Ce blog n’est pas prémédité. Je ne planifie rien. Parfois les horizons me fatiguent, alors j’écris au plus près : sur des personnes qui m’ont marquée, sur du présent, du banal, et, quand ils me viennent, sur des imaginaires …qui n’en sont pas tout à fait, car on ne se défait jamais complètement de soi. Tout cela manque peut- être un peu d’unité, n’est pas d’airain. Cela zigzague, hésite, revient, repart. C’est comme ça. Le plus délicat est la distance car, si je ne rechigne pas à partager des émotions, l’intime reste une autre chose dont je n’ai pas envie de parler ici. Alors baladez-vous sur ce flou, si l’écriture vous en dit !
Depuis plusieurs jours, Bordeaux se réveille dans le brouillard. Je ne vois guère au-delà des arbres du parc de la résidence où j’habite. La brume se lève dans la journée pour retomber parfois le soir. Le 1er janvier n’a pas échappé à cette règle météorologique temporaire. J’y verrais presque une allégorie de la période politique que nous traversons depuis, disons, la dissolution de juin dernier qui a ouvert un éparpillement parlementaire inédit, jusqu’ici, sous la Vème République. L’heure serait-elle donc venue de changer de scenario ?
Ces deux professeurs de droit constitutionnel ne le pensent pas. Il y a le texte, son esprit, la lecture et l’interprétation qui en ont été faites. L’entretien – un peu long et parfois technique mais il vaut le coup qu’on s’y accroche – est antérieur à la censure du Gouvernement Barnier, raison pour laquelle cette dernière est simplement évoquée comme une potentialité. C’est ici :
Au-delà du fond, la qualité du dialogue entre les deux protagonistes réconforte et nous change agréablement des aboiements binaires télévisuels. On devine que leurs inclinations politiques ne sont pas les mêmes mais leurs réflexions cheminent paisiblement au point de s’enchaîner au détour d’une même phrase. Antérieur, donc, à la chute du Gouvernement Barnier, l’échange ne pouvait anticiper le contenu des vœux présidentiels. Que penser de son annonce de demander aux Français de « trancher » des « sujets déterminants », laissant entrevoir d’éventuels référendums ou conventions citoyennes ? Vu le peu de cas qu’il a fait de ces dernières -je pense en particulier à celle sur l’écologie- j’y vois à ce stade une nouvelle astuce pour contourner le Parlement et ces « corps intermédiaires » qui l’encombrent. Quant au référendum, Emmanuel Macron en prendra-t-il l’initiative ou se risquera-t-il au jeu du référendum d’initiative partagée (RIP) dont les modalités de mise en œuvre devraient être largement amendées pour pouvoir simplement advenir (à ce jour aucun RIP n’a pu être organisé)? Qui décidera du caractère déterminant des sujets à trancher ?
Bref, la clarté reste à venir et le contexte international aide peu.
J’ai déjà posté ce petit sketch d’un humoriste suisse mais je renouvelle la chose tant il me semble illustrer la confusion où nous sommes plongés.
De l’influence du cul des vaches sur la popularité présidentielle …Seul Jacques Chirac trouvait un plaisir évident au contact animal et humain indissociable du salon. Peut-être aussi l’occasion (soyons méchante) d’échapper un moment à l’œil sourcilleux de Bernadette. Côté agriculteurs, il semble que l’on appréciait cette goulue visite présidentielle. Les difficultés étaient sans doute déjà là, mais les voix des agriculteurs ne firent jamais défaut à l’ancien Président, animal politique carnassier dont on oublia la férocité au fil du temps. Sa reconnaissance de la responsabilité de l’État français dans la persécution et la déportation des Juifs au cours de l’Occupation, son opposition à la guerre en Irak y aidèrent peut-être – effaçant le malencontreux « les bruits et les odeurs »- comme certains de ses bons mots, allègrement distillés dans la presse, ou encore le personnage créé par les guignols de Canal +.
« La pomme est un fruit sympathique et je l’observe tous les jours ».Ainsi les pommes devinrent-elles un emblème de sa campagne pour les présidentielles de 1995 et un incroyable outil de communication. On n’ imagine pas le Président actuel sur ce registre. Comme on l’imagine mal dire ceci : “Les anciens savaient que la clé des songes est aussi celle de l’équilibre et du bonheur, et recommandaient la pratique de la sieste ». A effeuiller d’autres citations trouvées sur le site du Figaroscope, certaines pourraient tout à fait être endossées par Jupiter comme celle-ci – “un chef, c’est fait pour cheffer”- mais pas celle-là – “le contact humain est le véhicule essentiel de la démocratie » – quand bien même notre monarque républicain aime, solidement encadré, « aller au contact ».
Les diverses expériences de débats tournant au long monologue, de ces sucres participatifs jetés en pâture et jamais suivis d’effets, en témoignent. L’homme Macron ne s’intéresse pas beaucoup à son interlocuteur et ce dessin résume assez bien l’affaire.
Cette année, c’est peu dire que l’inauguration du salon de l’agriculture, sur fond de manifestations paysannes, a tourné au fiasco. Mais le « en même temps » a la vie dure. Tandis que le Président semble céder sur l’instauration de « prix planchers », le parti présidentiel vote au Parlement européen en faveur d’accords de libre échange avec le Chili et le Kenya ouvrant de nouvelles exemptions de droits de douane entre l’Union européenne et ses nouveaux partenaires. Accords qui risquent d’aggraver encore un malaise agricole européen qui se manifeste largement en Allemagne, en Belgique, en Roumanie, en Espagne, au Portugal, en Pologne, sur fond de revendications identiques.
