Santé !

Hopital Américain, Neuilly. Venue y faire effectuer une prise de sang, je m’étonne des horaires du Labo (7h30-15h45), un peu différents de ceux annoncés sur le site de l’hôpital (7h30-18h).

« Nous sommes en effectif réduit, actuellement », me dit l’infirmière.

« Le vaccin pose problème ici aussi ? » Je ne sais pas pourquoi, j’ai tendance à placer cet établissement sur une autre planète hospitalière.

« Oui, il y a un peu de ça », avoue-t-elle, « et puis des départs, des congés. Mais cela devrait prochainement revenir à la normale ».

Je n’ai pas insisté. J’ai songé que les départs ou les congés pouvaient éventuellement aussi être liés à l’obligation vaccinale et me suis demandée si les recrutements en remplacement étaient si faciles.

J’ai repensé au pass obligatoire à présenter à l’entrée de tant de lieux, à la « vitrification » sociale qu’il entraîne, et à un article du canard enchaîné faisant état d’une missive de février 2021 du procureur général près de la Cour de cassation, François Molins, adressée aux magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) chargé d’instruire l’affaire Buzyn.

Selon ce dernier, “On peut parfaitement concevoir le souci de la commission d’instruction d’apprécier l’ensemble des moyens mis en oeuvre pour combattre le sinistre par les ministres qui en sont en charge. Qu’il s’agisse des choix des mesures de contrainte ou de la gestion de la politique vaccinale. il faut toutefois avoir présent à l’esprit que la Cour de justice de la république n’a pas vocation à juger l’efficacité et l’opportunité de la politique gouvernementale mais à rechercher des infractions pénales commises par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Or, en l’état du dossier d’information, et même si un certain nombre de témoins, d’élus ou d’articles de presse ont formulé des critiques sur la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, aucun indice d’infraction imputable aux trois personnes actuellement visées (Philippe, Buzyn, Véran : ndlr), dont deux ne sont, qui plus est, plus en fonction (Philippe et Buzyn), n’est encore apparu…”

Autrement dit, résume le Palmipède, « le procureur général fait observer aux trois magistrats que, dans le terrain de jeu, qui leur est assigné, ils n’ont rien trouvé qui ressemble à un délit pénal, mais seulement matière à critiquer. Ce qui, en droit, ne les concerne pas. Ces recommandations ne tuent pas la procédure, puisque les magistrats ne sont pas tenus de les suivre, mais elles la fragilisent considérablement. D’autant que, si un procès devait finalement avoir lieu, ce même procureur général devrait requérir, en l’état du dossier, sans doute, la relaxe… »

Toutes les plaintes adressées à la CJR, et elles sont nombreuses (plusieurs milliers selon le procureur général, mais combien sont-elles recevables ?), ne sont pas toutes du même acabit, mais un motif semble surnager « mise en danger de la vie d’autrui ». Voir un exemple ici.

https://www.blast-info.fr/articles/2021/lavocat-a-lorigine-du-scandale-agnes-buzyn-verePPpWTTiqX22fuUaoNw

Je ne suis pas pénaliste et ne saurait affirmer s’il a des chances de perdurer, comme on dit dans le milieu.

Mais la chose fait remonter une sorte de trop plein d’interrogations. On a tous encore en mémoire les injonctions contradictoires sur le port du masque, les interventions régulières sur le nombre de cas détectés et de morts, les débuts calamiteux des campagnes de test et de vaccination, les soignants travaillant à flux tendu en système D, applaudis le temps d’un confinement et remisés ensuite (tandis qu’on continuait contre tout ce qui semblait être de l’ordre logique, hormis budgétaire, à supprimer des lits dans le secteur public). Et la colère qui ne semble pas lasser non plus de s’ensuivre.

Au-delà de celle-ci, le problème s’étend : pendant les divers confinements, de nombreuses opérations ont été différées que l’on ne peut réaliser aujourd’hui faute de lits dans les services ad hoc et de personnel …y compris dans le secteur privé.

L’hôpital était déjà malade. La thrombose sanitaire est là.

Les constats parlementaires sur la gestion de la pandémie sont durs. Lire ici.

