureur médiatique de ces derniers jours. Dans les commentaires sur le site du Monde, ou de Mediapart, on s’invective, on s’insulte, parfois ouvertement, lorsque le webmaster est peu regardant. Plus de 3000 commentaires sous un article de Médiapart, plus insinuant qu’étayé, ont poussé la rédaction plénelienne à sortir du bois pour « expliquer » son traitement de la geste mélenchonienne. Tentative qui, en l’absence de tout contradicteur extérieur, n’a pas convaincu nombre de spectateurs et un lectorat comportant, et c’est assez amusant, nombre de sympathisants, très actifs dans les commentaires, de la France Insoumise.

Quelle trace restera-t-il de cette effervescence à mon retour ? Sans doute pas grand chose à la Une, mais les fractures seront restées dans les têtes et, autre bizarrerie, c’est une élection qui n’intéresse plus grand monde depuis un certain temps qui risque de remettre un jeton dans le bazar : les élections européennes.

Mais revenons chez nous. Pour E. Todd, les élections françaises sont devenues une vaste blague depuis que la France est dans l’Euro. A partir du moment où l’on se trouve dans un système monétaire unique et qu’on n’est pas la puissance dominante, dit-il, l’Etat perd sa réalité. Le pouvoir du Président français, en matière de politique économique, en particulier, est réduit, à ses yeux à des actions très à la marge (ce que je ne suis pas loin de penser). Ce que P. Mendès-France pressentait déjà dès 1957, sur un mode moins provocateur :

« Mes chers collègues, il m’est arrivé souvent de recommander plus de rigueur dans notre gestion économique. Mais je ne suis pas résigné, je vous l’avoue, à en faire juge un aréopage européen dans lequel règne un esprit qui est loin d’être le nôtre.

Sur ce point, je mets le gouvernement en garde : nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des matières qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique.

Prenons-y bien garde aussi : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter. »

La commission européenne vient de rejeter le budget italien. Le Gouvernement transalpin choisira-t-il le bras de fer ou le bras d’honneur ? Vous me direz, c’est plus difficile que de mettre le nez de  l’Union (sic) européenne dans ses lâchetés migratoires en fermant ses ports. Mais tout de même …

Sur cette question, je vous laisse. Ce blog prend ses quartiers … d’été tardif.

prénom, primaires, pétaudière et pitance

Prénom

Curieux article  dans « Le Monde »  faisant état d’une étude d’une équipe de chercheurs franco-israélienne avec ce sous-titre :  improbabilité.

« D’après les chercheurs, tout comme la laideur de l’âme de Dorian Gray transparaît sur son portrait, les stéréotypes attribués à un prénom finissent par ­déteindre sur le visage de celui qui le porte. Même s’il n’est pas évident de repérer les indices physiques qui permettent l’identification (coupe de cheveux, expression ?), force est de constater que le prénom se comporte comme une prophétie autoréalisatrice. L’étude conclut ainsi : « Nous sommes soumis à la structuration sociale à la minute où nous naissons, pas seulement en raison de notre sexe, de notre origine ­ethnique et de notre statut socio-économique, mais aussi à cause du simple choix que d’autres ont fait en nous donnant notre prénom. »

Essayons avec François.

Or donc.

Pioché au hasard.

« François est secret, réservé, introverti, observateur et possède une nature assez méfiante et prudente. Cela peut aisément passer pour de la froideur, de la fierté, ou un certain sentiment de supériorité, alors qu’il s’agit en réalité de pudeur et de timidité, son flegme apparent dissimulant une réelle nervosité. Patient, lent, il est pourvu d’une détermination à toute épreuve et lorsqu’un but lui tient à cœur, il peut se montrer obstiné et opiniâtre. Ennemi du superficiel, il ne donne pas son amitié à n’importe qui, mais, lorsqu’il s’engage et donne sa confiance, il perd son côté « ours » et se révèle agréable, fidèle, ses qualités morales apparaissant au grand jour. Enfant, il est souvent sage, calme, tranquille, avec parfois quelques accès de colère. François est profondément attaché à sa famille au point de devenir assez casanier. Souvent intellectuel, il peut être attiré par les études longues, et il restera des heures à lire en oubliant tout ce qui l’entoure. Les parents devront stimuler sa sociabilité, favoriser son autonomie et l’habituer à communiquer, lui qui tend plutôt à être solitaire, sinon sauvage. Il est assez responsable et les parents peuvent être tranquilles : il sera honnête et agréable avec ses frères et sœurs. »