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Je me souviens de cette campagne publicitaire de la BNP dans les années 70: « Pour parler franchement, votre argent m’intéresse ».
Bruno Le Maire ne dit pas autre chose aujourd’hui, reprochant presque à ceux qui le peuvent de faire des économies. Selon le ministre, l’épargne des européens se monterait à 35 000 milliards d’euros dont plus de 10 000 milliards dormiraient sur des comptes bancaires. Cet argent « doit travailler à la croissance, à l’innovation, à la recherche, pour les entreprises et pour l’emploi » , Aussi envisage-t-il la création d’un produit d’épargne européen « dont nous définirons les caractéristiques, le rendement, avec les Etats volontaires » a-t-il ajouté. A l’heure où les revenus baissent, où les prix grimpent, où le Gouvernement, pour faire baisser sa dette, taille à la hache dans les budgets ministériels notamment ceux de la recherche et de l’éducation, voilà qui ne manque pas de sel.
Pour Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS pourles prochaines élections européennes, il serait plus qu’urgent de passer « en économie de guerre », autrement dit de « flécher » les ressources, y compris l’épargne mais il ne le dit pas clairement, vers le renforcement des capacités militaires de l’union européenne. Alors que le congrès américain bloque l’aide à l’Ukraine et que se profile un éventuel retour de Trump à la maison blanche, l’Europe mobilise.
Jusqu’où ? On verra mais dans l’immédiat : sus aux bas de laine à défaut de revenir sur certaines mesures budgeticides du premier quinquennat !
Je ne sais pas de quand date exactement ce dessin (j’aurais tendance à dire les années 1930) mais il me semble encore actuel.
Commentant les dernières déclarations d’Emmanuel Macron à propos du conflit ukrainien, le journaliste Daniel Schneidermann s’interroge (blog Obsessions du 27-2-2024) : « A propos d’Histoire, deux dates, deux périodes, deux ambiances, tournent et s’entrechoquent dans ma tête (…). L’été 1914 (…) La classe politique, les journaux, appellent, désirent la guerre, fraîche et joyeuse, obsédés qu’ils sont par la revanche de 70 (y penser toujours, n’en parler jamais, disait-on). C’est dans l’ADN de cette France-là. Et en face ? Jaurès, si seul, si désespéré, luttant jusqu’au dernier souffle pour éviter l’hécatombe, avant de tomber au tout dernier instant sous les balles d’un assassin.
Qui avait raison ? Les va-t-en guerre, ou le pacifiste ?
Vingt ans après, c’est l’inverse. Décimée par la grande boucherie, ne comptant plus ses gueules cassées, la France n’en peut plus. La France, la Grande-Bretagne, se couchent en 36 devant la remilitarisation de la Rhénanie par Hitler (quand il eût été possible de l’arrêter),et soupirent à l’unisson d’un lâche soulagement à Munich en 38 (…) Et en face ? Outre le PCF, inféodé à Staline, et donc aussi disqualifié que le RN aujourd’hui, un député de droite, Henri de Kerillis, qui à la Une de son journal, L’Epoque, seul, désespérément seul, appelle inlassablement au réarmement, contre la bande patriotarde de l’Action Française, et autres fans de Hitler.
Qui avait raison ? Les pacifistes, ou le va-t-en guerre ?
L’Histoire a tranché. En 14, tous les efforts devaient être faits pour empêcher la boucherie peut-être la plus absurde de tous les temps. En 36, il eût fallu mobiliser pour éviter l’hécatombe, et Auschwitz. Et aujourd’hui ? L’Histoire n’est ici d’aucun secours.
Il va falloir nous forger une opinion en analysant les données de 2024, enrichies malgré les apparences de facteurs inédits : la défection des Etats-Unis, l’existence et la fragilité de l’OTAN, la dissuasion nucléaire, la sophistication des guerres d’influence. Tout seuls, comme des grands, contre toutes les propagandes. »
On peut discuter de la présentation historique mais moins de la conclusion qui tient d’une certaine évidence.
Ceci n’est pas une casserole mais un « dispositif sonore portatif ». Cela pourrait prêter à sourire et certains apprenant que ce « dispositif » était interdit en manifestation à Ganges dans l’Hérault en ont même parfois ri. Sauf que, lorsqu’un arrêté préfectoral en vient à prohiber l’usage de ce genre d’outil en s’appuyant notamment sur la loi « sécurité globale préservant les libertés », la loi « relative à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement », ainsi que le plan Vigipirate « sécurité renforcée – risque attentat », on se demande si on a pas atteint le fond d’un inquiétant ridicule,
Jusqu’où n’iront-ils pas ? On aurait tort de minimiser l’inventivité administrative. Que nous restera-t-il alors : la voix, siffler entre ses doigts (si on y arrive) ou l’attentat pâtissier juridiquement risqué ? Les deux professeurs attaqués en justice par Jean-Michel Blanquer, pour l’avoir aspergé de chantilly, ont été condamnés à 300 euros d’amende chacun. Je ne sais pas si, comme ils l’envisageaient, ces dangereux prévenus ont fait appel de leur condamnation.