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-quatre-choses-a-savoir-sur-le-rapport-accablant-de-la-commission-d-enquete-de-l-assemblee-nationale-sur-la-gestion-de-l-epidemie-par-le-gouvernement_4204085.html

et ici

https://www.senat.fr/presse/cp20201210a.html

Mais il serait abusif de n’incriminer que les personnes en place à ce moment là, (même si certaines œuvraient déjà avant, Jérôme Salomon, le directeur de la santé notamment). Qui savait quoi ? et, au fond, comment, d’abord, en est-on arrivé là ?

Cet article du journal Le Monde (ne pas s’arrêter au patronyme de l’auteur) donne quelques clés. Pour résumer, « la pandémie de coronavirus, d’ampleur totalement inédite, a pris de court la plupart des pays. Peu d’entre eux étaient prêts à encaisser une vague épidémique majeure. Il en existe pourtant au moins un qui avait su mettre au point un dispositif de protection très ambitieux contre des pandémies de cette ampleur. Et ce pays c’est… la France de 2007 ! Malheureusement, ce dispositif a été progressivement désarmé pour diverses raisons ».

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/30/claude-le-pen-en-2007-la-france-avait-su-mettre-au-point-un-dispositif-de-protection-tres-ambitieux-contre-des-pandemies_6034911_3232.html

Jusqu’où remonter dans l’enchaînement des responsabilités ? L’engagement de la responsabilité pénale est-elle la plus pertinente ? et quelle juridiction « incontestable » pour ce faire ?

A dignitaire, juridiction particulière. Ce qui n’a pas cessé de poser problème.

Jusqu’à la réforme constitutionnelle de 1993 (à l’origine de la création de la CJR), seul le Parlement avait la faculté d’engager des poursuites à l’encontre des membres du gouvernement devant ce qui s’appelait alors la Haute Cour de justice, composée uniquement de parlementaires élus par chaque assemblée. Cette dernière devant être saisie après le vote d’un texte identique dans les deux assemblées était rarement convoquée. La création en 1993 de la CJR avait pour objectif de réconcilier l’opinion publique avec ses responsables politiques. En effet, pour celle-ci, la classe politique semblait échapper aux règles communes ce qui fut pointé surtout lors de l’affaire dite « du sang contaminé ».

https://www.vie-publique.fr/eclairage/19542-la-cour-de-justice-de-la-republique-une-institution-contestee

Le « responsable mais pas coupable » de Georgina Dufoix avait fait jaser et phosphorer les exégètes en son temps. Mais en est-on sorti ?

Je me souviens de ce documentaire « Edouard : mon pote de droite : épisode 3 » diffusé sur France 5) où Edouard Philippe envisageait (en 2018) qu’on puisse lui reprocher plus tard de ne pas en avoir assez fait notamment sur la recherche et la santé si un virus inconnu surgissait.

Étonnante réflexion faite presque pour lui-même.

« Gouverner c’est choisir, si difficiles que soient les choix (…) disait P. Mendès France. Lire intégralité ici.

https://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/histoire/grands-discours-parlementaires/pierre-mendes-france-3-juin-1953

Une juridiction d’exception, qui ne condamne que rarement, aura-t-elle raison des vocations ? Je ne crois pas.

Les ambitions ne manquent pas, voire même jamais (ne serait-ce qu’à considérer le nombre de nos candidats déclarés à la présidentielle 2022. Pourquoi y vont-ils, la majorité d’entre-eux sans programme encore) mais leurs revers sont souvent sous-estimés par les mêmes.

Alors, pour se faire une idée de la « salade politique » responsable hexagonale, petit résumé ici (jusqu’à 35’11).

Au risque de passer pour une innocente très cul serré : au fond, la responsabilité politique c’est quoi ? Dire « j’assume » en bombant le torse ? Gagner du temps en procédures ? Ce qui revient presque à la question qui précède.

Et, en attendant, fors le vaccin, quid des recherches sur un traitement possible ?

Le joli monde d’après

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Charles Michel, président du Conseil européen, après l’accord sur le plan de relance, le 21 juillet. © Stéphanie Lecocq/ AFP

Je n’y croyais pas mais on est toujours triste de n’être pas déçu en bien.