Si l’on se réfère à certain François en lice pour l’ « investiture suprême », le portrait n’est pas complètement hors sujet : obstination, opiniâtreté, pudeur (extrême pour ce qui est du « matériel »)…il n’est pas fait mention de générosité, ce qui tombe bien car il se la réserve, ni d’honnêteté hormis envers ses frères et sœurs …ce qui tombe bien aussi. Pour le reste chacun appréciera … Pour moi, ce François là est trop métissé pour ce prénom là : combiner l’ADN d’Harpagon et de Tartuffe  n’incite pas à la confiance et ne rend pas aimable. Et le mélange se voit de plus en plus. Alors quel autre prénom ? Hartuffe ?

Primaires
En 2007 à gauche, syndrome post 21 avril 2002, on fit un galop d’essai peu convaincant : l’élue, montée en graine par la presse,  ne plaisait pas aux caciques du parti.
En 2012, les débats favorisèrent un candidat synthétique que nul n’aurait songé à investir si un autre, plus capé, n’avait sombré pour cause de libido exigeante et de mains baladeuses : madame 35 heures agaçait (pour le moins), les autres compétiteurs se vendirent pour un maroquin.
En 2017, on s’y prêta, de plus ou moins bonne grâce, à droite comme à gauche. Pour limiter une casse (toujours) annoncée, on se décida, de part et d’autre, à sélectionner les prétendants. Les sondagiers sondèrent, le casting semblait calé… sauf que les sélectionnés ne furent pas ceux qu’on attendait. A droite, à l’exception de l’élu, on avait négligé un électorat ressuscité par la loi Taubira, à gauche, oublié que les électeurs, lassés par plus de 30 années d’une politique aussi redistributive qu’un coffre-fort, avaient envie d’autre chose.
Fillon et Hamon : le premier adoubé au point qu’on eût fugitivement l’impression que les élections proprement dites devenaient inutiles, le second tout juste considéré. L’un trappé par ses mensonges et montages financiers très « personnels » est aujourd’hui  « démonétisé » (sauf pour ses soutiens on ne peut plus « au taquet »), l’autre rame à se faire admettre par ses adversaires « primaristes ».
Résultat : une pétaudière.
Retournements, hésitations, renoncements pour ne pas dire trahisons… le « sauve qui peut à condition que ce soit moi » se généralise. De quoi conforter les candidats « hors primaires » d’être restés sourds aux sirènes d’un « rassemblement » visant à les éliminer.
Le randonneur, surtout, qui, déclaré d’utilité publique par une intelligentsia éculée, voit venir à lui un essaim de politiques à détermination volatile en quête d’investiture.
Côté électeurs, réémerge l’insidieux « vote utile ». Utile pour qui ? Profitable à qui ? Depuis le temps, la conscience devrait avoir tracé sa route … cette « raison »  marchera-t-elle encore ?
Pitance
Là  est l’inconnue. Il y a les calculateurs du dimanche et ceux qui sont fatigués de se contraindre. Tout paraît en place pour que l’impulsion dézingue une fois encore les pronostics (dernier avatar, les pays-bas).
De plus en plus de citoyens français ont de leurs représentants une image qui ressemble à peu de choses près à ça :
et ils sont presque autant  à penser que ça suffit quand d’autres rêvent déjà de réformer en profondeur le fonctionnement du chenil.