Vu les moyens policiers mis en oeuvre pour sécuriser les déplacements du Président, il faudrait d’ailleurs balancer le gâteau attentatoire à la catapulte pour lui permettre de passer le périmètre de sécurité organisé autour de sa personne.
Alors qu’il était encore ministre de l’Économie, E. Macron évoquait le vide laissé par « la figure du roi », dont « le peuple français n’a pas voulu la mort ». Porté par une majorité confortable à l’Assemblée nationale, composée essentiellement de primos-élus, le Président a dévoilé, au cours de son premier quinquennat, un sens très vertical de l’exercice du pouvoir. La donne représentative a un peu changé depuis l’an dernier sans influer sur sa « pratique des institutions ». Peut-être même a-t-elle paradoxalement aggravé cette verticalité revendiquée.
L’ « apaisement tour » aux accents impériaux, mal embarqué, si on en juge par ses premières rencontres, très millimétrées pourtant, avec « les Français », aurait tendance à le confirmer, je trouve.
« Il y a une Constitution, c’est le président qui décide et y a un Parlement qui accorde ou pas la confiance par des textes ou des motions de rejet, c’est simple hein » a-t-il affirmé lors de sa visite alsacienne. Ce qui constitue une interprétation toute personnelle des dispositions selon lesquelles « le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État » (art.5 de la Constitution). Et le Gouvernement dans tout ça, censé déterminer et conduire la politique de la nation (art. 20 de la Constitution) ? Un attelage de simples collaborateurs. Où l’on voit ce que le macronisme emprunte parfois à l’hyperprésidence srakozyste.
Alors que bruissent des rumeurs de remaniement à l’issue de ces « cent jours d’apaisement », Jean François Copé, bygmalien, ancien ministre et toujours maire de Meaux, juge que le Président est le grand gagnant de cette séquence « réforme des retraites ». Une offre de services subliminale ?
Saura-t-il se montrer à la hauteur de son rôle ? Je ne parle pas du Président de la République mais du Conseil Constitutionnel. Selon Laureline Fontaine, professeure de droit public et autrice d’un ouvrage intitulé « La Constitution maltraitée », il y a lieu de se poser des questions.
Composition excessivement politique (ses membres sont désignés par le Président de la République et les présidents des assemblées parlementaires, à savoir Assemblée nationale et Sénat), problèmes d’impartialité, règles de déontologie peu contraignantes, mauvaise qualité de l’argumentation juridique… Lauréline Fontaine met à mal la mythologie d’un Conseil constitutionnel s’étant émancipé du pouvoir exécutif pour devenir le gardien des droits et des libertés publiques. Des « sages » dit-on. « Le Conseil constitutionnel […] tire profit de l’importance et de la noblesse de sa mission, sans essayer jamais de se hisser à la hauteur » cingle-t-elle en conclusion d’un entretien avec des journalistes de Médiapart. L’émission est ici mais il n’est pas sûr qu’elle soit en accès libre.
Au sein de cette institution figure un homme qui, en 1995, se confronta à un mouvement de grève dur et prolongé (et nous aussi), contre un plan qui comportait entre autres :
un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique. Cette mesure avait déjà été décidée pour les travailleurs du secteur privé lors de la réforme Balladur des retraites de 1993 ;
l’établissement d’une loi annuelle de la Sécurité sociale qui fixe les objectifs de progression des dépenses maladies et envisage la mise en place de sanctions pour les médecins qui dépassent cet objectif ;
un accroissement des frais d’hospitalisation et des restrictions sur les médicaments et traitements remboursables ;
le blocage et l’imposition des allocations familiales versées aux familles, combiné avec l’augmentation des cotisations maladie pour les retraités et les chômeurs.
Le 15 décembre 1995, le gouvernement retira sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF), cette décision étant interprétée comme une victoire par les syndicats de salariés. Mais il refusa de céder sur la Sécurité sociale, dont le budget est depuis voté au Parlement (modification constitutionnelle historique par rapport à 1945). Un « sommet social » se tint à Matignon le 21 décembre, concluant un mois d’agitation sociale en France.
Les réformes des retraites de 2003, 2010 et 2013 viendront en quelque sorte, en partie, « réparer l’affront », mais que pense-t-il ?
Pour moi, je n’ai pas souvenir de violences telles que celles que nous voyons aujourd’hui. Pendant un mois, je me suis levée aux aurores (4-5 heures du matin). Une de mes collègues venait me « prendre » en voiture sur le périphérique parisien environ une heure, une heure et demie plus tard et pour nous détendre (on en avait besoin et bien pour une heure, une heure et demie de pare-choc contre pare-choc avant d’arriver au siège de l’entreprise), on écoutait les rediffusions des sketchs des « guignols de l’info » à la radio. On quittait le bureau quand la voie semblait possible, en espérant ne pas rester coincées sur le trajet retour (cela nous est arrivé une fois, nous sommes parties vers 15 heures, elle avait un RV médical à 19 heures et elle n’a pas pu y arriver à temps). Ce fut, pour moi, une période compliquée. Je récupérais le WE le sommeil perdu en semaine et je repartais le lundi comme une imbécile. Trop lâche pour perdre une journée de salaire alors même que je comprenais le mouvement social.