« Historique » donc, disent-ils, en parlant de l’accord européen de relance conclu à l’arraché à l’aube de ce 21 juillet. Au départ, un projet franco-allemand prévoyant de partager un gâteau de 750 milliards d’euros – destiné, en principe, à soutenir les économies européennes mises à mal par la pandémie du Covid-19 – de la manière suivante : 500 milliards de subventions aux pays les plus frappés par le virus, les 250 restants étant distribués sous forme de prêts. A l’arrivée, fronde « frugale » (sic) austro-scandinave oblige : 390 milliards de subsides et 360 milliards d’emprunts. Cerise sur le gâteau, ces mêmes « frugaux » ont obtenu, en contrepartie de leur accord au plan, un nouveau rabais sur leur contribution au financement de l’Union européenne. L’Autriche va ainsi bénéficier d’une réduction annuelle de 565 millions d’euros, soit le double de celle qu’elle avait précédemment, tandis que les Pays-Bas (dont la politique de dumping fiscal contribue à siphonner les rentrées de ses partenaires) voient leur rabais annuel monter de 1,57 milliard à 1,92 milliard d’euros.

Vous vous direz, une goutte d’eau dans le budget européen …mais si un sou est un sou, convenons qu’on peut faire des choses avec de telles sommes. Un peu plus mutualisées en tous cas…

« Alors que l’Europe affronte sa troisième grave crise économique en l’espace de 10 ans, les dirigeants européens savaient qu’ils ne pouvaient se quitter sur un échec : il en allait de la survie de la zone euro. Durement touchée par la pandémie, l’Italie risquait de sombrer dans des niveaux d’endettement insoutenables si aucune aide ne lui était apportée, au risque de provoquer une nouvelle crise de la dette en Europe. Et, cette fois, la Banque centrale européenne, qui tient la zone euro à bout de bras depuis une décennie, risquait de se trouver sans munitions monétaires suffisantes si les États européens ne prenaient pas le relais avec des dispositifs budgétaires. C’est cette menace qui a conduit Angela Merkel à faire volte-face et à abandonner la position dure de refus de soutien aux autres pays européens qu’elle avait adoptée au cours des 10 dernières années. Alors que la crise sanitaire met à mal toute l’économie mondiale, que la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump fait peser un risque sur ses exportations, que les produits chinois sont désormais en concurrence directe des productions allemandes, que l’industrie automobile, pièce centrale de l’économie allemande, connaît une crise existentielle, Berlin ne pouvait se payer le luxe en plus de voir s’effondrer la zone euro, devenue son marché intérieur. « Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que l’Union européenne ne s’effondre pas » reconnaissait Angela Merkel en juin (Médiapart – Europe, un plan de relance pour sauver la face -Martine Orange -Médiapart 21/7/2020). Partant, un accord était de rigueur. Les négociations furent toutefois plus pavées d’épines que de roses.

Ceux qui pensaient s’être débarrassés de toute opposition forte avec le départ de la Grande-Bretagne en sont pour leur frais. Les « there is no alternative » et « I want my money back  » thatchériens ont donc trouvé leurs héritiers. « Même si les pays dits frugaux ont en apparence échoué à imposer des conditionnalités sur le versement des crédits dispensés par l’Union – c’est-à-dire à placer les pays sous la direction de la Commission – et à obtenir un droit de veto – les plans seront adoptés à la majorité qualifiée –, ils ont arraché cependant une possibilité de faire appel dans un délai de 3 mois, s’ils considèrent que les pays bénéficiaires ne respectent pas les règles. Surtout, ils ont réussi à imposer un contrôle étroit de la Commission européenne sur tous les projets financés par l’Union » (Médiapart, article précité).

Tout se passe donc comme si le seul horizon politique européen était devenu de trouver des accords quels qu’en soient les termes. Sur le front ordolibéral rien n’est vraiment changé (l’offre, l’offre vous dis-je) et la politique « punitive » consistant pour la Commission à censurer les pays qui seraient tentés de s’écarter du « droit chemin » a de beaux jours devant elle. De quoi alimenter les forces centrifuges constatées dans la zone euro depuis plus 10 ans.