Aujourd’hui, le télétravail permet une relative continuité laborieuse et certaines unités policières désinhibées (Bac et BRAV-M en particulier) cognent, LBDisent et gazent sans sommation. Les crises économique et sociale ont fait se rejoindre (pour l’heure) des populations (jeunes et moins jeunes) qui ne se considéraient pas vraiment et des syndicats qui se faisaient la gueule.
Retoquer une réforme mal ficelée et ayant donné lieu à tous les artifices constitutionnels pour trouver une sortie conflictuelle, mérite qu’on regarde au-delà d’une censure cosmétique portant sur l’article relatif à l’index senior en particulier. Ce serait ajouter de la colère à la colère.
Avoir exercé des fonctions politiques ne dispense pas de renouer avec la politique, c’est à dire s’intéresser à la cité, ni d’être intelligent.
En seront-ils capables ? Je croise les doigts.
En attendant Charles III maintient sa visite…je serais à sa place (Dieu m’en préserve) je ferais lanterner notre roitelet jusqu’à des temps plus calmes. Les précédents Charles britanniques n’ont pas été excellemment servis, je crois. Charles III avait prévu de venir à Bordeaux (fidèle à la couronne d’Angleterre pendant la guerre de cent ans) où de vieux souvenirs traînent peut-être encore. Not a good idea Your Majesty, I would say. Take your time.
En attendant, cette singulière réflexion sur les retraites
PS : Finalement la visite de Charles a été annulée par notre roitelet. En même temps (sic) quel dommage. Let’s be punk for a while ! Mais voilà, Manu était trop jeune, alors, pour cela et trop vieux aujourd’hui. Mais a-t-il seulement été jeune un jour ?
Il faisait beau ce 31 janvier. Le parcours de la manifestation avait été légèrement modifié.
En choisissant la plus grande place d’Europe (12 hectares) pour le départ du cortège, les syndicats faisaient le pari d’une mobilisation massive. De fait, elle le fut. La tête du cortège était aux deux tiers du parcours quand la queue du peloton s’élança….enfin façon de parler. Le pack, pour parler comme les rugbymen, était du genre compact.
Entre nous, on se disait, « cette fois, la préfecture ne pourra prétendre que nous sommes seulement 16000 ». Le 19 janvier, en effet, les syndicats avaient estimé le nombre de manifestants à 60 000 personnes quand la préfecture n’en concédait que 16 000 « au plus fort ».
Hé bien si ! Alors que les syndicats décomptaient 75000 personnes, la préfecture n’en a vu que 16500.
Quand les organisations dénombrent à la louche, la préfecture estime à la petite cuillère. Mais, à ce petit jeu, est parfois battue par certains sondagiers. Ainsi à Paris. Alors que la CGT annonçait le chiffre de 500 000 personnes, la Préfecture de Police n’en avait retrouvé que 87 000, chiffre supérieur à celui de 55000 retenu par un cabinet dénommé Occurrence. Depuis lors, les blagues fusent sur ce cabinet, du style sous la reprise d’une affiche du film « les 7 mercenaires », ce commentaire : mais seulement 3 selon Occurence. Ou bien :
– Je vois que vous aimez le cinéma. Qu’êtes-vous allé voir récemment ?
– Les 31 dalmatiens.
Félicitations, bienvenue chez Occurrence !
Ce running gag des décomptes est lassant. Qui y croit encore ? Peut-être d’ailleurs qu’une étude sociologique des cortèges (quasi impossible sur le gaz) serait plus intéressante. Passés l’exaltation du moment et le combat de chiffres, la réalité reprend ses droits et elle n’est pas réjouissante. La conclusion qu’en tire cet économiste (assez répétitif) peut paraître excessive mais à la réflexion, il y a tout de même de ça. E. Macron, qui ne pourra pas se représenter en 2027, ne se sent entravé par rien. « Tu es libre et tu peux faire ce que tu veux », lui a lancé Marisol Touraine (qui espérait faire partie du futur gouvernement ?), lors de l’entame de son second quinquennat. Dont acte. Manu n’a pas besoin d’être encouragé.
L’interview d’E. Borne d’hier soir confirme cette impression. « Mon objectif sur ce texte (réforme des retraite), comme sur tous les textes que l’on porte, c’est de trouver des compromis », a-t-elle conclu. Après avoir fait passer des lois de finances et de financement de la sécurité sociale à coup de 49-3, nassé le temps des débats sur ce projet de loi précisément, tout en choisissant, dès son entrée à Matignon, ses interlocuteurs et en en excluant définitivement d’autres, voilà une affirmation un brin osée. Le principe demeure : « Cette réforme, elle se fera », et le recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans « n’est pas négociable ». Tout cela sur fond d’un rapport d’un conseil ayant travaillé sur des hypothèses transmises par le Gouvernement et dans lequel chacun pioche ce qui l’arrange.
Refaire 1995 ? La situation économique rend la chose peu crédible. Alors ?
La présence très visible de lycéens dans les manifs, qui en ont ras le bol de voir l’enseignement passé à tabac et du bordel qu’on va leur laisser, donne à penser qu’au-delà des retraites c’est un mode de vivre ensemble entier qui est à redéfinir. L’évolution climatique devrait y inciter. Mais voilà, à en croire A. Jacquard, le mal est plus ancien.
En attendant, Madame fait la manche pour un hôpital public dont son mari poursuit consciencieusement la destruction. Le cynisme, c’est un métier.