On se congratule néanmoins « au coude à coude » (Covid oblige, ce qui nous vaut de belles photos) à défaut de se les serrer. Comme si l’application d’une épaisse couche de blanc de céruse pouvait rendre vie à un visage momifié.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, aux côtés de Charles Michel et David Sassoli (président du Parlement européen), mercredi au Parlement européen à Bruxelles. © AFP

La messe est-elle dite ?

Il se trouve que ce plan vient compléter un budget européen de 1 000 milliards d’euros pour les 7 prochaines années. Éclipsés de la séquence « historique », les eurodéputés ont fait savoir par une résolution musclée qu’ils entendaient réviser l’architecture du budget qui leur est proposé. Dans leur collimateur, en particulier, certaines des coupes décidées en début de semaine, dans les secteurs stratégiques comme la santé et la recherche (ce qui tendrait à prouver que les leçons de cette période pandémique peinent à être tirées), l’éducation (Erasmus+), ou encore la mollesse de certains compromis, par exemple sur le respect de l’État de droit par les pays membres (suivez mon regard vers l’Est). Invitée à participer au débat budgétaire, jeudi 23 juillet , la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a d’ailleurs elle-même reconnu devant les députés que les coupes budgétaires qui avaient été réalisées durant le Conseil étaient une « pilule amère, difficile à avaler ».

Théoriquement, le Parlement pourrait encore bloquer l’ensemble du « deal » (plan de relance+budget) à l’automne. Mais tout porte à croire qu’un compromis, « historique » encore, sera trouvé …

Sur le plan hexagonal, il se confirme que la solidarité est avant-tout une affaire d’individus et non de politique publique. En témoigne ce billet :

Alors quoi pour ne pas déprimer totalement ? La musique. A défaut de dépaysements physiques, la toile vous offre, parfois, des fenêtres de rêveries. A lire la biographie figurant sur son site, cette artiste ne s’est pas produite chez nous. Elle le mériterait pourtant. J’ai toujours aimé ce concerto de Prokofiev qui demande des doigts et une technique d’acier alliés à un vraie sensibilité. Cette interprétation pleine de souffle me ramène à mon voyage russe de l’an dernier, aux espaces sibériens, à la légende de la rivière Angara rassemblant ses eaux comme une traîne de mariée pour retrouver son amoureux, le fleuve Ienisseï, à la fureur du vieux Baïkal. De quoi me consoler (un peu) d’évasions entravées par Covid.

PS : Ceci vaut aussi le détour …je crois.

Vie partielle

C’est un peu le sentiment qui me vient, en regardant ma cour vide qui ne s’anime que vers 17 heures à peu près. La jeune femme à la corde à sauter fait ses exercices et les gamins s’égosillent comme à l’école. Pourquoi cette heure là et pas une autre moins usuelle ? 17 heures, la quille pour les enfants.

Ne pas croire que l’immeuble est silencieux. Je viens de me taper pratiquement une semaine de travaux au-dessus de ma tête : perceuse, marteau, ponceuse, bruits d’ ustensiles qu’on préfère laisser tomber plutôt que reposer. Les sols et les murs vibrent et il est difficile de se concentrer sur quelque ligne de texte que ce soit. Je monte et je demande poliment aux ouvriers pour combien de temps ils en ont : « il faut bien qu’on fasse aussi notre travail madame ». Fermer le ban, je n’en saurai pas plus. Par le gardien de l’immeuble, j’ai su que ces travaux auraient dû être réalisés il y a quelque temps. Avant notre confinement en tous cas. D’où mon agacement. Mais ce petit entrepreneur, prisé par mon bailleur, que je croise depuis près de 20 ans que j’habite ici, n’a jamais su gérer correctement ses chantiers. Pour moi, j’ai appris à me passer de ses services, sans doute pas cher mais très médiocres.

Reste que le voisin qui devait emménager ne le pourra pas de sitôt et que la fondation qui possède notre immeuble ainsi que quelques autres autour, devra se mettre quelques loyers derrière l’oreille.