Il faisait un temps exécrable à Bordeaux ce 19 janvier 2023, mais j’y suis allée quand même. Où ? A la manif. Le trajet prévu était le suivant (voir ci-dessous), ce qui fait une assez jolie boucle, dans tous les sens du terme, qu’en toute honnêteté, je n’ai pas faite en entier.
N’ayant pratiquement jamais manifesté à Bordeaux – mes pénates jusqu’à l’an dernier se situant en région parisienne – je ne sais pas s’il est classique et représente en quelque sorte le République – Nation bordelais. A mon arrivée place de la République vers 11 h 30, une foule déjà assez compacte derrière des barrières dressées là non par la police mais en raison de travaux en cours. Une sorte de barrage filtrant préexistant, véritable aubaine, dirai-je, pour la maréchaussée. Avec d’autres personnes, j’ai attendu le démarrage de la manif pour la rejoindre. Quasiment une heure de surplace sous la pluie avant de déambuler selon ce rythme un peu agaçant fait de progression et de points arrêtés. Dans mon petit carré, surtout des « vieux », je veux dire des quadragénaires et des quinquagénaires et des retraités solidaires comme moi.
Ayant essuyé, si j »ose dire, 3 réformes des retraites au cours de ma carrière (1993, 2003, 2010, celle de 2014 ne m’impactait plus) qui ont contribué à faire reculer l’horizon d’une libération laborieuse (sic) et diminuer le niveau des pensions, je comprends que cette énième mouture, en jouant, pour faire court, sur l’âge légal et le resserrement de la période d’atteinte des 43 ans de cotisations nécessaires pour atteindre le taux plein, fasse tousser. Surtout combinée à la réforme annoncée de l’assurance chômage.
J’ai eu la chance d’avoir une carrière sans « trous » mais cette linéarité, qui me permet de profiter d’une pension correcte, est de nos jours, du moins dans le secteur privé, parfaitement anachronique.
Qui a raison, qui a tort ? A gauche, on répète à l’envie cette antienne issue d’un article du journal libération …
depuis lors relativisée par certains selon lesquels, d’autres chiffres seraient, plus adéquats pour parler de la différence sociale d’espérance de vie et de retraite : la moitié des hommes les plus modestes de 60 ans ont 30 % de risque d’avoir moins de 10 ans de retraite, d’après l’Insee, et les exploitants agricoles et les ouvriers sont plus de 20 % à être en incapacité dès leur première année de retraite, selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique.
Plus globalement chacun sort un même joker pour affirmer des certitudes opposées : le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR).
Alors, urgence ou pas urgence à réformer ? Selon, Michaël Zemmour, enseignant -chercheur, spécialiste des politiques socio-fiscales, « le rapport du COR en lui-même est assez explicite, et sa synthèse hiérarchise bien les enjeux. Il nous dit que les dépenses sont sous contrôle et que le système n’est pas en danger. En revanche, il nous alerte sur une baisse des recettes, notamment de celles qui viendraient de l’État, ce qui occasionne un déficit, alors que les dépenses, elles, sont stables (…) La question pour les retraites est de savoir comment on répartit un niveau de revenus national entre actifs et retraités. La réponse n’a rien d’évident et doit faire l’objet d’un débat politique ».
S’il ne s’agissait que de cette répartition là …
Je songeais un peu à cela tout en me disant que ce trajet aurait été bien agréable sous le soleil de ce matin. Au lieu de quoi, trempée, et songeant aux kilomètres qui m’attendaient à pied pour rentrer chez moi, j’ai déserté.
Les syndicats revendiquent 60 000 manifestants, la police n’en a dénombré que 16 000. La vérité, as usual, est entre les deux.
La veille, il avait neigé.
PS : En Nouvelle-Zélande, la première ministre Jacinda Ardern annonce sa démission : « Je sais qu’il y aura de nombreuses discussions après cette annonce pour comprendre quelles ont été les vraie raisons de mon départ. […] Le seul angle intéressant que vous trouverez, c’est qu’après six ans de gros challenges, je suis humaine. Les politiques sont humains, on donne tout ce qu’on peut, aussi longtemps qu’on le peut. J’ai tout donné pour être première ministre, mais cela m’a aussi beaucoup coûté. Vous ne pouvez pas et ne devriez pas faire ce travail à moins d’avoir un réservoir plein, et encore davantage en réserve pour les défis imprévus et inattendus qui se présentent inévitablement »,a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. « Je n’ai tout simplement plus assez d’énergie pour quatre ans supplémentaires (…). Je pars parce qu’un poste aussi privilégié s’accompagne d’une grande responsabilité. La responsabilité de savoir quand vous êtes la bonne personne pour diriger, et aussi quand vous ne l’êtes pas ».
A méditer messieurs.
PPS : Quand E. Macron fait du Chirac. « Votre vote m’oblige » avait dit ce dernier en 2002 avant de s’asseoir dessus. Même chose ici.
24 avril 2022 : « Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite. Je veux ici les remercier et leur dire que j’ai conscience que ce vote m’oblige pour les années à venir ».
19 janvier 2023 : « Nous devons faire cette réforme [des retraites]. J’ai dit les choses clairement pendant la campagne [présidentielle]. » Petit rappel, seuls 27,85 % des électeurs qui se sont exprimés au premier tour ont approuvé un programme délivré très tard et peu débattu.