On croyait avoir touché le fond de cuve, c’était compter sans le préfet de police de Paris, notre Lallement national pour qui les victimes du covid-19 en réa l’ont bien cherché en ne se soumettant pas au confinement dès le début. Gros succès auprès des médecins, soignants, aides à domicile, salariés des commerce d’alimentation, voire certaines forces de l’ordre envoyés sur le terrain sans luxe de protection. L’homme a rétropédalé ; on l’avait mal compris bien sûr. Mais on le sent qui s’ennuie avec ses drones de surveillance des citoyens au-dessus de Paris. Ah, le post-confinement, quand il sera temps, pour trier les immunisés des pas immunisés, les asymptomatiques des populations à risques, toutes ces proies relâchées en liberté, de tracer tout ce monde là comme on traçait la vache folle … on le sent frétiller sous son képi trop grand pour ce qui lui sert de réflexion.

Comment dire sans insulter : il faut croire que l’ignominie protège.

Suis-je asymptomatique ? Comment savoir ? Je sors un jour sur 3, me tiens à distance sans masque. Jamais chopé la grippe de ma vie. Alors ?

Je note que si les hôpitaux manquent de masques, certains en trouvent. Bien sûr, il y a les self-made mais pas seulement : des FFP2 tous neufs aussi, qui vous font un bec de canard, dans la queue de la supérette en dessous de chez moi, tous les jours. Où ces gens se les procurent-ils ? Par les temps qui courent, il en est des sources d’approvisionnement comme des coins à champignons. Cela ne se dit pas. Chacun pour soi et au bon beurre.

Parce qu’on voit aussi remonter des choses qui fleurent (sic) bon d’autres temps : à 20 heures on applaudit les soignants, ce qui n’empêche pas certains d’engager ceux habitant leur immeuble à aller vivre ailleurs via des notes anonymes ….on n’est jamais trop prudent.

On laisse des cliniques privées qui proposent leurs services sans réponse (pour ne pas à avoir à les remercier plus tard ?), Alors que l’usine Luxfer pourrait préserver la France d’une pénurie de bouteilles d’oxygène, le ministre de l’économie vient d’écarter l’hypothèse d’une nationalisation du site. Et j’oublie sans doute plein d’autres initiatives laissées dans le vide.

Ah, ce nouveau capitalisme, plus humain , qu’on nous promet (comme en 2008 soit-dit en passant) comment y croire ? Surtout quand certaines notes de la caisse des dépôts et consignations relatives au devenir du système de santé dévoilées par Médiapart mettent en lumière que ce Gouvernement, à commencer par son Président, n’apprends rien. Ou ne veut rien apprendre ce qui semble encore plus grave.

https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/l-etat-refuse-la-nationalisation-de-l-entreprise-luxfer-de-gerzat-puy-de-dome-pour-fabriquer-des-bouteilles-d-oxygene-medical_13772937/#refresh

Une société en roue libre

Il est temps que je (re)parte pour fuir une « séquence » délétère (je sais, c’est un peu fort mais aucun autre mot ne me vient pour le moment) dont j’espère naïvement qu’elle se sera calmée quand je rentrerai dans 15 jours.

On pourrait dire que tout a commencé par ce débat sur l’immigration, qui ne faisait pas partie des priorités des français, et le retour qui s’ensuivit, via un bulot du RN, du foulard et de ses avatars : dernier en date celui d’une rectrice, censée visiter une école maternelle où se déroulaient des ateliers autour du harcèlement, qui fait demi-tour et s’en va. La raison ? La présence de trois femmes voilées au sein de l’école.

http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/a-clamart-trois-meres-voilees-sont-presentes-dans-l-ecole-la-rectrice-fait-demi-tour-07-11-2019-8188356.php

« La règle est claire, nous sommes sur le temps scolaire, à l’intérieur de l’école, les signes religieux ne sont pas admis », se justifie l’intéressée.

Pas dans l’école, pas d’accompagnement de sortie scolaire, on se demande, à ce compte, quel espace restera, en définitive, ouvert à ces femmes.

Prétendre intégrer en excluant est un écart difficile à réduire. Alors ? Il y a toujours l’humour … qui pique tout de même un peu. Exemples piochés sur twitter :

« J’allais au boulot ce matin. J’ai vu une femme voilée et j’ai fait demi tour pour regagner mon lit en signe de protestation. Je ne transige pas avec ça. Certes la femme en question était ma mère mais quand même (Rachid l’instit).