Au moins, Chirac, ne pratiquait pas le french bashing depuis l’étranger …chose que notre Président actuel ne rechigne pas à faire. Souvenons nous des « gaulois réfractaires » au Danemark….
Joli strike RN les 24 et 25 octobre. En annonçant que son groupe allait voter la motion de censure de la Nupes contre le projet de loi de finances, Marine
– a mis celle-ci dans l’embarras (sic), tellement qu’à trop se défendre …celle-ci en deviendrait suspecte ;
– fait sentir de vent du boulet (à 50 voix près) au Gouvernement,
– et contribué à réduire LR à un rôle d’ opposant de papier.
On pensait avoir tout vu avec la caporalisation du groupe « En marche » lors du précédent quinquennat. On pensait que la recomposition de l’Assemblée Nationale permettrait un réveil de la discussion parlementaire.
Ce qui se profile au regard des discussions des projets de lois de finances et de financement de la sécurité sociale a de quoi doucher les espérances.
On discute des journées, voire des nuits, en commissions, en Assemblée. Des amendements sont votés au texte initial avec des majorités diverses. Dans le même temps, le Gouvernement fait son tri, déclenche l’article 49, alinéa 3 sur le texte qui lui convient, à quoi répond une motion de censure en face, qui, la surprise Marine le souligne, n’a aucune chance de passer sans certains. Fermez le ban.
Certes l’utilisation du mécanisme est de nos jours encadrée mais rien de rassurant pour autant. Le calendrier parlementaire a ses arcanes et le Gouvernement sait en jouer.
Sur les 89 utilisations de l’article 49 al. 3 depuis 1958, 51 ont fait l’objet d’un dépôt d’une motion de censure… et aucune d’entre elles n’a été adoptée. Et pour cause : « Seuls les députés favorables à la motion de censure participent au scrutin », précise le règlement de l’Assemblée. Autrement dit, l’abstention vaut soutien au gouvernement, et il faut 289 députés pour le censurer.
Il manquait 16 sièges à Michel Rocard, il en manque 44 à la coalition gouvernementale (Renaissance+Modem+Horizons) actuelle. Là se situe peut-être la différence : la composition de l’Assemblée ou plutôt comment elle advint.
Celle de la IX législature de la Ve république (sous Rocard donc) était plus « franche », j’entends par là que chacun avait été élu sous la bannière de son parti seul et non celle d’une coalition. Ce qui n’est pas le cas de l’actuelle où se sont affrontées aux législatives deux coalitions (chose qu’à mon sens la Vème voulait éviter) : Ensemble et la Nupes. Chacun faisait état de la composante de la coalition à laquelle il.elle appartenait mais, au final, l’identification fut plus diffuse au point que je ne sais pas toujours à quelle composante tel ou tel appartient. Élément dont le Gouvernement, qui sait qui est qui, joue sans retenue à propos de la Nupes en prenant soin de bien distinguer les députés de la France insoumise des autres.
En position d’arbitres : LR (62 députés), le RN (89 députés), plus un petit groupe : Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT, 20 députés). Disposant des plus gros effectifs d’opposition (LFI n’ayant que 75 députés soit presque autant à lui seul que les autres composantes de la Nupes mais raisonnons en terme de composants séparés), le RN manifestement a décidé de faire valser un peu tout le monde.
Le pragmatisme suppose un certain cynisme mais, là, il me semble que l’on atteint un niveau assez conséquent (mais sans doute ne sommes nous pas à l’abri d’autres surprises). Ainsi Marine et son groupe votent-ils, sans fard, des textes, présentés par le Gouvernement et/ ou sa majorité relative, notamment en matière économique et sociale, assez éloignés de leurs bruyantes profession de foi de protection des populations précarisées …sans que le gouvernement trouve à redire à ce ralliement. Ni la majorité qui l’appuie.
Le happening, lui, constitue un avertissement sans frais pour tout le monde. Au vu de sa progression, le RN peut se monter joueur.
Qui assumerait d’avoir fait tomber un Gouvernement avec ces voix là ?
Pour qui le prochain baiser de la mort ?
Au Parlement, ce qui semblait ouvert est verrouillé.
Pour l’heure, c’est à qui saura dégainer la comm’ la plus percutante. Qu’importe qu’elle soit vide et/ou mensongère (les boules puantes se balancent aussi en escadrille) pourvu qu’elle soit engrammée.
De ce point de vue, je ne sais pas si on doit à Frédéric Michel, le nouveau conseiller en communication du château, le format de l’émission « l’Évènement » sur France 2.
A un moment donné, il va falloir que je vous pose des questions, fait remarquer Caroline Roux à Emmanuel Macron au bout de 29 minutes, soit la moitié de l’émission.
Où il se vérifie qu’Emmanuel Macron parle tout seul pour lui seul sur des tréteaux télévisuels où il peut, en mauvais comédien qu’il est, surjouer ce que bon lui semble.
PS: Jacques Ellul définissait le lieu commun ainsi, « il ne supporte aucune discussion de base. Il sert à tous comme pierre de touche, comme instrument de reconnaissance. Il est la commune mesure qui permet de s’entendre quand on discute politique ou civilisation… Les mettre au jour, les placer en situation de contestation devient tragique, car c’est le moyen de se comprendre qui est alors discuté. «
Allez savoir pourquoi j’y repense …
PPS du 28 octobre : Qui assumerait d’avoir fait tomber un Gouvernement avec ces voix du RN me demandais-je. Apparemment La France insoumise. Le suicide mode d’emploi…
C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases…songe Maître Folace (Francis Blanche) dans le film « Les Tontons flingueurs ».
Il n’y a pas que les marins.
Notre Président y cède souvent aussi, comme je l’évoquais dans mon précédent billet.
De son discours en préambule du conseil des ministres de mercredi dernier, on a le plus souvent extrait sa sortie sur « la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance » où il évoque la fin des liquidités sans coût, la rareté de certains produits etc. Comme d’autres, je noterai simplement que la notion d’abondance dans un pays roi de la distribution de dividendes – selon Médiapart, en France, même en comptant les plus petits actionnaires, on compterait seulement 3 millions de porteurs individuels d’actions sur une population de presque 70 millions d’habitants – mais comptant 10 millions de pauvres se discute. Ce dessin pas très original, j’en conviens, illustre assez bien la situation où nous sommes. Sur fond de pénurie, la résurgence des violences auxquelles la pandémie avait mis un relatif coup d’arrêt est probable, j’en ai peur.
Personnellement, j’ai aussi buté sur ce tweet présidentiel : « Je souhaite réaffirmer une unité très forte du Gouvernement autour d’un cap qui nous permettra de consolider notre souveraineté, notre indépendance française et européenne, la bataille pour le climat et l’égalité des chances ». Telle quelle, mal construite, cette phrase ne veut rien dire, même si on en devine le sous-texte. On observera que les deux derniers sujets -le climat et l’égalité des chances- n’ont pas été particulièrement bien servis sous le précédent quinquennat. Mais réaffirmer, quand on n’a pas fait grand chose, cela fait joli.
Du climat à l’énergie il n’y a qu’un pas.
Je ne suis pas sûre que les algériens aient été très réceptifs à cette tentative lyrique de réchauffement des relations franco-algériennes sur fond d’approvisionnement gazier : « C’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique. Sur la question mémorielle, nous sommes sommés de choisir entre fierté et repentance. Je veux la vérité et la reconnaissance.”
Autre exemple : « On doit repenser la formation de nos enseignants. On a demandé des diplômes universitaires excessifs. Il faut assumer que des gens s’engagent dans ce métier dès le bac ». Ici, rien d’abscons encore que la notion de diplômes universitaires excessifs mériterait d’être explicitée. Je suppose qu’Emmanuel visait essentiellement le recrutement des enseignants du primaire (éventuellement du secondaire ?) car je ne vois pas bien ce que serait un diplôme « excessif » au niveau… universitaire. Nul besoin de remonter très loin dans le temps, pourtant. Comme le rappelle un ancien recteur : » Jusqu’en 1969, on intégrait une école normale après la classe de 3e, pour quatre ans de formation. Après cette date, le recrutement s’est fait postbac, suivi de deux ans de formation professionnalisante, en école normale ». Jusqu’à la création des IUFM en 1990 et à ses réformes successives.
Soyons juste, Emmanuel n’est pas le seul à donner dans le creux. Le ministre de l’éducation nationale montre de réelles dispositions en la matière.
Parce que l’enseignement aurait été autre chose que cela ?
Voilà une profession de foi qui ne mange pas de pain. Le problème est que le métier est si dégradé qu’il n’attire plus. Mon frère, 38 ans d’enseignement en primaire, a jeté l’éponge l’an dernier et reçu une petite missive ministérielle pour rempiler qu’il a foutue au panier.
Pourquoi je m’énerve à propos de ça ? Parce que si l’électricité et le gaz viendront à manquer, l’abondance de comm’ totalement soluble dans le rien, elle, ne fléchit pas. Adieu le concret. Ce qui pourrait tout à fait être reproché à ce post, cela dit. Mais bon. Il y a chez Emmanuel Macron une singulière disposition au monologue verbeux enrubanné de mots précieux destiné à faire sérieux quand il ne heurte pas frontalement.
« Construire peut être le fruit d’un travail long et acharné. Détruire peut être l’oeuvre d’une seule journée » aurait dit Winston Churchill. Phrase à méditer, celle-ci.
Rien à voir.
Je ne suis pas sûre que cet emprunt socialiste à Donald Trump (je parle de la casquette) soit de bon aloi. Quant à la couleur rouge pour l’ancien parti à la rose … doit-on y voir un effet Nupes ?
Pendant ce temps en Afrique, le Niger a décidé de provoquer des pluies à l’aide de produits chimiques face à la sécheresse qui a engendré cette année une sévère crise alimentaire dans ce pays aride, a appris, jeudi 25 août, l’AFP auprès des services de la météorologie du pays. Cette technologie de « pluies provoquées » consiste, à l’aide d’un avion, à introduire dans les nuages des produits chimiques, notamment un mélange d’argent, de sodium et d’acétone. J’ai hésité avant de relayer tant cela ressemble à un titre du Gorafi (pastiche du Figaro).
Du coup, si cela est vrai, question bête : pour quelles retombées collatérales écologiques ?