Pareil ! J’allais au boulot ce matin. J’ai vu une femme voilée et j’ai fait demi tour pour regagner mon lit en signe de protestation. Je ne transige pas avec ça. Certes la femme en question c’était moi dans le miroir mais quand même (Nadia) ».

Pareil. Ce matin, j’allais au boulot, j’ai vu que le soleil était voilé, et je suis rentré me coucher en signe de protestation. Si même le climat s’y met, on n’est pas rendus (Luc)

Où l’on se dit tout de même que des recadrages ne seraient pas inutiles sur la notion de laïcité … qui déconcerte bien de nos voisins.

Où l’on trouve aussi un peu curieux que le voile et/ou l’immigration nous soient jetés en pâture au moment où se décident des réformes graves qui ne vont guère dans le sens du partage et de la solidarité. Tenez par exemple :

2004 : année de la première réforme importante des retraites et vote d’une loi sur les signes religieux dans les écoles publiques

2010 : le projet de loi portant (deuxième) réforme des retraites (présenté en Conseil des ministres le 13 juillet 2010) fut suivi en octobre de la même année de la présentation d’un projet relatif à l’immigration à l’intégration et à la nationalité (loi qui sortira en juin 2011)

2016 : la loi travail sur fond de querelles burkiniques

2019 : réforme de l’assurance-chômage, réforme des retraites à venir …et ? Je ne vous le fais pas dire.

Pour l’heure la diversion islamo-immigrante donne un peu le tournis. On s’écharpe sur un mot, voire moins.

Témoin cette manifestation prévue pour dimanche où l’on dénombre :

– ceux qui iront, mais ont refusé de signer l’appel ;

– ceux qui ont signé l’appel, mais n’iront pas (ils ont foot le dimanche après-midi) ;

– ceux qui ont d’abord signé, puis qui ont demandé qu’on retire leur nom mais qui iront peut-être quand même manifester ;

– ceux qui ont signé, mais font savoir qu’ils n’approuvent pas la totalité du texte ;

– ceux qui ont signé, mais déclarent qu’ils défileront de leur côté, avec leurs mots d’ordre, et surtout pas avec des « islamistes »…

Dans un autre style, celle-ci se plaint parce que son enfant n’a pas pu avoir sport ainsi que tous les autres jeunes car le gymnase a été réquisitionné par la maire de Paris pour loger des migrants.

Une autre assène sur une chaîne d’info continue que les policiers devaient pouvoir tirer à balles réelles sur les racailles de banlieue (souvent basanées et un peu plus). J’ose croire, quoique mollement, qu’elle ne vise que le cas de légitime défense et n’en fait pas un principe. Mais si j’osais, comme disent les Suisses, je lui ferais remarquer que le Code pénal lui même n’élude pas la question de la proportionnalité de la réponse à une « attaque ».

Je ne regarde pas la télé, j’en saisis juste des bribes sur la toile, et j’ai cette impression sinistre d’entendre « psittacer » des aras sans tête avec ronds de serviette un peu partout.

Pendant ce temps, au Parlement, on surfe sur la vague en rognant sur l’accès aux soins des demandeurs d’asile, au point que le conseil national de l’ordre des médecins s’en inquiète (rappelons au passage que l’actuelle ministre de la santé est médecin)

https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/annonces-limmigration-matiere-sante

A ne plus comprendre à quelle pulsion primaire (pléonasme ?) s’abandonnent les gens. Le réflexe aiguisé par l’immédiateté des réseaux sociaux a remplacé la réflexion.

Le bordel est tel que je me peux me retrouver dans ce constat de Natacha Polony directrice du journal Marianne (vraiment pas de mon bord) :  » Il y a un an, la colère des gilets jaunes éclatait. Mais la politique d’Emmanuel Macron, héritière de 40 ans d’échecs d’un modèle en crise systémique, n’a en rien répondu aux attentes des Français « .

Chacun semble penser et dé-penser dans son coin.

Alors quand j’ai vu ça sur le site de l’Assemblée Nationale, j’ai cru à une blague :

http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2391.asp

Je n’avais jamais imaginé les lieux dits d’aisance en ZAD. C’est pourtant moins potache que cela en a l’air.