Commençons par du futile avant d’aborder le sujet. Eric Ciotti, député LR, qui n’a pas fait son service militaire mais aime les uniformes, veut obliger le port de la cravate à l’AN, reprochant à ses collègues Nupes une tenue relâchée. Thibaut Poirot sur Twitter propose une solution plus représentative, je dirais :
– soit on rétablit le costume de représentant du peuple de 1793 (sans sabre, soyons prudents)
; –
soit chaque député devra porter obligatoirement le costume folklorique de son département.
Fin de la blague : on peut être dignement cravaté et néanmoins un salaud propre sur lui.
Or donc, pour revenir au sujet.
Clément Beaune sur l’augmentation des tarifs du train : «J’invite tous les voyageurs qui peuvent le faire à réserver leur billet en avance, avec des cartes de réduction et en choisissant les heures ou les jours qui sont un peu moins coûteux» dans #LaMatinale de Cnews.
En voilà un conseil qu’il est bon sans coûter cher !
Pendant ce temps là, selon le journal Courrier international…
Lors du débat au Parlement sur l’état de la Nation, le 12 juillet, le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé que son gouvernement allait rendre gratuits certains billets de train dans le pays à partir du 1er septembre et jusqu’au 31 décembre 2022. La mesure concerne des abonnements Renfe (l’équivalent espagnol de la SNCF) sur les réseaux publics régionaux et de banlieue (Cercanías, Rodalies et Media Distancia).
“L’introduction de cette mesure est motivée par deux raisons principales, détaille le journal catalan La Vanguardia.D’une part, la tentative d’atténuer le réchauffement climatique, lequel est alimenté par les véhicules à carburant fossile, comme les voitures. D’autre part, la hausse des prix du carburant sur les derniers mois causée par la guerre en Ukraine.”
En Allemagne, les éditions régionales du groupe RP Media se réjouissent de la mise en place d’un nouveau passe transport, valable un mois, en juin, juillet ou août 2022. Sur leurs unes, le prix de ce forfait prévu pour lutter contre l’inflation s’affiche en rouge : 9 euros mensuels, permettant de parcourir le pays en train, en bus, en tramway ou en métro.
Certes ce sont des mesures temporaires mais tant qu’à saupoudrer ….puisque le principe qui sous-tend le « paquet pouvoir d’achat » gouvernemental consiste surtout à persuader les plus fragiles économiquement de remercier pour les épluchures qu’on leur offre…
Après le « en même temps », le « mieux que rien » conjugués.
Chouette, non ?
Pour avoir étudié ce genre de bestiole en des temps professionnels pas si anciens, la prime de partage de la valeur, subordonnée au bon vouloir de l’employeur (le texte, pour ce que j’ai pu lire, ne prévoit de négociations éventuelles qu’en ce qui concerne le montant de la prime, le niveau maximal de rémunération des salariés éligibles et les conditions de modulation du niveau de la prime selon les bénéficiaires) , exonérée dans certaines limites de cotisations sociales et d’impôt, dont l’Assemblée Nationale vient de tripler le plafond (et non le montant) est pure diversion.
Ne pouvant se substituer à aucun des éléments de rémunération versés par l’employeur ou qui deviennent obligatoires en application de règles légales, contractuelles ou d’usage, ni à des augmentations de rémunération ou à des primes prévues par un accord salarial, par le contrat de travail ou par les usages en vigueur dans l’entreprise, on mesure l’extrême mesure de la mesure.
Pour information, seuls 14 % des salariés auraient bénéficié de son ancêtre (sic) la prime de pouvoir d’achat (basée sur les mêmes principes donc) pour un montant moyen de 500 euros.
« Donner avec ostentation, ce n’est pas très joli ; mais ne rien donner avec discrétion, ça ne vaut guère mieux », disait Pierre Dac.
Nous sommes ici dans une sorte de mi-parcours : offrir de manière infinitésimale avec ostentation.
Bruno « demande » Le Maire n’a pas eu de pudeurs budgétaires quand il s’agissait des entreprises. Je me demande d’ailleurs de combien de millions d’euros l’Etat s’est, en définitive, fait délester via le dispositif d’activité partielle…Le Monde titrait « 50 millions » en août 2021. C’est ici :
A cheval électoralement acquis on ne regarde pas les dents …
« Je n’aime pas les taxes, j’en ai assez que mon pays soit le champion du monde des taxes » ajoute Bruno. A quoi l’on pourrait lui répondre, comme François Malaussena, que l’on est les champions du monde des taxes parce qu’on est redistributifs. Ce qu’on paie en taxes, en cotisations sociales, d’autres comme les américains le paient en frais exorbitants au privé.
Négociation, redistribution…des mots (entre autres) non assimilés dans le cerveau de Bruno comme de Babeth qui vapote en toute impunité dans l’enceinte de l’Assemblée. Hors sol, hors normes.
Dans le même temps, Olivier Véran se surpasse :
« Pour les Français, les pleins d’essence ne doivent pas peser trop lourd à la rentrée. Pour les salariés, les entreprises doivent prendre leurs responsabilités. Sur la base de ces principes, notre main est tendue pour définir, avec les oppositions, le meilleur dispositif possible ».
Ce qui peut se traduire, de manière plus vulgaire : « démerdez-vous ».
En attendant, alors que le réchauffement climatique se précise, on préfère investir sur ça :
Plutôt que ça :
et je vous épargne tous les délires techniques de surveillance en germe. Du genre, si ce ci vous a amusé :